Oui oui, encore un j-drama du printemps 2011, toujours dans le cadre de Critictoo donc ^^. Pour être honnête, je n’avais même pas envisagé une seule seconde de regarder Asukô March!. Encore une série se déroulant au lycée ?! Non merci. Il s’agit d’une adaptation du josei manga d’Akiyama Kaori, toujours en cours de publication. À l’heure où ces mots sont écrits, seuls trois tomes ont été édités au Japon. Le manga est indisponible en France. Concernant le renzoku, il fut diffusé sur TV Asahi entre avril et juillet 2011 et est composé de neuf épisodes de quarante-cinq minutes. À propos de l’écriture du titre, c’est bien Asukô donc je n’ai normalement pas fait d’erreur. Par ailleurs, pour être tout à fait exact il faudrait plutôt retranscrire Asukô Mâchi, les Japonais prononçant le march de cette manière. Aucun spoiler.

Nao a raté les examens d’entrée de lycée et n’a plus d’autre choix que de s’inscrire dans le seul établissement qui veuille bien d’elle. Or, il s’agit d’un lycée technique constitué à 99% de garçons qui en plus, sont généralement mal vus par la société car souvent marginaux ou moyennement bons à l’école. Comment va-t-elle réussir à s’en sortir dans cet univers qui ne lui correspond a priori pas du tout ?

Ce n’est un secret pour personne connaissant un minimum les j-dramas, les écoles sont le terrain favori de la télévision japonaise. Au bout d’un moment plus ou moins long, on s’en lasse et on finit par éviter tout ce qui se rapporte de près ou de loin au collège / lycée. C’est pour cette raison qu’Asukô March! ne me donnait aucunement envie. Asukô comme Kenritsu Asuka Kôgyô Kôkô qui est le nom du lycée que l’héroïne intègre bien malgré elle. Yoshino Nao, incarnée par la jolie Takei Emi (Otomen), est une jeune fille tout ce qu’il y a de plus banal. Elle rêve de voir ses amies, de discuter avec elles de mode, de beaux garçons et de connaître ses premiers rendez-vous amoureux. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Suite à la faute à pas de bol comme on dit, elle arrive dans un lycée technique à la place du lycée de ses rêves. Ce qu’il y a d’intéressant dans cette série est justement son cadre. Jusqu’ici, je n’avais personnellement jamais entendu parler de ces lycées techniques au Japon. Il en existe donc et ces derniers destinent essentiellement à des métiers manuels ne nécessitant guère d’études après le diplôme de fin d’année. Nao s’en rend immédiatement compte. L’accent est effectivement mis sur la sortie la plus rapide de l’école, les élèves ayant par exemple le droit d’effectuer un petit travail (les fameux baito) en dehors du lycée, ce qui est interdit en temps normal. La direction est par ailleurs beaucoup plus laxiste concernant les règles et l’encadrement. C’est entre autres pour cette raison que Nao va avoir du mal à s’intégrer. Asukô est un lycée composé quasi uniquement de garçons. Elle est dans un milieu industriel et la plupart des cours forment à la mécanique, à la robotique, etc., bref là où il faut mettre les mains dans le cambouis. Nao, elle, veut être propre et sentir la rose, pas l’huile et passer son temps en bleu de travail. Qui plus est, les élèves sont forcément en grande partie ceux qui apprécient le moins les études et on y voit beaucoup de bras cassés et donc un certain nombre de bagarres. Nao se retrouve ainsi parmi trop de testostérone et comble de tout, il n’y a que deux autres filles en plus d’elle dans tout le lycée. Il paraît donc évident qu’elle se sent obligée de tout faire pour quitter ce qu’elle considère comme un enfer.

Nao est au demeurant assez sympathique malgré de nombreux défauts. Elle juge en effet rapidement son nouveau lycée, ses élèves et agit facilement comme une enfant pourrie gâtée. Mais heureusement, elle s’arrange et murit un petit peu. Elle doit donc composer avec tous ces garçons qui, sous couvert de crier et faire les fiers, cachent parfois quelques secrets. Ils ont juste des difficultés à montrer leurs faiblesses. Ils aiment bien aussi bronzer torse nu dans les salles de classe… Lors de son premier jour, elle se fait immédiatement remarquer et presque tous les garçons la prennent en grippe car elle croit leur être supérieure et prouve ne souhaiter en aucun cas continuer dans cette voie. Cependant, on se doute bien que le cadre de la série étant le lycée, elle ne va pas le quitter de si tôt. Au fil des épisodes, elle se cherche et finit possiblement par se trouver. Elle est entourée de son adorable et sympathique grand-père, un peu farfelu sur les bords et adorant préparer de bons petits plats. Nao est assez irritante avec lui mais elle l’aime quand même. C’est donc l’héroïne typique japonaise, avec un bon cœur malgré quelques égarements où elle pense d’abord aux apparences et ne réfléchit pas toujours au fait que ses comparses n’ont pas les mêmes chances qu’elle. Comme elle n’est pas trop cruche et niaise, on passe outre ses points faibles.

Asukô étant le terrain de nombreux garçons, la série en fait la part belle. Les stéréotypes n’échappent pas à la règle mais le charme et la jovialité de certains personnages parviennent à ne pas trop exaspérer. Nao, en arrivant, tombe évidemment immédiatement sous le charme d’Aruto, le beau gosse de service qui cache bien des choses et qui travaille en tant que host. Interprété par le magnifique Matsuzaka Tôri que je ne connaissais pas mais que je veux maintenant connaître, Aruto est un ancien enfant acteur traumatisé par un certain évènement. Il s’occupe de sa mère ayant de graves problèmes psychologiques. Un brin mystérieux, il s’attache à Nao mais comme toujours, il se bride parce qu’il ne vit pas dans le monde qu’elle *instant tragique*. S’il fait aisément battre le cœur de midinette en certains d’entre vous, il est dommage que la femme qui lui tourne autour soit autant caricaturale et surtout, très mal jouée par Matsuyama Meari (GARO).
À côté de lui, on retrouve le fort attachant Tamaki Makoto qui en pince vite pour Nao mais, tout le monde est au courant qu’il y a le prince charmant et l’autre. Enfin, sait-on jamais, cela peut peut-être changer si l’on y croit très fort ? Incarné par Kaku Kento que j’ai apparemment vu dans le SP de Gokusen 3, Makoto est le boute-en-train de service que tout le monde suit et qui sous ses airs bravaches est une perle.
Et puis il y a tous les autres dont on ne se souvient pas forcément du nom mais qui font que l’on s’attache énormément à cette classe dynamique et finalement assez conventionnelle en dépit de ce que l’on essaye de nous faire croire. Tout de même, impossible de ne pas parler de Hirose joué par un autre ikemen, Ishida Takuya, qui sous ses airs de brute cache des mains en or aimant réaliser du travail délicat. N’oublions pas Takeuchi Kazuya qui devrait relâcher la pression plus souvent, incarné par Nagayama Kento (Natsu no Koi wa Nijiiro ni Kagayaku, Atashinchi no Danshi), toujours aussi sympa. Il y a sinon le personnage délirant joué par Kanai Yûta (TROUBLEMAN) que plus je croise, plus j’apprécie, ou les otaku en puissance ne rêvant que d’une fille en images de synthèse.
Nao est donc une des rares lycéennes et l’autre que l’on voit le plus, jouée par Gouriki Ayame, est agaçante au possible, quand bien même on lui cherche des circonstances atténuantes. Au contraire, cela rend l’ensemble encore plus cliché.

Asukô ne serait pas un véritable lycée s’il n’y avait pas des professeurs. Heureusement, ils ne sont pas des Yankumi en puissance ayant dans l’idée de remettre les élèves dans le droit chemin comme dans Gokusen. Pfiou, un souci de moins. En fait, on en voit surtout un, le prof principal de la classe de Nao. Venant de se marier, il ne fait qu’en parler et tient à profiter de sa femme. Un peu déçu d’être entouré que de garçons, il est ravi de voir des filles débarquer et ne peut s’empêcher de laisser échapper quelques petites phrases sorties de nulle part. Un peu benêt, il est proche de ses lycéens et les supporte quoi qu’il se passe. Katsumura Masanobu (LIFE, Last Christmas, Taiyô no Uta) réussit à le rendre un brin simplet tout en étant quand même crédible. C’est aussi avec plaisir que l’on retrouve la délicieuse Shiraishi Miho (Orange Days, Nodame Cantabile, Densha Otoko) bien trop discrète à la télévision japonaise. Elle incarne ici une infirmière qui n’a pas grand chose à faire si ce n’est supporter Nao.
Pour conclure cette liste d’acteurs, certains auront peut-être reconnus au fil des épisodes Kojima Fujiko (Shôkôjo Seira), Hankai Kazuaki (Kaibutsu-kun, Rebound) ou encore Satoi Kenta (jamais vu dans un rôle au minimum secondaire mais collectionne les mini-rôles).

Comme on s’en doute, Nao va devoir affronter certains défis et il va lui être nécessaire de surmonter des épreuves parfois douloureuses. Les garçons vont être méchants et puis finalement ils vont s’adoucir ou elle va prendre un peu de poil de la bête. Ou alors ils vont tous tomber amoureux d’elle. La série parle obligatoirement d’amitié, de dépassement de soi, d’entraide, de romance, d’avenir parfois un peu noir, etc. La morale, les clichés, les flashbacks, les scènes où la caméra s’attarde sur chacun des personnages pour montrer à quel point ils sont déterminés, bref, tout est là. Nous sommes d’accord, il y a de quoi faire peur si ce n’est que le tout passe bien grâce au ton un peu enlevé par endroits. Quoi qu’il en soit, l’ensemble est plus que classique et il n’y a pas grand-chose de particulier à en retirer si ce n’est du divertissement très calibré. La série ne plaira de ce fait clairement pas à tout le monde mais ceux qui n’ont pas de problème avec ces thématiques et certaines manies des Japonais dans ce genre de production ne devraient pas trop souffrir. Et ceux qui ont toujours eu un faible pour ce type de renzoku apprécieront normalement le visionnage. C’est d’autant plus vrai que la forme est soignée, avec par exemple une jolie photographie et un certain effet de flou par moments donnant une ambiance assez douce aux épisodes. Les musiques composées par Hayashi Yuki sont plutôt banales mais demeurent non désagréables. En revanche, la chanson que l’on entend régulièrement, Soredemo Shinjiteru de FUNKY MONKEY BABYS est franchement sympa et colle bien à l’univers du j-drama.

En définitive, Asukô March! a pour qualité de se dérouler dans un lycée technique. De ce fait, même si les ficelles inhérentes au school drama sont plus que présentes, on y retrouve une certaine dose d’originalité. Cela rappelle d’ailleurs les cours de technologie lorsque l’on était au collège. Il est clair que le résultat est tout de même assez consensuel et répétitif mais en neuf épisodes on ne s’ennuie pas trop. Les personnages masculins sont plus particulièrement agréables et ont pour mérite d’être des bishônen, ce qui ne fait jamais de mal, ne le nions pas. Si le ton se veut parfois être un tant soit peu dramatique, ce sont surtout l’humour et la bonne humeur qui priment. Autrement, les bons sentiments sont forcément de la partie mais ils sont largement supportables. En d’autres termes, si Asukô March! est très loin d’être parfaite, elle fut une surprise agréable et bien plus facile à digérer que la multitude de séries du même genre sortant à la pelle au Japon.