Friday Night Lights | Les Lumières du Vendredi Soir (saison 5)

Par , le 20 octobre 2011

Tous les ans c’est le même cinéma. Une saison de Friday Night Lights passe et résultat, impossible d’écrire quoique ce soit à son sujet. En dépit de toute la passion que je porte à la série, il serait peut-être temps d’essayer de s’y mettre car les souvenirs ont tout de même tendance à s’atténuer. C’est donc le cœur très serré que j’écris la dernière review de Friday Night Lights sur Luminophore, la série s’étant arrêtée au terme de sa cinquième saison. Composée de treize épisodes, celle-ci fut diffusée sur DirectTV entre octobre 2010 et février 2011. Aucun spoiler.

La saison quatre voyait les époux Taylor arriver dans le lycée d’East Dillon. Devant composer avec les difficultés de cette partie de la ville, bien plus pauvre et vérolée par certains délinquants, le couple essaya de monter une nouvelle équipe de football et d’aider des jeunes dans le besoin. Une grande partie de la distribution originale ayant quitté Dillon, la série dut alors se renouveler. C’est ainsi que Vince, Becky ou encore Matt apparurent. Cette saison cinq continue par conséquent sur ce chemin, installant définitivement ces têtes plus si inconnues et faisant quitter les derniers du début comme Landry et Julie. Si jusque là on pouvait avoir quelques doutes quant à l’intégration de ces nouveaux personnages, la saison balaye sans trop de difficultés ces soucis. Il est vrai que le Friday Night Lights auquel la plupart d’entre nous penseront est celui des premières saisons mais ces habitants d’East Dillon ont réussi à tirer leur épingle du jeu. Même certains comme Becky qui étaient mal partis au début finissent par vous faire quelque chose. Voir la jeune fille jetée à la porte par sa belle-mère puis récupérée par Billy Riggins et Mindy paraît probablement une mauvaise idée pour elle au départ mais quelle belle évolution entre Mindy et elle. Les deux finissent par devenir de véritables confidentes et leur complicité est palpable à l’écran. D’ailleurs, les Riggins sont véritablement un des points forts de la série et ils le prouveront encore une fois au cours de cette saison. Billy est probablement une des révélations de ces épisodes. Présent dans chaque épisode ou presque, il se prend en main, décide d’être sérieux et se révèle même être un mentor pour certains personnages comme Luke. Comment ne pas éclater de rire lorsque l’on voit son programme d’entraînement, ses breuvages incroyables et son haka ? Franchement ! S’il n’a jamais été un mauvais bougre, il doit cette rédemption à son frère. On avait quitté Tim alors qu’il allait en prison, à la place de son idiot de grand frère. Si cette intrigue brise le cœur et avait pu décevoir lors du fourth season finale, elle prend ici toute sa dimension avec certaines scènes comme celles où le coach et même Buddy plaident la cause de #33 dans le 5×10, Don’t Go. On voit au final assez peu Tim durant les épisodes mais il suffit de rien pour que l’on ressente sa présence. Si Matt est probablement l’âme de la série, Tim n’est toutefois pas très loin de lui et demeure un des piliers. Son passage derrière les barreaux le change, forcément, et il en veut profondément à Billy pour un tas de raisons malheureusement valables. Impossible de ne pas avoir la gorge serrée durant la scène sur le parking entre les deux durant l’excellent 5×11, The March. C’est donc un Tim aigri que l’on retrouve et il lui faudra un petit moment avant de commencer une lente reconstruction. Sa dernière scène est touchante et comme généralement, Taylor Kitsch y est formidable.

Julie et Landry quittent donc Dillon, ils vont tout simplement à la fac. Cependant, l’aînée des enfants Taylor reviendra régulièrement et sera dotée d’une intrigue presque fastidieuse avec ce prof incarné par Gil McKinney (ER). Mais nous sommes dans Friday Night Lights et les conséquences de la conduite de la jeune femme sont parfaitement traitées et particulièrement bien mises en scène. Les réactions des Taylor et plus précisément celles d’Eric sont naturelles et puissantes. La saison joue ainsi la carte de la nostalgie avec ces départs et ce, dès le premier épisode. De ce fait, chaque fois que l’on se retrouve devant la série, on sait que notre cœur va être balloté dans tous les sens et ça ne rate jamais. On en ressort littéralement lessivé et le series finale mettra le coup de massue, vous laissant à ramasser à la petite cuillère. Mais ce n’est pas parce que l’on retrouve les figures d’autrefois que cela veut dire que les nouveaux arrivants sont laissés pour compte. La saison n’oublie personne, revenant même sur des protagonistes comme le fils de Buddy qui semblait n’avoir rien à apporter. Jess devient autre chose que le moteur d’un triangle amoureux entre Landry et Vince. Les références aux personnages partis de Dillon sont nombreuses, certains revenant même pour l’occasion comme Jason, Landry, Tyra et bien évidemment Matt. Ce dernier est peut-être celui qui aura le plus marqué la série. Sensible, simple et gentil garçon, sa rencontre avec le coach aura changé sa vie à jamais. Ayant quitté Dillon, Julie s’accroche toutefois à lui et si leur ultime décision dans la série est discutable, et énervera sacrément Eric, elle n’en demeure pas moins jolie et dans la lignée de ce que ce mignon duo peut faire.

S’il est indubitable que le coach a transformé Matt, il est tout aussi clair que Vince doit son salut au football et à l’entraîneur d’East Dillon. La saison sera marquée par le retour de son père, ancien prisonnier, joué par Cress Williams (Prison Break, Grey’s Anatomy). Cette arrivée provoquera de vives tensions entre Vince, son père et Eric Taylor. Friday Night Lights avait déjà traité cette thématique d’absence de noyau familial ou plus précisément de la non- présence paternelle avec les Riggins mais surtout avec Matt. Cela ne signifie pas pour autant qu’il s’agit-là d’une redite. D’ailleurs, cette situation tendue a pour conséquence la désolidarisation petit à petit de l’équipe de foot. La finale du championnat peut très bien être en ligne de mire que cela ne changerait pas grand chose à l’état d’esprit de l’équipe qui se dégrade. Suit évidemment celui de l’entraîneur qui finit par se demander pourquoi diable s’acharne-t-il. Les épisodes de la saison précédente montraient une équipe au final peu soudée et ce sont ces épisodes qui décident si oui ou non, elle a toutes les capacités pour se transformer en une qui vaille la peine de s’investir. Les matchs sont quant à eux toujours dotés d’une fibre épique plus que stimulante.

Cette cinquième saison parle notamment des désillusions et de l’importance des choix ainsi que des compromis. Si Eric ne sait plus sur quel pied danser, surtout lorsqu’il est question d’une certaine fusion en fin de saison, Tami elle aussi se voit confrontée à des décisions difficiles à prendre. Pour une des rares fois, le couple entre alors dans une phase de mésentente qui dure. C’est une guerre froide, il n’y a pas de cris, pas de réactions sortant réellement de l’ordinaire mais les deux sont froissés. Eric a toujours été assez réactionnaire, ayant ses valeurs et aimant ne pas en sortir mais il se montre cette fois un peu trop macho et égoïste pour ne pas quelque peu agacer. C’est ce qui fait également son charme mais Tami, après avoir tout sacrifié, mérite également sa chance. Quoiqu’il en soit, le couple est une des valeurs sûres du petit écran télévisuelle car naturelle et crédible.

La saison cinq de Friday Night Lights est à l’image de la série. En d’autres termes, elle est authentique, juste, sincère, douce-amère et bouleversante. Loin de forcer l’émotion, elle arrive toujours à être subtile et touchante. Pour cela, elle peut remercier un traitement des intrigues sans surenchère, une superbe galerie de personnages simples et sans fioritures interprétés par des acteurs irréprochables, une certaine dose d’humour, des matchs endiablés et entraînants, un magnifique series finale ainsi qu’une bande-son sachant utiliser les silences à bon escient tout en insérant de superbes chansons. La saison a parfaitement su intégrer tout ce qui faisait le sel des débuts de la série avec toutes les nouveautés apparues depuis la précédente. Friday Night Lights aura réussi à émouvoir et aura clairement marqué l’univers télévisuel de ces dernières années en mettant tout simplement en avant un Texas humble et universel. Mince alors, ce que la série va me manquer ! Clear Eyes, Full Hearts… we’ll deal with that later.


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