Sept ans après l’avoir débuté, j’ai enfin terminé The O.C. (Newport Beach). Le enfin n’est pas là pour signifier que je suis venue à bout de la série avec difficulté, mais parce que les choses ont sacrément traîné, la faute en partie à France 2 qui a massacré sa diffusion. C’est donc une page qui se tourne… Annulée au terme de sa quatrième année en raison des audiences, cette dernière est passée sur Fox entre novembre 2006 et février 2007. Elle n’est composée que de seize épisodes et possède une réelle conclusion. Aucun spoiler.

La saison trois s’était terminée sur la mort de Marissa, tuée dans un accident de voiture provoqué par Volchok. Mischa Barton ayant à l’époque souhaité quitter l’aventure, on ne pouvait tout de même pas se douter que Marissa allait décéder, surtout lorsqu’elle était pleine de projets et repartie sur de bons rails. C’est évidemment sans aucune surprise que les personnages effectuent leur deuil de manière différente. Le season premiere reprend plusieurs mois après cette tragédie. Ryan a fui la maison des Cohen, travaille comme barman et combat le soir. Enfin, non, il se laisse tout simplement massacrer. Il ne vit plus, il a abandonné. Sa famille adoptive a beau tout faire pour le ramener chez eux, rien ne fonctionne. Julie, de son côté, souffre de dépression, avale les médicaments comme des bonbons et si elle ne sombre pas totalement, c’est parce qu’elle a engagé un détective privé pour retrouver Volchok qui est en cavale. Voir Ryan et Julie endurer de la sorte brise le cœur. Certaines scènes du début entre les deux sont puissantes et magnifiques, et la reprise de Running Up That Hill de Kate Bush par Placebo accentue leur splendeur. Julie est désespérée et compte sur Ryan qu’elle juge seul capable de comprendre sa douleur. Il est loin le temps des premières années où la mère de Marissa haïssait ce jeune adolescent de Chino. Pourtant, ils ont tellement en commun tous les deux.

Cette saison quatre est un vrai bonheur pour la relation Ryan/Julie. Au fil de la série, ce lien a changé et il prend toute son ampleur avec ces seize épisodes. Cela est en grande partie dû au fait que Julie a profondément évolué. Bien moins superficielle et davantage réfléchie, elle a en quelque sorte mûri et est devenue une figure sur qui l’on peut sincèrement compter. C’est une femme extraordinaire et elle le prouve encore une fois à de maintes occasions. Le décès de Marissa associé au retour de Kaitlin dans sa vie joue comme une sorte d’électrochoc, et elle tente de réparer ses multiples erreurs. Au cours de la saison, elle s’améliore et cherche tout simplement le bonheur de son unique fille. Tout ce qu’elle entreprend, elle le fait d’abord pour Kaitlin. Il suffit de voir ses nouvelles relations et ses choix, que ce soit envers Bullit et Frank. Bullit est un multimilliardaire qui aurait pu être très lourd avec ses bang bang à répétition, son humour pas toujours très élevé et sa manière particulière de communiquer, mais il est drôle et attentionné. Quant à Frank, joué par Kevin Sorbo (Hercules: The Legendary Journeys), impossible de trop en parler sans spoiler quoi que ce soit. Une chose est toutefois certaine, c’est que la révélation de son identité dans le 4×08, The Earth Girls Are Easy, est une véritable surprise qui peut vous laisser littéralement pantois ! Kaitlin, incarnée par la pétillante Willa Holland, n’avait eu le droit qu’à quelques petites apparitions lors de la saison précédente et devient cette fois régulière. Elle n’a pas grand-chose à voir avec sa sœur Marissa et se rapproche bien plus de sa mère. Les deux forment une paire du tonnerre et elles se complètent à merveille. L’épisode 4×14, The Night Moves, les montre d’ailleurs unies et encore plus attachantes. Le personnage de Kaitlin est une excellente idée, car elle est décontractée, elle a la réplique qu’il faut au bon moment et elle est juste géniale. Elle interagit avec tout le monde avec naturel. Et tout comme sa mère, ce n’est pas parce qu’elle sait se montrer dure, parfois froide et superficielle que ça veut dire qu’elle est stupide et qu’elle ne possède pas de cœur. Son intrigue avec Chris Brown (oui, le chanteur) n’est pas transcendante, mais se laisse regarder. Ses deux meilleurs camarades, les frères de Luke, sont sympathiques comme tout et généralement vecteurs de moments très drôles.

Julie et Ryan ne sont évidemment pas les seuls à mal vivre le décès de Marissa. Il ne faudrait pas oublier Summer. Partie à Brown, elle semble se porter comme un charme, mais l’on se doute que ce sourire et cette bonne humeur perpétuelle ne sont que façade. Son amie lui manque et elle ne va pas bien du tout. Plusieurs épisodes sont nécessaires pour accepter que, justement, elle sombre. Ce qui marque également Summer, c’est qu’elle a changé et elle ne comprend pas pourquoi. Où est passée son admiration pour The Valley et les potins des stars ? Au contact du doux dingue Che, incarné par Chris Pratt (Everwood), peace and love aimant les marmottes, Summer devient activiste et s’enchaîne aux arbres pour les sauver. Si, au départ, il ne s’agit que d’une échappatoire à ce qui la ronge, elle y prend goût et y découvre possiblement une vocation. Quelle jolie évolution. Mais pour cela, il convient qu’elle comprenne ce qui lui arrive et qu’elle réalise si cela est compatible avec sa vie californienne et avec Seth. Qu’en est-il de Seth justement ? Il a mis de côté ses mensonges et se rapproche nettement de celui de la première saison avec toute sa verve, son côté geek, ses multiréférences et ses répliques ciselées. Ce que ça fait du bien. Il lui en aura nécessité du temps pour redevenir franchement attachant !

Un autre excellent point de cette année est le retour de Taylor. Ah Taylor ! Si le départ de Marissa pouvait laisser craindre une baisse d’intérêt, ce fut clairement l’inverse qui se produisit. Taylor ne prend pas véritablement sa place, mais elle comble sans aucun problème cette disparition. Haute en couleur, parfois hystérique, hilarante, jolie comme tout, piquante, elle a tout ce qu’il faut pour plaire. Elle est tout simplement géniale. Son intrigue avec le Français qui parle comme un Français est drôle tout en étant un minimum touchante. Quant à son rapprochement avec Ryan, s’il pouvait être très curieux, il est également parfait. Oui, oui, par-fait. Les deux forment un duo atypique, mais qui fonctionne du tonnerre. Ryan avait besoin d’une Taylor pour faire son deuil et pour démarrer une nouvelle vie. Elle l’a trouvé. C’est sans conteste l’un des moteurs de cette fin de série. Et vous savez quoi ? Ryan fait de plus en plus de blagues. Si ! Le monde va s’effondrer ! La saison passée ne mettait pas assez à l’honneur les adultes et celle-ci répare cette erreur. Il y a bien évidemment Julie, mais également les Cohen qui poursuivent leur route. Accessoirement parlant, ils sont à l’origine d’une jolie surprise. Complices, ils ont vaincu leurs démons et s’épanouissent comme il faut. Kirsten continue de collaborer avec Julie dans leur espèce d’agence matrimoniale et c’est d’ailleurs l’occasion de voir Brandon Quinn (Big Wolf on Campus) dans le rôle d’un prof de tennis qui cache bien son jeu. Sinon, le père de Summer est parti du côté de Seattle et n’hésite pas à placer quelques références en lien avec Grey’s Anatomy.

Tout ce que ces lignes ne révèlent pas, c’est que l’année s’avère rythmée, qu’elle est plutôt décalée et n’ajoute pas une tonne côté mélodrame. Les répliques sont enlevées, on s’amuse comme un fou et l’on retrouve tout l’esprit de The O.C. qui avait pu charmer dès le début de la série. Même dans des moments plus difficiles comme la catastrophe surgissant en fin de saison, l’audience trouve le moyen de rire aux éclats. Les scénaristes se font plaisir, osent un tas de choses, probablement parce qu’ils savent que c’est la fin, et ce risque paye. C’est une fiction transformée que l’on visionne. Si à chaque épisode on se demande si la sauce ne va pas retomber, on est surpris, car la qualité est constante. Le series finale est justement à l’image de l’ensemble. Parfois d’un ridicule assumé, il met à l’honneur tous les protagonistes et le téléspectateur quitte The O.C. partagé entre la joie de les revoir un dernier moment et l’émotion de leur dire au revoir.

Au final, cette ultime saison de The O.C. est sensationnelle. Elle n’est pas dénuée de reproches puisqu’elle contient quelques intrigues un peu moins réussies, mais elle est parfaitement décomplexée, drôle et alterne à merveille comédie et drame. Le départ de Marissa est une excellente chose et l’arrivée de personnages réguliers comme la fantastique Taylor Townsend permet de donner un grand coup de frais à la série. Le ton est d’ailleurs plus adulte. Personne n’est oublié, les relations sont travaillées et la musique est encore une fois adaptée. Amusants, piquants et émouvants, ces épisodes sont un vrai succès et c’est donc le cœur très serré que l’on termine The O.C. Le teen show aura réussi à marquer et à se créer un univers propre. Sans conteste, la série se range parmi mes préférées et je suis bien contente de posséder les DVD, car ils ne resteront jamais sous une épaisse couche de poussière. Ce n’est pas un adieu, mais un à bientôt, bitch~