Kaibutsu-kun | 怪物くん

Publié par | 9 mars 2011

C’est tellement rare de voir du fantastique pur et dur sur les écrans de télévision japonais que lorsqu’une série de ce genre est produite, il est difficile de ne pas avoir envie de tester ; même si cela a l’air vraiment idiot et extrêmement kitsch. C’est pour cette raison que je ne pouvais pas passer à côté de Kaibutsu-kun car j’apprécie le fantastique et tout ce qui s’y rapporte. Il s’agit d’une adaptation du manga homonyme de Fujiko Fujio (A), de son vrai nom Abiko Motô. C’est un shônen de quinze tomes publiés entre 1965 et 1969 et qui a déjà été adapté en dessin animé. À noter qu’il n’est pas disponible en France à l’heure actuelle. La série télé fut quant à elle diffusée entre avril et juin 2010 sur NTV et comporte neuf épisodes. Un programme spécial, un tanpatsu ainsi qu’un film sont en préparation. Aujourd’hui, il ne sera question que du renzoku, la suite viendra plus tard. Aucun spoiler.

Kaibutsu-kun est le prince des monstres habitant sur l’île Kaibutsu. Devant monter sur le trône à la place de son père, ce dernier envoie toutefois auparavant son fils sur Terre. Avec trois de ses compagnons, Franken, Dracula et Werewolf, le prince arrogant et suffisant doit d’apprendre la vie. Pour cela, il doit fréquenter les humains mais attention aux démons qui rôdent dans les parages…

Il paraît évident qu’il ne faut pas prendre Kaibutsu-kun comme une série sérieuse, profonde et réfléchie. Il est nécessaire de la regarder au minimum au second degré pour ne pas être agacé ou navré. Une fois bien compris cela, on se sent de suite mieux. Le j-drama est bien sûr très kitsch. À vrai dire, ça m’a vraiment fait penser aux tokusatsu. Le budget est ridicule, les maquillages sont vraiment moyens et les effets spéciaux sont risibles. Néanmoins, cela ne dérange pas car la série est tellement décalée que cela lui donne un cachet encore plus ridiculement drôle. Évidemment, beaucoup de téléspectateurs ne supporteront pas les épisodes mais ceux qui n’ont aucun souci avec le surjeu japonais, les délires habituels et les décors assez cheap ne devraient pas trop tiquer. Ceux qui ont regardé Atashinchi no Danshi reconnaîtront sans aucun souci le manoir utilisé pour l’occasion. Quand bien même le drama n’ait pas de fonds sans fin, il y a tout de même une certaine créativité et certains paysages, travaillés à l’ordinateur si je ne m’abuse, sont fort réussis et assez fantasmagoriques. Kaibutsu-kun n’a rien d’une grande série, bien au contraire, mais ses neufs épisodes sont assez délicieux dans leur genre car totalement déjantés. Cela dit, il est nécessaire d’y aller par petite dose car l’ensemble est assez répétitif, bourré de bons sentiments et mal joué du du côté de certains acteurs.
La musique, composée par Izutsu Akio (Atashinchi no Danshi, Last Friends,) est sympathique comme tout et a des sonorités assez fantastiques en plus d’un son plutôt rock / métal lors des combats.

Dans Kaibutsu-kun, il est ainsi question de Kaibutsu-kun, le héros soupe au lait, grincheux, égoïste et insupportable. Il porte les traits du Johnny’s Ôno Satoshi que je n’avais encore jamais eu l’occasion de voir. Il est très bien et arrive sans aucun difficulté à montrer toutes les facettes du prince. Membre d’Arashi, ce n’est donc pas étonnant que la chanson de fin, Monster, soit interprétée par le groupe. De plus, à croire qu’ils adorent agir ainsi, un autre Arashi vient faire coucou dans le dernier épisode : Matsumoto Jun (Hana Yori Dango, Natsu noi Koi wa nijiro ni Kagayaku). Kaibutsu-kun est un monstre et si, ce qui nous vient en tête est connoté négativement, il est bon de préciser que dans le drama, les monstres ne sont pas méchants. Ils ont juste un physique monstrueux, voilà tout. Cela n’empêche tout de même pas Kaibutsu-kun de n’avoir aucune qualité. Comme il n’est qu’un gamin braillard, son père (Kaga Takeshi – Oh! My Girl!!) l’envoie dans le monde des humains apprendre la vie. La série est par conséquent un véritable périple initiatique. Chaque épisode repose sur le même principe puisque le héros découvre à chaque fois quelque chose comme les mensonges, l’argent, l’amitié, les personnes âgées, etc. Et inévitablement, il termine par en retirer une morale complètement à côté de la plaque mais que nous, on comprend (uso saiko !!). Quoiqu’il en soit, le résultat est là, il devient plus humain. Il est encadré de très près par trois monstres envoyés par son père. Il y a ainsi Dracula, interprété par le toujours aussi chouette Yashima Norito (Water Boys, Binbô Danshi), Wolfman et Franken. D’ailleurs, ce dernier n’est autre que Choi Hong Man, le combattant sud-coréen. Aucune idée s’il parle vraiment japonais puisque son personnage ne s’exprime qu’avec des hunga. Il a le physique de l’emploi, il mesure effectivement 2m18 et avec le maquillage, son visage particulier n’en est que plus saisissant. Ces trois monstres sont gentils comme tout, sont désespérés par Kaibutsu-kun mais se doivent de le servir. Étant donné qu’ils sont tous dans le monde des humains, ils ont subi une certaine transformation et sont moins monstrueux que chez eux. On ne voit sinon comme monstre que le subordonné du roi joué par Hankai Kazuaki (Tiger & Dragon). Tous possèdent des pouvoirs particuliers, dignes de leur nature. Or, en arrivant chez les humains, ceux de Kaibutsu-kun ont été mis en veille. Il arrive qu’ils finissent pourtant par ressurgir grâce à une certaine pierre… Il a ainsi la possibilité de transformer son corps en espèce de plastique indéformable, de prendre l’apparence de n’importe qui, de cracher du feu ou encore de courir très vite.

L’univers de la série est de plus caractérisé par deux autres mondes. Il y a donc celui des humains dans lequel se déroule la majeure partie de l’intrigue. Seuls deux personnages y sont vraiment importants, à savoir Utako et Hiroshi, deux frères et sœurs. Orphelins, ils sont pauvres et vivent ensemble. Ils rencontrent les quatre monstres et finissent ainsi tous par changer. Les humains sont extrêmement mal interprétés, le summum du nul étant décerné à celui incarnant le petit frère, Hiroshi. Pour sa défense, l’acteur est jeune. Espérons pour lui qu’il s’arrêtera vite cette carrière ou qu’il s’améliorera ! Kawashima Umika (Bloody Monday, Koukousei Restaurant) ne fait non plus des étincelles dans le rôle de sa sœur. Comme il s’agit d’une série japonaise typique, il y a évidemment un larron truculent secondaire, à savoir ici le policier qui ne comprend rien à rien.
L’autre monde est celui des démons, les grands méchants de l’histoire. On voit principalement trois personnages. L’extrêmement vil clone de Sephiroth de Final Fantasy VII, Demokin, est joué par Matsuoka Masahiro (Koukousei Restaurant). Malgré l’intérêt majeur du démon, il demeure très longtemps au placard. Il faut attendre les trois derniers épisodes pour qu’il apparaisse. C’est un vrai bide de côté-là ce qui est fort dommage. A contrario, celle qui fait tout pour lui offrir sa place de maître du monde, Demorina est bien plus nuancée et se révèle même touchante vers la fin du renzoku.
Vous l’avez compris, les protagonistes ne sont pas profonds. Ils sont même assez superficiels, stéréotypés mais se révèlent attachants.

Honnêtement, je me suis plutôt amusée devant Kaibutsu-kun. Elle mérite toutefois une demi-étoile de moins. Son principal défaut est son aspect répétitif car tous les épisodes reposent sur le même schéma et on en revient toujours à la même chose. En outre, on y retrouve de sacrées facilités et des raccourcis bien trop évidents. Si les bons sentiments sont encore une fois de la partie, ils sont largement tolérables car Kaibutsu-kun détourne toujours tout à sa manière. De ce fait, on n’est pas phagocyté par une morale lourde, naïve et irritante. Les effets spéciaux et les maquillages ne sont pas des plus réussis mais si l’on n’est guère tatillon de côté-là, on ne trouve pas trop à redire. C’est plus sujet à rire. Il ressort donc de ces neuf épisodes pas mal d’humour, des personnages monstrueux adorables (oh Franken *.*), un soupçon d’aventure, une énorme dose de délire et du divertissement pur et dur. En bref, la série est plus que correcte pour son public, à savoir les jeunes enfants. Et puis pour une fois, ça fait du bien de voir du fantastique à la télé japonaise, même si l’ensemble est totalement barré, purement délirant et à prendre au second degré.

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4 commentaires

Nakayomi le 11 mars 2011 à 11:05.

Quand lady en avait parlé, je savais que je voulais voir… Ta review ne fait que confirmer que je suis sûr que ça me plairait sûrement bien (mais la dernière fois que j’ai regardé, toujours point vu de dispo en français… Cela dit, maintenant, ça commence à remonter, alors…).

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Kerydwen le 11 mars 2011 à 21:50.

Je te la conseille vraiment :D Je m’attendais à quelque chose de complètement débile et si ça l’est sur certains points, c’est un peu plus que ça.
Pour la VOSTF, je viens de regarder et tout est maintenant dispo (sauf le SP). :)

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Katzina le 19 mars 2011 à 10:57.

C’est vraiment, vraiment pas mon truc, j’ai vu des drama de genres bien différents mais ce style ne m’a jamais attirée ! Pourtant, tu donnes vraiment envie de tenter le coup ! Mais le truc, c’est que la tronche d’Ohno me revient absolument pas. . C’est purement gratuit, je l’ai jamais vu dans un drama, mais justement je sais pas si c’est une bonne idée ! lol

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Kerydwen le 21 mars 2011 à 22:49.

Si ce n’est vraiment pas ton truc, je ne suis pas persuadée que tu devrais lui donner sa chance ^^’. C’est quand même sacrément kitsch et assez débile par moment. Je pense qu’il est nécessaire d’apprécier le genre à la base.
Jusque là, j’avais aussi un peu les mêmes a priori que toi concernant Ohno Satoshi. Ils se sont rapidement envolés. Ça m’a donné envie de regarder plus vite que prévu Maou qui a l’air chouette. En plus il y a Ikuta Tôma :D

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