Fin 2010, j’ai décidé de terminer les quelques sitcoms débutées il y a plusieurs années. C’est ainsi qu’après Scrubs, je me suis attelée à Everybody Hates Chris (Tout le monde déteste Chris en VF). Un article ayant déjà traité les deux premières saisons en 2008, seules les deux dernières auront aujourd’hui les honneurs. Composées toutes deux de 22 épisodes d’une vingtaine de minutes, elles furent diffusées sur The CW entre octobre 2007 et mai 2009. L’annonce de l’annulation est tombée après la fin de la saison quatre ce qui fait qu’il n’y a pas de réelle fin. D’ailleurs, le series finale se termine sur un cliffhanger, pratique que la série n’avait jamais utilisée jusque-là. The CW aurait préféré stopper Everybody Hates Chris non pas en raison de ses audiences mais car la chaîne ne souhaitait plus diffuser des programmes courts. Aucun spoiler.

Sans être révolutionnaires, les deux premières saisons d’Everybody Hates Chris se laissent regarder sans déplaisir. Il en est de même concernant les deux dernières, avec toutefois une légère baisse de régime lors de la quatrième saison. La série se base sur la vie de Chris Rock lorsqu’il était jeune et cela, avec auto-dérision et une grande dose d’humour. D’ailleurs, l’artiste américain apparaît même à l’écran lors du 3×01, il incarne le conseiller d’orientation. Évidement, il est toujours le narrateur de l’histoire et ajoute quasi systématiquement du piquant aux épisodes.
Le gros changement opéré se passe dans la saison quatre car Chris quitte le collège pour intégrer le lycée. S’en suit une période assez instable où la série doit reprendre ses marques et tenter d’apporter un peu de nouveauté, tout en ne perdant pas le téléspectateur en cours de route.

Encore une fois, les thèmes abordés sont fédérateurs et sont généralement traités de manière assez critique et presque irrévérencieuse. La série se déroulant dans les quartiers pauvres de Brooklyn, il y a du racket, des vols, des coupures de courant faisant régner l’anarchie, etc. Pourtant, alors que la vie n’a assurément pas été facile, Everybody Hates Chris s’amuse de ces situations et en joue. Le ton est toujours à la comédie et les bons sentiments sont rarement de la partie. C’est en cela qu’elle est agréable car elle détourne toujours tout à sa manière. Le racisme est quasi systématiquement pointé du doigt mais elle prend le parti d’en rire plutôt que d’en pleurer. D’autres sujets davantage terre à terre sont aussi mis en avant tels que l’orientation, les sentiments amoureux, la nouvelle année, Noël… De plus, la série se permet de nombreux clins d’œils, comme un à The Wire en début de saison quatre avec le meilleur ami de Chris qui se prend pour Omar. Puisque les épisodes se déroulent dans les années 1980, l’ambiance est donc de la partie et c’est encore une fois l’occasion de retrouver des évènements de l’époque qui, sans les avoir vécus en temps réel, font assurément écho à notre mémoire collective.

A l’instar des deux premières saisons, celles-ci proposent toujours une galerie de personnages aussi truculents que décalés. En plus de la famille de Chris, on retrouve ainsi les habitants du quartier mais aussi ceux des établissements scolaires. A ce sujet, la saison quatre voit apparaître Paul Ben-Victor (The Invisible Man) dans le rôle du coach tyrannique. Sinon, Tony Rock, le véritable frère de Chris Rock, joue le rôle de son oncle durant quelques épisodes.
Concernant la fin de la série, elle se termine donc sur un cliffhanger. Les derniers instants se déroulent apparemment de la même manière que dans ceux de The Sopranos. Chris va-t-il retourner au lycée ? A-t-il réussi son test d’équivalence ? La réponse est donnée subrepticement dans le series finale. Quoiqu’il en soit, pour connaître la suite, il suffit tout simplement de lire une biographie de Chris Rock !

Les saisons trois et quatre d’Everybody Hates Chris se révèlent ainsi agréables car généralement fraîches, dynamiques et avec un humour assez enlevé. La série ne sombre jamais dans la morale ou dans les bons sentiments, préférant pratiquer le comique de répétition, tout en étant assez impertinente. Les histoires sont assez variées et plutôt originales. Par ailleurs, les références à la pop culture des années 1980 sont extrêmement nombreuses et devraient assurément plaire aux amateurs du genre. L’interprétation est de plus de qualité et les personnages sont globalement attachants. Au final, la série peint, sans prétention, le portrait d’un quartier de Brooklyn vivant le racisme ou encore des problèmes sociaux et cela, avec beaucoup d’humilité et de tendresse.