Après avoir longtemps laissé de côté la série, alors qu’à l’époque ce fut un vrai coup de cœur, 2009 fut l’année du retour à Newport. C’est donc en toute logique que 2010 fut marquée par la diffusion de la saison deux de The O.C. (Newport Beach) sur les écrans de la maîtresse des lieux. Un peu plus courte que la précédente, elle est composée de vingt-quatre épisodes passés sur Fox entre novembre 2004 et mai 2005. Aucun spoiler.

À l’époque, la première saison de The O.C. fut plutôt bien accueillie en terme d’audience et de critique. Assez satyrique, elle utilisait les codes du genre à merveille pour s’en moquer quelque peu. Elle avait par ailleurs réussi à trouver un juste milieu entre les intrigues des adolescents et des adultes. Mon revisionnage en 2009 a confirmé cette impression positive et m’a vraiment donné envie de continuer les aventures dorées de cette jeunesse californienne. C’est toutefois avec un petit peu d’appréhension que j’ai débuté cette seconde année, car j’en avais lu beaucoup de mal. Et je pèse mes mots. Malheureusement, cet article ne va pas sortir du lot. La différence de niveau entre la première saison et celle-ci est assez flagrante. Cela ne l’empêche pas de posséder de très bons épisodes, mais les moyens sont bien plus présents et il arrive un peu trop fréquemment que l’on se trémousse sur son canapé parce que l’on s’ennuie. Le côté sarcastique est bien trop léger et les personnages sont vraiment noyés jusqu’au cou dans leurs sempiternels problèmes de cœur digne d’un soap. Ne parlons même pas des filles cachées, des retournements un brin sortis de nulle part. Si cela faisait en partie le sel de la série, cette fois, il manque vraiment l’aspect critique et presque cynique. En fait, pour faire simple, la saison relève du premier degré. Il n’y a que peu de sous-entendus délicieux. Il est donc normal qu’elle se soit autant fait fustiger en 2004-2005. Passant longtemps après la bataille, je ne peux pas dire avoir été particulièrement déçue, d’autant plus que je m’attendais à une horreur sans nom. Rassurez-vous, la saison est loin d’être nullissime. On s’amuse juste moins qu’avant et certains personnages ou situations énervent un petit peu. Il reste tout de même de bons éléments appréciables.

La première saison se terminait sur un cliffhanger fort réussi, car il conjuguait le suspense et l’émotion. Ryan, endossant son rôle de futur papa, était reparti à Chino avec Theresa, Marissa sombrait encore plus dans l’alcool et ses dérives, et Seth fichait le camp sur Summer (non, ce n’est pas un jeu de mots foireux ^^;) ;). Le season premiere débute quelques mois après cela. Les épisodes qui suivent tentent alors de réparer les pots cassés. Ce qu’il y a d’intéressant, c’est que si, évidemment, la situation retourne vite à un semblant de normal, les conséquences de ces actions sont traitées au long cours. Contre toute attente, elles sont surtout visibles chez Kirsten, mais les autres ne s’en dépêtrent tout de même pas sans y laisser des plumes au passage. A contrario, le gros point noir est l’intrigue concernant Theresa. Malheureusement, il y a fort à parier qu’elle ressortira des tiroirs et ça ne me plaît pas du tout.

Que se déroule-t-il à Newport du côté des adolescents ? Ryan continue son bonhomme de chemin, il commence à penser à son futur, se prend en main, mûrit et est assurément mon personnage masculin favori de la série. Son interprète, Benjamin McKenzie, fait d’ailleurs des progrès assez notables. Ryan est par contre toujours confronté à ses démons du passé, et comme souvent, il doit composer avec son grand frère, Trey. Psychologiquement instable, ce dernier fait péricliter tout ce qui l’entoure et le season finale se termine sur une note atroce, car tragique et définitive. Il est clair que la vie des individus se trouvant dans cette pièce est dès lors marquée au fer rouge, même si – sait-on jamais – le cliffhanger se résout d’une manière un petit peu plus positive par la suite. Trey est un protagoniste intéressant, assez ciselé et il est vecteur de nombreuses scènes réussies. Seth, dans cette saison, est usant. Il a toujours été égocentrique, narcissique et adepte des jeux de mots et de l’ironie, mais cette fois, c’est le pompon. Il est fatigant à systématiquement penser à sa petite personne, à tout ramener à lui et à ne pas voir plus loin que son nez. C’est clairement lui la grosse déception. Adam Brody en fait par moments un peu trop en plus et a légèrement tendance à cabotiner. C’est dommage parce qu’il y a des idées pertinentes, comme toute cette histoire de comics. Marissa est égale à elle-même et continue sa longue chute dans les profondeurs de l’âme humaine. Je suis malheureusement spoilée sur la fin de la saison trois donc je sais vers quoi l’on se dirige. Difficile par conséquent d’être optimiste. Elle n’a jamais été foncièrement enthousiasmante, mais elle se révèle parfois touchante. Il est toutefois plutôt intéressant d’avoir quelque peu fouillé sa sexualité, mais ce n’est pas non plus quelque chose de bien pénétrant. Quant à Summer, elle est comme toujours parfaite. Elle se fait encore passer pour la fille superficielle, ne voyant pas plus loin que ses séances de shopping et son soap préféré, mais elle est tellement plus que ça. Elle n’hésite pas à pratiquer l’autodérision, est profondément attachée à Marissa et le lui rend bien, est agacée par Seth et on la comprend. Ce serait agréable si dans les deux saisons qu’il reste, elle a plus de temps d’antenne avec Ryan, car les deux forment une paire fraîche et sympathique comme tout. Et puis il faut dire ce qu’il en est, Rachel Bilson est adorablement jolie.

Quelques nouveaux arrivants sont de la partie. Les plus importants sont Zack, le fan de comics et de water-polo interprété par Michael Cassidy (Hidden Palms, Smallville), Lindsey (Shannon Lucio – Prison Break) qui n’en a que faire de la mondanité de Newport, et Alex, incarnée par Olivia Wilde (House), qui a plaqué l’école et sa famille pour vivre tranquille. N’oublions pas le fadasse jardinier, D.J., dont tout l’univers se fiche. Ces nouvelles têtes ne sont pas spécialement intéressantes et ne servent généralement à rien si ce n’est à pimenter les relations et les rendre encore plus mélodramatiques.

Chez les adultes, ça ne va pas fort non plus. Il y a un peu trop de tromperies de bas étage. C’est bien léger ou alors ces intrigues sonnent tellement soap navrant que l’on s’en agace. Néanmoins, cela permet à Billy Campbell (The 4400, Once and Again) d’apparaître le temps de quelques épisodes et ce n’est jamais désagréable. À vrai dire, tout ce qui concerne les Cooper (Julie et Jimmy) n’est pas passionnant. Julie est toujours diaboliquement sympathique, mais ça s’arrête là. De plus, tout l’intrigue avec son ex, incarné par le très mauvais Johnny Messner, est à la limite du nul. Chez les Cohen, le développement de Sandy est raté parce que l’on se moque totalement de son ancienne fiancée. Le seul passage qui sort du lot est le décès d’un membre important de la communauté, suivi immédiatement par ce qui se faisait déjà sentir depuis longtemps. Kirsten doit effectivement trouver un moyen de se remettre d’aplomb et elle y parvient difficilement. Ces moments sont ardus à regarder, car malheureux, mais ils sont bien écrits et correctement dépeints. Le talent indéniable de Kelly Rowan fait tout le reste. En somme, les scénarios des épisodes reposent cette saison essentiellement sur les adolescents, les adultes se retrouvent au second plan et ne bénéficient que trop sporadiquement de bonne matière. À l’instar de l’année précédente, quelques invités sont présents comme Marguerite Moreau (Life as we know it) et… George Lucas (Star Wars, faut-il vraiment le présenter ?).

Pour résumer, si on la confronte à sa première année, cette deuxième de The O.C. est une catastrophe. Les dialogues ne sont plus aussi percutants, l’ambiance et les intrigues sont bien trop premier degré et les protagonistes sont, pour certains, de véritables caricatures ambulantes. Par ailleurs, elle manque de rythme et d’homogénéité, alternant des épisodes moyens avec d’autres meilleurs. Ceci étant, si l’on s’abstient de comparer, la saison se regarde sans souffrir. Il est vrai que la sympathie que l’on a pour les personnages joue probablement, mais subsiste de solides éléments et ceux-ci aident à faire passer la pilule. Le fait que l’année se termine sur une excellente note, le dernier épisode étant magistral, est un atout parce qu’il laisse sur une bonne impression. En réalité, c’est surtout la fin de la saison qui la sauve, car elle est bien plus dramatique et semble mieux construite. Espérons que la suite soit plutôt de cet acabit.