Taiyô no Uta | タイヨウのうた

Par , le 17 septembre 2011

Cela faisait plusieurs mois, voire années à vrai dire, que je repoussais l’inévitable. Dans mes rayons se trouve effectivement depuis un petit moment le j-drama Taiyô no Uta. Ah, encore une de ces séries japonaises ayant pour thème une maladie et où le héros meurt après vous avoir asséché. Je ne suis pas particulièrement amatrice de ce genre d’histoires car je trouve qu’elles en font souvent trop, Kamisama Mô Sukoshi Dake en est un bon exemple. Plus récemment, Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu m’avait laissé un bon sentiment, sans toutefois me passionner ; si tant est qu’on puisse l’être en voyant quelqu’un mourir à petit feu. Ces dramas maladie ne sont pas aisés à caser dans notre programme car on sait que ce ne sera certainement pas une partie de plaisir. On trouve toujours autre chose à voir qui sera normalement plus gai. Mais bon, j’avais quand même envie de tester Taiyô no Uta, d’autant plus que j’ai le soi-disant must see dans mes cartons, Ichi Rittoru no Namida, et je souhaitais voir Taiyô no Uta auparavant. C’est donc dans ces conditions que je me suis enfin motivée. Taiyô no Uta, qui signifie la chanson du soleil, fut diffusé sur TBS entre juillet et septembre 2006 le temps de dix épisodes de 45 minutes. L’histoire n’est pas japonaise à la base puisqu’il s’agit d’une adaptation très libre d’un film hong-kongais de 1994, Xin buliao qing (C’est la vie, mon chéri). En fait, la série est davantage une adaptation du film japonais Taiyô no Uta, de juin 2006, avec la chanteuse YUI et Tsukamoto Takashi. D’ailleurs, peut-être que je me trompe mais j’ai l’impression que les deux ont été tournés exactement au même endroit. Aucun spoiler.

   

Amane Kaoru ne peut jamais sortir de chez elle la journée car elle souffre d’une maladie incurable, le xeroderma pigmentosum (XP), qui détruit sa peau sous les rayons ultraviolets. Passionnée de musique, elle passe toutes ses soirées à chanter dans la rue, en espérant un jour pouvoir sortir son propre album. En rencontrant Kôji qui vient de perdre son emploi, elle tente de raviver en lui son amour pour la musique.

Il y a deux ans, j’ai regardé Taiyô no Uta, le film. Sans être ennuyant, il n’est pas non plus transcendant. Il a la bonne idée de ne pas sombrer dans le mélodramatique et d’en faire des tonnes. Malheureusement, le drama n’est pas aussi intelligent. Il est vrai que la durée est bien plus longue puisqu’il est ici question de dix épisodes. Il convient donc de les remplir avec du nouveau matériel. Et dans ce cas précis, le résultat est plus que médiocre. Taiyô no Uta est une série assez indigeste, sombrant régulièrement dans la surenchère et alternant les clichés les uns à la suite des autres. Elle n’est pas mauvaise au sens strict du terme car elle possède quelques moments sympathiques. Non, elle est juste très passable.
Il est donc question d’une jeune fille de 19 ans, Amane Kaoru, atteinte d’une maladie incurable extrêmement rare, le xeroderma pigmentosum, et qui plus est, à son stade le plus alarmant. Elle ne peut ainsi aller à la lumière du jour, risquant de voir sa peau brûler et de subir des dommages neurologiques irréversibles. Cet enfant de la lune, appellation tristement jolie de cette maladie, sort ainsi tous les soirs, seuls moments où elle peut profiter de l’air libre. Depuis quelque temps, elle se passionne pour la musique et espère réussir à chanter et émouvoir un jour plusieurs personnes. Elle est ici incarnée par Sawajiri Erika (Ichi Rittoru no Namida) que je n’aime pas beaucoup. Malheureusement, ce n’est pas Taiyô no Uta qui me fera changer d’avis. Elle est peu convaincante et n’arrive pas à nous toucher réellement par ce qui lui arrive. Ne parlons même pas des deux seules chansons qu’elle interprète et de ses manies lorsqu’elle chante. Elle n’a assurément pas le talent de YUI et le fait que l’on entende toujours uniquement deux chansons et ce, à répétition, finit par taper sur le système.

Un jour, Kaoru, finit par rencontrer celui qu’elle croise régulièrement un peu partout, Kôji. Il porte les traits de Yamada Takayuki (Byakuyakô, Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu, Water Boys), véritable habitué des séries tristes. Contre toute attente, l’acteur ne paraît pas ici non plus des plus inspirés, bien qu’il ne soit jamais mauvais. Kôji est un garçon paumé qui n’a aucune ambition. Dans la version cinématographique, il n’existe pas du tout cette histoire de délinquance et d’orphelin, etc. C’est vraiment une mauvaise idée. Pauvre Kôji qui n’a pas eu une existence facile. Kaoru et lui n’ont pas de chance quand même. Oh, la vie est tellement injuste dans ce triste monde. Dans le même registre, ce triangle amoureux insipide avec Masami, la chanteuse fade et n’ayant aucune volonté propre incarnée par une Matsushita Nao tout aussi molle et insipide, est navrant et inintéressant. Les épisodes ne semblent qu’une succession de stéréotypes d’une histoire mélodramatique.
Kaoru et Kôji finissent ainsi par tomber amoureux mais ne peuvent s’aimer librement parce que la vie est cruelle. Tout le monde se ligue contre eux. Il y a par exemple la rivale avec cinq de tension mais aussi celle qui a une dent contre la planète entière et qui ne sert à rien. Le couple maudit ne dégage aucune alchimie. Rien de rien. On ne se sent pas vibrer, être ému par eux. Non, on regarde cela de manière neutre et sans rien ressentir. Les émotions ne sont jamais présentes, même lors du dernier épisode qui est supposé être le point culminant de leur relation. De toute manière, les deux personnages ne sont pas sympathiques pour un sou, l’un est bien trop rigide et l’autre pas attachant. En fait, ce qui est assez désagréable est que l’écriture sonne forcée, comme si elle voulait nous obliger à ressentir tel ou tel sentiment. Évidemment, ce n’est pas comme cela qu’une bonne série fonctionne. La musique de Sawano Hiroyuki est loin d’être désagréable mais là aussi, elle donne l’irritante sensation de vouloir nous dicter notre propre ressenti. Au final, Taiyô no Uta perd totalement en naturel et en authenticité.

Si Taiyô no Uta a pour toile de fond cette fameuse maladie, elle ne s’y attarde au final pas tant que ça. Il s’agit plus d’un sempiternel je t’aime moi non plus et de nombreux retournements de situation usés jusqu’à la corde. Toutefois, on apprend certaines choses assez basiques concernant la pathologie dont souffre Kaoru. La série essaye de parler d’amitié, de futur ou encore de responsabilités mais ne convainc encore une fois pas.
À côté de ça, quelques autres personnages sont présents mais ne sortent jamais des sentiers battus. Ce sont plus des faire-valoir qu’autre chose et si le début de la série les met plus sérieusement en avant, dès le milieu, il n’y a plus rien à se mettre sous la dent. On peut toutefois noter des protagonistes sympathiques comme le père de Kaoru (Katsumura Masanobu | LIFE, Last Chrismas) ou encore la meilleure amie de la jeune fille (Satô Megumi | Hana Yori Dango). Les autres sont soit transparents, soit sans réelle dimension. Comme toujours, il est possible d’y voir quelques acteurs plus ou moins connus comme Kaname Jun (Ashita no Kita Yoshio, Atashinchi no Danshi), Becky (Nodame Cantabile, Churasan), Takenaka Naoto (Nodame Cantabile, Water Boys), Tanaka Kei (Byakuyakô, Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu), Kiritani Kenta (Tiger & Dragon), Yamamoto Kei (Zettai Kareshi, Zeni Geba), Satô Jirô (Gokusen 3) ou encore Hamada Gaku (Hachimitsu to Clover).

En définitive, Taiyô no Uta se révèle être une série sans âme ne parvenant jamais à réellement toucher. Est-elle triste ? Clairement non car elle ne fait preuve d’aucune sensibilité. Pour que cela soit le cas, il faudrait que l’on puisse un minimum s’attacher aux personnages ou que l’on ne sente pas une écriture forçant sur le drame. Le j-drama multiplie à outrance les rebondissements dignes d’un soap et les longueurs mais il évite quand même globalement l’écueil du misérabilisme et du pathos. Ouf. Cela ne suffit toutefois pas à le rendre agréable à regarder. Il a le malheur de trop en faire et de rester malgré tout superficiel, d’être assez mal joué, de proposer des chansons faibles alors qu’elles sont censées être superbes et d’être mal écrit en plus d’être convenu. Cela ne me donne vraiment pas envie de débuter Ichi Rittoru no Namida en dépit des critiques positives…


11 Commentaires

  1. Ageha• 17 septembre 2011 à 13:20

    Je n’ai pas vraiment apprécié ce drama, il m’avait terriblement déçue après avoir vu le très bon Ichi rittoru no namida.
    Je suis d’accord sur de nombreux points évoqués dans ton article, ça traine en longueur, ah puis ces deux chansons vraiment pas originales, et l’actrice principale que j’avais pourtant trouvé très convaincante dans Ichi rittoru… là ne m’a pas du tout convaincue. C’est sur, celui là je ne le conseille pas, je te comprends ^^

    Ichi rittoru est différent car contrairement à Taiyou no uta, il nous montre beaucoup l’évolution de la maladie, des premiers symptômes aux derniers jours de la jeune fille. Il y a une petite romance mais rien de trop envahissant et on voit bien aussi les rapports parents/enfant, le regard des autres par rapport à la maladie, la prise en charge des élèves pouvant difficilement se déplacer dans l’école, le choix difficile de placer son enfant dans un établissement spécialisé ect
    Voilà, donc à mon avis les deux sont très différents et Ichi rittoru no namida n’est pas dénué d’émotion bien au contraire et sensible :-) (les chansons de Remioromen sont très jolies en plus)
    (C’est mon tout 1er drama!)

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    • Caroline• 17 septembre 2011 à 14:06

      Avant de le débuter, je me souvenais que tu ne l’avais pas apprécié mais je me disais que peut-être moi, je passerais outre les défauts. Ben non. Même Yamada Takayuki que j’adore n’a pas réussi à m’intéresser ici. Sawajiri Erika m’agace au plus haut point. C’est en partie pour cela que j’ai peur de tester Ichi Rittoru no Namida. Je regarderai cette série, c’est sûr, mais je ne suis pas du tout motivée. Comme je le disais dans le début de mon billet, je crois que j’ai du mal avec ce genre d’histoire. J’ai toujours l’impression que c’est exagéré et que cela manque de naturel. Sachant qu’Ichi… est inspiré d’une histoire vraie, j’aurai peut-être moins ce sentiment. On verra. Si jamais je ne verse pas toutes les larmes de mon corps, je vais finir par croire que quelque chose est cassé chez moi ^^;;;;

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      • Ageha• 18 septembre 2011 à 10:29

        Je comprends, ce genre de drama peut vite devenir lourd au fil des épisodes, certains sont très bien fait et passent plutôt bien. Certains parlent de maladie mais le sujet est traité en fond comme Last Christmas, comme tu l’as vu…la on passe un bon moment^^
        Le sujet me gêne pas mais par contre des drama comme Byakuyakou je trouve ça trop pesant car il y a toute cette accumulation de malheurs qui se succèdent sans nous laisser le temps de souffler…assez éprouvant tout ça^^
        Mais non, d’autres sujets te touchent peut-être plus que la maladie dans les drama, on ressent pas tous les choses de la manière c’est tout ;-)

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  2. Nakayomi• 17 septembre 2011 à 23:35

    Je crois que j’ai le drama quelque part dans une de mes pochettes… Mais j’ai jamais trouvé l’envie de le visionner finalement, trouvant toujours autre chose du côté japonais à voir avant… Et ce n’est pas toi qui va me motiver (déjà que faut que je trouve le temps pour me visionner un p’tit drama en ce moment, alors… -__- ). Bref, ça va sûrement m’épargner une déception et perte de temps comme ça ! :D

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  3. Dramafana• 19 septembre 2011 à 14:48

    Celui qui me fera regarder « Ichi Rittoru no Namida » n’est pas né, c’est moi qui te le dis! Quand bien même, la critique est bonne… tant pis.
    « Taiyou no Uta » ne m’a jamais vraiment tentée à cause de cette histoire de maladie. J’aime bien Takayuki Yamada, mais pas au point de regarder ce drama. (Par contre, je trouve que l’affiche est assez jolie…) Si en plus, tu dis que c’est plat, etc., cela me conforte dans mon idée. Cependant, j’ai appris deux ou trois petites choses intéressantes en lisant ton avis. A la limite, je pourrais peut-être essayer la version film… mais ce n’est vraiment pas prioritaire.
    En tout cas, merci pour ton avis.

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    • Caroline• 27 septembre 2011 à 11:35

      L’affiche est jolie, c’est vrai. À part ça… Le film se laisse regarder. Il n’est pas transcendant mais il y a Tsukamoto Takashi et YUI chante bien mieux que Sawajiri Erika.

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  4. Katzina• 21 octobre 2011 à 19:32

    Ca fait très longtemps que ce drama est sur ma liste et je n’arrive pas à me décider à le regarder, justement parce que tu n’est pas la première à en dire des choses peu flatteuses.
    Pour en finir une fois pour toutes avec cette histoire, je me laisserai sûrement tenter par la version film, où la chanteuse Yui tient le rôle principal et où ses chansons sont utilisées.

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    • Caroline• 24 octobre 2011 à 14:00

      Comme tu peux t’en douter, je le déconseille. J’ai beau adorer Yamada Takayuki, je ne trouve même pas que pour lui ça valait la peine de s’infliger cette série. Le film est mieux, sans être incontournable. Il a pour mérite de ne pas être long ^^.

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  5. Maya• 1 octobre 2012 à 0:41

    Contrairement à toi, j’ai beaucoup aimé ce drama. J’ai aimé le fait que le drama ne soit pas seulement centré sur la maladie. L’histoire d’amour entre les personnages principaux est mignonne comme tout !
    Le vrai bémol du drama est Asami, elle me saoulait et rendait le drama lourd. Ce personnage était inutile et mou comme tu dis ! Bon, la meilleure amie de Kaoru était également fatigante, trop hystérique ! ^^
    J’ai vraiment aimé ce drama, j’aime beaucoup Yamada Takayuki (Je crois que tu l’as compris ! ;p) et Sawajiri Erika (Je l’ai trouvée touchante.).
    Mais je dois avouer qu’il y a du vrai dans ton article et que beaucoup d’évênements arrivaient aux personnages et ça devenait lourd à la fin. Après, j’ai aimé l’atmosphère du drama et la fin (Oui j’ai aimé la fin ! ^^) magnifique.

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    • Caroline• 3 octobre 2012 à 21:08

      À l’origine j’ai déjà du mal avec ce genre de thématique donc je ne partais pas forcément en terrain conquis. En plus, j’ai regardé avant le film, avec Tsukamoto Takashi et Yui, et lui au moins va directement à l’essentiel et ne possède pas tous les éléments clichés comme l’horripilante Asami, le passé du personnage joué par Yamada Takayuki, etc. Et honnêtement, j’ai trouvé Sawajiri Erika très mauvaise là-dedans, totalement détachée et donnant l’impression de se ficher royalement de tout. Quand je compare avec Ichi Rittoru no Namida que j’ai vu quelques mois après, je n’ai pas l’impression que ce soit la même actrice. Mais bon, je peux comprendre qu’en réussissant à faire fi des défauts on puisse apprécier. Ce ne fut pas mon cas mais le tien donc tant mieux ;).

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  6. Maya• 6 octobre 2012 à 23:55

    Je comprends pourquoi tu n’as pas aimé ce drama. Tout comme toi j’avais envie d’étriper Asami, elle ne sert vraiment à rien et le passé de Kôji ne servait à rien non plus. Ce sont les deux gros points négatifs du drama. Ensuite le jeu d’Erika Sawajiri est différent, dans Ichi Rittoru no Namida, je la trouve plus sensible.
    Mais ce qui m’a plu dans Taiyô no Uta c’est que ce ne soit pas seulement centré sur la maladie de Kaoru et qu’il s’intéresse au quotidien des personnages.

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