Merlin -BBC- (saison 3)

Par , le 4 janvier 2011

Comme tous les ans, Merlin est la première série de mon petit programme habituel à se terminer. Sa troisième saison de treize épisodes fut diffusée entre septembre et décembre 2010, toujours sur BBC One. Aucun spoiler.

Si la première saison ne m’avait fait ni chaud ni froid, notamment en raison de sa teneur familiale exacerbée et de son éloignement des mythes arthuriens, la seconde fut bien mieux dosée et plus qu’agréable à suivre. Naturellement, cette fiction britannique demeure sensiblement consensuelle mais elle assume son parti pris et son envie de privilégier avant tout son aspect bon enfant. C’est donc avec grand plaisir que j’ai entamé cette troisième saison. Merlin a ainsi prouvé en 2010 qu’elle savait apprendre de ses erreurs et a dès lors proposé treize épisodes globalement intéressants, voire passionnants. À vrai dire, seul un épisode est vraiment en-dessous des autres : le 3×09, Love in the Time of Dragons. Il a le malheur de mettre quasi uniquement Gaius à l’honneur, et si ce personnage est au demeurant fort sympathique, il n’est pas des plus exaltants. D’autres sont assez faibles comme le 3×11, The Sorcerer’s Shadow. Le final, The Coming of Arthur II, est un poil décevant sinon mais il n’en demeure pas moins agréable et plutôt divertissant. Quoi qu’il en soit, le gros point fort de cette saison est, sans aucun doute, son homogénéité. Les épisodes sont dans l’ensemble réussis et tiennent aisément en haleine. Le principal fil rouge est évidemment Morgana, accompagnée de sa délicieuse sœur Morgause. Va-t-elle définitivement sombrer du côté obscur ? Est-ce que la cour de Camelot ouvrira enfin les yeux sur ses manigances ? Y aura-t-il une bataille foudroyante entre la jeune sorcière et Merlin ? S’il est clair qu’arrivée en fin de saison, Morgana se trouve à un point de non-retour, il a fallu un peu trop d’épisodes pour que ce soit mis en place. Merlin et elle passent plus de temps à se regarder en chiens de faïence qu’autre chose. La tension est à son comble et l’issue semble tristement inévitable. Il est malheureusement dommage que le jeu de Katie McGrath soit aussi forcé et parfois à la limite du ridicule ; ses petits sourires en coin finissent par légèrement agacer. Merlin n’est pas le seul à être entraîné dans la spirale autodestructrice de la noble. En effet, le destin d’Uther est lui aussi lié à celui de sa jeune protégée et la plupart des téléspectateurs attendent certainement qu’il meure dans d’atroces souffrances, mais pas trop quand même, Anthony Head ayant un fort capital sympathie. De cette manière, Arthur héritera du trône et agira de la manière qui lui plaît. Là aussi, on imagine que tout ne peut aller aussi vite que ce que l’on voudrait. L’avènement du nouveau roi marquera probablement la fin de la série, ou l’on s’en approchera grandement.

Concernant le prince à proprement parler, il évolue assez au cours de la saison. Il réfléchit sur son futur, sur ce qu’il devra accomplir, sur ses devoirs, etc. On le sent bien plus mature qu’autrefois et surtout, on voit en lui un roi au sens le plus noble du terme. Il n’y a aucun doute là-dessus : Uther est fatigué et fatigant, il accumule les erreurs et garde perpétuellement ses œillères. Autrement, si la relation entre Arthur et Merlin se modifie quelque peu, c’est par contre bien trop léger. Effectivement, Arthur écoute généralement son valet, bien plus qu’il ne le laisse supposer d’ailleurs, mais il se moque trop de lui et le rabroue constamment. Si cela offre généralement des moments humoristiques à la série, l’évolution entre les premiers épisodes et ceux de 2010 n’est pas fulgurante et peine à convaincre. Ce ne serait pas un mal que d’inverser parfois les tendances et de ne pas systématiquement proposer une écriture aussi monolithique. À l’inverse, la relation que le futur souverain du royaume entretient avec Gwen est plus que mise en avant au cours de la troisième saison et ne se révèle pas aussi niaise que ce que l’on aurait pu craindre. Elle devait sans grand mal satisfaire les plus romantiques d’autant plus que beaucoup de charme et d’alchimie se dégagent de ce couple assez touchant.

Et Merlin, alors ? Il est presque parfait, comme souvent. Attachant comme tout, il porte le monde sur ses frêles épaules et ne peut malheureusement se confier à grand monde, devant en plus gérer certaines difficultés comme Morgana. Il en souffre et ce mal-être est correctement illustré au fil des épisodes. Lui aussi aimerait bien parfois être reconnu pour ses actes de bravoure. Il en soupe avec Arthur qui n’en rate pas une pour le rabaisser. Seul Gaius est au courant et si c’est déjà ça, c’est au final peu. Merlin a pourtant parcouru du chemin depuis ses débuts. Il peut même se vanter d’avoir à sa botte un dragon ! Ce n’est pas rien. Colin Morgan réalise par ailleurs un boulot assez monstrueux et incarne un Merlin plein de fraîcheur, de bonne humeur bien que toutefois teinté d’une certaine once de tristesse. Fort heureusement, le sorcier peut compter sur un nouvel ami et allié, Gwaine (Eoin Macken). Quel plaisir de retrouver le Gauvin de la légende ! Dans la série, il agit tel un voyou au grand cœur, n’hésite pas à remettre Arthur à sa place lorsque cela est nécessaire et s’entend à merveille avec Merlin. Les deux forment une paire plutôt exceptionnelle et plus qu’adorable. Espérons qu’on le côtoiera davantage lors de la prochaine saison. Autre figure emblématique du mythe, Percival (Tom Hopper) apparaît dans le dernier épisode mais on en voit trop peu pour être satisfait. Généralement, les éléments des légendes arthuriennes sont bien mieux utilisés qu’auparavant et semblent former un tout assez cohérent. Jusque-là, ce n’était que très rarement le cas.

Au final, cette troisième saison est fort agréable. Il est clair qu’elle ne comporte pas des épisodes qualitativement richissimes mais, petit à petit, on s’en approche. Merlin donne désormais l’impression d’avoir son propre univers et de ne pas être simplement une série avec des personnages approximatifs issus des mythes arthuriens. Si la saison souffre de quelques facilités et des soucis d’interprétation pour un de ses personnages principaux, ce n’est en réalité que peu de choses face au divertissement procuré d’autant plus que les épisodes se veulent d’un niveau constant. Les héros sont dans l’ensemble sympathique et une nouvelle tête irrésistible fait son apparition, Gwaine. La saison se paye en plus le luxe d’avoir comme invité Warwick Davis, ce qui fait sûrement plaisir aux amateurs de fantasy. Enfin, la musique de Rob Lane accompagne toujours aussi bien les histoires et offre régulièrement un souffle presque magique. En bref, cette saison est de meilleure qualité que les précédentes car elle se montre davantage maîtrisée, drôle, émouvante, et sait parfaitement utiliser les codes du genre. Vivement la suite~

3 commentaires

David Sicé • 11 août 2012 à 19:53

Juste pour dire que la saison 4 est sortie en coffret 5 blu-rays en Angleterre et que l’image est formidable – aucun bruit, tous les détails, une profondeur de champ incroyable qui donne l’impression de voir la série en 3D, tout cela grâce au fait qu’ils ont mis trois épisodes seulement par blu-ray sauf pour le dernier blu-ray qui en contient quatre. Malheureusement, le son n’est qu’en stéréo anglais sous-titré anglais.

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Kerydwen • 14 août 2012 à 22:07

Tant qu’à faire, cela aurait été pas mal de poster ce commentaire sur le billet de la saison quatre ;). Quoi qu’il en soit, merci de l’info qui devrait certainement intéresser plusieurs personnes.

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David Sicé • 14 août 2012 à 23:36

Désolé, j’ai lu les deux articles d’affilé et posté au mauvais endroit. J’aurais bien édité et déplacé mais c’est impossible :)

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