Afin de boucler l’histoire de Nodame Cantabile, deux films sont sortis sur deux années après le renzoku et les épisodes spéciaux. Seul le premier sera traité aujourd’hui sur Luminophore, le second viendra plus tard. Nodame Cantabile : Saishû Gakushô – Zenpen, aussi intitulé internationalement Nodame Cantabile : The Final Score – Part 1, est sorti au cinéma au Japon le 19 décembre 2009 et dure un peu plus de deux heures. Aucun spoiler.

Chiaki et Nodame vivent toujours à Paris et tentent de vivre de leur passion. Le jeune homme ayant remporté la compétition internationale de musique Platini, il est propulsé chef de l’orchestre Roux-Marlet. Malheureusement, alors qu’un de ses rêves est en train de se réaliser, il déchante vite car ses musiciens sont peu motivés et peu aidés par le cadre de travail. Nodame de son côté prépare ses examens du Conservatoire de musique et rêve toujours de jouer un jour avec celui qu’elle aime.

Nodame Cantabile est une de mes séries japonaises préférées car elle est drôle, rythmée, attachante et traite ses personnages et ses thématiques comme il faut. Lisant le manga, je peux en plus ajouter que l’adaptation est de très grande qualité, ce qui fait toujours plaisir. Si le renzoku est une véritable perle, les épisodes spéciaux sont plus faibles car trop longs et ne donnant pas assez la parole aux personnages secondaires. Malheureusement, ce premier film souffre exactement des mêmes défauts. Ce n’est pas tant que l’on s’ennuie au cours de ses deux heures mais il manque l’étincelle de la série télévisée. Saishû Gakushô I donne l’impression de repartir à zéro. Chiaki se retrouve affublé d’un orchestre avec un budget anémique, le Roux-Marlet, sans envergure et avec des membres sachant à peine jouer correctement de leur instruments. Évidemment, on pense de suite à l’orchestre S. Sauf que dans ce cas précis, en plus de l’effet de répétition, les membres du Roux-Marlet ne sont pas attachants pour un sou. Ce n’est pas tant de leur faute mais parce que l’on ne prend jamais le temps de les développer et surtout, parce que le doublage est trop affreux. Oui, c’est fait exprès, il y a une petite note explicative en début de film pour dire que tous les non-Japonais seront doublés mais un petit effort n’aurait tué personne. C’était déjà valable dans les épisodes spéciaux et c’est toujours aussi désagréable. Comment pleinement s’investir dans un film lorsque l’on voit que tout est faux ? Les personnages bougent les lèvres mais le son ne colle pas du tout. Il y a juste une petite fille, vers la fin, occidentale, qui semble réellement parler japonais. Un comble.

En fait, l’histoire patine. En deux heures, il n’y a presque pas d’évolution. Seule la fin et la décision de Chiaki de remuer un peu les choses semblent lancer le second film. Le héros travaille donc avec son nouvelle orchestre qui est bien mal parti et Nodame passe ses examens de fin d’année. Point. C’est du déjà vu et puis surtout, on a envie de passer à autre chose, que la relation entre les deux soit un peu plus travaillée, que leurs doutes et craintes soient davantage mis en exergue ou que les Japonais truculents du renzoku montrent vraiment leur tête. Nodame Cantabile c’est aussi Mine, Masumi et tous les autres. Ils nous manquent atrocement et les quelques minutes que l’on nous accorde ne suffisent pas du tout. Il reste tout de même d’autres figures comme Strezeman qui parvient à nous fendre le cœur en une petite réplique, Matsuda ou la délicieuse Elize mais c’est peu…

Associé à un scénario simpliste, l’humour fait difficilement mouche. La caméra se calque toujours sur les effets du manga, certaines scènes sont totalement ahurissantes et drôles mais elles sont à compter sur les doigts d’une main. On rit au final que peu durant la totalité de ce film. La fin se veut aussi plus dramatique et plus touchante, donc moins propice aux blagues. Le cadre est par contre plus que sympathique, pour peu que l’on connaisse un minimum Paris mais aussi Vienne puisque le film débute en Autriche.

Nodame Cantabile : Saishû Gakushô – Zenpen donne l’impression de n’être qu’une longue introduction au second film. Les personnages ne font pas grand-chose et interagissent en plus rarement entre eux. En cela, le film est décevant surtout que l’humour est très peu présent. Fort heureusement, la musique et l’attachement que l’on peut ressentir face à cette petite bande font que l’on passe outre ces difficultés mais on ne peut s’empêcher d’être un brin amer lorsque l’on constate le nivellement par le bas de Nodame Cantabile. Allez, hauts les cœurs, la suite sera sûrement de meilleure qualité !