Kamen Rider Den-Ô | 仮面ライダー電王

Publié par | 11 octobre 2011

Après avoir mis les pieds dans les tokusatsu (séries à effets spéciaux) avec GARO, j’ai eu envie de continuer ma découverte de ce genre souvent décrié. Il existe notamment cinq sous-genres. Il y a donc les metal heroes comme GARO où les personnages ont des armures métalliques, les sentai comme Bioman avec des armures colorées ou encore les onna senshi tels que Sailor Moon où ce sont des filles qui sauvent le monde, etc. Pour cette fois-ci, j’ai décidé de plonger dans le monde sans fin des Kamen Rider. Il s’agit à l’origine d’un manga écrit par Ishinomori Shôtarô. Kamen Rider est une véritable franchise au Japon. Il existe un nombre incroyable de séries dérivées, la première ayant été diffusée en 1971. Chaque année, une nouvelle apparaît. Ne parlons même pas des objets dérivés, des films ou encore des épisodes spéciaux qui en découlent. En d’autres termes, il s’agit là d’une industrie et d’un élément phare de la culture télévisuelle japonaise, quoiqu’en disent certains. C’est en partie pour cela que je souhaitais vraiment me faire une idée. De plus, ayant réellement apprécié GARO malgré mes a priori, je me suis dit que le même phénomène allait peut-être se reproduire. Le principal problème fut de savoir quelle série regarder. Il y en a tellement et je n’ai pas réellement pu trouver d’avis concret suggérant une manière d’approcher cet univers. J’ai failli tester Kamen Rider Kabuto avec Mizushima Hiro en héros ou encore Kamen Rider 555 parce qu’on y voit Fujita Ray. Au final, j’ai opté pour le dix-septième Kamen Rider, Kamen Rider Den-Ô, pour une raison inconnue. Composé de 49 épisodes de 23 minutes environ, le j-drama fut diffusé sur TV Asahi entre janvier 2007 et janvier 2008. Il existe de nombreux films, la série étant celle qui fut le plus développée de la franchise. Ils seront normalement tous traités sur Luminophore. Aucun spoiler.

 

 

Le principe des Kamen Rider est que les héros peuvent revêtir des armures en forme d’insecte. Les histoires de chaque série sont indépendantes mais il existe évidemment des crossovers.
Kamen Rider Den-Ô
raconte les aventures de Nogami Ryôtarô, un jeune homme de 19 ans très malchanceux, honnête et gentil. Assez mou, il n’a pas beaucoup de force et se laisse facilement marcher sur les pieds. Un jour, après s’être encore fait racketter, il rencontre une sorte de monstre en sable coupé en deux qui lui demande ce qu’il désire. Mais rien ne se passe comme ledit monstre voudrait et s’enchaînent des évènements bizarres. Suite à un concours de circonstances, Ryôtarô tombe sur Hana, une jeune femme voyageant à travers le temps grâce au DenLiner, un train bien étrange. Elle explique à Ryôtarô qu’il possède un pouvoir particulier. Il est effectivement ce qu’on appelle un point de singularité. Celui lui permet entre autre chose d’exister à travers le temps. Il peut par exemple aller dans le temps sans changer sa propre ligne temporelle. En acceptant d’aider Hana, il devient ainsi Kamen Rider Den-Ô.
Pourquoi devrait-il aller dans le passé de toute manière ? En fait, le montre que Ryôtarô a rencontré est un imagin. Il existe par milliers et ont pour but de modifier le passé. Ils viennent du futur et aimeraient le modeler à leurs goûts. Pour les empêcher de bouleverser l’univers, il faut que quelqu’un les arrête. Seuls les Kamen Rider peuvent le faire. Grâce à ses pouvoirs, Ryôtarô a la possibilité de se transformer et de revêtir une armure en forme d’insecte. Cependant, elle ne lui donne pas de force. Pour cela, Ryôtarô peut compter sur l’aide de quatre imagins atypiques acceptant de le « posséder » et de lui prêter renfort. Le jeune héros est donc l’élu capable d’être investi par des imagins au demeurant sympathique et de combattre tous ceux qui désirent modifier le passé.

 

 

Si toute cette histoire peut paraître compliquée au premier abord, elle ne l’est pas spécialement. Il faut savoir que Kamen Rider est une franchise pour les enfants de toute manière. Approximativement, les vingt premiers épisodes se ressemblent car ils sont schématiques. Un imagin passe un contrat avec un humain en lui demandant d’exaucer un vœu, tente de modifier le passé, Ryôtarô débarque et en vient un bout. Lorsqu’un nouveau personnage très mystérieux, Sakurai Yûto, débarque, la série prend une toute autre tournure et se densifie. Il est alors question de ligne temporelle, de changements de futur et les personnages bataillent pour la survie de leur univers. Il existe quelques réflexions intéressantes sur la mémoire et sur les souvenirs. Le dernier arc constituant grosso modo les quinze derniers épisodes est le meilleur car les enjeux sont importants et les protagonistes ont évolué, devenant réellement attachants. Il est juste dommage que le grand méchant, joué par Ishiguro Hideo (Gokusen 3) qui en fait trop, soit aussi caricatural.
Impossible de nier que Kamen Rider Den-Ô abuse de la morale bien que le public soit celui des enfants. Ce n’est pas réellement pénible mais parfois, le manque de subtilité agace assez. Néanmoins, la morale de fin, celle de la série en fait, est vraiment jolie et particulièrement vraie. Les bons sentiments sont également de la partie, forcément. Ce qui sauve l’ensemble est son ton. Il y a plusieurs blagues, pas de mal gimmicks et la comédie est résolument présente. Il est vrai que des fois, c’est lourd, mais globalement, ça va. Ce qui est le plus embêtant est que les moments humoristiques ont tendance à se répéter.

Ryôtarô est incarné par le sympathique Satô Takeru que j’avais déjà eu l’occasion de voir dans le très médiocre tanpatsu MW (pas le film, le SP donc). Manquant cruellement d’assurance, le héros en gagne au fil des épisodes. L’acteur est plutôt bon dans ce rôle demandant de savoir rapidement changer de registre. Ce qu’on pourrait lui reprocher est de prendre une voix trop doucereuse lorsqu’il est Ryôtarô. C’est probablement pour marquer son manque de confiance en lui car ce souci se tasse au fil du temps mais au début, c’est presque irritant. Ryôtarô a une sœur, Airi, et tous deux vivent ensemble tout en travaillant dans leur propre café. Airi a tout de la Japonaise rêvée car elle est calme, angélique et justement, énervante. Elle est au départ limite niaise et la voir préparer son café à de quoi rendre fou.
En raison de son travail de Kamen Rider, Ryôtarô est ainsi régulièrement possédé par quatre imagins bien particuliers. Ces derniers sont gentils dans le sens où ils ne cherchent absolument pas à modifier le passé. Ils aident Ryôtarô pour diverses raisons. On pourrait alors penser que Ryôtarô souffre de trouble dissociatif de personnalité car selon l’imagin qui le possède, son caractère change brutalement. Il adapte effectivement la personnalité de l’imagin en question. Physiquement, il est également quelque peu différent. Sa coupe de cheveux ou la couleur de ses yeux changent par exemple. En cela, Satô Takeru est plus que correct car il peut incarner plusieurs personnages de manière convaincante.
Si ces imagins possèdent de temps en temps Ryôtarô, il ont aussi une apparence propre très colorée. Le plus attachant des quatre est Momotaros, le rouge qui est une pile électrique adorant la bagarre. Mais n’oublions pas Urataros, le bleu dragueur pouvant séduire n’importe qui grâce à ses paroles, Kintaros le jaune possédant une force incroyable ou encore Ryûtaros le mauve excellent danseur encore très jeune dans sa tête. Ces imagins n’ont pas de visage humain et sont donc doublés par les fameux seiyuu, les géniaux comédiens de doublage japonais. D’ailleurs, c’est Seki Toshihiko (Tamahome dans les CD dramas de Fushigi Yuugi) qui donne sa voix à Momotaros. A côté de ces quatre asticots qui passent leur temps à se taper dessus mais qui évidemment, s’aiment bien, d’autres tirent leur épingle du jeu. Deneb est probablement celui que je préfère et Sieg est le plus beau avec son costume blanc.
Les imagins ont un visuel bien particulier et on peut noter l’originalité et la créativité dont la série fait preuve. C’est toujours agréable de voir qu’avec deux-trois bouts de ficelle, on peut réaliser quelque chose qui tienne à peu près la route. Oui c’est vrai, parfois c’est très moche, les effets spéciaux ne ressemblent pas à grand chose, certains monstres donnent l’impression de sortir de Final Fantasy II mais on finit par y prendre goût. Tout est tellement kitsch et décalé que ça passe très bien. Ryôtarô dans son armure a fière allure, surtout qu’elle change au gré des imagins et de l’intrigue. Il met au point de nombreuses attaques et on se surprend à fredonner au rythme de la musique. C’est compréhensible que ça plaise autant aux Japonais car il y a de la recherche derrière et un réel univers.
Concernant la musique, la bande-son est dynamique. La chanson que l’on entend dans le chouette générique et qui est régulièrement remixée au cours des épisodes est Climax Jump de AAA.

En dehors de ces personnages, Kamen Rider Den-Ô possède quelques autres importantes figures. Il y a donc la jolie Hana qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Amie avec Ryôtarô, elle l’aide dans sa quête et veille à ce qu’il ne souffre pas trop à force de combattre. Son passé est trouble et vecteur de plusieurs éléments intéressants. Sa version enfant est mignonne comme tout. L’équipe du DenLiner est sinon composée du propriétaire dont on ne connaît pas le nom et qui aime parler en énigme ainsi que de la pétillante Naomi qui s’occupe de la nourriture.
Sakurai Yûto est celui qui par son arrivée améliore la série car il apporte des intrigues plus développées et moins linéaires. Il est incarné par Nakamura Yûichi (Gokusen 2). Lui aussi est un Kamen Rider mais sa véritable nature est un mystère qu’il faudra peut-être éclaircir… Deneb est l’imagin qui s’occupe de lui. Les deux possèdent une jolie dynamique mêlant amitié et liens familiaux. Ajoutons à tous ceux-là les deux larrons qui tournent autour d’Airi et l’on a fait le tour principal de la série. Globalement, les personnages ne sont pas désagréables et l’interprétation peut être largement perfectible mais demeure dans l’ensemble correcte.

 

 

Si Kamen Rider Den-Ô donne l’impression d’être une série peu réfléchie, elle surprend finalement par son intrigue principale. Évidemment, tout cela manque d’ampleur, il y a des raccourcis et de nombreuses facilités, mais l’ensemble se laisse très facilement regarder. Si la morale et les bons sentiments avaient été moins présents et que l’humour s’était quelque peu allégé, le tokusatsu aurait été une véritable réussite. Les personnages sont effectivement agréables, plutôt bien travaillés, les effets spéciaux sont relativement corrects et l’univers du j-drama est créatif. Il faut tout de même regarder la série au minimum au second degré sinon la douche peut être très froide. Contre toute attente, je vais probablement donner sa chance à un autre Kamen Rider (si vous avez des conseils…) mais auparavant, j’irai faire un tour du côté des sentai !
Bonus 1 : Si vous voulez en savoir plus sur Kamen Rider, je vous suggère de faire un tour du côté du Wikipedia anglais qui est une vraie mine d’or. Pensez évidemment à cliquer de lien en lien.
Bonus 2 : le chouette générique en vidéo

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6 commentaires

Dramafana le 12 octobre 2011 à 9:11.

C’est vrai qu’il faut les prendre (au moins) au second degré pour les apprécier, ces séries. « Kamen Rider » semble être une véritable institution au Japon. J’ai vu 2 ou 3 films, mais je n’ai jamais vraiment suivi la série. J’ai actuellement « Kamen Rider ZO » qui traîne depuis de longs mois sur mon PC mais je n’arrive pas à me décider de regarder. J’ai été assez déçue par les films que j’avais vus précédemment. Néanmoins, il y a une chose que j’aime bien dans ces séries: c’est l’esthétisme improbable des monstres.

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Kerydwen le 16 octobre 2011 à 14:40.

Comme je ne m’y connais pas du tout, je ne pourrais pas te conseiller mais Den-Ô fut assez sympa. C’est sûr qu’il ne faut pas s’attendre à des merveilles mais je pensais que ce serait largement pire. Le problème est que ce sont des séries pour les enfants, ça limite pas mal le champ d’action. En ce sens, je préfère nettement GARO qui a un ton bien plus adulte. Quoiqu’il en soit, comme tu le notes, les monstres sont très bien fichus et créatifs ; même si parfois ça fait un peu penser à du carton pâte ^^;.

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Sin le 12 octobre 2011 à 9:33.

Tu peux continuer avec Kamen Rider W ou Kamen Rider OOO, qui ont tous les deux leurs bons côtés. Je déconseille fortement Kamen Rider Fourze (même au bout de 5 épisodes de diffusés seulement), c’est immonde. Kabuto est pas mal, mais la fin part en cacahuète…

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Kerydwen le 16 octobre 2011 à 14:43.

Bienvenue ici Sin~
Chouette, merci beaucoup pour les conseils ! Kabuto me tentait assez à la base mais j’ai lu justement des critiques très mauvaises la concernant. Alors si en plus tu dis que la fin n’est pas top, je pense que je vais la laisser de côté. De toute manière, avec la franchise, on n’a jamais de quoi s’ennuyer vu tout ce qui sort tous les ans !

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Miaow le 16 octobre 2011 à 19:31.

Eh bien tu as éclairé ma lanterne concernant les Kamen Rider.
J’avais remarqué à plusieurs reprises les séries  »Kamen Rider » (avec tout plein de titres différents) dans les dramagraphies de certains acteurs et ça m’intriguait. Il y a plusieurs mois, je suis tombé sur le premier épisode d’une de ces séries (à cause d’un certain acteur). Je n’ai pas été plus loin que les 15-20 premières minutes. Je rigolais trop en voyant le monstre et la bataille, alors j’ai arrêté ça là.

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Kerydwen le 19 octobre 2011 à 21:29.

Haha, je peux tout à fait comprendre que tu te sois arrêtée. Il faut vraiment regarder ça de manière décalée et encore, par moment, c’est dur de ne pas laisser tout ça de côté. Les épisodes ne durant que vingt minutes, ça aide.

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