Churasan | ちゅらさん

Publié par | 14 avril 2011

C’est avec une très grande joie et une certaine fierté que le premier asadora arrive aujourd’hui sur Luminophore. Un asa quoi ? Comme cela a déjà été écrit, le terme asadora signifie tout simplement les séries du matin et elles sont diffusées uniquement sur NHK. Elles comportent dans les 150 épisodes et passent entre 8h15 et 8h30 du lundi au samedi. Comme on peut s’en douter, leur cible principale est la fameuse ménagère. Cela faisait plusieurs années que je souhaitais en tester une mais en raison de la longueur, j’hésitais un petit peu. La nouvelle année aidant, je me suis enfin lancée et je l’ai terminée à la mi-mars. Cela ne m’aura donc même pas pris trois mois, ce qui est tout à fait raisonnable. Ne connaissant pas du tout cet univers, mon choix fut du pur hasard et c’est ainsi que Churasan est passée par mes écrans. Pourquoi cette série ? Parce que je l’avais vue chez mes fournisseurs et qu’elle était disponible dans son intégralité. Aussi simple que ça.
Composée de 156 épisodes d’une douzaine de minutes, Churasan fut diffusée sur NHK entre avril et septembre 2001. C’est le 64ème asadora. Son succès étant important, elle a eu le droit à plusieurs suites mais il s’agit cette fois de renzoku. Ils seront évidemment traités sur Luminophore à un moment donné. Churasan signifie magnifique en okinawaïen. Aucun spoiler.

Churasan suit l’histoire d’une jeune fille, Kohagura Eri, qui est née sur l’île de Kohamajima, à Okinawa, le 15 Mai 1972 : le jour où Okinawa a été rendue au Japon par les USA. Onze ans plus tard, Uemura Shizuko et ses deux fils, Kazuya et Fumiya, originaires de Tokyo, viennent sur l’île de Kohamajima et sont les hôtes de la famille Kohagura. C’est ainsi que la famille Uemura fait la connaissance de l’excentrique famille Kohagura.
Eri est surprise en apprenant que Kazuya est en phase terminale d’une maladie très grave. C’est pour cela que la famille Uemura est venue à Kohamajima, pour que Kazuya passe ses derniers moments dans un lieu paradisiaque. Avant que Kazuya ne meure, Fumiya et Eri lui promettent qu’ils se marieront un jour. Cependant, après la mort de Kazuya, Fumiya retourne à Tokyo avec sa mère. Vont-ils finir par se retrouver ? Vous le saurez si vous suivez les trépidantes aventures de la famille Kohagura.
Source : Ai Movie

156 épisodes, nous sommes d’accord, cela fait peur. Mais leur durée est très courte. En fait, si l’on calcule, cela donne approximativement une série de 31 épisodes d’une heure ou une série de 20 épisodes de 90 minutes. De suite, cela passe mieux, non ? De plus, il est évident que caser un épisode d’une douzaine de minutes dans son programme est une tâche aisée. C’est pour cela qu’il faut essayer de ne pas trop se formaliser sur ce nombre d’épisodes. Sur une autre donnée technique, je tiens à ajouter qu’il existe une traduction française par Ai Movie. C’est d’ailleurs pour elle que j’ai opté et je ne le regrette pas du tout. J’ai vraiment envie de saluer leur travail car les teams de fansub ne sont pas nombreuses à dénicher des dramas méconnus et sortant de l’ordinaire pour les traduire jusqu’au bout. Par ailleurs, la qualité de la traduction semble fiable et ce fut un vrai plaisir de suivre Churasan en leur compagnie. Il ne reste plus qu’à espérer que la suite sortira bientôt chez eux :)

Il ne faut pas se fier aux cinq-six premiers épisodes qui sont assez lents à se mettre en place et qui montrent l’héroïne, Kohagura Eri, lorsqu’elle était enfant. Si ce passage est obligatoire, puisqu’il s’agit du ciment de l’histoire, il ne sont pas des plus révélateurs quant au reste. Ils ne sont pas mauvais mais ils font très vieillot. Il faut aussi dire que la série date de 2001, cela fait donc déjà dix ans. On les sent bien mais on s’y habitue en moins de temps qu’il n’en faut pour dire ouf. En fait, Churasan s’organise en petits arcs d’environ cinq épisodes à chaque fois, soit globalement un par semaine de diffusion. Ils traitent un moment de la vie d’Eri. Si certaines fois cela peut être trivial, il peut aussi s’agir d’évènements plus marquants.

Churasan est un drama tranquille, qui prend son temps et qui narre des choses vraies. Il n’y aucune volonté de dramatisation, de surenchère ou de faire fantasmer. Non, ce sont des tranches de vie banales mais filmées avec une telle tendresse que l’on se plaît à suivre les aventures de la joviale Eri et des personnages qui l’entourent. Il semble évident en regardant la série qu’elle est à destination des femmes. Ce sont effectivement elles qui mènent ici la danse et tout tourne autour d’elles. Les hommes, bien que présents, sont quelque peu relégués au second plan mais n’en demeurent pas moins indispensables. Il va de soi qu’avec cette formule, la ménagère se sent bien plus investie et surtout, peut plus facilement s’identifier au quotidien des personnages.

Eri, l’héroïne, est au départ une lycéenne sur le point de passer dans le fameux monde des adultes. Incarnée par la dynamique Kuninaka Ryôko (Kekkon Dekinai Otoko), elle a le cœur sur la main, est très naturelle et va toujours vers les autres. Sa perpétuelle pêche et son éternel optimisme peuvent quelque peu ennuyer par moment. Toutefois, c’est justement ce qui fait son caractère et il s’agit à la fois de ses qualités et de ses défauts. La série en joue bien et en tire correctement parti. Ce qui marque en premier lieu dans Churasan est incontestablement l’évolution de ses personnages. Aucun n’est figé dans la roche et ils suivent tous un chemin propre, crédible et cohérent avec ce que l’on sait et ce que l’on apprend sur eux. Eri en est la figure de proue et elle est loin d’être la seule à avoir cet honneur. Un peu perdue, elle ne sait pas trop quoi faire de sa vie et espère avoir un jour un déclic. Elle prend des risques, se trompe parfois et tente de concilier au mieux ses rêves avec la réalité. Elle murit au fil des épisodes et devient une femme épanouie. La série se déroule effectivement sur plusieurs années, ce qui peut amuser un tant soit peu car les acteurs eux, ne changent pas du tout, même si la coiffure d’Eri évolue au fil du temps.
Lorsqu’elle était jeune, elle a rencontré un jeune garçon, Fumiya, et les deux ont promis de s’épouser lorsqu’ils seraient grands. Mais la vie a fait qu’ils se sont séparés. Peut-on vraiment se retrouver des années après ? Que vaut une promesse faite lorsque l’on avait une dizaine d’années ? Le fil rouge de l’histoire est assez irréaliste mais après tout, plausible. Il met du baume au cœur en tout cas.

Churasan ne serait rien sans la famille d’Eri, les Kohagura. Les membres la constituant sont tout simplement fabuleux. Ils sont admirablement écrits et les acteurs sont épatants. Ils sont vraiment attachant et l’on se plaît à rêver que l’on fait partie de cette famille haute en couleurs et plutôt extraordinaire. Keibun (Sakai Masaaki), le père, est un homme assez paresseux, qui adore jouer du sanshin (un instrument traditionnel d’Okinawa, proche du shamisen) et qui passe son temps à profiter du soleil d’Okinawa. Un peu niais sur les bords, il aime sa famille jusqu’à la folie et est l’élément bout-en-train du groupe. Malgré ses râleries, il suit toujours ce que disent sa femme, Katsuko, et sa mère (Taira Tomi) qui vit avec eux. Les deux sont délicieuses. Katsuko, jouée par Tanaka Yoshiko (la mère du personnage d’Oguri Shun dans Tokyo DOGS), est celle qui porte la culotte. Ayant la tête sur les épaules, elle laisse son époux faire ce qu’il veut et est heureuse si lui, est heureux, même s’il ne rapporte jamais d’argent et en dépense un peu trop pour des futilités. Sa belle-mère, la fameuse obâsan, est la narratrice de l’histoire. Possédant une voix charismatique, elle distille toujours ses petits commentaires truculents et franchement vivifiants. Elle aussi est adorable. Quant aux enfants des Kohagura, il y a donc Eri, la cadette. L’aîné, Keishô, est fantasque et met en place des projets ahurissants mais créatifs (ah, Goyaman !) et il y a aussi Keitatsu, incarné par un jeune Yamada Takayuki (Byakuyakou, Water Boys) en très grande forme qui est celui qui est le plus terre à terre de la famille. Il aimerait devenir rockeur et décide de tout faire pour y parvenir.

A côté de cela, Eri ne restant pas indéfiniment chez ses parents, intègre un Ippukan à Tokyo où là aussi, les habitants sont bigarrés et si l’on ne se sentait pas déjà appartenir à une grande famille, il est clair qu’à partir de ce moment-là, c’est plus que le cas ! Entre la propriétaire douce, l’acariâtre amateur de musique classique, le vieux garçon gentil comme tout, la femme d’affaire farfelue et l’auteure de contes de fées sarcastique et cynique, on est plus que comblé. Impossible de ne pas s’attarder un petit peu sur eux tout de même. Celle qui a mes faveurs est sans aucune hésitation l’écrivain, Maria, joué par Kanno Miho (Magerarenai Onna), car elle est piquante à souhait et en dépit de ce qu’elle souhaite le montrer, elle s’attache plus que de raison à Eri. Tous les personnages, bien que nombreux, sont reliés ensemble et il en ressort une véritable logique.
A vrai dire, partout où l’héroïne passe, elle égaye le monde par sa fraîcheur. Elle finit généralement par rassembler les gens et si tout n’est pas toujours rose, elle délie les cœurs. Bien que cela puisse sonner très niais ou Bisounours, ce n’est pas du tout le cas. On retrouve ainsi le gérant du restaurant okinawaïen, les collègues d’Eri lorsqu’elle aura trouvé sa carrière professionnelle (chut !) ou d’autres personnages un peu trop spoiler pour être cités ici.
Plusieurs acteurs assez connus sont de la partie dans des rôles plus ou moins secondaires comme Konishi Manami (Ashita no Kita Yoshio), Becky (Nodame Cantabile), Endô Yûya (Voice) ou encore Kabira Jay (Xmas Nante Daikirai).
Ce qui prime en regardant Churasan est son ton assez déjanté et enlevé. On rit beaucoup et on s’amuse tout autant.

L’intrigue se déroule à la fois à Kohamajima, à Naha et à Tokyo. Quel plaisir ! Les séries japonaises se déroulant à la capitale sont très nombreuses. Celles mettant à l’honneur Okinawa le sont beaucoup moins et ce fut un vrai délice que de voir des paysages de là-bas et surtout, d’avoir un aperçu important de leur culture particulière. Il y a les évènements traditionnels, leur langue, la musique, la vision de ces repas apparemment délicieux dont on sentirait presque les effluves, etc. En fait, on ressent surtout une ambiance bien palpable et si tant est que ce n’était pas déjà le cas, on note sur son calepin qu’il faudra impérativement faire un tour du côté de la préfecture lors de son voyage au Japon !

Du côté des sujets abordés, ils sont principalement en lien avec Eri et touchent donc l’arrivée dans le monde adulte, la découverte parfois difficile de la réalité, les émois amoureux, les premiers pas dans la vie professionnelle… Ceci dit, cela ne s’arrête pas là car avec les autres personnages, il est question du célibat, de la demande de la société de se plier aux règles, de l’amour entre deux personnes âgées, de l’argent, etc. Il y en a pour tous les goûts. Si la série garde une certaine dose d’optimisme et de bons sentiments, elle n’en demeure pas moins raisonnable de de côté-là. Par ailleurs, une chose appréciable est que la femme n’est pas vue à travers l’homme. Elle a sa propre condition et vit sa vie de la manière qu’elle le souhaite. Ainsi, deux des femmes de l’Ippukan sont dans leur trentaine ou dans les environs et il n’y aucune pression de mariage ressentie ou d’obligation de faire comme ce que la société dicte. A noter que le scénariste n’est autre qu’Okada Yoshikazu qui a écrit une pépite comme Zeni Geba (bon, Shôkôjo Seira aussi) et son nouvel asadora, Ohisama, débute prochainement avec notamment Inoue Mao.

Regarder Churasan c’est comme avoir l’impression de faire partie d’une famille, un peu étrange certes, mais terriblement attachante. On visionne les épisodes avec un sourire plaqué sur le visage et on se sent bien. Il est indubitable que le drama ne plaira pas à tout le monde car il ne s’y passe rien de sortant de l’ordinaire et certains arcs sont un peu longuets mais ceux qui apprécient les tranches de vie et les personnages charmants et évolutifs devraient y trouver leur compte. La distribution est solide, il y a une bonne dose d’humour, les musiques sont un vrai régal et les paysages, surtout ceux en lien avec Okinawa, font rêver. Au final, on sent une immense tendresse pour ce petit monde coloré et adorable que l’on quitte avec les yeux quelque peu humides.

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7 commentaires

Katzina le 14 avril 2011 à 14:54.

Moi qui disais il y a peu dans mes réponses au tag drama que les asadora me tentaient bien ! Là, ton article me donne vraiment envie de m’y mettre. J’avais repéré Gegege no Nyoubo, celui de l’année dernière qui est subbé en anglais, mais tout le bien que tu dis de Churasan va me pousser à tenter le coup ! Je pense que je serai bien contente de pouvoir m’accorder des petites pauses d’un épisode quand je serai dans la dernière ligne droite avant de rendre mon mémoire. Merci beaucoup pour la découverte :-)

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Kerydwen le 16 avril 2011 à 14:28.

Oui, j’avais bien lu ça chez toi et j’ai été à deux doigts de te dire que j’avais justement sauté le pas. J’ai préféré garder la surprise ^^ Comme tu peux t’en douter, je conseille fortement Churasan. En premier asadora, il est en tout cas très bien bien passé avec moi :)

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Nephthys le 14 avril 2011 à 19:11.

Encore un format un peu différent, ca me fait penser aux soaps américains (qui ne s’arrêtent jamais ^^)…
Mais pour le moment, je pense plutôt me lancer dans l’aventure « Jumong »… Ce n’est pas de la tarte 81 épisodes au compteur >.< ! Ce sera mon défi mais pourquoi pas un asadora un de ces jours (je ne pensais pas un jour regarder des séries asiatiques alors tout est possible)…

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Kerydwen le 16 avril 2011 à 14:29.

Sauf que dans le cas des soaps, il n’y a pas de fin préétablie dès le départ. Ici, si :)

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Nephthys le 17 avril 2011 à 9:06.

Oui c’est sûr ^^ !

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Kenchibun le 11 mai 2011 à 0:07.

Bravo pour l’article, vraiment superbe, très complet et long, chapeau ^^

Info pour vous : la suite arrivera en Septembre.

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Kerydwen le 13 mai 2011 à 22:31.

Oh, ça c’est une super nouvelle :D Il me tarde de voir cette suite. J’espère qu’elle sera aussi réussie que l’asadora mais je ne m’en fais pas trop ^^
En tout cas, merci de vous être occupés de cette petite perle qu’est Churasan :)

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