Fort heureusement pour moi, les temps changent et alors que je ne pensais jamais que cela arriverait, je parviens désormais à arrêter des séries. Des séries qui sont toujours en cours en plus ! Si si. L’année dernière, je l’ai fait pour plusieurs d’entre elles, ce qui est un pas énorme pour moi. Il arrive très souvent que certaines personnes rétorquent à quelqu’un qui critique négativement quelque chose qu’il n’a qu’à pas le regarder. Certes. En pratique, c’est plus compliqué que ça. On peut tout de même se poser des questions sur la santé mentale de quelqu’un qui visionne Private Practice depuis ses débuts en 2007 et qui depuis, ne lui a jamais mis la moyenne. Oui bon hein… je parle de moi évidemment. La quatrième saison de cette série créée par Shonda Rhimes, spin-off de Grey’s Anatomy, a vu ses 22 épisodes être diffusés sur ABC entre septembre 2010 et mai 2011. La série sera de retour à la rentrée. Aucun spoiler.

Bizarrement, la saison trois m’avait laissé un souvenir assez correct, comparativement à celui de la saison deux. La quatrième débute par un season premiere mettant immédiatement dans le ton. L’épisode est effectivement mauvais et la saison sera de cet acabit tout le long. Oh bien sûr, il y a un épisode tragique, dans la même veine que le découpage du ventre de Violet en fin de saison deux, mais il semble tellement sorti de nulle part qu’il ne colle pas du tout au reste. Si l’on ne se trouvait pas dans Private Practice, série légère par excellence, cela aurait pu mieux passer. Ici, on a plus l’impression que tout est amené pour faire de l’audience. Il y a une telle volonté de faire pleurer dans les chaumières que cela en devient presque ridicule. La seule chose qui sauve cette intrigue est l’attachement que l’on peut avoir pour Charlotte et Cooper, ainsi que pour leurs interprètes, toujours aussi sympathiques et dans ce cas précis, bouleversants.

Dans le registre totalement raté, le couple que forment désormais Violet et Pete est désagréable et inintéressant. Concernant la première, le season finale nous la ramène au point de départ avec cette tendance à toujours fuir en avant et quant au second, s’il existe une volonté réelle de densifier son personnage avec son passé familial, le contenu ne convainc pas une seule seconde, tout comme le cliffhanger de fin.
Addison et le toujours aussi charmant Sam me plaisaient beaucoup ensemble au départ mais malheureusement, là aussi, le traitement est bancal et il n’est question que d’une seule chose, encore et encore, à savoir le désir de bébé d’Addison. Oui, nous savons qu’elle en souhaite un mais de là à nous le marteler tous les épisodes, ce n’est peut-être pas obligatoire. Faire revenir sa mère, quémandeuse d’aide, est également une mauvaise idée. Très mauvaise même. A contrario, voir le personnage oublier un peu tous ces soucis avec l’inconnu joué par Benjamin Bratt -et qui sera régulier lors de la prochaine saison- fait du bien mais, comme un disque rouillé, la série ne va pas jusqu’au bout des choses.
Sheldon est la touche lumineuse de la saison car drôle et souvent juste, bien qu’il soit trop peu mis en avant. Difficile aussi de comprendre l’intérêt de rendre Amelia régulière si c’est pour lui donner un rôle aussi transparent. Certes, on sent un début d’intrigue la concernant mais il y a de fortes chances que l’on soit encore déçu.
Oublions-nous quelqu’un ? Naomi évidemment mais puisque les miracles arrivent, elle quitte la clinique privée, et donc la série, pour notre plus grand bonheur.

Si les personnages tournent en rond et n’apportent rien à se mettre sous la dent, si ce n’est de l’ennui, il en est de même pour les cas médicaux. La série n’est jamais parvenue à proposer quoique ce soit de réellement bon à ce sujet de toute manière. La plupart du temps, ces intrigues sont soit moralisatrices, soit tirées par les cheveux, soit soporifiques. Voire les trois. La saison n’y fera pas défaut.
Pour terminer, petit détour par les nombreux guest stars qui sont notamment : Alex Kingston (ER, Doctor Who), Nicholas Brendon (Buffy the Vampire Slayer), Clea DuVall (Carnivàle), James Remar (Dexter), Tequan Richmond (Everybody Hates Chris), Devon Odessa (My So-Called Life), Kenneth Mitchell (Jericho), Rockmond Dunbar (Prison Break) et Naoko Mori (Torchwood).

Cette quatrième saison fut plus que laborieuse car marquée par des épisodes faciles et très rarement passionnants. Ce n’est pas tant que la saison alterne bon épisode avec des moyens, c’est plus qu’au sein d’un même épisode, on alterne carrément entre le mauvais et le correct sans plus. On ne dépasse jamais ce stade et l’ensemble n’en est que plus fastidieux. Cela s’explique partiellement par les personnages, peu attachants et n’évoluant pas. La série n’est qu’un jeu de chaises musicales amoureux. Point. Les cas médicaux sont uniquement là parce qu’il faut bien parler d’autres choses mais tout n’est que prétexte aux émois de ces quarantenaires usants et usés. Au final, ces 22 épisodes sont d’une médiocrité affligeante et ne lésinent pas sur les aspects moralisateurs et conservateurs. C’est sans regret que la suite de Private Practice se fera sans moi. Enfin, normalement.