Yamikin Ushijima-kun | 闇金ウシジマくん

Publié par | 17 octobre 2011

Depuis que j’ai eu connaissance de Yamikin Ushijima-kun, je veux la regarder. Le problème est que la série n’est pas sous-titrée, que personne n’a l’air intéressé et que plus le temps passe et plus les chances pour que ce soit le cas s’amenuisent. Derrière ce titre, Yamikin Ushijima-kun, se cache le seinen manga écrit par Manabe Shôhei. Véritable succès au Japon, il est toujours en cours et comporte à l’heure où ces mots sont écrits 22 tomes publiés depuis 2004. Il est édité en France chez Kana sous le titre Ushijima. L’adaptation télévisée est composée quant à elle de neuf épisodes de 24 minutes diffusés sur TBS entre octobre et décembre 2010 à 1h du matin. Un film est en projet et devrait sortir au cinéma en 2012. Aucun spoiler.

Si je vous parle de ce j-drama c’est que je l’ai forcément regardé. Puisqu’il n’est pas sous-titré, est-ce que je me suis lancée en VO pure ? Bien sûr que non. Je suis incapable de suivre quelque chose en japonais avec mes maigres connaissances de la langue. Comme j’en avais marre d’attendre, peut-être pour des prunes en plus, j’ai décidé d’acheter le DVD. Pas la version japonaise qui ne comporte pas de sous-titres en anglais et qui coûte un rein mais une version HK / taiwanaise / que sais-je. Pour une dizaine de dollars sur Ebay, on peut se procurer un peu tout ce que l’on désire côté j-dramas récents. Comme ça intéresse peut-être certains, je vais en profiter pour expliquer les défauts de cette pratique. lire la suite ▼

Ushijima est un usurier qui dirige une entreprise de prêt d’argent, la CowCow Finance. Comme son nom ne l’indique pas, il ne s’occupe pas de vaches. Il donne facilement de l’argent à n’importe qui venant en faire la demande. Il n’est pas un bon samaritain, forcément. Ces billets doivent être rapportés dans leur intégralité sous dix jours sous peine de voir les intérêts monter à 50%. Oui. Et si dix jours plus tard, la somme n’a pas encore été remboursée, de nouveaux intérêts à 50% s’ajoutent. On se doute bien que si l’on a un besoin immédiat d’argent, il sera difficile de les rembourser en une si petite période… La série dépeint un portrait au vitriol du Japon et de ses bas-fonds. Si le pays est riche, certaines couches de la population ont du mal à joindre les deux bouts. Bien évidemment, les usuriers sont interdits par la loi, certains personnages de la série espéreront d’ailleurs s’en sortir par rapport à ça. Après tout, si certes ils ont emprunté de l’argent, tout cela n’est pas légal donc pourquoi devraient-ils rembourser Ushijima et ceux qui profitent de leur faiblesse ? Sauf que l’on sait bien que les prêteurs ne sont pas étouffés par leur conscience et leurs principes moraux. Ushijma et ses collègues sont prêts à tout pour récupérer cet argent. Tout. Si l’emprunteur doit se prostituer ou vendre de la drogue, c’est son problème. Par contre, il ne doit pas se suicider ou se faire tuer sans police d’assurance sinon CowCow Finance ne récupérera jamais l’argent. Ushijima est incarné par Yamada Takayuki (Byakuyakou, Water Boys, Churasan, Sekai no Chuushin de, Ai wo Sakebu, Taiyou no Uta, Long Love Letter…. bon sang, tout ce que j’ai vu avec lui !) qui est ici, tout simplement, glaçant. L’acteur a montré à de maintes occasions qu’il avait du potentiel et plus les années passent, plus il dépasse même les espérances les plus folles. Ushijima porte toujours un pantalon de jogging deux fois trop grand pour lui, un gros collier en forme de croix et des immenses lunettes transparentes qui encadrent tout son visage. Il ne sourit jamais. Il reste généralement très neutre mais lorsqu’il s’énerve, il fait peur. Très peur. Yamada Takayuki a un jeu tout dans la retenue et fait froid dans le dos. Ushijima n’a aucun côté sympathique. Sa psychologie est peu nuancée ce qui est assez dommage. Si c’est lui qui est au centre de tout, ce n’est pas lui le héros mais tous les emprunteurs.

Yamikin Ushijima-kun nous plonge dans un monde sombre, sordide, glauque et pétri de vices. Si l’on réfléchit bien, les personnes qui viennent emprunter de l’argent n’en ont pas forcément besoin. Si elles en viennent là c’est parce que toutes les autres instances légales leur ont déjà claqué la porte au nez. Certains veulent s’abrutir au pachinko, profiter des femmes, s’offrir les derniers vêtements à la mode toutes les semaines, etc. Ces emprunteurs sont prêts à tout et n’hésitent pas à mentir voire même à manipuler et à ramper pour obtenir ce qu’ils désirent. La série est sans complaisance et noire. Elle soulève le voile sur une population misérable et pathétique. Le risque avec ce genre de production est de faire du racolage et d’être vulgaire. Le pari est ici plutôt réussi. Yamikin Ushijima-kun fut diffusée très tard dans la nuit ce qui lui permet d’avoir une liberté de ton et d’être bien plus crue que ce que l’on peut voir en règle générale. La série suit également une entreprise de prostituées jouées apparemment par des actrices de porno généralement convaincantes. Elles sont la majeure partie du temps en sous-vêtements plus ou moins cachés par une chemise. Le seul point négatif et qui met quelque peu mal à l’aise est qu’après le générique de fin, au moment de la publicité habituelle (pour l’OST, le roman, ceci cela), ce sont ces mêmes femmes qui sont là et vendent je ne sais quoi sous fond de musique douce. Cette pratique donne l’impression d’être sur une chaîne érotique et ça fait bizarre. Le monde de la nuit est privilégié, avec les femmes vendant leurs corps mais aussi les hosts. Les yakuzas sont quant à eux, jamais très loin…
Quand bien même la vision de la série est plutôt pessimiste, elle n’est pas dénuée de lueur. Le dernier épisode se termine sur une note donnant presque foi en la nature humaine.

Les emprunteurs ne sont pas attachants, plusieurs d’entre eux sont même pitoyables. Si Yamikin Ushijima-kun pouvait uniquement garder un aspect schématique, elle rompt la linéarité en travaillant la psychologie des utilisateurs de CowCow Finance. Ces derniers sont développés sur plusieurs épisodes. Le j-drama n’hésite pas à mettre en avant leurs doutes, ce qui les motive et rentre dans leur intimité. C’est là où la série est efficace car elle traite de ces rebuts de la société avec une certaine sensibilité. Loin de les ostraciser, elle montre un véritable mal-être touchant de trop nombreux Japonais. On retrouve dans leurs rôles quelques guests comme Katô Kazuki, Araki Hirofumi (Good Life) ou encore Aoyagi Ruito.
Si Ushijima est presque intouchable, il devra tout de même venir à bout de plusieurs soucis. Quelques personnages se croient effectivement malins et tentent de jouer avec le feu. Par conséquent, les épisodes ne sont jamais ennuyants ou prévisibles. Il faut aussi dire que la durée est très courte mais suffisante. Yamikin Ushijima-kun débute par l’arrivée d’une nouvelle employée, Ôkubo Chiaki, interprétée par la sympathique Katase Nana (Last Christmas). Ayant été actrice d’AV (Adult Videos) pour une raison d’abord inconnue, on ne sait pas trop de quelle manière elle est arrivée à CowCow Finance. Jolie, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds malgré ses deux collègues n’hésitant pas à lui parler de son passé. Ces derniers ne sont pas développés mais la série ne le permet vraiment pas en raison de sa durée. L’un d’entre eux est joué par Yabe Kyôsuke (Crows Zero I et II – avec Yamada Takayuki d’ailleurs). Chiaki est un petit peu l’état d’esprit du téléspectateur. Au départ, elle est pleine de bonnes intentions. Comment Ushijima peut-il rester sans cœur face à cette déchéance ? N’est-il pas parfois capable de fermer les yeux et d’oublier quelques billets ? Pour elle, c’est lui le monstre. Ushijima lui explique, toujours avec son calme olympien, que pour lui, ce n’est pas normal d’emprunter et de ne pas rendre. C’est la moindre des choses. D’après lui, personne n’est innocent. Petit à petit, Chiaki se rend compte effectivement que les emprunteurs sont loin d’être tout blanc. La série amène à réfléchir sur son rapport à l’argent, sur la condition humaine, sur le rapport aux autres comme cette solitude qui transparaît dans chaque épisode ou la pression que mettent certains de ses collègues au travail, etc. À l’instar d’un Zeni Geba dont elle se rapproche sur certains points, elle pointe du doigt ce qui fait mal et qui est souvent tabou.

Un petit mot sur la bande-son composée par Yoshimata Ryô qui est sympathique. Elle sait être assez nerveuse par moment et colle très bien à l’univers du j-drama. La chanson que l’on entend à chaque fin d’épisode, Sudachi, de Karasu est excellente. Attention à ne pas confondre ce Karasu (鴉) avec Karasu (カラス), le groupe de session de visual / j-rock avec de grandes pointures dont Tatsurô de MUCC.

Yamikin Ushijima-kun dresse le portait très cru d’une dégénérescence de la société. Celle-ci est dépendante de l’argent et peut être prête à tout pour obtenir ces précieux billets. C’est bien connu, l’argent amène le pouvoir et le pouvoir permet de vivre tranquillement. Bien que la frontière avec la surenchère et le racolage soit fragile, la série parvient tout de même à trouver un certain équilibre. Le point de vue est original car si les usuriers sont vus assez régulièrement dans les j-dramas, c’est généralement du côté de l’emprunteur et non pas du créancier. Du fait de son sujet et du traitement sans complaisance, la série est âpre et d’une grande noirceur. La série nous plonge brutalement et sans concession dans ce monde que l’on aimerait ne pas voir et met ainsi en avant cette fameuse société de consommation. Au final, Yamikin Ushijima-kun fait preuve de cynisme et ne laisse assurément pas indifférent. Il s’agit d’une série atypique et dérangeante comme on aimerait en voir davantage (et que j’aimerais redécouvrir sous-titrée correctement !).

La série mérite vraiment d’être sous-titrée en bonne et due forme. Vous faites partie d’une team de fansub sérieuse avec au moins un traducteur japonais ? Vous êtes intéressés par Yamikin Ushijima-kun ? Vous pouvez me contacter, je veux bien fournir les RAW et les sous-titres à ma disposition. Enfin, à condition que j’apprenne à extraire tout ça de mes DVD ^^;

Articles similaires

6 commentaires

Nac le 19 octobre 2011 à 17:46.

Rah,ça fait envie!J’avais même pas reconnu Yamada Takayuki sur la photo promo!J’espère qu’une team pourra sous titrer ça un jour!

Répondre

Kerydwen le 19 octobre 2011 à 21:37.

Je l’espère aussi parce que j’aimerais bien avoir votre avis :D Et puis quand c’est bon, ça doit se partager !

Répondre

Hiroto le 19 octobre 2011 à 22:42.

Je veux aussi ! Je n’ai vu que les Crows Zero avec cet acteur, et l’affiche de ce drama m’a bluffé… Le choc, Serizawa-kun en mode glacial OO. (oui, oui, je note Love Long Letter. De plus, j’ai les trois premiers tomes du manga chez moi.
Je croise les doigts pour qu’une team soit intéressée o/
(du coup, je sais pas si je te remercie ou pas pour cet article, il donne trop envie ! :D)

Répondre

Kerydwen le 20 octobre 2011 à 12:26.

Long Love Letter est un très bon choix. La série est atypique et peut ne pas plaire mais cela ne l’empêche aucunement d’être plus qu’excellente. En plus, il y a tout plein d’acteurs désormais connus et qui étaient super jeunes à l’époque (Yamada Takayuki, Yamapi, Ichihara Hayato…).

Si jamais aucun team ne voyait ce message et/ou n’était intéressée, je pourrais toujours vous fournir les mauvais sous-titres que j’ai en stock. Mais bon, je suis persuadée que l’on perd en appréciation.

Répondre

Katzina le 21 octobre 2011 à 19:55.

Quand j’ai vu le titre de ton billet je me suis dit : oh ! la série a du coup été subbée, et j’ai loupé ça !
En fait non, mais ça n’en est pas moins intéressant de lire ton avis sur la série et d’apprendre comment tu as fait pour la voir.
Tu confirmes que Yamada Takayuki est excellent, et le fait que tu rapproches le drama de Zeni geba est loin de me déplaire. Va falloir faire quelque chose pour rendre ce drama accessible ! Si j’étais sûre d’avoir assez de temps je tenterais bien l’expérience, mais je m’étais dit que si je devais commencer à subber des drama ça serait plutôt à partir de sous-titres japonais pour éviter les problèmes de compréhension orale…

Répondre

Kerydwen le 24 octobre 2011 à 14:20.

Malheureusement, je n’ai pas les sous-titres japonais. En tout cas, si jamais tu comptes te lancer, tu sais où me trouver ^^

Répondre

Laisser votre commentaire

Les champs requis sont indiqués par une *

*

Vous pouvez utiliser ces tags et ces attributes HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>