TROUBLEMAN | トラブルマン

Publié par | 25 décembre 2010

Et voilà, nous arrivons au terme de ces articles cadeaux. Pour conclure, place à la demande de Sylvain Kieffer qui concerne TROUBLEMAN. Il s’agit de mon 50ème renzoku :D

Avant de commenter sur la page dédiée,  Sylvain m’a envoyé un mail me vantant TROUBLEMAN. Il est même allé jusqu’à citer Ikebukuro West Gate Park. Le fou, que n’a-t-il pas fait ?! Rappelons qu’il s’agit de mon j-drama favori. TROUBLEMAN est une série japonaise qui fut diffusée sur TV Tokyo au printemps 2010. Elle est composée de douze épisodes d’un peu moins de trente minutes. Aucun spoiler.

Tokuda Kazuo, un business-man qui a l’habitude d’aider ceux en besoin aux dépens des bénéfices de son entreprise, se fait finalement renvoyer par son chef qui ne supporte plus son attitude. En rentrant chez lui, il se retrouve en plein milieu d’une poursuite entre yakuzas. En essayant de fuir, Kazuo et un yakuza qui se fait pourchasser, rencontrent alors dans l’appartement voisin de celui de Kazuo, un otaku et une jeune fille qui semblait se faire harceler par ce dernier, puis dans un autre appartement un homme instable qui a perdu sa mémoire. Beaucoup de mystères planent au dessus de ce groupe de personnes qui viennent pourtant tout juste de se rencontrer.
Source : Nautiljon

On aura beau dire tout ce que l’on veut, à part quelques exceptions près, la réalisation des j-dramas n’est jamais extraordinaire. C’est peut-être en partie pour cette raison que les réalisateurs ne sont pas spécialement connus. Toutefois, il arrive que l’on soit agréablement surpris. C’est le cas avec TROUBLEMAN, dirigé par SABU. Ce dernier a plusieurs films à son actif et a quelques thèmes de prédilection comme les yakuza ou encore l’humour noir. Il adapte cette recette pour la télévision. Ce qui marque en premier lieu, à peine la série commencée, est son format. Ouaw, ça change de voir un j-drama avec bandes noires ! Le résultat est immédiat, on est de suite davantage attiré. Visuellement, TROUBLEMAN est en fait assez différent de la norme. La photographie est tout simplement divine, impossible de ne pas être par moment comme hypnotisé. La réalisation est franchement impeccable et certains plans sont presque magiques. Le point culminant est probablement le dernier épisode avec ces images particulières de la ville. SABU se permet par ailleurs de longues séquences où il n’y a pas un seul dialogue. On y voit un personnage qui court, qui court, qui court, qui court encore et qui ne semble jamais s’arrêter. S’il est évident que chez certains, cela sera difficile à supporter, d’autres devraient adorer car il s’agit d’une série extrêmement stylisée. La musique accompagne généralement bien l’histoire et accentue ce côté assez hors normes. A vrai dire, TROUBLEMAN est tout en décalage. C’est le cas pour le scénario comme nous allons le voir plus bas mais aussi d’un point de vue plus technique. Les épisodes possèdent effectivement une atmosphère assez tendue et sombre alors que le générique de fin est à l’opposé le plus total car joyeux et entraînant. Il s’agit de la chanson BE FUNKY! du groupe de Johnny’s, NewS. Comment dire ? C’est une horreur, franchement. Le pire étant qu’elle reste dans votre tête et qu’il est difficile de la déloger une fois que le mal est fait. Aussi simplement que ça, TROUBLEMAN montre qu’elle est une série tout en contraste.

Durant les douze épisodes, il ne se passe pas grand chose en tant que tel puisque les personnages restent dans une petite pièce et se racontent l’évènement qui a fait basculer leur vie. Ils n’ont rien à faire ensemble mais suite à un concours de circonstances, ils se retrouvent bloqués, à deux doigts de se faire trouer par les yakuza. Cependant, au fil des souvenirs évoqués, ils se rendent compte qu’ils sont tous la victime de la personne la plus malchanceuse de la terre. Ce huit-clos aurait pu être ennuyant, le rythme est parfois un brin lent, or ce n’est pas du tout le cas. Les différents protagonistes ne se ressemblent pas le moins du monde et apportent chacun leur pierre à l’édifice. Ils sont tous plus ou moins creusés et ils ont leur minute de gloire à un moment ou à un autre. Cette série brosse ainsi le portrait d’un yakuza qui s’est trompé de voie, d’une hypnotiseuse incarnée par Iwasa Mayuko (LIAR GAME), d’un amnésique, d’une vieille femme et d’une sorte d’otaku possédant apparemment des pouvoirs parapsychiques. Difficile de faire plus bigarré. N’oublions tout de même pas le héros, Tokuda. Il est joué par Katô Shigeaki, que je ne connaissais pas du tout soit dit en passant. C’est un Johnny’s, membre de NewS, avec donc Yamapi. Contre toute attente, il est plutôt bon et incarne correctement le mec complètement à côté de ses pompes qui ne comprend pas pourquoi le monde s’acharne contre lui. De toute manière, tous les personnages sont bien interprétés, et il n’est pas difficile de s’attacher à la plupart d’entre eux tant ce qui leur arrive est stupidement tragique. Histoire de mettre du piquant, de nombreux yakuza aux dents acérées traînent dans les parages et c’est toujours un plaisir que de revoir Terajima Susumu (Bara no nai Hanaya) qui incarne ici le boss charismatique et intraitable. Comme souvent avec les séries japonaises, les protagonistes sont colorés et assez truculents dans leur genre. La série se permet d’avoir un invité de luxe comme Ôsugi Ren, toujours aussi classe. De plus, difficile de ne pas cacher ma joie en voyant Kanai Yûta, le chanteur qui a certainement dû émouvoir tous ceux ayant regardé le film Ikigami.

Le ton est à la limite du burlesque car il se passe des choses terribles, notamment de nombreuses morts, mais on ne peut s’empêcher de trouver cela en même temps drôle, tant c’est incroyablement cocasse. C’est une vraie série boule de neige dans le sens où un évènement entraîne un autre, puis un autre, puis encore un autre et le cycle ne s’arrête jamais. On a parfois limite l’impression de regarder un bêtiser. Si ces vies assez déchirées sont touchantes, l’humour est perpétuel et est diaboliquement féroce. C’est caustique et noir. Au final, TROUBLEMAN navigue entre le tragique et la comédie, offrant alors des épisodes brillants et intelligents. Si le scénario avance assez lentement et est parfois confus, c’est assurément normal. La série utilise de nombreux flashbacks, sans que cela ne soit toutefois associable à de l’abus. Petit à petit, on comprend mais quelques questions demeurent toutefois à la fin. SABU semble apparemment être un maître du genre. Les premiers épisodes semblent déconnectés sur certains points, reposant seulement sur le même schéma ; or, vers le milieu de la série, l’ensemble forme un tout cohérent. Chaque point de vue d’un personnage est indissociable de celui de son voisin et il en ressort un côté toutélié extrêmement pertinent et plus que jouissif.

TROUBLEMAN fait partie de ces séries japonaises uniques et qui procurent toujours énormément de plaisir à voir. Tout le monde n’appréciera pas car le rythme est parfois lent et il est difficile de comprendre où le scénariste veut nous emmener. Toutefois, ceux qui aiment l’ambiance noire mêlée à l’humour corrosif et à l’absurde devraient fortement adhérer. Le j-drama est clairement tragi-comique, on ne sait guère si on est supposé rire ou être touché par les aventures racontées. En fait, les deux sentiments sont ici liés et on rigole tout en trouvant la vie de ces personnages malheureusement drôle. Il est en plus toujours agréable de voir des yakuza assez féroces mais qui gardent tout de même un côté presque burlesque. En plus de posséder un scénario bien ficelé et logique, la série se permet d’offrir une superbe réalisation avec des plans intéressants et une photographie assez extraordinaire. TROUBLEMAN est un j-drama décalé et s’amusant des contrastes. C’est tout simplement original, unique, vivifiant et excellent. A voir d’urgence.

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3 commentaires

Sylvain Kieffer le 27 décembre 2010 à 19:47.

Merci Kerydwen pour ta review. Content que ça t’aie plu autant qu’à moi. J’espère que ton article permettra à d’autres de connaître cette série vraiment à part.

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Katzina le 27 décembre 2010 à 21:42.

Lynda en disait autant de bien que toi il y a peu et j’étais déjà bien décidée à regarder la série. Mais là je crois que c’est clair, ça sera en tête de liste pour 2011 ! Merci pour cet article qui met l’eau à la bouche ! ^^

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Kerydwen le 27 décembre 2010 à 22:37.

@ Sylvain Kieffer ~ Je l’espère aussi ! J’ai l’impression que la série est passée assez inaperçue donc lui faire un peu de pub ne peut qu’être positif pour elle.

@ Katzina ~ J’espère qu’il te plaira autant qu’à nous deux :)

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