Un été avec un petit passage du côté de la Louisiane est généralement agréable. Qu’en fut-il cette année ? La quatrième saison de True Blood, composée de douze épisodes, fut diffusée entre juin et septembre 2011 sur HBO. Une cinquième est prévue pour l’année prochaine et il est probable qu’il s’agisse de la dernière. Aucun spoiler.

La saison trois de True Blood fut vraiment moyenne et assez décevante. Brouillonne, elle proposait de nombreuses idées sans jamais parvenir à véritablement les concrétiser. Sans être parfaite et sans se hisser à la hauteur de la seconde, cette quatrième est plutôt réussie. Il semble toutefois qu’elle ait pas mal divisé les téléspectateurs. À vrai dire, son aspect décalé et presque too much est peut-être ce qui a pu déranger certains. Depuis ses débuts, True Blood a un côté truculent. Elle en fait beaucoup quitte à être ridicule, mais c’est en partie ça qui lui donne une atmosphère si spéciale. Cette nouvelle saison ne lésine justement pas sur le kitsch. Pour ma part, je n’ai jamais vu True Blood comme une série sérieuse à regarder au premier degré. Bien au contraire. Pour pleinement l’apprécier, je pense plutôt qu’elle doit se visionner minimum au second degré. Comment ne pas éclater de rire face à certaines scènes comme celle sur le lit entre deux personnages alors que la neige tombe ? Même d’autres incroyablement glauques se révèlent capables de posséder un côté comique. La saison s’assume totalement, exagère souvent sans forcément verser dans la surenchère, et propose des séquences surréalistes et parfois sorties de nulle part. Ne le nions pas, tout n’est pas parfait, mais en voyant en la série un divertissement et rien de plus, elle permet de s’amuser. Ce n’est pas la peine de chercher plus loin et de vouloir à tout prix intellectualiser tout ce que l’on regarde. Et après une année où l’enthousiasme n’était pas toujours de mise, celle-ci parvient plus régulièrement à atteindre son but.

Sookie est partie dans le pays de ses congénères les fées, y reste un petit peu et retourne dans le monde réel. Contre toute attente, elle se rend compte que le rythme ne s’écoule pas de la même manière des deux côtés. Par conséquent, tous la croyaient morte. La longue absence de l’héroïne ne va pas réellement modifier quoi que ce soit. Entre-temps, Bill s’est octroyé la place de Russell et est devenu roi du Mississippi, Eric continue ses activités peu recommandables, Jason est désormais dans les forces de l’ordre, Tara est dorénavant une lesbienne combattante (WTF ?!?), Jessica et Hoyt sont toujours en couple et ça se passe moyennement. Bref, aucun profond changement. Sookie retrouve alors le cours de son existence, mais, inlassablement, un évènement vient enrayer la machine. Comme cela avait été suggéré en fin de saison trois, celle-ci est dédiée au monde de la magie. Ce sont les sorcières, les chamans, les brujo et autres qui bénéficient des honneurs. Jesus prend du galon et se transforme en un personnage franchement sympathique. Il est d’ailleurs probablement le plus normal de tous ceux que l’on peut voir dans True Blood. Sa relation avec Lafayette est également jolie et stable. L’intrigue principale commence bien, d’autant plus que d’autres, plus secondaires, s’y rattachent rapidement, mais celle qui est devenue l’ennemie à abattre manque de nuances et de subtilité. Pour une fois, les vampires ne semblent plus être en haut de la chaîne alimentaire et il se pourrait bien qu’ils aient de gros soucis à se faire. Le series finale qui marque, comme toutes les saisons, la chute du grand méchant est lente. On attend une montée en puissance qui n’arrivera jamais. En cela, ce dernier épisode est assez décevant et les cinq ultimes minutes particulièrement jouissives et annonciatrices de la suite ne peuvent rattraper ces défauts.

Au-delà de l’intrigue magique, l’année multiplie encore une fois les secondaires. La série a toujours eu ce souci de partir dans tous les sens et de ne pas savoir de quelle manière proposer un ensemble cohérent. Cette année se montre relativement satisfaisante de ce point de vue là malgré d’évidents ratés. Voir Jason et les panthères est long et certaines scènes se veulent trop malsaines, même pour True Blood. Dans le genre soporifique, Jesus et Lafayette chez le grand-père du premier représentent un met de choix. Ne parlons pas de Tara à qui l’on aimerait bien loger une balle en pleine tête. Par contre, d’autres comme Arlene, Terry et leur bébé maléfique ou Alcide et ses problèmes de loup-garou savent tirer leur épingle du jeu. Sam et son frappé de frère quand même attachant reviennent de loin, car pour eux également, on ne voyait pas du tout où les scénaristes souhaitaient en venir. En fait, si la saison démarre encore une fois dans tous les sens, elle se rattrape plutôt rapidement et semble assez maîtrisée. Du côté des vampires, Bill n’a jamais été aussi intéressant que depuis qu’il s’est séparé de Sookie et qu’il est devenu roi. Il est même maintenant cool. Si, si. Eric, quant à lui, doit composer avec un sort qui le change quelque peu. Honnêtement, cette modification est agréable bien qu’elle traîne un peu en longueur puisque l’on finit par avoir hâte de retrouver la brute sanguinaire qu’il est. Toutefois, les shippers du couple probable qu’il forme avec Sookie ont de quoi être ravis avec cette saison. Il faut tout de même avouer que certains moments sont d’une niaiserie assez incroyable, mais qui collent bien avec la personnalité de la petite blonde. Pam passe par pas mal d’aventures, possède toujours des répliques piquantes comme il faut et est juste géniale. Mention spéciale à sa scène dans le cercueil avec Ginger qui restera mémorable.

En conclusion, la saison quatre de True Blood est un parfait divertissement qui, s’il donne l’impression de partir dans tous les sens, finit par se recentrer au bout de quelques épisodes. Heureusement, les histoires sont bien mieux menées à terme que lors précédemment. La bonne idée de ces aventures inédites est d’ajouter une nouvelle caste à la série. Si Bon Temps est peuplé de créatures fantastiques, il s’avère normal que la magie soit de la partie. Pour une des rares fois, les vampires sont en plus en réelle situation de danger, ce qui permet de modifier certaines dynamiques. Bien sûr, la saison est loin d’être parfaite. Si le ridicule assumé est source de sérieuses tranches de rire et que le rythme est généralement enlevé, certaines scènes sont extrêmement mièvres et d’autres demeurent ennuyantes. Les derniers épisodes laissent de plus un arrière-goût d’inachevé, car la tension n’est qu’exceptionnellement palpable. Quoi qu’il en soit, les nombreuses pistes lancées dans le season finale donnent furieusement envie de se retrouver en juin 2012.