Malgré une troisième saison tout simplement atroce, Gossip Girl a reçu son ticket de renouvellement et c’est donc une quatrième de vingt-deux épisodes qui fut diffusée sur The CW entre septembre 2010 et mai 2011. Sans grande surprise, la série sera de retour à la rentrée prochaine sur la chaîne. Quelques spoilers.

La saison quatre débute par le voyage de Blair et Serena dans notre bonne vieille capitale. Bien évidemment, nous n’échappons pas aux clichés sur Paris et les Français, mais sachant que Gossip Girl en fait plus ou moins de même avec New York, on ne peut pas trop râler sur le traitement. Et puis c’est toujours assez sympa d’arpenter des lieux que l’on connaît plus ou moins bien, et d’entendre parler notre langue. La caméra se permet de faire un petit tour au musée d’Orsay, ce qui est pas mal du tout comme vous pouvez en convenir. Cette incartade parisienne est d’ailleurs l’occasion de rapidement voir Lou Doillon et d’intégrer Clémence Poésy (Harry Potter, notamment) le temps de quelques épisodes. La saison a en outre de la suite dans les idées, car le fameux prince monégasque du début revient vers la fin pour ravir le cœur de Blair et lui offrir pratiquement une couronne. Est-ce que cela va réellement se faire, voilà une autre question.

La première moitié de la saison est sympathique. Bien sûr, nous sommes dans Gossip Girl donc ceci est relatif, mais on s’amuse, on rigole et l’on est plutôt correctement diverti. À raison d’un épisode par semaine, le public ne sature pas trop rapidement. Les intrigues en reviennent toujours à la même chose avec ces guerres, ces mesquineries et ces coups bas, ce qui n’empêche pas l’ensemble de se tenir, notamment grâce au personnage interprété par Katie Cassidy (Supernatural) qui bouscule le petit monde huppé de l’Upper East Side. A contrario, une fois cette dernière écartée, car c’est bien connu, les antagonistes ne restent jamais dans Gossip Girl, la saison perd en piquant et en intérêt. La faute est principalement imputable à Chuck et tout ce qui gravite autour de lui. Ce protagoniste n’est plus que l’ombre de lui-même et malgré son attitude chevaleresque lors du season finale, il commence à sérieusement user. L’intrigue avec son rival et sa fille – qui cherche sa mère qui en fait aurait été tuée par le père de Chuck – est poussive et, surtout, soporifique. Ajoutez-y un soupçon de Nate qui ne sert à rien à part être beau et une actrice aussi charismatique qu’une huître, et vous avez juste envie de dormir ou d’appuyer sur le bouton avance rapide de votre télécommande. Pour ma part, j’ai opté pour la seconde solution. Un autre mauvais point lors de cette seconde partie est l’intégration de Charlie, la cousine de Serena. On sait tous qu’elle cache quelque chose, son attitude ambiguë avec Dan est ridicule, mais le retournement de situation est tout de même bien fichu. Sinon, la saison trouve l’occasion de rapprocher Dan et Blair, ce qui paraît, à première vue, une très exécrable idée et qui, en fait, se veut une excellente chose. Les deux possèdent effectivement de nombreux points communs et comme le note Vanessa, Dan est au final bien plus attiré par les paillettes de la jet-set new-yorkaise que ne l’est Jenny. Dommage que ce début de relation amicale, voire plus, soit aussi rapidement tué dans l’œuf, mais il reste à espérer que ce n’est que partie remise.

Les principaux éléments insupportables de la série, Jenny et Vanessa, sont la plupart du temps absents et, immédiatement, l’audience se sent revivre. Il est fort appréciable que les deux quittent plus ou moins définitivement la fiction. Elles ne servaient à rien et les actrices sont par ailleurs assez désagréables. Dans le rayon personnages n’apportant pas grand-chose au scénario, la mère de Serena dispose d’une petite intrigue et le charme de Kelly Rutherford fait le reste. Son mari, le père de Dan, est une plante verte depuis le début et cela semble immuable. Ce n’est pas que l’on s’en plaindrait, de toute manière. Si l’on se focalise davantage sur les principaux héros de la série, à savoir Blair, Serena, Dan, Chuck et Nate, on ne peut pas dire qu’il y ait tant que ça à retenir les concernant. Blair, après s’être affadie en saison trois, reprend du poil de la bête et évolue sérieusement. Bien sûr, elle reste toujours assez superficielle, mais elle grandit et gagne quelque peu en maturité. Elle n’est plus la lycéenne pimbêche ne pensant qu’à son nouveau serre-tête. C’est vraiment le personnage phare de la fiction, bien plus que Serena qui ne passionne pas. Chez les garçons, comme écrit plus haut, Chuck tourne en rond. Cela était déjà amorcé en saison trois et ce n’est pas celle-ci qui rattrape le coup. Quant à Dan, il se révèle plus attachant qu’auparavant, notamment parce qu’il est le plus réfléchi et le plus terre-à-terre, tout en acceptant désormais sa condition de riche.

En définitive, la quatrième année de Gossip Girl s’avère ainsi plutôt correcte en dépit de quelques intrigues mal amenées et plates. Elle divertit globalement au cours de ses vingt-deux épisodes, même si les meilleurs se trouvent en début puis en fin de saison, le milieu étant au creux de la vague. La plupart des personnages sont inintéressants et n’apportent pas grand-chose à la série, mais ils sont contrebalancés par quelques-uns dynamisant le tout et arrivant parfois à presque mettre de bonne humeur. Qui plus est, le season finale se révèle plutôt efficace et amorce de nouvelles intrigues, assez alléchantes, nonobstant un cliffhanger avec un test de grossesse fort dispensable. La saison cinq sera donc sur Luminophore dans un an.