Mine de rien, cela fait un petit moment que l’on n’a pas parlé d’un renzoku sur Luminophore. Ayant eu envie de regarder quelque chose de mignon et de reposant, je me suis rabattue dernièrement sur Hachimitsu to Clover, aussi connu son son appellation internationale Honey and Clover. Les lecteurs de mangas auront peut-être une impression de déjà-vu, ce qui est normal puisqu’il s’agit de l’adaptation du manga du même nom d’Umino Chika ; il comporte dix tomes et est disponible en France chez Kana. Il existe également un film avec Sakurai Shô, Iseya Yûsuke et Aoi Yû, un anime de deux saisons et une série taïwanaise. Avant de me lancer dans la série japonaise je ne connaissais pas du tout l’univers donc je serai incapable de comparer quoi que ce soit. Le renzoku comporte quant à lui onze épisodes et fut diffusé entre janvier et mars 2008 sur Fuji TV. Aucun spoiler.

Takemoto Yûta, Mayama Takumi et Morita Shinobu sont trois amis vivant en colocation et allant dans une école d’art à Tôkyô. Chacun d’entre eux tente de tracer son chemin tout en essayant de concilier sa vie personnelle avec ses amis et ses amours ainsi que sa vie de presque professionnel se cherchant encore. Leur existence est quelque peu bouleversée par l’arrivée de Hanamoto Hagumi, plus connue sous le surnom Hagu, une jeune artiste extrêmement douée mais ayant encore gardé son âme d’enfant.

   

Hachimitu to Clover m’a fait penser à l’excellent Orange Days tout au long de mon visionnage. Certains acteurs sont d’ailleurs similaires mais les deux séries partagent d’autres points communs. Par exemple, elles traitent notamment toutes deux du passage à l’âge adulte. Les personnages expérimentent, sont marqués par différentes rencontres et petit à petit, ils grandissent. Au départ, ils sont de simples étudiants et lorsqu’on les quitte, ils ont mis un pas dans la cour des grands et sont donc prêts à prendre leur envol. Le rythme est assez lent, il y a peu de rebondissements et l’action est loin d’être enlevée. Pour cette raison, la série a des risques de ne pas plaire à certains. Inversement, ceux qui apprécient le naturel et la sincérité devraient être satisfaits. Hachimitsu to Clover est réaliste et raconte la vie telle qu’elle est, avec ses bons comme ses mauvais côtés et ne sombre jamais dans la surenchère ou le sensationnalisme. Elle donne l’impression de suivre un fil tranquille parsemé d’embûches. Il est par conséquent question de la vie quotidienne et il en ressort de l’émotion, de la nostalgie mêlée à de la mélancolie, de l’humour et d’excellents moments. En d’autres termes, par son côté tranche de vie, son unique ambition est de dépeindre avec réalisme quelques passages choisis de ses protagonistes qui n’ont fondamentalement rien de trépidants. Bien évidemment, sa simplicité ne signifie pas du tout qu’elle soit fade et sans saveurs ou qu’on ne puisse être touché par certaines thématiques et doutes parfaitement mis en valeur ici.

La série repose quasi exclusivement sur ses personnages, assez complexes. Elle s’attarde essentiellement sur cinq d’entre eux. Au fil des épisodes, on apprend à les connaître et chacun possède ses zones d’ombre, sans que cela ne soit pour autant caricatural. Celui que l’on suit le plus régulièrement, et qui apparaît comme le pilier de la série, est Takemoto Yûta. Il est incarné par le Johnny’s Ikuta Tôma, abonné à ce genre de rôle de gentil garçon. Souvent à côté de la plaque, assez naïf et maladroit, Yûta a un côté très sympathique qui fait que l’on s’attache rapidement à lui. Peu sûr de lui, il ne sait pas trop ce qu’il veut et n’a pas de réelle ambition. Sa vie est un petit peu chamboulée lorsqu’il rencontre la jolie Hagumi, interprétée par Narumi Riko que je ne connaissais pas du tout. Inadaptée socialement, elle vit à travers la peinture et est d’une douceur incroyable. Elle a tout pour horripiler. Elle a certainement dû énerver nombre de téléspectateurs et le fera encore. Néanmoins, ce ne fut pas mon cas. Bien qu’elle ait un côté enfantin, elle fait preuve d’une telle sensibilité artistique qu’elle ne fut pas désagréable à suivre. S’agissant d’un josei manga à l’origine, le triangle amoureux est inévitable et c’est donc Morita qui le complète. Plus âgé que les autres étudiants, il se complait à l’université et continue ses œuvres qui lui valent de nombreuses sollicitations. Imprévisible et excentrique, il sait se montrer sérieux et profite de sa situation facile d’étudiant sans responsabilités. Comme d’habitude, Narimiya Hiroki (Orange Days, Stand Up!!, Gokusen, Sweet Room), qui endosse ce rôle, est impeccable et parvient à trouver le juste milieu entre l’aspect délirant du personnage et le côté plus posé que l’on ne fait que deviner. Hagumi ne laisse pas Morita indifférent mais est-ce qu’il est réellement attiré par elle ou n’est-il pas juste amoureux de ses peintures ? Qu’en pense Hagu ? Et Yûta dans cela ? Hachimitu to Clover propose donc un triangle amoureux mais qui reste relativement léger.

À vrai dire, il n’y a pas qu’un seul triangle amoureux, il y en a également un autre. On pourrait même parler d’un carré amoureux dans ce cas. La bande phare de la série étant composée de cinq personnages, il en manque deux : Mayama Takumi et Yamada Ayumi. Si la plupart des protagonistes sont réussis dans la série, ce n’est pas le cas de Mayama. Ce n’est pas son interprète, Mukai Osamu (Atashinchi no Danshi, Nodame Cantabile) qui est à remettre en cause mais la caractérisation du jeune homme. Mayama est tout simplement assez transparent et même s’il forme une paire parfois drôle avec Morita, il n’en demeure pas moins insipide. Il n’a d’yeux que pour la tout aussi fade Harada Rika, une femme plus âgée ayant perdu son mari dans un accident d’avion et s’en jugeant responsable. Les moments où le drama s’attarde sur ce couple sont ennuyants et peu intéressants. Dommage.
Ayumi est amoureuse de Mayama mais ce dernier ne voit en elle qu’une amie. Sans être désagréable, il est assez malheureux que son personnage ne soit presque vu qu’à travers celui qu’elle aime. Elle n’est assurément pas unilatérale mais certains épisodes pourraient le laisser penser. Cependant, elle se rattrape nettement dès l’entrée en scène d’un architecte charmant et assez taquin, Nomiya Takumi, joué par Kashiwabara Takashi (Byakuyakô, Orange Days). J’avoue avoir été particulièrement sensible à la relation qui se tisse entre ces deux et j’aurais vraiment apprécié en voir davantage.

Comme souvent avec les séries japonaises, ajoutez à cette galerie de personnages quelques figures loufoques et hautes en couleur comme le père d’Ayumi, le beau-père de Yûta, le prof complètement décalé ou encore le coloc’ des trois garçons amateur de poético-philosophie. On y reconnaîtra d’ailleurs Waki Tomohiro (Gokusen), Izumiya Shigeru (Jotei, Engine, Voice), Takizawa Saori (Pride, Jotei) et le toujours aussi fantastique Matsushige Yutaka (Natsu no Koi wa Nijiiro ni Kagayaku).
Les personnages étant des artistes, la série ne pouvait donc pas totalement occulter ce sujet. Le risque dans ce genre de situation est de montrer des œuvres moyennes ou n’ayant rien d’extraordinaire. Or, les peintures de Hagumi sont absolument magnifiques et il en ressort une grande poésie. Les sculptures de Morita ne sont pas dépourvues d’émotion non plus et l’un des autres personnages proposera par ailleurs une jolie production. La musique, composée par Kôno Shin (Byakuyakô, Sekai no Chûshin de, ai wo Sakebu) est quant à elle plutôt agréable. À noter que la chanson que l’on entend régulièrement est Canvas de Hirai Ken.

Hachimitsu to Clover est au final une jolie série sur le passage à l’âge adulte d’un groupe d’amis avec les doutes et les questionnements que l’on peut ressentir. Bien que certaines situations soient classiques, le traitement ne l’est pas et les épisodes font avancer subtilement les personnages. Le j-drama se laisse agréablement regarder sans toutefois rarement dépasser le cadre du simple divertissement. Deux des personnages plombent effectivement malheureusement un peu l’ensemble. Ceci dit, le renzoku possède une certaine ambiance nostalgique et fait preuve de naturel et de pudeur, ce qui fait plaisir lorsque l’on en a un peu marre d’être agressé par certaines thématiques des séries actuelles. Quant à moi, je pense que je vais tester le manga…
Bonus : une jolie fanvid sur mon couple coup de cœur, Ayumi/Nomiya

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