Natsu no Koi wa Nijiiro ni Kagayaku | 夏の恋は虹色に輝く

Par , le 23 février 2011

Histoire de bien débuter l’année, j’avais prévu de la commencer par une série japonaise paraissant douce et tranquille. Pas de chance pour moi, les premiers épisodes récupérés étaient illisibles. Zut. Après m’être rabattue sur Shôkôjo Seira, ce mauvais départ a pu être rectifié et c’est ainsi que Natsu no Koi wa Nijiiro ni Kagayaku s’est retrouvé sur mes écrans. Comme son nom à rallonge l’indique, il s’agit d’un j-drama. Il est composé de dix épisodes diffusés entre juillet et septembre 2010 sur Fuji TV. Seul le premier épisode est doté d’un quart d’heure supplémentaire au temps habituel. Grosso modo, le titre, que l’on va généralement raccourcir en NatsuNiji pour des raisons évidentes, signifie un amour d’été aux couleurs de l’arc-en-ciel. La réalisatrice n’est autre qu’Omori Mika qui est notamment à l’origine de Long Love Letter, My Boss, My Hero ou plus récemment, de Buzzer Beat. Aucun spoiler.

Kusunoki Taiga est le fils d’un acteur extrêmement populaire au Japon. Malheureusement pour lui, il ne semble en aucun cas posséder le talent de son père et passe son temps à courir les castings et les émissions de variété. Il ne peut non plus compter sur sa personnalité pour être apprécié du grand public car il est très froid et condescendant. Lorsqu’il rencontre Kitamura Shiori, une jeune femme rayonnante et décidée, c’est le coup de foudre. Sauf qu’elle, elle se fiche royalement de lui. Taiga commence alors à réaliser qu’il est peut-être nécessaire de changer quelque chose dans son existence…

   

En raison de sa jolie affiche et de la présence de Takeuchi Yûko, cette série avait déjà attiré mon attention. Malgré un scénario somme toute banal, j’espérais passer dix épisodes agréables. À vrai dire, cette série a largement dépassé mes espérances. Les premières impressions sont assez trompeuses. Le héros, Taiga, n’est en effet pas quelqu’un de particulièrement froid. C’est juste qu’il ne s’attache pas trop aux gens, n’a qu’un seul ami, vit assez dans son monde et n’aime pas les concessions. Il est extrêmement cérébral et a tendance à trop intellectualiser. C’est entre autres pour cela qu’il est un piètre acteur. Lorsqu’on lui demande de jouer une scène riche en émotions, plutôt que de laisser parler son cœur, il étudie dans des livres. Cette manie d’aller toujours chercher des réponses dans des ouvrages reflète probablement un grand manque d’assurance et d’expérience. Il a plus de vingt-cinq ans mais n’a pas vraiment vécu. Lorsqu’il rencontre Shiori, mère célibataire, il a le coup de foudre. Pourtant, elle se moque de lui dès le départ, ne désire pas l’aider alors qu’il est accroché à un arbre suite à un accident de parapente, et le rabroue beaucoup. Or, Shiori, en plus de sa grande vivacité, voit au-delà des apparences et comprend Taiga. Si elle est toujours souriante, gentille en dépit d’un caractère assez affirmé, elle a de profondes blessures liées à la perte tragique de son mari alors qu’elle attendait leur enfant, Umi. Elle s’est forgée depuis une carapace et ne vit plus qu’à travers sa fille. La rencontre de ces deux personnes sera décisive et dès lors, elles ne seront plus comme autrefois. Il est évidemment question d’une romance puisque les deux développent des sentiments amoureux mais elle n’est pas vraiment le point central de la série. En fait, il est surtout ici question de l’évolution de ce duo, ensemble comme séparément. Les deux s’apportent beaucoup mutuellement et vont pouvoir, parfois à coups de gros chagrins, évoluer et se diriger vers une sorte d’apaisement. Ces deux personnages sont nuancés et évolutifs. Leur écriture est plus que crédible et parfaitement construite. Ils sont tout simplement lumineux. Il faut aussi dire que leurs interprètes sont parfaits et ils ne les rendent que plus attachants. Taiga est incarné par le Johnny’s Matsumoto Jun (Hana Yori Dango, Gokusen 1) pour qui, décidément, j’ai de plus en plus d’affection. Il arrive parfaitement à mettre en évidence le côté un poil pompeux du héros associé à ce manque d’assurance et de reconnaissance. Quant à celle pour qui son cœur bat, Shiori, c’est Takeuchi Yûko (Pride, Bara no nai Hanaya) qui incarne ses traits. Elle a toujours le chic pour rendre ses personnages charmants. À l’inverse de Taiga, Shiori n’apprécie guère l’acteur au départ. Elle voit surtout un lui un gamin braillard attendant tout la bouche grande ouverte.
Si l’histoire d’amour n’a rien de révolutionnaire, elle n’en demeure pas moins plus qu’agréable à suivre et ne souffre pas de rebondissements vus et revus. Au contraire, elle est calme, tranquille et met en avant les problèmes qui peuvent se poser, comme notamment la différence d’âge, la présence d’enfant, le veuvage, etc. De plus, le duo a une alchimie palpable et en dépit de moments tristes, il en ressort une grande joie de vivre et d’aimer.

Du côté des personnages, plusieurs sont eux aussi de la partie, sans avoir toutefois l’importance du couple phare. Il y a toute l’équipe du manager de Taiga avec ses employés assez truculents, drôles et attendrissants. Du temps du père de Taiga, les affaires étaient florissantes mais suite à un évènement, l’agence se retrouve face à quelques soucis d’argent. Elle ne semble n’avoir que deux clients d’ailleurs ! Il y a donc Taiga mais aussi une ancienne enfant star, interprétée par Kiritani Mirei (Otomen, Hanazakari no Kimitachi e). Alors que tout laissait croire qu’elle serait la peste de service, nous dirigeant droit vers un triangle amoureux, ce n’est pas du tout le cas. Malgré son âge, elle est bien plus mature que Taiga et a un sens de la réalité presque blasé. NatsuNiji est ainsi l’occasion de se pencher sur le dur métier d’acteur au Japon. Le développement n’est pas des plus poussé mais ce bref aperçu est intéressant et semble assez pertinent. Taiga est ainsi mauvais comédien et souffre de la comparaison avec son père. Bien que MatsuJun fasse un parfait héros, il aurait été sympa d’utiliser un vrai « fils de », histoire d’être un brin ironique. (Matsuda Shôta ? ^^) Ces « fils et filles de » ont du mal à percer et sont souvent confrontés aux comparaisons ou aux propos parfois malvenus, comme ceux concernant le piston. Ils doivent eux aussi courir les castings et le drama en montre plusieurs. Dans ce petit monde, on retrouve le meilleur ami de Taiga, lui aussi fils d’un acteur connu. Incarné par Kasahara Hideyuki, il est un peu à côté de ses pompes et il partage avec son ami une relation assez fusionnelle et presque envahissante. Ils sont très drôles en fait. Tous deux sont souvent moqués par un acteur qui commence à se faire une place et qui déteste Taiga pour certaines raisons. Fait amusant, il est joué par le petit frère d’Eita, Nagayama Kento (Atashinchi no Danshi) qui est vraiment adorable. Lui aussi est un peu particulier mais diablement sympathique et le trio des trois acteurs est plus que chaleureux.

NatsuNiji est sans aucun doute une série prenant plus que le temps de parler de ses personnages. Outre le duo phare, n’oublions autrement pas la famille de Taiga avec son grand frère professeur des écoles et dragueur invétéré, incarné par Sawamura Ikki (Gokusen 1), et sa mère frivole et assez farfelue. Du côté de Shiori, impossible de ne pas faire mention de sa fille, Umi. Son interprète, Nekota Nao, est parfaite alors qu’elle a cinq-six ans. En plus d’être mignonne comme tout, elle met parfaitement en avant les doutes et les peurs d’une petite fille de son âge. La relation mère-fille est d’ailleurs touchante et attendrissante. Dans le rayon guest stars, Tsukamoto Takashi (Kisarazu Cat’s Eye, TEIÔ) qui est décidément abonné à ce genre de rôle vient le temps de quelques épisodes jouer le rôle du beau-frère de Shiori. Il y a aussi des cameos de Satô Kôichi (Pride), Fukada Kyôko (Kamisama Mô Sukoshi Dake) et de Ninomiya Kazunari (Stand Up!!, membre d’Arashi avec MatsuJun).

Ce qui marque NatsuNiji est son ton et son rythme. On suit le court de la vie, on ne se presse pas mais on ne s’ennuie jamais. Si l’histoire n’apporte rien de particulier au genre, il n’en demeure pas moins que l’écriture du scénario est fine et plutôt intelligente. Il n’y a aucune volonté de dramatisation et si certains sujets abordés sont difficiles comme la perte d’un être cher, ils sont toujours contrebalancés par la bonne humeur constante et l’humour perpétuel. La série met ainsi beaucoup de baume au cœur et prouve encore une fois que les Japonais ont un véritable talent pour savoir toucher de cette manière.

Natsu no Koi wa Nijiiro ni Kagayaku est en définitive une série qui ne sort pas des sentiers battus. Des romances de ce type ont déjà été écrites à maintes reprises et ce sera encore le cas. Cependant, son ambiance fait que l’on apprécie ces dix épisodes et que l’on passe un moment plus qu’agréable. Ses personnages globalement évolutifs, nuancés et touchants sont en plus interprétés par une solide distribution. Le drama met dès lors en avant deux personnes qui au contact de l’autre apprennent à baisser leur garde et à vivre pleinement. Si certains sujets sont sérieux, l’humour est quasi constant et allège énormément les épisodes, les rendant souvent délicieux. La chanson insérée dans chacun des épisodes, Please Stay With Me de  YUI est superbe et correspond parfaitement au drama. Elle est effectivement douce, légère, touchante, tranquille et réchauffe parfaitement l’âme. NatsuNiji n’a donc rien d’exceptionnel, substantiellement parlant, mais cela n’est pas toujours nécessaire pour proposer une série qui fait du bien.
Bonus : une vidéo promo jolie comme tout

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=SeMDf74JYts


6 Commentaires

  1. Katzina• 27 février 2011 à 22:29

    Ah il me semblait bien qu’au vu du premier épisode ce drama s’annonçait bien ! Tu m’as vraiment donné envie de voir la suite, je vais tâcher de m’y mettre cette semaine !

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  2. Caroline• 27 février 2011 à 22:35

    Ce n’est pas LE drama du siècle, ni même celui de l’année mais il est tout doux et tout tranquille. Il met vraiment du baume au cœur. C’est le genre de série qui me fait fondre ^^. J’espère qu’il va te plaire au moins autant qu’à moi.

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  3. Nac• 3 octobre 2011 à 23:07

    J’ai beaucoup aimé. Les personnages sont très crédibles je trouve.C’est vrai que ce n’est pas le drama du siècle mais il est très agréable et je ne me suis pas ennuyé une seconde.

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    • Caroline• 7 octobre 2011 à 21:32

      Oui voilà, comme tu le dis il n’y a rien de révolutionnaire mais c’est mignon, attendrissant et les personnages sont attachants. Je suis contente de voir que je suis pas la seule à avoir passé un agréable moment :)

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  4. Marilou• 26 février 2012 à 12:49

    J’ai adoré ce drama! :D D’autant plus que le réalisateur est celui de PRIDE, et que ça se voit! Dans le naturel des dialogues, de l’évolution des personnages, de la réalisation, etc… Tout est très bien fait et l’ambiance est agréable et intelligente malgré la légèreté apparente. Vraiment un bon drama, et j’aime de plus en plus MatsuJun qui d’ailleurs se ressemble un peu à lui même dans ce drama ^^ c’est peut être pour ça qu’il est aussi naturel ^^ Il joue le beau gosse mais au fond est un peu pommé et hyper gentil (bon en fait cette interprétation est très personnelle xD c’est pas comme si je pouvais deviner la vrai personnalité d’un johnny)
    J’aime beaucoup ta critique, et tu écris très bien!

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    • Caroline• 28 février 2012 à 22:18

      Comme toi, j’aime de plus en plus MatsuJun. Je ne l’ai pas vu dans beaucoup de séries mais j’ai cette impression bizarre qu’il m’est pourtant très familier. Il a un capital sympathie assez élevé et ce genre de rôle lui va ici comme un gant. Après, c’est sûr qu’il paraît difficile de savoir comment il est en réalité mais comme tu l’écris, il donne l’impression d’être également sympa dans la vraie vie. Bref, je l’aime bien quoi ^^. Et comme tu as pu le lire, j’ai beaucoup apprécié cette petite comédie romantique. Elle n’est pas révolutionnaire et elle ne sort pas des sentiers battus mais elle fait son travail pile poil comme il faut et c’est déjà pas mal du tout.

      (Et encore merci pour le compliment. Tu vas finir par me faire rougir. Zut, c’est déjà le cas #^^#).

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