(Guide) Les j-dramas : l’utilisation de la musique

Par , le 11 décembre 2011

Pour le premier billet de l’animation de Noël, c’est Dramafana qui a choisi le thème.


Fin 2009, j’ai commencé à écrire un guide concernant les séries japonaises. À l’époque, j’y avais suggéré quelques sujets intéressants à exploiter, mais le temps a passé et, résultat, je n’avais toujours rien fait jusqu’à maintenant. (D’ailleurs, j’aimerais vraiment le réécrire et l’approfondir ; je pense m’y atteler début 2012. Normalement.) La musique faisait partie de ces idées et j’en ai vaguement reparlé au cours de cette année. Dramafana s’en souvenant, elle a donc proposé qu’il soit aujourd’hui question de l’utilisation de la musique dans les dramas. Sachez que ce billet sera uniquement consacré aux séries japonaises. D’une part, je ne maîtrise absolument pas le sujet des k-dramas et, d’autre part, je suis extrêmement peu réceptive aux bandes-son de ce qui se fait dans le pays du Matin-Calme, à quelques exceptions près. Mon principal reproche se résume à l’emploi massif de chansons qui sont quasi perpétuelles et en deviennent usantes. Ceci est évidemment mon opinion personnelle que ne partagent absolument pas Éclair et Livia qui ont écrit des articles à ce sujet. N’hésitez donc pas à aller chez eux si cela vous intéresse. Il est amusant de noter que les deux seules soundtracks de k-dramas ayant grâce à mes yeux, Iljimae par Yoshimata Ryô et The Legend du mastodonte Hisaishi Joe, ont été composées par des Japonais et sont majoritairement des original score soundtracks. Je vous jure que ce n’est pas de la mauvaise foi de ma part ! Et je vous rassure de suite, le but de cet article n’est pas de critiquer les OST des k-dramas.

Comme le titre de cette entrée le laisse comprendre, il ne sera donc question que des séries japonaises. L’utilisation de la musique est totalement différente de celle opérée en Corée du Sud. Alors que ce dernier favorise de très multiples chansons – souvent des ballades, d’ailleurs – le Japon axe une majeure partie de sa bande-son sur les pistes instrumentales, le reste étant généralement dédié à deux chansons bien particulières, celle du générique de fin et l’insert song.

Je me permets d’ouvrir une plus ou moins longue parenthèse afin d’expliquer mes préférences et mon appétence pour l’emploi de la musique dans les j-dramas. Il se trouve que je suis une passionnée de cet art. À mes yeux, c’est une nécessité au même titre que les besoins primaires. J’aime la musique jusqu’à la moelle et je ne peux que difficilement m’en passer. Lorsque je parle de musique, je ne fais pas du tout référence aux chansons, mais bel et bien à l’instrumentalisation, la voix étant pour moi un outil comme un autre. Bien que j’apprécie de nombreux artistes (trop même !), les score ont une place très particulière dans ce que j’écoute. J’y fais extrêmement attention depuis toute petite et mes étagères en débordent. Je dois posséder au bas mot une centaine d’OST de films/séries et j’ai près de cinquante gigaoctets qui leur sont dédiés dans mon ordinateur – dont sept pour les j-dramas. Ceci pour vous révéler que c’est un sujet qui m’intéresse et que ce billet s’annonce prolixe. Je joue également du saxophone depuis mes neuf/dix ans, j’essaye d’apprendre en autodidacte la guitare, j’ai suivi des cours de solfège pendant sept ans et j’ai fait partie d’un orchestre d’harmonie durant quatre. Voilà. La musique c’est un peu toute ma vie. J’ai beaucoup de mal à accepter une soundtrack qui ne contient que des chansons, surtout lorsqu’il s’agit de compilation avec tout simplement les derniers tubes actuels. Je suis donc désolée si je semble donner l’impression de critiquer tout le temps l’emploi de chansons, mais à mes yeux, les j-dramas représentent la manière la plus parfaite qu’il soit que de mettre en image une série (un score + une ou deux chansons = que du bonheur !). Je tiens par ailleurs à dire que je ne me prétends pas spécialiste en la matière, je sais qu’il manque des choses et il est tout à fait possible qu’il y ait des erreurs ou des approximations ci-dessous ; n’hésitez donc pas à me le faire savoir.

La musique a une place fondamentale dans une série ou un film. C’est elle qui habille l’image, la met en valeur, véhicule des émotions sur ce que la scène ne peut dire de manière explicite, accentue certains sentiments, etc. La musique est aussi celle qui donne une identité à une production et qui créé une ambiance spécifique. En cela, elle est indissociable du visuel. Il convient de cette façon qu’elle soit parfaitement choisie afin de correspondre à l’atmosphère et aux thématiques.



1. Quelques définitions & précisions

2. Composition d’une soundtrack de j-drama

2.1. Les compositions instrumentales

2.1.1. De la création à l’enregistrement
2.1.2. Les rôles de la musique dans la série
2.1.3. Le choix d’un style de musique
2.1.4. Quelques compositeurs
2.1.5. Que retenir de ces compositions instrumentales ?

2.2. L’utilisation de chansons

2.2.1. Les chansons dans les génériques
2.2.2. Les « insert songs »
2.2.3. Les Johnny’s et les chansons
2.2.4. L’emploi de chansons étrangères

3. Et dans le commerce ?

1. Quelques définitions & précisions

Avant de parler en détail de l’utilisation de la musique dans les j-dramas, je pense qu’il est important de s’accorder sur la terminologie et sur les soundtracks dans leur ensemble. Si cela ne vous intéresse pas, vous pouvez sauter ce point puisque je n’y aborde pas spécifiquement l’approche japonaise.

En français, les tournures ont tendance à se mélanger ce qui fait que l’on peut vite effectuer des amalgames ou, tout bonnement, mal se comprendre. Le lexique anglais s’avérant plus pointu à ce sujet, c’est essentiellement pour lui que nous allons opter dans cet article. Ce qui suit est général et non propre aux séries télévisées ou au Japon, bien au contraire.

La bande-son, ou soundtrack, est la partie sonore. Elle est évidemment constituée de la musique, mais également des bruitages ou, tout simplement, des dialogues. On assimile majoritairement le terme soundtrack à ce qui est uniquement musical, mais il ne pas oublier que c’est un peu plus que ça. Dans le commerce, une soundtrack regroupe les compositions instrumentales et/ou les chansons disséminées dans la série. À noter que le mot peut aussi être utilisé pour les compilations comportant des chansons « inspirées de ». Par exemple, concernant The X-Files, Songs in the Key of X est à ranger dans cette catégorie. Le CD contient presque exclusivement des chansons/pistes instrumentales soi-disant influencées par l’univers du feuilleton, mais qui n’y ont jamais été entendues. Certains apprécient ce genre de florilège, mais la majorité remarquera qu’il ne s’agit que d’une manœuvre purement marketing.

La musique d’une série télé – ou d’un quelconque média – peut être issue de diverses sources qui se regroupent principalement sous quatre origines :

  • des pistes instrumentales originales, c’est-à-dire composées spécifiquement pour la fiction. En anglais, c’est ce que l’on appelle le score (background music) qui est donc une partie de la soundtrack. Dans le cas des j-dramas employant de la musique instrumentale classique, c’est généralement une musique de petits ensembles – un orchestre dit de chambre –, mais il arrive qu’il y ait de la musique symphonique. Évidemment, le coût et les ressources demandées ne sont pas les mêmes. Dans le premier cas, l’orchestre est constitué d’un nombre très restreint de musiciens alors que dans le second, on parle d’une centaine de membres. La musique légère, celle destinée à créer une ambiance, semble également être mise en œuvre.
  • des pistes instrumentales génériques, orchestrales la majeure partie du temps, dites d’illustration. Elles sont composées par des studios particuliers et spécialisés dans ce genre ; parmi les plus connus, on peut citer en Occident Immediate Music ou encore X-Ray Dog. Toutefois, il est assez rare que des j-dramas les emploient, leur utilisation étant surtout réservée à des bandes-annonces ou des publicités.
  • des chansons d’artistes aussi divers que variés existant déjà avant l’arrivée de la production télé. Les tubes de l’époque sont ainsi généralement prisés. Ces chansons peuvent être limitées à une ou deux par série ; tout comme dans chaque épisode, cinq ou six différentes ont la possibilité d’être à l’honneur. Les fictions américaines favorisent ce procédé, et ce, surtout dans celles à destination des adolescents. Certains en font même leurs marques de fabrique, pour des raisons souvent financières, malheureusement.
  • des chansons écrites uniquement pour la série, qui sont interprétées par des chanteurs de métier ou, parfois, par les acteurs eux-mêmes. À ce sujet, les séries musicales en sont évidemment la figure de proue, You’re Beautiful en Corée du Sud en est un exemple, son remake japonais Ikemen desu ne en est un autre et, du côté des États-Unis, on peut citer Glee qui a composé quelques chansons originales. Dans ce cas, les chansons peuvent alors faire partie intégrante de l’intrigue. Les Sud-Coréens apprécient beaucoup faire chanter leurs acteurs, même s’ils n’ont jamais été tentés de sortir un album un de ces jours. Le résultat peut ainsi se révéler surprenant, dans le bon comme dans le mauvais sens du terme.

Chaque série étant différente, beaucoup d’entre elles multiplient les sources. Celles se contentant du score sont malheureusement assez rares. La bande originale, la fameuse BO en français, comporte toutes les musiques/chansons créées pour le feuilleton. En anglais, on parle d’OST, soit d’original soundtrack. À l’intérieur de cette OST ne sont pas insérées les chansons existant avant et qui n’ont donc pas été composées spécifiquement pour la série. Pour vous donner un exemple concret, dans Ikebukuro West Gate Park, la chanson du générique, Bokuyaku no Sora de SADS, ne fait pas partie de la BO /de l’OST, car elle a été écrite avant et n’a aucun rapport particulier avec le j-drama, mais elle est incluse dans la soundtrack.

Tout cela, c’est en théorie. L’utilisation du terme OST est effectivement totalement galvaudée à l’heure actuelle, beaucoup se mélangeant les pinceaux. Cette erreur se répercute même dans le commerce. C’est ainsi que l’on voit de prétendues OST de Grey’s Anatomy. Non, ce sont des soundtracks (on parle parfois de motion picture soundtracks pour les films), pas des original soundtracks. Il semblerait toutefois que le parti pris soit désormais d’appeler tout CD issu d’une série tv une OST/une BO. Sachez que c’est une erreur et elle me hérisse les poils. Je pense que cela provient des années de frustration, à l’époque où Internet n’était pas ce qu’il est, à croire que « ouiiii, telle série ou tel film possède une BO, mais en fait non, c’est juste une compil’ pourrie avec de la soupe ». C’est pour cela que, normalement, vous ne me verrez jamais employer le terme OST pour une composition non originale, mais celui de soundtrack. Si vous ne l’avez pas encore compris avec toutes ces lignes, je suis une maniaque du score et j’abhorre les chansons utilisées de manière prépondérante dans n’importe quel média.

Sur ces considérations n’intéressant probablement personne si ce n’est mon côté psychorigide fou, nous allons maintenant pouvoir entrer dans le vif du sujet.


2. Composition d’une soundtrack de j-drama

En très grande majorité, un j-drama, et plus spécifiquement un renzoku, comporte :

  • un score, autrement dit la musique instrumentale
  • une chanson pour le générique de début
  • une chanson, appelée insert song, que l’on entend au cours de l’épisode
  • une chanson pour le générique de fin

 

2.1. Les compositions instrumentales

Les séries japonaises favorisent leurs propres compositions instrumentales. Les networks de la télévision japonaise travaillent pour la plupart avec des studios de musique. Je sais que le studio Flagship, par exemple, avec les jeunes Kamisaka Kyôsuke, Izutsu Akio et MAYUKO, a existé, même si chacun vogue désormais à ses propres occupations ; ce sont eux qui sont, entre autres, à l’origine du score de Love Shuffle. Si je ne me trompe pas, Kanno Yûgo était plus ou moins leur mentor. À chaque nouveau j-drama, un artiste est ainsi approché et ce dernier compose donc le score. Avant d’obtenir quoi que ce soit d’utilisable, il faut évidemment élaborer la musique. Il existe différentes méthodes pour y procéder. En simplifiant, viennent ensuite l’enregistrement, puis le mixage et, enfin, le montage audio-vidéo.

2.1.1. De la création à l’enregistrement

Les score des j-dramas sont de qualité relativement très honnête. Il ne faut pas oublier que les finances sont probablement limitées. Forcément, plus le budget sera important, plus la musique pourra être impressionnante. Toutes les chaînes ne peuvent bénéficier d’un orchestre symphonique professionnel comme c’est le cas pour la NHK. L’orchestre n’est de toute manière pas une finalité. Quoi qu’il en soit, il convient de faire avec les moyens du bord et de s’adapter selon ses handicaps.

Avant tout, le compositeur doit faire face aux contraintes temporelles. Rappelons que chaque saison, les séries sont renouvelées. Il y a donc une bonne vingtaine de nouveaux j-dramas et, cela, quatre fois par an. Pour presque chacun d’entre eux, il est nécessaire de produire un score. Le délai de création demeure très court. Le laps de temps entre la remise du projet au compositeur et le moment où il doit rendre ses partitions n’est pas extensible et reste succinct. Les compositeurs ne travaillent généralement pas sur deux séries à la fois, mais peuvent devoir fournir plusieurs score à l’année. En 2011, Kanno Yûgo s’est ainsi occupé de Gaikôkan Kuroda Kôsaku pour la diffusion de janvier, d’Umareru. pour celle d’avril, et de Nazotoki wa Dinner no Ato de pour celle d’octobre. Et encore, ce fut une année calme pour lui, les précédentes furent bien plus chargées ! Ces compositeurs n’ont parfois pas la possibilité de voir la série auparavant et doivent se contenter d’un scénario plus ou moins travaillé. Ces contraintes imposent souvent des score moins poussés et plus redondants, l’artiste réitérant tantôt une même mélodie ad vitam æternam.

Concernant le minutage des scènes, je doute qu’il soit spécifiquement requis dans le cas des feuilletons japonais comme c’est le cas dans certains occidentaux. Lors de la composition du score d’un film, il existe un time code bien particulier. Admettons que l’on veuille accompagner un meurtre, la musique doit être parfaitement en accord avec l’image et se positionner sur des points bien précis appelés hitpoints (l’assassin sort son revolver, il tire un coup de feu, plan sur la victime afin de voir si elle a été touchée, celle-ci se vide de son sang et décède ; la musique est alors différemment rythmée selon chacune de ces étapes). Ce travail est fastidieux et doit être extrêmement pointu. Or, les musiques des séries japonaises sont réutilisées plusieurs fois au cours d’un épisode ou dans la totalité de la production en elle-même. Tandis que dans un film/une série telle que The Tudors une piste sera généralement pensée pour un moment singulier, dans le j-drama, elle sera répétée à de nombreuses reprises. Ces compositions ne sont donc pas forcément ajustées pour une scène spécifique, mais plus pour une demandant une émotion particulière. Dans le cas d’un passage riche en action, il y aura la plus énergique, dans une plus triste on sortira celle qui touche, etc. Durant la scène que j’évoque plus haut, le j-drama pourrait faire se succéder plusieurs pistes adaptées selon le hitpoint plutôt que d’avoir une même piste qui propose l’ensemble des émotions requises. En étant méchant, on pourrait presque les considérer comme des musiques passe-partout. Le travail est par conséquent moins profond et moins contraignant de ce côté-là, le gain de temps et financier étant en plus forcément faramineux. Il est possible que je me trompe, mais je le conçois ainsi en raison des exigences. De toute manière, les séries sont tournées quelques semaines avant leur diffusion à l’antenne, le compositeur n’a donc probablement pas l’opportunité de voir les scènes avant de composer, ou de les chronométrer afin d’associer au mieux sa musique aux images. Il doit certainement composer sur les principaux thèmes dégagés par la série. L’excellent score de Bloody Monday, réalisé par Izutsu Akio, comporte ainsi de nombreuses pistes rythmées, quelque peu stressantes et parfois électroniques, celles-ci étant en rapport avec le thriller high-tech qu’est le j-drama.

Dans le cas d’une musique orchestrale, le compositeur peut uniquement s’activer sur un instrument. Ensuite, soit il s’occupe de l’orchestration lui-même, soit il remet sa partition à l’arrangeur/à l’orchestrateur qui en propose une pour chaque instrument. C’est là que l’on obtient un ensemble cohérent. On aperçoit d’ailleurs ce travail dans les derniers épisodes de Suna no Utsuwa ; en effet, après que le héros a élaboré sa symphonie, Shukumei, il donne sa partition de piano à l’orchestration qui se charge de l’adapter pour l’orchestre, en tenant compte des indications globales laissées ou non par le compositeur. Malheureusement, j’ai trouvé très peu d’informations à ce sujet sur Internet. Je suis incapable de vous dire, par exemple, si le compositeur de musique de séries orchestre lui-même ou s’il y a toujours un arrangeur ou un orchestrateur par derrière. Réaliser une partition d’orchestre requiert, comme vous pouvez vous en douter, un temps monstrueux puisqu’il faut assumer la totalité des instruments. Un violoniste ne jouera pas la même chose qu’un saxophoniste. De plus, à l’intérieur d’un pupitre, les partitions peuvent différer – on parle de premiers/seconds violons, etc. Être un bon compositeur ne fait pas forcément de vous un bon arrangeur/orchestrateur. Je sais qu’Ôshima Michiru est également arrangeuse et s’occupe de la plupart de ses propres score. Quoi qu’il en soit, l’utilisation d’un orchestrateur est assez marginale, à part pour les scores de films américains. Il y a assez peu de chance qu’ils soient employés au Japon, l’arrangeur musical est très certainement préféré et davantage nécessaire.

La composition d’un score fait désormais preuve d’une grande versatilité et de moyens techniques digitaux. Si le compositeur peut opter pour la méthode classique – autrement dit utiliser un de ses instruments avec ses propres partitions, son crayon gris et sa gomme –, il a la possibilité de travailler de manière plus moderne. Dans ce cas-là, il n’est pas la peine de savoir jouer d’un instrument ou de connaître son solfège. Cela peut se faire via des machines comme la boîte à rythmes ou l’arpégiateur, mais évidemment aussi, via l’ordinateur. Pour ce dernier, on parle de MAO (musique assistée par ordinateur). À l’heure actuelle, même des musiques non synthétiques utilisent ce procédé qui va de la composition à l’enregistrement.

Au niveau de l’enregistrement, seule la NHK possède son propre studio avec son propre orchestre professionnel, le NHK Kôkyô Gakudan (l’orchestre symphonique de la NHK). Une grande partie des thèmes musicaux entendus dans leurs productions – des asadora et des taiga pour la majorité –, est réalisée en interne. Cela va de l’écriture à l’enregistrement. À ce sujet, il n’est pas rare – en Occident, en tout cas – que les orchestres symphoniques jouent en ayant en face d’eux la série ou le film qu’ils accompagnent.

Outre la musique symphonique qui ne constitue qu’une subdivision de la musique instrumentale, les séries japonaises semblent utiliser des orchestres de taille plus modeste, demandant donc moins de musiciens et étant plus faciles à mettre en œuvre. Toutefois, comme écrit quelques lignes plus haut, en raison des contraintes budgétaires, il y a de fortes chances que des compositions sont aussi uniquement enregistrées par des logiciels et un synthétiseur, ces derniers pouvant reproduire le son d’une multitude d’instruments. Eh oui. Pour ma part, lorsque j’étais plus jeune j’étais convaincue que si j’entendais une guitare, eh bien il y avait derrière une guitare, mais c’est loin d’être toujours le cas. Je reste persuadée que rien ne vaut un véritable musicien, avec sa propre âme, plutôt qu’un outil artificiel. La musique synthétique est parfois utilisée uniquement pour des questions budgétaires et non par choix.

Quant au mixage, difficile d’affirmer ce qu’il en est réellement, cela dépendant des situations. Il arrive qu’une composition soit totalement dénaturée et ne ressemble plus grand-chose au travail accompli en amont. Les informations étant très peu nombreuses, voire inexistantes, à ce sujet, je ne pourrai vous dire ce qu’il en est et c’est de toute manière variable. Le mixage et le montage vidéo sont effectués par un mixeur et un monteur, sans contact obligatoire avec le compositeur. Le mixage consiste à mélanger le score avec les bruitages et les dialogues. Il est de manière globale plutôt bien réalisé du côté des j-dramas, la musique ou les chansons venant rarement empiéter sur les textes. Dans certaines séries, les sud-coréennes et les américaines par exemple, il arrive un peu trop fréquemment que le son de la musique soit trop fort et parasite les répliques.

2.1.2. Les rôles de la musique dans la série

Dans une fiction japonaise, le score est majoritaire. Si ce sont les deux/trois chansons parallèles qui sont généralement les plus remarquées par les téléspectateurs, la background music n’est pas en reste. C’est elle qui sous-tend la production et qui donne le ton au j-drama. En utilisation dans une série, la musique a un double emploi. Elle doit effectivement mettre en valeur une scène, lui offrir un intérêt particulier, tout en faisant ressortir les sentiments exprimés tout au long de l’épisode. Le choix d’une composition plutôt qu’une autre à un moment bien spécifique n’est pas anodin. Elle a la possibilité de combler le silence et de raccourcir virtuellement des scènes très longues, sans pour autant ennuyer le téléspectateur. Par exemple, les deux derniers chapitres de Suna no Utsuwa se rapprochent d’un interminable flashback sans dialogues. Si ce manque d’énergie peut endormir, l’association du score exaltant de Senju Akira avec les images – s’apparentant ici à de superbes paysages – permet de maintenir l’intérêt. Dans un autre registre, la musique doit certaines fois soutenir l’action, donner du rythme à certaines séquences et augmenter l’adrénaline de la personne qui se trouve devant sa télévision. C’est le cas de plusieurs pistes des score de LIAR GAME 1 et 2, composés par Nakata Yasutaka. Electrode Spark 0101 revient ainsi de manière régulière au cours de la série et cela, à chaque moment où la tension se fait ressentir.

A contrario, l’absence de musique possède également une valeur non négligeable et peut être porteuse d’un sens bien spécifique. Les j-dramas parviennent généralement à l’employer à bon escient et ne saturent pas de trop l’oreille du téléspectateur. Une pratique minimaliste est par moments bien plus adaptée que l’utilisation massive de pistes instrumentales ou vocales.

Outre la mise en exergue des images, la musique a pour mission d’exalter les sentiments. Elle ne transmet pas des mots, mais des émotions. C’est par elle que certains sentiments nous sont insufflés, le visuel n’étant parfois pas suffisant. Il est toutefois vital de trouver le juste milieu et de ne pas tomber dans la surenchère en forçant l’émotion gratuite. Cette absence de demi-mesure a surtout tendance à se faire ressentir dans les drames. La composition peut se distinguer grosso modo selon deux catégories. Si sa tonalité est majeure, elle sera globalement joyeuse ; inversement, une tonalité mineure apportera un sentiment plus triste. Les instruments n’expriment pas non plus les mêmes sentiments. Un saxophone alto sera associé au romantisme, une flûte traversière à la magie, la légèreté, un cor à la puissance, etc. Citons quelques exemples issus de score des j-dramas.

La tristesse : la tonalité sera généralement mineure et le rythme assez lent, afin de prendre le temps de travailler les sentiments et d’aller crescendo. Les instruments utilisés sont souvent des cordes, le violon étant évidemment préféré, mais le piano n’est pas à oublier. Le score de Bara no nai Hanaya de Yoshimata Ryô privilégie assez ce type de compositions, à l’instar de Suffering of Each.

Le score de Byakuyakô de Kôno Shin est à l’image de la série, c’est-à-dire touchant et magnifique. L’ensemble de la soundtrack est réussi. Kimi wo Terashi Teitai est une des plus belles compositions avec le thème et transcende les émotions qu’exprime cette production.

Toujours dans ce qui est plus triste, mais surtout ici, nostalgique, Tear Drop, composé par Fukushima Yûko pour Zettai Kareshi, utilise une voix se limitant à des petits « ouh ouh » presque murmurés, deux guitares et quelques arrangements. Simple, mais efficace.

L’angoisse, la peur : la tonalité sera également là aussi généralement mineure, avec un tempo très rapide dans le but d’augmenter le rythme cardiaque du téléspectateur ou, au contraire, très lent, mais contracté. Au niveau instrumental, on privilégiera les instruments à cordes, le violon maintenu dans l’aigu favorise effectivement la tension. On y ajoute quelques instruments aux tonalités plus graves afin d’y associer une teneur plus noire et l’ensemble peut alors se montrer presque discordant et désagréable à l’oreille, effet qui est voulu. Le score de Vampire Host composé par Nakanishi Kyô repose sur de nombreuses pistes presque minimalistes, comme Krankenhaus, avec des sons souvent synthétisés et frottés. La série se déroulant dans le milieu des vampires, elle tend à garder une ambiance quelque peu effrayante et gothique en dépit d’un côté kitsch au possible.

La joie : la tonalité majeure est préférée, le rythme est très variable, mais souvent linéaire et non saccadé. Le son se veut léger, guilleret et met de bonne humeur. De Kanno Yûgo, on peut donner en exemple The Sky présente dans le score d’Engine.

 

La musique est généralement indissociable de l’image, elle peut sublimer une série, tout comme le contraire, surtout si elle est mal adaptée. Il existe une multitude de procédés afin de transmettre des sentiments et, si la plupart du temps les compositeurs utilisent les mêmes outils, il arrive aussi que le contre-pied soit celui qui fonctionne le mieux. Il faut toutefois user de cette technique avec grande prudence tant elle n’accepte aucune erreur. Il est effectivement important que la musique s’accorde sur les thèmes principaux de la production. S’il est question d’une fiction sur les bombardements à Hiroshima, il vaudrait peut-être mieux éviter un score joyeux. Sans être non plus totalement à l’opposé de ce qui est attendu, le score de LIFE par Kaida Shôgo repose plus ou moins sur ce système. La série traitant de l’ijime (des brimades physiques et psychologiques contre un individu), les musiques escomptées seraient plutôt des compositions malheureuses. Au contraire, comme le montre Anmoku no Meirei, il s’agit en grande partie d’une soundtrack nerveuse avec de nombreux effets. Dans cette piste, les guitares sont saturées et le son se veut rock.

Quoi qu’il en soit, selon les thématiques et l’ambiance du j-drama, la musique sera normalement en accord avec lui. Dès lors, une série à suspense utilise généralement une bande-son énergique et presque angoissante. Une jouant avec les émotions, un j-drama maladie par exemple, optera davantage pour des mélodies traînantes avec des violons et un piano. Et ainsi de suite. Bien évidemment, certains score font preuve d’originalité. Celui de Zeni Geba, composé par Kaneko Takahiro, est assez atypique avec ses tonalités jazzy et la prépondérance de la trompette.

Le score d’Ashita no Kita Yoshio, composé par Ozone Makoto, est d’ailleurs dans le même registre. Ci-dessous, vous pouvez écouter un exemple avec Okashina Otoko et une grande utilisation du saxophone.

2.1.3. Le choix d’un style de musique

Le score est généralement constitué d’un thème principal et de plusieurs autres compositions accompagnant les différents moments d’un épisode. Le thème peut être décliné en plusieurs versions, certaines s’axant sur plusieurs instruments, d’autres jouant sur le tempo, etc. Il est souvent entendu tout au début de l’épisode, lors du générique s’il y en a un, avant l’annonce des sponsors, mais peut être répété à plusieurs reprises au cours de la série. Un score d’un j-drama est au final presque redondant sans que cela veuille dire qu’il soit ennuyant. Il faut que le spectateur reconnaisse l’esprit de la production, d’où l’emploi de tonalités récurrentes. Son écriture est moins libre que celle d’une partition plus classique dans le sens où il est nécessaire que la musique colle aux images ou à des thématiques spécifiques en lien avec l’identité de l’ensemble.

Dire que l’on n’aime pas écouter des score est idiot (oui, oui), sauf si l’on ne conçoit pas la musique sans paroles. Il en existe en effet une multitude de styles différents. Ils peuvent être rock, techno, orchestral, jazz, pop ou encore utiliser de la musique d’ambiance. Chacun a donc largement la possibilité de trouver des compositions correspondant à ses propres affinités.

D’un point de vue musical, les score des j-dramas ont tendance à favoriser les instruments à cordes, la guitare et le violon sont effectivement des mets de choix. Ceci est tout de même évidemment variable, les bois et les cuivres sont souvent de la partie et certaines séries ont presque exclusivement des pistes électroniques. Ce n’est pas possible de dégager un genre en particulier puisqu’ils sont justement extrêmement versatiles.

 

Comme cela a été écrit plus haut, la musique symphonique est assez rare. Elle ne s’adapte de toute manière pas à toutes les séries et, surtout, elle a un coût financier conséquent. Suna no Utsuwa, de Senju Akira, et Nodame Cantabile, se déroulant toutes deux dans le monde de la musique classique, en font la part belle. Dans le premier cas, la composition phare est la symphonie Shukumei dont vous pouvez découvrir le premier mouvement ci-dessous.

N’occultons pas le fait qu’une base de la soundtrack de Nodame Cantabile provienne de morceaux de musique classique et ne sont donc pas originaux, bien qu’ils aient profité d’un arrangement. Ceux-ci ont été joués par le Nodame Orchestra, avec le support du Tôkyô-to Kôkyô Gakudan, le Tôkyô Metropolitan Symphony Orchestra, dirigé alors par James DePriest. Il en est de même pour l’animé. À noter que DePriest est évoqué dans le j-drama. Le Nodame Orchestra a été créé spécifiquement pour la franchise (animé/drama) et à l’époque, des recrutements ont été effectués avec l’aide de Fuji TV et de Ninomiya Tomoko, la mangaka. Il s’agit donc d’un véritable orchestre professionnel. Autrement, le score a été rédigé par Hattori Takayuki et en grande partie interprété par le Nodame Orchestra toujours. La composition Nodame Cantabile! est tout simplement magnifique. De toute manière, pour peu que l’on soit un amoureux de musique classique, l’ensemble des soundtrack (OST ou non) de Nodame Cantabile est une perle.

2.1.4. Quelques compositeurs

Du côté des compositeurs de séries japonaises (et non de films, nous sommes d’accord), quelques noms reviennent plus souvent que d’autres, et cela, à juste titre. Dans un jour plus ou moins lointain, j’aimerais beaucoup m’attarder sur eux avec davantage de détails. Ce ne sera pas le cas aujourd’hui, cet article étant déjà phénoménalement long. Parmi ceux que l’on retrouve régulièrement, nous pouvons citer :

  • Izutsu Akio : Bloody Monday ; Atashinchi no Danshi ; Last Friends ; Kaibutsu-kun ; etc.
  • Kôno Shin : Byakuyakô ; Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu ; Hanazakari no Kimitachi e (avec Takami Yû) ; Hachimitsu to Clover (mais pas dans sa totalité) ; etc.
  • Kanno Yûgo : Innocent Love ; Engine ; Umareru. ; Rondo ; Last Christmas…
  • Ôshima Michiru : Gokusen ; Regatta ; Tenchijin ; Byakkotai ; etc. (À noter que la compositrice donne un concert à Paris à la fin du mois de janvier 2012.)
  • Satô Naoki : Orange Days ; H2 ; Water Boys ; Ryôma-den ; Hagetaka ; Manhattan Love Story ; etc.
  • Sawano Hiroyuki : Taiyô no Uta ; Binbô Danshi ; Marumo no Okite (le thème) ; BOSS (partiellement) ; Maô ; etc.
  • Yoshimata Ryô : Bara no nai Hanaya ; Yamikin Ushijima-kun ; Pride ; Long Love Letter ; Sora Kara Furu Ichioku no Hoshi ; Gô ; etc.

N’oublions pas Senju Akira, Ike Yoshihiro, Nakanishi Kyô, etc. Pour ma part, j’ai un faible pour Yoshimata Ryô, Kanno Yûgo, Izutsu Akio et quelques autres.

2.1.5. Que retenir de ces compositions instrumentales ?

Pour conclure de manière honnête sur le score des séries japonaises, on pourrait révéler qu’effectivement, il est souvent correct, mais sans être forcément transcendant dans sa totalité. Sans connaître au préalable le j-drama et y associer ses souvenirs, il est par moments difficile de pleinement y adhérer ; c’est d’autant plus vrai si l’on n’est pas un adepte des score. Personnellement, je suis complètement fan de ce que l’on peut trouver bien que je sais pertinemment que le manque de profondeur se ressent parfois Ce n’est pas tant que je veuille justifier quoi que ce soit, mais je pense que les conditions de conception y jouent grandement. De nombreux compositeurs possèdent un véritable talent ; or, ils n’ont pas systématiquement la possibilité de le faire rayonner. Le fait que leur score doit être adaptable à la totalité de la série et qu’il n’est pas toujours spécifique à une scène a le risque d’amoindrir sa qualité et sa richesse. L’accent est mis sur le thème travaillé, et le reste du score est alors plus anecdotique et fait davantage office d’accompagnement. Cela est valable pour les renzoku, les taiga bénéficiant d’un traitement particulier et ayant derrière eux l’orchestre symphonique de la NHK. À part quelques très nettes exceptions, on est encore loin de score composés par des Trevor Morris (The Tudors, The Borgias, The Pillars of the Earth, Moonlight ; mon héros ^^), Brian Tyler (Children of Dune), Bear McCreary (Battlestar Galactica, Caprica, Terminator: The Sarah Connor Chronicles) ou encore Jeff Beal (Rome, Carnivàle), mais on est, à mon goût, bien devant les score des k-dramas. Comme je l’ai écrit plus haut – et au risque de me faire tomber dessus par la majorité –, les seules fois où j’ai été vraiment charmée par les score des séries sud-coréennes furent grâce à… un compositeur japonais ! De toute manière, à mes yeux, c’est comparer l’incomparable tant le budget d’une série américaine n’a rien à voir avec celui d’une japonaise. Pour peu que l’on soit un très grand amateur de score, les j-dramas sont quoi qu’il en soit un véritable délice puisqu’ils en font l’honneur, et je demeure persuadée que tout le monde peut trouver chaussure à son pied.

Et pour vraiment mettre un point final à cette partie sur le score, je ne résiste pas à vous inclure quelques pistes instrumentales issues de divers score de j-dramas. Il est prévu que je réalise un jour une liste des thèmes musicaux incontournables ; ce n’est ici qu’un maigre aperçu et non limité à ces derniers.

Le score de Takami Yû pour les deux saisons de JIN est une petite pépite sachant utiliser de parfaite manière les émotions, bien orchestré et favorisant quelques instruments assez inédits. Le Main Title ou encore le thème de Minakata en sont deux exemples plus que concrets.

Que dire de random-e de Sawano Hiroyuki pour Marumo no Okite ? Cette musique mélange quelque peu les styles et donne envie de sourire. Le reste du score n’est pas en reste et est essentiellement composé par la très jeune Yamada Yutaka. Je ne résiste pas à citer le rafraîchissant Hajimari no Hajimari.

Pour en revenir à Kôno Shin évoqué plus haut avec Byakuyakô, le thème principal est lui aussi tout simplement magnifique, car triste tout en étant plein d’espoir.

Le score de Guilty de Sumitomo Norihito possède plusieurs pistes dignes d’intérêt comme le thème principal ou Longing. Les deux possèdent une certaine ambiance mélancolique qui colle parfaitement à la tragédie que vit l’antihéroïne.

Les amateurs de musique synthétique comme moi doivent probablement adorer les score de LIAR GAME par Nakata Yasutaka. Mention spéciale à Garden of Eden qui se montre envoûtante et presque hypnotique, et au thème, celui de la saison deux, remixé pour l’occasion, ayant mes faveurs.

Le score de Bloody Monday d’Izutsu Akio – déjà évoqué plus haut –, est très réussi. C’est d’ailleurs l’unique point vraiment positif de cette série ! On pourrait sélectionner plusieurs pistes, mais le thème est certainement celui qui est le plus représentatif de l’atmosphère du soundtrack.

À l’instar du score de Bloody Monday, celui de H2 est peut-être le seul élément positif de la série. Composé par Satô Naoki, le thème se veut vibrant et exaltant, ce qui colle bien aux personnages désirant gagner un match de baseball. Les connaisseurs remarqueront que Satô a un travail qui se rapproche assez de celui de Hans Zimmer. D’autres diraient qu’il ne fait pas que se rapprocher, mais qu’il le plagie…

Comme je trouverais dommage de ne pas mettre plus de Kanno Yûgo que j’apprécie, voici Jûjika ~Ôkina Tsumi~, issu du score d’Innocent Love qui est douloureux et qui possède une bien belle orchestration.

Oui, j’arrête après ce dernier ! Le score de BOSS, bien qu’il soit trop inspiré de compositeurs américains comme Steve Jablonsky (que j’aime bien, hein !), comporte quelques pistes intéressantes telles que BaNG!!. Ce thème est vif, rythmé et possède une légère piste vocale en arrière-plan. Il est composé par Sawano Hiroyuki dont on retrouve aisément la touche personnelle.

 

2.2. L’utilisation de chansons

La soundtrack d’un j-drama utilise assez peu de chansons. Celles-ci dépassent rarement le nombre de trois, dont deux sont consacrées aux génériques de début et de fin. De plus, à part de mineures exceptions, elles sont japonaises. Ce n’est pas inhabituel qu’elles soient créées pour la série. Dans ce qui suit, je propose quelques références qui sont souvent subjectives. Je ne peux pas tout citer, je n’ai pas tout vu et j’ai donc dû faire des choix. N’hésitez pas à parler de vos préférées dans les commentaires.

2.2.1. Les chansons dans les génériques

Les génériques ne sont pas toujours présents dans les séries japonaises. Il est plus fréquent d’ailleurs qu’il y ait un vrai générique de fin et non un de début. Dans certains de ces cas, le titre du j-drama est annoncé à l’écran avec un interlude de quelques secondes. Soit le thème musical est alors repris, soit c’est une minuscule portion de chanson qui est à l’honneur. Tiger & Dragon favorise ce principe, la chanson du même titre de Crazy Ken Band est ainsi à peine entendue, mais reste reconnaissable.

Pour d’autres génériques de début, la chanson est davantage entendue. Dans Innocent Love, c’est un mix d’Eternally d’Utada Hikaru qui est utilisé. Toutefois, puisque le générique est long, il n’est vu qu’une seule fois au cours du drama, cela lors du tout premier épisode.

Quoi qu’il en soit, il est très rare que la chanson soit passée dans son intégralité dans un des génériques. Et s’il y en a un qui dure plus longtemps qu’un autre, c’est presque toujours celui de fin.

Parmi les chansons de générique de début, on peut en noter quelques-unes de très sympathiques comme Prisoner of Love d’Utada Hikaru présente dans Last Friends ; In your arms du groupe Angela représentant la musique de Vampire Host se révèle agréable avec ses sonorités jazzy ; Monochrome de BENNIE K est mignonne comme tout et pétillante comme l’est Binbô Danshi ; difficile d’occulter la sublime I for you de Luna Sea dans Kamisama, Mô Sukoshi Dake qui plonge dans l’atmosphère douloureuse de la série. Et plein d’autres pourraient également être citées…

 

Quant aux génériques de fin, nous pouvons penser à Sign de Mr.Children dans Orange Days, à Okaeri d’ayaka dans Zettai Kareshi, à Kage de Shibasaki Kô dans Byakuyakô, à lover soul de Shibasaki Kô toujours dans Otomen, à l’adorable Maru Maru Mori Mori ! interprétée par Ashida Mana et Suzuki Fuki, les mignons petits acteurs de Marumo no Okite et qui fit un tabac mérité au Japon cette année, etc. Les chansons sont généralement chantées par des artistes populaires.

Davantage que les chansons des génériques de début, ce sont celles des génériques de fin qui donnent majoritairement toute l’identité du feuilleton. Ce sont elles que les gens retiennent avec l’insert song.

2.2.2. Les « insert songs »

Ce qu’on appelle insert songs fait référence aux chansons entendues au cours d’un épisode de la série. Il n’y en a généralement qu’une seule par renzoku. Certains pourraient croire que cette utilisation doit inévitablement devenir redondante et énervante, mais il n’en est rien. La chanson survient la plupart du temps vers la fin, à un moment plus ou moins critique et riche en émotions. C’est d’ailleurs probablement pour ça qu’elles sont souvent plutôt lentes.

Une de celles qui représente peut-être le mieux ce procédé est la magnifique Konayuki de Remioromen, entendue dans 1 Litre no Namida. Je défie quiconque ayant regardé cette série de ne pas lui associer cette chanson tant les deux semblent étrangement liées. S’il me fallait retenir une seule insert song, ce serait sûrement celle-ci que je choisirais.

D’autres ne lui sont pourtant pas inférieures, bien évidemment. Planetarium d’Ôtsuka Ai a marqué énormément de téléspectateurs devant Hana Yori Dango et est aussi un visage musical de la série.

Les j-dramas choisissent souvent avec une minutie sans pareille cette insert song. Ils n’optent que pour une chanson et ils le font bien. Ils prouvent que cela ne sert parfois à rien de les multiplier, quitte à frôler l’overdose, bien au contraire. En associant cette chanson avec le score, le résultat est régulièrement réussi et, en plus, presque exclusivement original. Effectivement, les chansons ne sont pas toujours créées pour la série, mais sont à l’accoutumée très récentes, le single sortant quelques jours après le début de la diffusion. Le spectateur a généralement de la nouveauté à se mettre sous l’oreille, ce qui fait du bien.

Dernièrement, j’ai beaucoup apprécié Fighting Pose no Uta de Toshihide Baba, entendue dans Meitantei no Okite, ou encore Guilty de The New Classics dans Guilty (pourtant, le rap et moi…) qui apparaît de manière très subtile dans les épisodes – souvent au début –, mais qui fait son petit effet.

2.2.3. Les Johnny’s et les chansons

Si dans une série un Johnny’s connu campe le personnage principal, il y a de très fortes chances – ou risques, c’est selon son appréciation personnelle – qu’une des chansons – généralement celle du générique de fin – soit chantée par le groupe dont il fait partie. Ce n’est pas systématique, maintes exceptions existent, mais c’est tout de même régulier et parfois source de malheur. Les exemples sont nombreux. Dans les génériques de fin, citons la sympathique Sorafune de TOKIO dans My Boss, My Hero où Nagase Tomoya incarne le héros.

Dans l’horreur, BE FUNKY ! de NEWS – dont Katô Shigeaki fait partie – représente le générique de fin de TROUBLEMAN, et ne colle pas du tout avec le j-drama. Mais peut-être est-ce voulu ? C’est tellement gros que l’on pourrait croire que oui.

Toujours en moyennement réussie, la chanson des deux génériques de début de Hana Yori Dango est chantée par Arashi, avec Matsumoto Jun. Encore avec Arashi, mais cette fois en raison de la présence de Sakurai Shô, la chanson du générique de fin de Kisarazu Cat’s Eye, A day in our life, est nettement meilleure. C’est lui qui rappe et sa voix est tout particulièrement mise en avant.

En insert song, Kizuna, chantée par Kamenashi Kazuya (KAT-TUN) dans Gokusen 2 est jolie comme tout et s’avère être la chanson idéale lorsque Yankumi s’apprête à sauver tout le monde avec ses bons sentiments.

Il arrive aussi que deux Johnny’s issus d’un boys band différent incarnent les héros. Deux solutions existent alors. Un seul groupe peut être mis en valeur, comme c’est le cas avec V6 au lieu de TOKIO dans Tiger & Dragon. La chanson du générique de fin est ainsi la sympathique UTAO-UTAO du groupe d’Okada Junichi.

Ou alors, une unité est carrément créée pour pallier cette difficulté marketing. C’est ainsi qu’est né Shûji to Akira, le duo formé par Kamenashi Kazuya (KAT-TUN) et Yamashita Tomohisa (ex-NEWS) lors de Nobuta wo Produce. Le nom de l’unité est l’association du nom de leurs personnages. La chanson du générique de fin, Seishun Amigo, c’est eux.

2.2.4. L’emploi de chansons étrangères

Comme écrit plus haut, il est assez rare que des chansons non japonaises soient utilisées. Ce n’est pas impossible, mais relève bien plus de l’exception que de la règle. Love Shuffle en fait la part belle avec des titres comme Fantasy de Earth, Wind & Fire et Eternal Flame de The Bangles.

Plus ancienne, Pride emploie I was born to love you de Queen. Toujours avec Kimura Takuya, mais datant encore plus, Sora Kara Furu Ichioku no Hoshi a pour générique de fin Smile d’Elvis Costello. Un des problèmes avec l’utilisation de chansons américaines, c’est que les licences sont chères à partir du moment où le j-drama est diffusé à l’étranger. Densha Otoko, par exemple, a dû changer la chanson de son générique de début, Twilight d’Electric Light Orchestra, ainsi que d’autres musiques pour cette raison lors de son passage sur le Nippon Golden Network – un service de vidéo à la demande à Hawaï et dans le sud de la Californie proposant des programmes japonais en sous-titré –, Fuji TV ne parvenant pas à obtenir les droits musicaux.

En dehors des chansons américaines, il arrive que les Sud-Coréens participent. L’artiste K a à son actif plusieurs thèmes comme celui d’1 Litre no Namida (Only Human) ou celui de H2 (Over…). Il y chante toutefois uniquement en japonais.

Dans Muscle Girl!, le boys band sud-coréen F.T Island offre la chanson du générique de fin, Haruka, et l’insert song, Itsuka. Un membre, Lee Hong Gi, incarne le rôle principal du j-drama. Les chansons y sont également interprétées en japonais et furent surtout pour le groupe un moyen de se lancer sur le marché japonais…

À ma connaissance, aucun j-drama n’a employé une chanson française dans un générique ou en tant qu’insert song.


3. Et dans le commerce ?

Il est évident qu’il y a toujours un but marketing derrière ces soundtracks, mais il demeure tout de même assez sobre comparé à d’autres pays. Sans que cela ne soit systématique, il s’avère possible de dégager une pratique habituelle. Le Japon édite presque systématiquement deux CD pour une même série (un renzoku). Il y a d’un côté le score avec, souvent, en bonus, la version instrumentale de la chanson thème (celle du générique) et, de l’autre, il y a le single de l’artiste interprétant la fameuse chanson thème, associée à une version karaoké et des pistes B. Ces CD sortent quelques jours ou quelques semaines après le début du renzoku sur la chaîne. Les acteurs en font la publicité après la fin de l’épisode comme vous avez pu vous en rendre compte.

Il y a probablement plus de séries qui ont eu leur propre score en vente plutôt que l’inverse. En tout cas, parmi tous ceux que j’ai regardés, le constat est assez flagrant, seule une petite quinzaine n’a pas de score commercialisé. Certaines ont le droit à plusieurs CD de score, c’est le cas pour les taiga qui profitent d’une couverture musicale assez extraordinaire et des moyens de la NHK. Sinon, Nodame Cantabile a bénéficié d’une multitude de soundtracks, mais cela s’explique par le fait qu’il s’agit d’une série sur la musique classique. À l’intérieur même du renzoku, on entend beaucoup d’œuvres classiques qui ont toutes été reprises dans divers albums.

Si vous êtes intéressés par l’achat d’une soundtrack, YesAsia me semble être un excellent choix. Pour ma part, c’est toujours ainsi que je procède, les contrôles de douane étant bien moins fréquents que chez d’autres comme CDJapan. Les frais de port sont en plus gratuits à partir d’une certaine somme (actuellement 39 $). Pour accéder directement à la page concernant les OST, c’est par ici que ça se passe. Il faut globalement compter 25 € pour un album. À moindre prix, vous pouvez sinon acheter les éditions coréennes, taïwanaises, hongkongaises lorsqu’elles sont trouvables. Via YesAsia, ce n’est pas de la copie illégale, mais les véritables versions desdits pays. Pour de l’occasion, si vous habitez Paris (ou le Japon !), pensez à farfouiller Book-off qui comporte parfois quelques OST.

Voilà, voilà… ce fut un petit long, non ? (^^’) Je ne sais pas si cela aura intéressé quelqu’un, car j’ai malheureusement tout à fait conscience que beaucoup ne se préoccupent pas trop de la musique et/ou n’apprécient pas les OST japonaises. Néanmoins, comme vous avez pu le voir, je suis légèrement passionnée par le sujet, donc ce fut une chouette expérience, quoi qu’un brin chronophage ! C’est pourquoi n’hésitez pas à commenter, histoire que je ne sois pas trop frustrée de m’être autant démenée.


17 Commentaires

  1. ZGMF Balmung• 11 décembre 2011 à 18:19

    Très bon article, complet et très intéressant à lire ! (notamment sur la question du score)

    J’ai beaucoup apprécié le fait de pouvoir suivre ce que tu dis en écoutant les pistes que tu mets en exemple.
    Puis, avoir mis en exemple celles, magnifiques, de « Byakuyakou »… Voilà quoi.

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    • Caroline• 14 décembre 2011 à 15:36

      Bienvenue ici~ En fan de mythologie nordique que je suis, et plus particulièrement de l’anneau des Nibelungen, je ne peux qu’apprécier ton pseudo ^^.

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  2. Ageha• 11 décembre 2011 à 18:48

    J’ai passé du temps à lire ton article mais je regrette pas, très instructif, bien documenté j’en suis certaine et très bien rédigé (bien construit).
    Je suis ignorante dans le domaine de la musique dans les jdramas, j’utilise d’ailleurs le terme OST et je ne savais pas que je n’utilisais pas toujours le bon terme. Merci pour ces précisions^^
    Au fil du temps je n’ai pas retenu les musiques dans les jdramas : les morceaux instru. J’y fais plus attention dans les films (Iwai Shunji).
    C’est vrai que du côté kdrama c’est bien différent, mais il y en a peut-être un qui utilise plus de morceaux instru et que j’ai vu cet été : Lawyers if korea (chaque personnage a son thème par exemple).
    Du côté jdrama, j’adore les morceaux instru qui renforcent le côté comique d’une situation et je trouve que ça fonctionne toujours très bien (My boss my hero), c’est peut-être ceux-ci que je retiens le mieux :-)
    Et que dire de la musique dans les twdramas, ça se rapproche peut-être plus des kdramas mais avec encore plus de chansons qui tournent en boucle !!! Et la chanson du générique en entier 0_0
    Merci et wouaou, quel travail, du a dû y passer un temps fou!!!
    Vivement la suite des articles de noël ;-)

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    • Caroline• 14 décembre 2011 à 15:42

      Tu m’étonnes que tu aies passé du temps à le lire ^^;;.

      C’est vrai que la BO de My Boss, My Hero est super sympa aussi. Du même compositeur, je préfère tout de même celle de JIN, mais bon, ce n’est pas du tout le même genre non plus.

      Dans les tw-dramas, comme tu le dis, les chansons tournent en boucle. Ça en devient super usant. J’en ai vu que trois pour le moment, mais ce fut à chaque fois pareil. J’ai quand même découvert de chouettes artistes (Huang Yida et Alan Ke You Lun dont j’ai pas mal fouillé les discographies). Je crois que je suis davantage réceptive à la c-pop qu’à la k-pop que je trouve trop préformatée en règle générale. Pour en revenir aux tw-dramas, on sent bien le côté artisanal en fait. C’est valable pour la réalisation, le montage, mais aussi évidemment avec la bande-son. Je me souviens que dans Devil Beside You, on entend même le bruit du bus alors que ce n’est pas du tout voulu.

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      • Ageha• 14 décembre 2011 à 20:47

        Oui pour les twdramas y’a un côté artisanal comme tu le dis^^ On entend tous les bruits à tel point que parfois la voix des acteurs est un peu « couverte » par ces bruits 0_0
        Je regarde actuellement la suite de it started with a kiss et plusieurs chansons sont interprétées par les acteurs (Joe Chen, Cindy Wang, Ariel Lin …).
        J’aime aussi la Cpop, de plus en plus et en ce moment j’écoute beaucoup les chansons des twdramas^^

        En tout cas ton article me donne envie de réecouter quelques musiques de jdrama que j’ai aimé. Sexy Voice and Robo, j’aimais bien, ça me faisait penser à de la musique de film d’espionnage par moment et comme le duo du drama joue aux détectives ça colle parfaitement bien :-)
        Et puis Nodame m’a fait changer d’avis sur la musique classique!
        Je n’ai pas encore vu Jin mais vu tout le bien qu’on en dit, ça m’intrigue.

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        • Caroline• 14 décembre 2011 à 22:24

          Maintenant que tu en parles, c’est vrai aussi que dans Devil Beside You, certaines chansons sont chantées par les acteurs. Rainie Yang en tête puisqu’elle est également chanteuse, mais je crois que Mike He le fait assez régulièrement (sauf que lui, il chante mal :p). C’est assez marrant parce qu’il y a quelques années, le mandarin m’était extrêmement désagréable à l’oreille alors que maintenant, je trouve les sonorités très jolies, et j’en viens même à l’écouter en chansons.

          Ton commentaire me fait penser qu’il faut que je me penche sur Sexy Voice and Robo début 2012. Depuis le temps qu’il est dans un coin de ma tête suite à un de tes articles, il serait temps que je me bouge. Cela fait un petit moment que je n’ai rien regardé avec Matsuyama Kenichi, donc ce sera un bon moyen d’y remédier.

          *message subliminal on* Il faut regarder JIN ! Il faut regarder JIN ! Il faut regarder JIN ! *message subliminal off*

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  3. Katzina• 11 décembre 2011 à 21:49

    Moi qui accorde toujours beaucoup d’importance à l’ambiance sonore d’un j-drama et qui ne manque jamais d’en dire un mot dans mes billets, j’ai été ravie de lire ce billet si instructif ! Il m’inspire pas mal de réflexions qui seraient bien trop longues à exprimer ici, notamment concernant les chansons.
    On dirait que tu as apprécié l’OST de Guilty, je l’ai moi aussi adoré, j’ai hâte de lire ton billet sur la série (et je sais pas si j’oserai encore publier le mien après :p).
    Encore bravo, et vivement la suite ! :)

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    • Caroline• 14 décembre 2011 à 15:46

      J’ai a-do-ré l’OST de Guilty. Je l’ai écoutée en boucle en écrivant cet article. Je crois qu’elle s’est rangée parmi mes OST favorites. Je ne dis rien quant au drama en lui-même, ce sera pour plus tard (:p). Et tu sais, moi, je dois publier mes billets sur Hachimitsu to Clover et Hagetaka juste après les tiens, donc c’est donnant-donnant hein ;).

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  4. Dramafana• 12 décembre 2011 à 10:04

    Un grand merci pour cet article exhaustif et passionnant! Tu as fait un boulot monstre. Je suis également passionnée de musique et j’accorde une attention particulière à son utilisation dans les dramas. (J’ai été initiée très tôt à la musique: je suis fille de musicien, j’ai fait du chant choral (un petit peu), j’ai étudié le solfège et j’ai même commencé à jouer du saxophone (alto) lorsque j’étais jeune. D’aussi loin que je me souvienne, il y a toujours eu un fond musical chez mes parents et dans mes biberons, j’ai eu un mélange de Duke Ellington, Glenn Miller, The Beatles, Supertramp, etc. Je suis très sensible à la musique au point que cela déclenche chez moi des frissons divers, hérissements de poils et autres sanglots et je suis aussi totalement d’accord avec toi lorsque tu dis que la voix est un instrument de musique à part entière.)
    Dans les dramas, c’est la musique plus que les images qui a le pouvoir de me faire éclater en sanglots (« Random-e » dans « Marumo no Okite »: lorsque la petite Kaoru a passé sa petite tête du bus et a hurlé « Marumoooo!! », je n’ai pas pu me contenir!), je suis fan de Kyo Nakanishi (et de l’ambiance musicale créée dans « Kisarazu Cat’s Eye ») et j’ai vraiment apprécié « Anmoku no Meirei », qui est inspiré d’un morceau classique à la base. Belle perf! Bref. Je pourrais en parler pendant des heures, alors je vais arrêter là ce très long commentaire.
    Encore merci, c’est un très beau cadeau!

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    • Caroline• 14 décembre 2011 à 15:53

      Oh, une autre saxophoniste qui regarde des jdramas ;). Je joue également de l’alto, mais j’aimerais beaucoup me lancer dans le soprano. Un jour. Tout comme toi, j’ai baigné dans un univers musical dès mon plus jeune âge et, des fois, je me dis que c’est pour cette raison que je suis autant passionnée par la musique. Je me demande si je l’aurais autant été si cela n’avait pas été le cas.

      Je ne peux qu’aller dans ton sens concernant la scène de Marumo no Okite dont tu parles. C’est aussi lorsque la musique a commencé que mon cœur s’est brisé en une multitude de morceaux. Cette composition est d’une force incroyable. À chaque fois qu’elle revenait dans un épisode, je savais que j’allais être un peu trop secouée.

      Quant à Nakanishi Kyô, je ne sais pas si tu as regardé Tiger & Dragon, mais son travail y est aussi assez formidable. Il en est de même dans Shiroi Haru, d’ailleurs. Le seul point que je trouve dommage, c’est que beaucoup de ses OST ne soient pas mises en vente. En tout cas, celles qui m’intéressent ne le sont pas. Honteux :p.

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      • Dramafana• 14 décembre 2011 à 22:31

        Ah, j’aime bien aussi le son du saxo soprano. Je suis persuadée que le fait de baigner dans la musique depuis toujours fait que cela devienne une passion. As-tu vu le film « Swing Girls » (avec Juri Ueno, entre autres…)? Ce film fait la part belle au jazz et l’on a l’occasion d’entendre « Take the A-train », probablement l’un de mes morceaux favoris, tous genres confondus!
        J’ai vu « Tiger and Dragon » et c’est vrai que la partie musicale est réussie, mais elle ne m’a pas autant touchée que dans « Kisarazu Cat’s Eye » où la musique crée une ambiance que je n’arrive pas à décrire… quelque chose qui ressemble parfois à de la nostalgie. J’aime tout particulièrement ce que j’appelle « le thème de Mirei-Sensei », c’est-à-dire le morceau que l’on entend lorsqu’elle apparaît ou bien lorsqu’elle partage un moment de confidence avec Bussan dans le café où ils ont l’habitude d’aller.
        Par contre, je n’ai pas vu « Shiroi Haru », mais c’est un drama qui me fait de l’oeil depuis un moment, mais j’hésite parce qu’il m’a l’air d’être triste (si je ne confonds pas avec autre chose…).
        Désolée, mon commentaire est encore une fois très long, mais je suis en mode « musique », alors…

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        • Caroline• 15 décembre 2011 à 14:24

          J’ai effectivement déjà regardé Swing Girls, cette année même. J’ai été assez déçue au final, je crois que je m’attendais à beaucoup mieux. La musique y est certes géniale, nous sommes d’accord là-dessus, sauf que cela n’a pas suffi à mes yeux. Je n’ai pas du tout aimé le personnage d’Ueno Juri que j’ai trouvé usant. Par contre, le thème de la musique plus les nombreux acteurs de Nodame Cantabile m’ont rendue nostalgique du j-drama.

          Je t’avoue que je ne vois pas trop le thème auquel tu fais référence dans Kisarazu Cat’s Eye. Enfin, si, je vois duquel tu parles, mais je n’ai plus en tête la mélodie. Ce serait une bonne occasion pour se replonger dans la série, héhé.

          Quant à Shiroi Haru, mon billet arrive justement demain, donc tu pourras voir ce que j’en dis à ce moment-là (si c’est très triste ou pas ^^).

          Ne t’excuse absolument pas de la longueur de tes commentaires, il n’y a aucun souci. Et puis de toute manière, plus c’est long et plus je préfère.

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  5. Noctie• 12 décembre 2011 à 14:55

    Bravo bravo pour ce post super intéressant! On voit que le sujet te passionne. :)

    Je voulais juste mentionner que, SI, il existe au moins un jdrama qui utilise une chanson française en insert song! Il s’agit de « Oniyome nikki » (daubesque d’ailleurs) qui ressort à chaque épisode « Emmanuelle » de Pierre Bachelet, afin d’illustrer les désirs lubriques du héros qui fantasme sur une office lady.
    Voilà voilà. :)

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    • Caroline• 14 décembre 2011 à 15:56

      Bienvenue sur Luminophore :).

      Du Pierre Bachelet ? Haha ^^. Rien que pour ça, ça me ferait marrer de tester la série. En tout cas, merci beaucoup pour cette information.

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  6. Romantic nurse• 12 décembre 2011 à 18:17

    Merci pour cet article complet, j’ai apprécié le fait de pouvoir écouter les pistes musicales que tu prenais en exemple.

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  7. Asa• 14 décembre 2011 à 10:13

    Ce n’est pas un post… c’est une Bible! Félicitations pour cet impressionnant travail! Une lecture passionnante et un grand plaisir à réentendre certaines musiques que j’associe naturellement avec des dramas, id est la preuve par l’exemple que musiques et séries entretiennent bel et bien un rapport intime. Encore bravo!

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  8. Caroline• 14 décembre 2011 à 15:57

    Un grand merci pour vos commentaires et vos gentils mots ^^. Je suis contente si ce trèèèès long article vous a intéressés. Il m’a certes demandé beaucoup de temps d’écriture, mais ce fut un véritable plaisir que de m’y atteler.

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