Avant que la troisième saison de The Vampire Diaries ne débute dans une semaine aux États-Unis, il est temps de revenir sur sa seconde. Composée de vingt-deux épisodes, elle fut diffusée sur The CW entre septembre 2010 et mai 2011. Aucun spoiler.

Sans être exceptionnelle, la première année de The Vampire Diaries fut plaisante à suivre, car rythmée, riche en rebondissements et possédant une galerie de personnages assez sympathiques. C’est donc sur de bonnes bases que commence la deuxième. Celle-ci est construite en deux parties assez inégales. Ce n’est pas tant que l’une soit plus ou moins réussie que l’autre, mais davantage qu’à l’intérieur même de chaque grand arc, il existe des éléments qui auraient pu être plus concis ou évités. Certains épisodes n’apportent effectivement pas grand-chose et semblent quelque peu combler le vide. Ou, pire, le public a la désagréable impression d’avancer, mais c’est pour faire plusieurs pas en arrière plus tard. Autrement dit, tout cela n’a servi à rien. C’est assez dommage lorsque l’on se souvient du dynamisme passé. La série ne devient pas ennuyante, elle parvient toujours à surprendre et à amorcer moult rebondissements si ce n’est que cette saison aurait gagné à être mieux articulée et, surtout, à moins se disperser – ne serait-ce que vis-à-vis des personnages secondaires.

Le season premiere débute immédiatement là où nous nous étions arrêtés. La résolution du cliffhanger se réalise rapidement et le problème qu’est Katherine est réglé d’une manière assez expéditive. D’ailleurs, la vampire est au final un élément presque embêtant lors de la saison parce que l’on sent que les scénaristes ne savent plus trop quoi en faire. Elle est plaisante pour son ton libéré, il y a la possibilité de raconter beaucoup de choses sur elle et elle demeure bien plus agréable qu’Elena, mais à quoi bon ? On comprend perpétuellement qu’elle n’a pas véritablement sa place ici pour l’heure. Il va falloir se décider pour quelque chose au cours des prochains épisodes. À ce sujet, Nina Dobrev effectue du plutôt bon travail en incarnant les deux femmes à la caractérisation radicalement différente.

Dans un premier temps, la saison deux s’attaque aux loups-garous dont Tyler est la figure de proue. Si les deux nouveaux protagonistes que sont Mason (Taylor Kinney) et Jules (Michaela McManus) n’apportent pas beaucoup à l’intrigue à l’exception d’ennuis et d’un mauvais jeu, Tyler se révèle être une des excellentes idées de cette année avec Caroline. Les deux sont amenés à subir des transformations similaires sur le principe et finissent par se rapprocher. En plus d’être correctement interprétées, ces personnes possèdent plusieurs facettes et sonnent authentiques. Leur dynamique mêle à la fois de l’amitié et un début de romance, ce qui va évidemment poser des questions au gentil et très humain Matt. On en vient presque à trouver dommage qu’ils ne soient pas plus mis en avant, à la place du trio phare de The Vampire Diaries. Ceci dit, c’est réellement Caroline qui représente la fraîcheur de cette année. On est loin de la blonde écervelée d’antan. Elle garde toujours ce côté léger, mais sait être sérieuse, touchante et plus qu’attachante. Sa relation avec sa mère est davantage développée, ce qui est d’ailleurs une bonne chose. Pour en revenir aux loups-garous, on ne peut pas dire qu’ils soient passionnants, ou même intéressants. Jules et Mason n’ont pas suffisamment de personnalité ou de présence à l’antenne pour donner envie de s’y attarder.

La seconde partie de la saison est en lien avec la première par rapport à cette histoire de pierre de lune qu’il convient de récupérer pour une raison au départ obscure. Après les loups-garous et les sorcières, la série aborde cette fois les vampires originaux, ceux existant depuis la nuit des temps. Il est toujours sympathique de voir les fondateurs des créatures aux dents pointues quand ils sont bien traités. La fine équipe de Mystic Falls doit alors les maîtriser et tenter de les stopper dans leur quête assurément annonciatrice de morts par milliers. Si la saison apporte sur un plateau d’argent deux d’entre eux, un seul se montre réellement convaincant. Elijah (Daniel Gillies – Into the West), que l’on prend au départ pour le grand méchant, apparaît charismatique en dépit d’une affreuse coupe de cheveux et d’une propension à tuer tout ce qui bouge en moins de temps qu’il n’en faut pour dire ouf. Contre toute attente, il est moins unilatéral que ce que l’on nous laisse penser et sa dynamique avec Elena/Katherine est globalement agréable. A contrario, on entend parler des épisodes durant du terrible Klaus, du fait qu’il nous assassinera tous dans notre sommeil, et c’est un vrai pétard mouillé. Joseph Morgan (Ben Hur, Hex) qui porte ses traits en fait trop quand bien même le personnage se veut grandiloquent et égocentrique. Cela n’empêche tout de même pas que le twist du season finale et les véritables motivations de Klaus soient assez excitants. Avec Stefan dans une situation délicate, la saison trois s’annonce alléchante.

Côté protagonistes, en dehors de ceux évoqués à l’instant, on retrouve donc évidemment le fameux triangle amoureux. Il continue son petit chemin, mais je dois avouer avoir été assez désappointée puisqu’il manque un peu d’étincelles et de peps. Où sont passées les scènes comme celle du bal dans la première saison mettant des papillons dans le ventre ? Ian Somerhalder a beau incarner l’élément le plus ambivalent et imprévisible, il devient vite énervant avec le roulement de ses yeux comme s’il essayait de faire sortir le globe oculaire de son orbite. De même, Damon est parfois fatigant à aller d’un bord et de l’autre – étant dérangé par ce qu’il a encore d’humain –, mais c’est aussi en partie ce qui fait son intérêt, car il demeure torturé. Il a tout de même perdu en verve. Bizarrement, Stefan est plutôt potable au cours de cette année, notamment grâce à son humour et sa légèreté, mais également parce qu’il sait se montrer protecteur envers quelques personnages tels que Caroline et Jeremy. Justement, concernant ce dernier, il ne sert toujours pas à grand-chose, mais au moins, il n’est plus dans sa période tourmentée. Son potentiel transparaît, il faut seulement que les scénaristes parviennent à le concrétiser. Quant au reste de la galerie, que ce soit Alaric, la sorcière usante Bonnie ou bien Jenna, ils font plus office de plantes vertes qu’autre chose. On se souvient parfois d’eux, mais c’est pour rapidement les oublier par la suite. En cela la saison est presque décevante ; malgré des idées pertinentes, elle s’éparpille de trop. Ne parlons même pas des protagonistes qui reviennent quelques épisodes uniquement pour mourir alors qu’ils sont sympathiques.

Au final, si le ton de cet article peut paraître désabusé ou trop critique, la deuxième année de The Vampire Diaries est divertissante comme tout et prometteuse quant à ce qui doit venir. On ne peut seulement pas s’empêcher d’être un brin tatillon lorsque l’on sent des possibilités inexploitées. Le début est vraiment bon, la fin est somme toute correcte si ce n’est que le milieu comporte trop d’épisodes dispensables – ou en tout cas, qui auraient gagné à être condensés. Les intrigues ont en réalité tendance à s’emmêler les pinceaux et certains personnages demeurent tristement fantomatiques. De plus, si le rythme est encore une fois présent, plusieurs évènements ne servent à rien puisqu’ils sont suivis d’un retour en arrière frustrant. Quoi qu’il en soit, la saison se regarde avec plaisir et c’est le principal, n’est-ce pas ?