Sans avoir été réellement conquise par la première saison de Glee, je ne peux pas non plus dire l’avoir détestée. Si sa première partie était fraîche et assez inédite dans le paysage télévisuel américain, ce fut bien moins le cas avec la seconde. La série étant un vrai succès aux États-Unis, comme ailleurs dans le monde, une nouvelle saison fut bien évidemment produite ; et que les Gleeks se rassurent, il y en aura encore bien d’autres puisqu’un achat groupé a été effectué il y a un petit moment. La saison deux, composée de vingt-deux épisodes, fut diffusée entre septembre 2010 et mai 2011 sur la Fox. Aucun spoiler.

Tous les défauts présents en saison une sont présents lors de celle-ci et sont majorés. Les scénarios ? Ils sont inexistants. Les personnages ? Ils sont encore plus caricaturaux qu’auparavant, pour peu qu’ils soient développés. Les chansons ? Il y a des massacres et pour être honnête, je serais incapable de nommer une reprise qui m’a sincèrement plu. Par conséquent, que reste-t-il ? Eh bien, rien. Du néant.

Glee n’a jamais été la championne des histoires. Elle place plusieurs chansons par épisode et hop, le tour est joué. L’intrigue est brodée à partir de ces petites chansonnettes. Le souci est que normalement, on effectue la démarche inverse. C’est un peu le monde à l’envers. Ce n’est donc pas étonnant que la saison soit aussi bancale et qu’il ne se passe pas grand chose. Des thématiques sont superficiellement abordées bien qu’il y ait justement la possibilité de les approfondir. Toutefois, ne crachons pas trop dans la soupe car un épisode se démarque du lot, le 2×14, Blame it on the alcohol, qui comme son nom l’indique traite de l’alcool. Plutôt que de tomber dans de la morale hypocrite, la série surprend et évoque le sujet avec justesse. C’est bien le seul point positif de cette saison avec le duo Santana / Karofsky et la première apparition de Gwyneth Paltrow en tant que prof remplaçante. Les autres intrigues, si tant est que l’on puisse les appeler ainsi, sont assez pitoyables. Franchement, n’est-ce pas ridicule que de montrer la goinfrerie de Mercedes pour ces pommes de terre super grasses ? L’arc chez les Warblers qui font limite peur est ennuyant à mourir. Difficile de trop s’attarder sur les histoires puisqu’elles sont justement très peu nombreuses ou alors limitées à un unique épisode.

La saison passée avait déjà eu du mal à développer l’ensemble de ses personnages. Il paraissait donc évident qu’en en ajoutant d’autres, cela se corserait. Évidemment, cela ne rate pas. Quel est l’intérêt de Sam et de sa grande bouche ? Il n’y en a que pour Rachel, Finn l’endive et Kurt, le stéréotype gay le plus insupportable de la télé actuelle. Quant à Sue, elle n’est plus qu’une caricature d’elle-même et en devient pathétique. Ah bon, il y a d’autres personnages ? On ne dirait pas pourtant. C’est d’autant plus dommage que Santana, véritable force de la série, soit aussi peu utilisée, même s’il y a un effort. Elle est sarcastique, drôle et dit ce qu’elle pense tout haut. En d’autres termes, elle fait du bien et détonne dans cet univers plutôt aseptisé et tellement sucré qu’il tuerait un diabétique sur le champ. En raison de ses questionnements et de ses doutes, Santana montre un potentiel certain, à l’instar de Karofsky. Mais puisque nous sommes dans Glee, il y a des chances que tout soit annihilé. Il reste Britanny, électron libre totalement déconnecté de la réalité et vraiment adorable. Cela fait peu. Bien sûr, il paraît évident que Glee est avant toute chose un divertissement pur et dur mais cela ne veut pas dire qu’il faut prendre les spectateurs pour des idiots et des vaches à lait.

N’étant pas du tout dans la cible musicale de Glee, j’étais assez étonnée d’avoir apprécié plusieurs chansons lors de la saison une. Ce ne fut pas franchement le cas cette année. Entre le spécial sur Britney Spears, la Justin Bieber mania, du Lady Gaga encore et encore, je ne peux pas dire avoir été enchantée. Le comble de l’horreur fut le massacre de The Rocky Horror Picture Show. Il s’agit d’un film que j’adore et dont j’ai écouté la bande-originale un nombre incalculable de fois. Je suis de plus totalement sous le charme de Frank’n’Furter. La version Glee est une vraie calamité. Déjà, quelle idée de faire interpréter ces chansons provocatrices à des supposés ados. Mais alors Mercedes en Frank’n’Furter… non, non, non ! Honteux.

La saison deux de Glee est au final dans la lignée de la précédente. Elle continue de proposer inlassablement des reprises de chanson sans approfondir quoique ce soit derrière. Si lors de la première saison, on pouvait être plus ou moins tolérant, ce n’est pas le cas cette année. Les personnages et les intrigues sont creux et la série se complait dans sa médiocrité. Elle est superficielle et ne va jamais au fond des choses. Si elle manque d’intelligence, elle pourrait au moins divertir mais ici, ce ne fut pas le cas. C’est donc sans regret que Luminophore dit au revoir à Glee et à son monde aseptisé.