Comme annoncé en début d’année, nous sommes partis pour des retours sur de nombreuses séries traitées partiellement sur Luminophore alors qu’elles sont déjà terminées. C’est ainsi qu’en janvier dernier, Kyle XY et sa troisième saison se sont retrouvés sur mes écrans, pour le meilleur ou pour le pire ? Diffusée sur ABC Family entre janvier et mars 2009, la saison est composée de dix épisodes. En France, après un passage sur W9, M6 s’en est aussi occupée très récemment. A noter que la série a été annulée de la pire manière qu’il soit puisque l’annonce est tombée après l’écriture du season finale, qui fait donc office de series finale. Il n’y a pas de fin, de nombreuses questions restent en suspens et les dernières minutes proposent un cliffhanger. Si vous êtes frustrés par ce genre de choses, réfléchissez bien avant d’y mettre les pieds. Aucun spoiler.

Rappelez-vous, en 2009, j’écrivais ne pas avoir été convaincue par la série. Si la première saison était somme toute sympathique, la seconde se perdait dans la niaiserie de bas étage et dans des intrigues convenues et maladroites. Contre toute attente, c’est avec une certaine pointe d’amusement que j’ai décidé de reprendre Kyle XY. Il y a fort à parier que de savoir que seuls dix épisodes m’attendaient en fut le principal vecteur.
En débutant cette saison, j’ai trouvé qu’il y avait un fort problème de cohérence car même si mes souvenirs étaient extrêmement flous, j’avais vraiment l’impression d’avoir un Alzheimer débutant. Ce n’est qu’au bout d’un moment que je me suis rendue compte que je ne regardais pas le 3×01 mais le 3×03. Avec une autre série, j’aurais tout arrêté, m’arrachant les cheveux. Avec Kyle XY, non. J’ai donc visionné les trois premiers épisodes dans un ordre anarchique. Je pense que cela est fort révélateur des qualités intrinsèques, non ? Au-delà d’être ravie de voir Hal Ozsan (Fallen), bien trop discret dans le monde des séries tv, il est difficile de ne pas trouver la mythologie ridicule et superficielle. Certes, il y a une réelle volonté d’intensifier la teneur dramatique mais cela ne tient pas la route. Tout ce qui est en lien avec Latnok ennuie la majeure partie du temps car les quelques révélations sont prévisibles et manquent cruellement de relief.

Les émois des adolescents sont encore une fois de la partie. Nous sommes donc confrontés au pauvre Kyle, toujours aussi niais et naïf, qui se retrouve partagé entre son amour sans faille pour l’insignifiante Amanda, et celle qui partage désormais son toit, tout en le dévorant des yeux, Jessi. A ce propos, son interprète, Jamie Alexander, montre de nets progrès, ce qui est franchement salvateur. D’ailleurs, c’est véritablement Jessi qui permet de ne pas s’endormir devant ces nouveaux épisodes. Elle apporte un certain vent de fraîcheur en venant vivre chez les Trigger. S’en suivent effectivement des scènes assez piquantes comme toutes celles entre les enfants, Josh d’un côté mais surtout Lorie. Malheureusement, les épisodes ne peuvent se départir des scènes insipides à la « je t’aime moi non plus », des quiproquos à fusion et la lourdeur s’installe petit à petit. En outre, des personnages pourtant importants jusque là comme Declan, disparaissent de l’écran et n’apparaissent que fugacement. Les épisodes se concentrent uniquement sur le triangle Kyle / Amanda / Jessi qui est d’une pauvreté et d’une lourdeur abyssales.

La troisième saison de Kyle XY est dans la même veine que la seconde. En d’autres termes, elle n’est pas foncièrement mauvaise mais elle reste bien trop ancrée dans son statut de série familiale consensuelle. Étant donné que l’on sait qu’il n’existe pas de suite et que donc, l’issue est proche, on est probablement moins agacé par tant de bons sentiments, d’histoires d’amour sirupeuses et d’aspects moralisateurs. Quand bien même les qualités de la série soient largement discutables, sa fin est déplorable. Cette fois, ce ne sont pas les scénaristes qui sont blâmables, même si le contenu est lui aussi léger et presque ridicule concernant la révélation de fin, mais la chaîne. Kyle XY n’est ni la première, ni la dernière, a être traitée avec aussi peu de respect. C’est tout simplement honteux. Néanmoins, c’est sans aucun regret que je dis adieu à la série.