Shermane a toujours le chic de demander des billets un peu différents de ce que je propose en règle générale ;) Ce fut encore le cas cette année pour l’animation de Noël de Luminophore. Heureusement, j’aime bien les challenges.

Debra Morgan de Dexter. Debra ‘Fucking’ Morgan. Shermane souhaite donc que je parle du personnage. À l’origine, j’avais décidé de garder la saison six pour 2012. En ce moment je ne regarde plus trop en direct des États-Unis, j’essaye d’autres méthodes de visionnage pour voir ce qui me plaît le plus. En raison du thème demandé pour cet article, je me suis dit qu’il était quand même préférable de se baser sur la totalité du matériel disponible. C’est pourquoi j’ai finalement regardé, en plus de tout ce que vous m’avez demandé, la saison six de Dexter qui s’est justement terminée dimanche dernier. Cela m’a au moins permis de me remettre dans le bain. Il va de soi qu’il y a donc des spoilers partout. A priori il n’y a rien de trop méchant mais ceux qui ne sont pas au même stade et qui souhaitent garder une surprise totale devraient éviter la lecture de ce billet. Je tiens à préciser que je n’a jamais vu un épisode de la série plus d’une fois et que je ne me prétends absolument pas incollable sur le sujet. Veuillez m’excuser s’il y a quelques erreurs et approximations.

Debra ‘Deb’ Morgan est le personnage féminin principal de la série américaine Dexter. Elle est présente dans chaque nouvel épisode et a une part très importante des intrigues au cours des saisons. Elle est incarnée avec talent par Jennifer Carpenter. Deb est la sœur de Dexter mais ne se limite clairement pas uniquement à cette relation comme nous allons pouvoir en parler très rapidement. Deb est l’unique enfant biologique de Doris et Harry Morgan. Dexter ayant été adopté quelques années après sa naissance, il n’est donc pas son véritable frère mais celle-ci l’a rapidement accepté comme tel. Sa mère décède d’un cancer alors qu’elle n’a que douze ans. Dès lors, elle est plus ou moins livrée à elle-même tant son père s’occupe essentiellement de Dexter, la laissant généralement seule. Elle décide très jeune de vouloir intégrer la police afin de suivre le chemin de Harry. Il meurt malheureusement avant qu’elle ne puisse lui montrer son succès puisqu’il se suicide dix ans avant le début de la série et cinq avant qu’elle n’entre dans les forces de l’ordre. À partir de ce moment, elle gravit les échelons un à un et tente de se bâtir une solide carrière. Elle fait clairement passer sa vie personnelle en seconde priorité. Peu féminine, expressive, jurant comme un charretier et incisive, elle est vite remarquée mais sous sa carapace de dure se cache une grande sensibilité et beaucoup d’accrocs.

1. Sa carrière

2. Ses différentes relations

2.1. Avec ses parents, Harry et Doris
2.2. Avec son frère, Dexter
2.3. Ses relations amicales
2.4. Sa vie sentimentale

3. Personnalité

 

1. Sa carrière

Deb vit pour et par son engagement dans la police. Elle y passe une grande partie de son temps et dédie toutes ses forces à l’évolution de sa carrière. Comme elle est une femme, jeune qui plus est, et qu’il s’agit d’un univers d’hommes, elle sait qu’elle doit travailler deux fois plus pour faire ses preuves. Mais aussi, elle subit la comparaison avec son défunt père, ancien policier, et tient à montrer qu’elle mérite sa place et que ce dernier soit fier d’elle.

Au tout début de sa carrière, Deb passe trois ans dans les patrouilles de police. Elle dépend alors du département des mœurs. Elle s’occupe d’affaires de drogue ou encore de prostitution. Il lui arrive de travailler sous couverture en tant que prostituée. Lorsque la série débute, elle y est toujours en tant que brigadier. Grâce à son travail acharné, ses compétences et ses contacts dans la prostitution, elle remarque que les victimes dont elle est chargée semblent étrangement en lien avec celles de l’Ice Truck Killer. En dépit de l’absence d’intérêt de LaGuerta, lieutenant à l’époque, elle réussit à faire ses preuves et mener la police vers une piste fiable concernant le serial killer. C’est à ce moment-là qu’elle est mutée au département criminel où elle devient agent.

Les années s’écoulent, la patience et la minutie dont Deb fait preuve finissent par payer à la fin de la saison trois. Ses méthodes et son succès sur l’affaire du Bay Harbor Butcher puis sur celle du Skinner lui font gagner sa place d’inspectrice. Depuis le début, c’est cette plaque que Deb cherchait. À ses yeux, il s’agit du Saint Graal, elle entre enfin dans la même cour que son père et devient donc, son égal. Elle a réussi grâce à ses propres capacités, à la loyale. Deb a toujours fait preuve d’ambition sans pour autant se révéler vénale ou ne fonctionnant que grâce à la possibilité de promotion. Elle agit tout simplement selon ce qui lui semble juste et il se trouve qu’elle le fait bien. Ses autres collègues sont unanimes de toute manière. Elle mérite cette promotion.

En début de saison six, contre toute attente, elle est promue lieutenant, la place étant vacante depuis que LaGuerta est capitaine. Elle devient alors plus gradée que son père ce qui lui pose problème car elle ne sait plus à qui se référer. En outre, elle saute un échelon puisqu’entre inspecteur et capitaine, il y a le grade de sergent. Dans le même registre, elle devient dès lors le patron de ses collègues, elle a son propre bureau qu’elle n’arrive pas à s’approprier et doit gérer beaucoup de paperasserie. Les débuts sont difficiles, surtout que certains comme LaGuerta lui mettent évidemment des bâtons dans les roues. Deb n’était pas supposée recevoir cette promotion. Elle est devenue lieutenant uniquement parce que la population l’a vue arrêter un tireur fou dans un restaurant. La scène ayant été filmée, elle se retrouve sur internet. Deb sait être instrumentalisée mais d’un autre côté, peut-elle refuser ? Elle meurt d’envie d’avoir ces nouvelles responsabilités. La loyauté et l’honneur étant une grande partie de ce qui la gouverne, elle en parle d’abord à celui qui était censé recevoir ce nouveau grade : le sergent Angel Batista. Ce n’est uniquement lorsqu’elle a son aval qu’elle accepte le poste de lieutenant. Elle termine la saison six sur une plutôt bonne note et montre qu’elle n’a pas usurpé ce poste qui l’effraie mais qui en même temps lui plaît. Il va de soi qu’elle ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Sa carrière ne fait que commencer. Malheureusement pour elle, plus on grimpe les échelons et plus la politique s’en mêle, ce qui pourrait se révéler être un frein pour elle tant elle n’est pas calculatrice.

 

2. Ses différentes relations

Le moins que l’on puisse dire est que Deb n’est pas socialement très active. Se limitant à son univers professionnel, elle n’a aucune réelle relation avec qui que ce soit d’extérieur. À vrai dire, à part Dexter, son frère, elle n’a personne avec qui elle se sente suffisamment en confiance pour tout dire ou tout faire. Au cours de la série elle a eu plusieurs relations sentimentales mais elles semblent à chaque fois vouées à l’échec et cela, avant même qu’elles n’aient commencé.

2.1. Avec ses parents, Harry et Doris

Nous avons très peu d’éléments concernant la relation entre Doris et Deb. On peut seulement se douter que tout allait bien. Ceci étant dit, sa mère est morte lorsqu’elle avait douze ans, limitant en conséquence les interactions et les souvenirs.

A contrario, la relation entre Harry et sa fille fut bien plus marquante et assez dysfonctionnelle. Deb a toujours mal vécu le fait de voir son père s’occuper à temps plein de Dexter. Ayant le sentiment d’être abandonnée et d’être laissée toujours seule, sans personne, elle développe rapidement un besoin d’attirer l’attention et plus particulièrement celle de son père. Évidemment, la réalité fut différente car Harry tentait d’aider Dexter en lui transmettant son fameux code afin de canaliser ses pulsions meurtrières. Ce n’est donc pas qu’il n’aimait pas autant sa fille que son fils adoptif mais il savait que celle-ci avait suffisamment la tête sur les épaules pour devenir quelqu’un de bien. Il va de soi que si cela paraît logique et raisonnable lorsque l’on a toutes les clés en main, c’est bien moins le cas lorsque l’on est une adolescente et que l’on n’a aucune idée de la situation. C’est entre autres pour cette raison que Deb a toujours cherché l’affection et la reconnaissance de son père. Elle ne demandait pas grand-chose, juste qu’il lui montre un minimum d’intérêt et qu’il se focalise un tant soit peu sur elle. Ce ne fut pas le cas et cette dynamique a et aura toujours une grande influence sur ses relations amoureuses et sur sa personnalité.

Son choix de carrière n’est d’ailleurs évidemment pas anodin puisqu’elle tente de suivre les pas de Harry dès son adolescence. Elle apprend à utiliser des armes en allant même jusqu’à utiliser en cachette celle de son père. Malheureusement, il meurt cinq ans avant qu’elle n’entre dans les forces de police. Deb est toutefois suffisamment lucide pour se rendre compte que s’il était toujours en vie, elle serait encore en quête d’attention de sa part et qu’elle ne l’obtiendrait toujours pas. Ses besoins sont tels qu’au cours de son travail, alors que son père est décédé depuis plus d’une dizaine d’années, elle ne peut encore s’empêcher de chercher sa reconnaissance. Elle a envie qu’il soit fier d’elle et elle se rattache toujours à lui qui fait office de modèle. Ayant été très influent lorsqu’il était en service, il inspirait le respect et parfois l’admiration. Deb souhaite devenir un policier de cette trempe et son ego n’est que davantage flatté lorsqu’un de ses patrons -et ancien ami de Harry-, Thomas Matthews, dit voir en elle des similitudes avec son père. Deb a toujours placé son père sur un piédestal. C’est souvent le cas chez les petites filles mais c’est d’autant plus marqué chez la sœur de Dexter qui voit en lui un père certes perfectible mais surtout, un homme de bravoure et respecté par ses pairs. Elle tombe de haut lorsqu’elle découvre qu’il ne fut pas si exemplaire que ce qu’elle croyait. Difficile de prédire sa réaction quand elle apprendra pour le fameux code de conduite de Dexter.

La jeune femme est alors d’autant plus perturbée en début de saison six lorsqu’elle réalise qu’avec sa promotion en tant que lieutenant, elle a dépassé le statut de son père. À qui pourra-t-elle se comparer ? Quel modèle peut-elle désormais suivre ? Avec notamment l’aide de Dexter et de sa psychiatre, elle réalise qu’elle va devoir forger son propre chemin. Ce qui n’est peut-être pas plus mal. Voyons, elle est Debra ‘Fucking’ Morgan !

2.2. Avec son frère, Dexter

La relation que Deb entretient avec son frère tient une place importante dans la série mais aussi dans sa vie. Suite à la mort de leur père, les deux se sont encore plus rapprochés. Deb aime énormément son grand frère. La question est de savoir si elle serait prête à tout pour lui. Prête à trahir ses propres valeurs ? Seul l’avenir nous le dira. Ils travaillent ensemble et il leur est également arriver de cohabiter à plusieurs reprises. Ils s’entendent très bien et sont proches mais ils sont diamétralement opposés. Alors que l’une est très désordonnée, l’un est méticuleux et extrêmement soigneux. Deb ne réussit à pas à vivre de relations stables, Dexter se marie et a un fils. La sœur parle beaucoup d’elle, se livre assez facilement et a un peu trop tendance à être vulgaire ; le frère quant à lui est réservé, secret et ne pipe jamais mot sur quoi que ce soit si ce n’est presque que des banalités.

Deba a toujours été proche de Dexter, même si cela lui est arrivé de prétendre le contraire. Au cours de sa jeunesse, elle ne pouvait s’empêcher d’en être jalouse, allant même jusqu’à dire une fois à son père que cela aurait été mieux s’il ne l’avait jamais adopté. Ce n’est pas tant qu’elle n’aimait pas Dexter, bien au contraire, elle en était juste jalouse. Elle qui voulait accaparer l’attention de son père et qui faisait tout pour, elle n’avait rien. De l’autre côté, Dexter était au centre de son monde et Harry passait énormément de temps avec lui. En grandissant, elle a fini par comprendre que son frère n’y était pour rien. Elle a muri et a appris à vivre avec. Quoi qu’il en soit, si elle a juste fait une fois rapport de sa détresse, elle n’en a jamais fondamentalement voulu à Dexter et l’a toujours vu comme son grand frère. Preuve est qu’elle rapporte avoir déjà été plus jeune se rassurer auprès de lui après qu’elle ait fait un cauchemar. Il avait déjà la possibilité de la rasséréner.

Dexter l’énerve régulièrement, lui qui ne dit jamais rien et qui ne partage quoi que ce soit. Elle sait qu’elle est surtout celle qui se décharge sur lui et que de son côté, il ne fait pas la pareil, mais elle supporte de plus en plus mal cette situation. Elle n’est évidemment pas au courant de son lourd secret, cependant le cliffhanger de la saison six semble amener un certain changement plus que bienvenu. Il est effectivement exagéré de ne pas lui avoir fait se poser les bonnes questions jusque-là. Elle n’est pas idiote, elle remarque forcément que son frère disparaît sans explications mais elle fait l’autruche. Ce n’est pas réellement la faute de Deb ici mais surtout celle des scénaristes et de la volonté de Showtime que de continuer la série. Chaque téléspectateur attend probablement la confrontation entre les deux. Comment va-t-elle réagir ? Ça, difficile à savoir… Ce qu’elle ne sait pas mais dont Dexter est pleinement conscient est que Deb est le véritable contre-poids émotionnel de son serial killer de frère. C’est elle qui lui permet d’exister en tant qu’être humain. Sans s’en rendre compte et ayant parfois l’impression d’être qu’une égoïste à force de se reposer autant sur Dexter, elle ne réalise pas qu’elle aussi l’aide à sa propre manière. C’est elle qui lui remet les pieds sur terre. Ils ont juste un mode de fonctionnement différent mais si Deb aurait beaucoup de mal sans Dexter, l’inverse est également vrai. Elle aimerait qu’il soit encore plus proche d’elle, qu’il se confie et a le sentiment qu’il fait tout pour s’éloigner d’elle. Ce qui n’est pas tout à fait faux.

Pour Deb, Dexter est sa bouée de secours, il représente sa zone de confort. Son frère lui apporte de l’assurance. Dès qu’elle est en difficulté, elle sait qu’elle peut se tourner vers lui. Même s’il ne répond pas toujours présent pour des raisons, dirons-nous, extra-professionnelles, il essaye de faire de son mieux. Ce n’est pas tant ses paroles qui sont importantes mais davantage sa présence qui a la vertu de la rassurer et de la calmer. Dexter a une confiance totale en sa sœur et c’est justement de ça dont elle a besoin. La fin de la saison six pousse peut-être le bouchon un peu trop loin par contre… Deb amoureuse de Dexter ? À la rigueur, si cela avait été développé précédemment et qu’il y avait eu des indices, pourquoi pas. Cela expliquerait d’ailleurs un certain nombre de choses et cette propension que de choisir toujours les mauvais hommes et de ne pas réussir à s’investir dans une relation mais là, non. Cette histoire pas incestueuse mais qui sonne un peu trop comme telle tombe d’on ne sait où. Nous verrons tout de même où cela nous mène lors de la septième saison, ce sera normalement suffisamment développé. Une chose est sûre, c’est que leur dynamique est très jolie et bien employée dans la série.




2.3. Ses relations amicales

Privilégiant sa carrière et se limitant presque exclusivement à sa relation avec Dexter, Deb a très peu d’amis. En dehors de ses collègues de travail, elle n’en a de toute manière pas. Rita, la femme de Dexter, fut relativement proche d’elle mais on ne peut pas dire qu’elles furent réellement amies au sens strict du terme.

Au travail, elle a considéré un certain temps LaGuerta comme une amie ou tout du moins une confidente. Celle-ci l’a plus ou moins aidée à faire le point après l’affaire de l’Ice Truck Killer. Cependant, les travers de sa patronne ont pris le dessus et leur lien n’a jamais pu se développer. C’est la seule femme qui lui est à peu près proche.
Quant à ses collègues masculins, seul Batista peut être considéré comme un ami mais fait tout de même plus valeur de père par substitution ou plutôt, de mentor. Elle se repose sur lui et prend conseil. Elle a beaucoup de respect pour Batista et la réciproque est de mise.

2.4. Sa vie sentimentale

La vie amoureuse de Deb est faite de quelques hauts et de nombreux bas. Ayant un gros problème d’engagement, elle ne parvient jamais à se stabiliser et quitte la navire dès que cela devient trop sérieux.

Dans la première saison, lorsqu’on la rencontre, elle est en couple avec Sean. Cette relation ne durera pas puisqu’elle découvre rapidement qu’il est marié et rompt tout contact avec lui.
Quelques épisodes plus tard, elle commence à nouer des liens avec celui qu’elle croit être Rudy Cooper, prothésiste, mais qui s’avère être en réalité Brian Moser, l’Ice Truck Killer et le frère biologique de Dexter. Cette relation est tout simplement avortée d’elle-même puisque le serial killer la kidnappe afin d’attirer à lui Dexter. Il projette alors de la tuer devant les yeux de son frère biologique. Deb ne sait pas à ce moment-là que Brian est le frère de Dexter, elle l’apprendra plusieurs saisons plus tard. Cette séquestration associée au fait d’avoir été manipulée l’ont profondément meurtrie. Elle y fait d’ailleurs référence à de très nombreuses reprises au cours de la série et garde des cicatrices vivaces. Elle ressent toutefois une certaine sympathie pour Brian qu’elle voit comme un chic type qui ne pouvait s’empêcher d’être un serial killer. Cela n’annule pas du tout le fait qu’il a totalement brisé Deb et a amplifié ses difficultés à s’engager dans une relation sérieuse. Peu de temps avant de la kidnapper, il la demanda effectivement en mariage, ce à quoi elle répondit par l’affirmative. L’a-t-il aimée ? À sa propre manière, c’est fort possible mais Brian était obsédé par son propre frère. À ses yeux, rien d’autre ne comptait à partir du moment où il pouvait attirer Dexter. Deb n’était alors à ce moment-là qu’un simple obstacle.

Lors de la seconde saison, Deb ne fait plus confiance aux hommes. Souffrant des séquelles dues à l’Ice Truck Killer, et se rapprochant même d’un syndrome post-traumatique, elle ne parvient plus à nouer une quelconque relation. Elle essaye tout de même mais elle doit faire face à ses démons. Elle va jusqu’à menotter et se renseigner en détails sur ceux qu’elle pourrait fréquenter, ce qui évidemment, ne fonctionne pas. Après une première tentative peu concluante avec un homme rencontré à la gym, elle tombe sous le charme de Frank Lundy, un agent du FBI dépêché à Miami sur l’affaire du Bay Harbor Butcher, qui rappelons-le, n’est autre que Dexter. D’abord intriguée par ses méthodes peu orthodoxes, son flegme et son assurance, elle finit par s’attacher à lui et développer des sentiments sortant de son cadre de travail. Il est assez intéressant de noter que Lundy a alors l’âge d’être son père. Il représente en réalité ce qu’elle a voulu que Harry soit mais qu’il ne fut pas. Alors que son père lui montrait peu de reconnaissance ou d’attention, ce n’est pas du tout le cas de Lundy qui s’intéresse à ses propos et qui voit en elle un agent de police certes encore inexpérimenté mais qui a du potentiel. Elle se sent par conséquent à son niveau. Tout comme Harry, il est en plus un excellent policier respecté avec des résultats à la clé. Après avoir été trahie par Brian Moser, Deb a besoin d’être mise en confiance. C’est le cas avec Lundy qui lui permet de se reconstruire et de pouvoir aller de l’avant. Leur relation s’arrête non pas parce qu’ils n’ont plus rien à partager mais parce que l’agent du FBI doit partir enquêter dans un autre état. Il revient plus tard, lors de la saison quatre, dans le cadre de l’affaire du Trinity Killer. Deb est alors en couple avec Anton. Malgré cela, elle retourne le voir mais ils sont coupés dans leur élan en raison du meurtre de Lundy par la fille de Trinity. Deb est d’ailleurs également touchée par balle et voit mourir son amant sous ses yeux. C’est Lundy qui lui a permis de s’affirmer en tant que femme mais aussi en tant qu’agent de police. Il lui donne tout ce que son père n’a pas pu lui donner car il l’écoute et lui fait confiance, elle parvient ainsi à être en confiance et à s’ouvrir.

À l’instar de son père qui développa une relation extraconjugale avec une de ses indics, Deb sort quelque temps avec Anton Briggs. Bien que les deux finissent par habiter ensemble, Deb ne voit pas réellement en lui quelqu’un avec qui elle finira le reste de ses jours. Elle avoue même qu’un des points forts de cette relation est qu’Anton doit régulièrement partir en tournée car il est musicien. Cette situation où ils ne se voient pas tous les jours lui plaît et limite les contraintes. Le désir de non-engagement de Deb est encore une fois prégnant mais il n’en sera que davantage visible par la suite. Attachée à Anton qui pourtant représente à l’origine de nombreux interdits à ses yeux de flics, elle semble passer du bon temps et rien de plus. C’est probablement ce qu’il lui faut à ce moment-là, afin de cicatriser de la fin de sa relation avec Lundy. Mais justement, lorsque ce dernier réapparaît, elle trompe Anton. Plutôt que de le lui cacher, de faire amende en silence, elle lui explique la situation et ne cherche absolument pas à le retenir. Anton fut une jolie passade, rien de plus.

Du milieu de la saison quatre à la fin de la cinquième, Deb demeure plus ou moins célibataire. Lors du fifth season premiere, elle partage une violente et presque bestiale scène de sexe avec Joey Quinn, un de ses collègues. Nettoyant tous deux la maison de Dexter et Rita après l’assassinat de cette dernière, Deb semble surtout vouloir se prouver être vivante. Elle laisse ainsi aller sa colère et sa frustration de n’avoir rien pu faire pour sa belle-sœur mais aussi pour Lundy. Rappelons que tous deux ont été tués par Trinity. Elle a aussi l’impression de ne pouvoir aider son frère qui souffre. À ce moment-là, à ses yeux, et elle le fait clairement comprendre à Quinn, il n’y a rien entre eux. Il était là, elle avait besoin de sexe donc c’était parfait. Rien de plus. Peu romantique mais il s’agit de Deb qui n’a pas la langue dans sa poche et qui parle sans détours. Ce n’est toutefois pas l’avis de Quinn qui lui, espère plus. Cela faisait déjà un certain moment que l’on sentait une tension sexuelle entre les deux, celle-ci émanant surtout de Quinn. Tous deux ayant perdu quelqu’un en raison du Trinity Killer, le rapprochement se faire d’abord instinctivement. Puis, associé à leur rapprochement purement sexuel, vient le reste. Deb se rend compte qu’elle ressent peut-être quelque chose pour lui. Elle en vient même à être jalouse lorsqu’il se comporte en dragueur, ce qu’il est totalement d’ailleurs. Si personne n’est alors au courant, ils se voient plus ou moins en secret et se comportent comme de simples collègues au boulot. Après quelques bouleversements comme l’enquête de Quinn sur Dexter, dont Deb ne connaîtra pas réellement le sujet, ils se séparent pour finir par se remettre ensemble en fin de saison cinq. Les deux paraissent alors plus sûrs d’eux ensemble et s’affichent désormais comme un couple aux yeux de tous. Un grand pas pour Deb.

Lorsque la saison six commence, Deb et Quinn vivent ensemble et tout se passe bien. La routine suit son cours et Deb apprécie cette simplicité. Leur relation part néanmoins en vrille lorsque Quinn espère qu’elle gagne en profondeur. Il la demande effectivement en mariage, le genou à terre, les bougies et tout le romantisme qui va avec. Deb ne sait pas quoi répondre et se réfugie le lendemain auprès de son frère. Son expression et ses propos sont clairs. Comment peut-il la demander en mariage ? On est loin de la future mariée hystérique en larmes et ravie de la situation. Au contraire, on a plutôt l’impression qu’il vient de lui demander de nettoyer les toilettes avec sa langue. Finalement, elle refuse sa proposition et tout tourne au vinaigre. Il lui demande de quitter son appartement, ce qu’elle fait. Leur relation est ainsi terminée. Deb a-t-elle aimé Quinn ? Probablement à sa façon. Pour elle, il était simple à appréhender et elle, elle ne voulait pas se compliquer la vie. Continuer ainsi ne lui déplaisait donc pas. On ne peut reprocher à Quinn de vouloir passer à la vitesse supérieure, surtout qu’ils ne sont plus tout jeunes. Deb est encore emmêlée dans sa peur d’engagement et ne parvient pas à s’en défaire. Elle termine la saison célibataire mais a de toute manière d’autres chats à fouetter, elle qui tente de gérer au mieux son nouveau poste et des sentiments apparemment enfouis depuis des années pour son propre frère.

En conclusion, on peut retenir que Deb se contente généralement du même type d’homme et fait au final peu d’efforts et de concessions afin de faire durer ses relations sentimentales. Sa vie professionnelle étant en très grande partie ce qui compte le plus à ses yeux, elle ne peut et ne veut pas mettre toute son énergie ailleurs. Il est toutefois intéressant de remarquer qu’elle aborde presque exclusivement des hommes indisponibles ou qui ne lui correspondent absolument pas, à l’exception peut-être de Quinn avec qui elle partage de nombreux points communs. De toute manière, il paraît assez évident que Deb a d’abord besoin de mettre de l’ordre dans sa vie et de se construire un minimum avant de pouvoir envisager une vie stable avec quelqu’un d’autre. Si elle commence ce travail dans la sixième saison, on est encore assez loin du compte. Avant de pouvoir s’engager avec quelqu’un, il faut pouvoir être à l’aise avec sa propre vie, que ce soit avec ses désirs mais également avec ses peurs. Son expérience avec l’Ice Truck Killer l’a bien plus perturbée qu’elle ne pourrait le croire. La Debra de la première saison est nettement différente de celle que l’on quitte lors du sixth season finale. Blessée par les aléas de la vie mais surtout par tout ce qu’elle a dû vivre, elle prend ses distances avec les hommes et n’accorde que rarement une confiance intégrale. Deb a sûrement peur d’être déçue, d’être trahie et d’être mise à nue. C’est l’ensemble de ces mauvais souvenirs et expériences qui l’installe dans une position d’insécurité latente. Pour cela, elle préfère se protéger en ne restant qu’en surface des choses. Elle a besoin d’un homme qui la mette en confiance et qui lui offre une certaine sûreté. Est-ce que cet homme est Dexter ? Haha, nous verrons bien.

 

3. Personnalité

Physiquement, Deb n’est pas un canon de beauté mais demeure tout de même non désagréable à l’œil. Grande, élancée et sportive, elle porte généralement des vêtements basiques et faciles. Elle est souvent en jeans avec une chemise et une veste légère. Elle remettra quelque peu en question sa tenue vestimentaire en question en devenant lieutenant mais elle reviendra rapidement à ses anciennes habitudes. Deb le le dit elle-même, in a dress, I feel like a transvestite. Garçon manqué sur les bords, elle ne fait pas beaucoup preuve de féminité mais cela ne veut aucunement dire qu’elle n’a pas quelques réactions girly, il suffit de voir sa réaction à l’annonce du bébé de Rita et Dexter, ou lorsque Rudy / l’Ice Truck Killer la demande en mariage. De toute manière, si ses vêtements ne font pas forcément féminins, ils sont surtout pratiques et lui permettent de courir, de sauter et de faire tout ce qu’il faut lorsqu’on travaille dans la police. On est loin des standards dans les séries tv où des femmes portent des tenues sexy alors qu’elles devraient privilégier le confort (cf. l’exemple des femmes médecins en talons aiguilles dans Private Practice).

Lorsque l’on voit Deb pour la première fois, il est évident que ce l’on remarque, outre son physique, est sa propension à utiliser un langage coloré. Très coloré même. Les fuck sont fréquents mais sont souvent associés différemment. Deb sort des expressions eh bien, nous allons dire, créatives. Lorsqu’elle est énervée, elle jure encore plus que d’habitude. À l’écran, c’est très amusant. Pour un flic, il va de soi que cela ne fait pas forcément sérieux, professionnel ou respectable. D’autant plus que lorsqu’elle parle avec ses supérieurs hiérarchiques, elle a beau faire des efforts mais ses mauvaises habitudes reviennent au galop. Pourtant, c’est ce côté impulsif et impétueux qui plaira au public lors de la conférence de presse en saison six. Elle ne mâche pas ses mots, elle n’a pas la langue de bois et c’est appréciable. Avec Deb, la vie est très simple, on sait toujours à quoi s’attendre avec elle. Franche et nature, elle dit ce qu’elle à dire et ne laisse pas traîner les choses. Forcément, ce trait de caractère lui joue et lui jouera encore des tours mais c’est ce qui lui permet entre autres de préserver son intégrité de flic. C’est aussi ce qui lui donne la possibilité de se fondre dans un décor très masculin. Elle ne fait pas pièce rapportée et n’est pas choquée des propos de ses collègues ; sauf ceux de Masuka, mais ça, c’est logique pour tout être constitué normalement. En cela, elle peut ainsi plus facilement faire jeu égal avec eux et ne pas être traitée comme la femme à protéger.

Holy Jesus on a Stick !
Fuck me twice on Sundays !
Fuck me sideways !
Fuck me in both ears.
I don’t fuck and tell.
A metric fuck-ton.
Oh, sweet Mary, mother of fuck, that’s good!
A baby ?! A motherfucking rolly-poly chubby-cheeked shit-machine, are you kidding me ?!
FBI ? ‘Fucking Bunch of Idiots’.
Shitcock motherfuck !
Mother-shit-fuck !
Shit a brick and fuck me with it !
Go shit up a rope !
Holy Frankenfuck, snakes !
Where in Fucktopia are you ?
Bullshit, you fuckin’ drinkind whore.
You are my last ditch ass fucked effort !
I will kick your fuckin’ nuts down your throat !
I love you bro but sometimes you’re such a fuck-tard.
Debra Morgan, dans toute sa splendeur.

Son côté vulgaire est souvent amplifié par sa colère, son impulsivité et ses difficultés à dominer ses émotions. Deb est sanguine et s’énerve très rapidement, surtout lorsque ses proches et plus particulièrement Dexter, sont en situation de difficulté. Elle dit généralement tout ce qu’elle pense, en oubliant d’utiliser un filtre. Sous cette enveloppe qui jure, peste et qui donne du fil à retordre se cache un cœur gros comme ça et un besoin viscéral d’être rassurée et guidée. Deb manque cruellement de confiance en elle recherche toujours l’aval de ses supérieurs ou de Dexter. Elle a de l’ambition, elle veut réussir, professionnellement parlant, elle se donne les moyens pour mais elle tient trop compte des autres. Sans quelqu’un derrière, elle a du mal à avancer et n’ose pas tenter de nouvelles choses ou aller de l’avant, comme dans une enquête par exemple. Inquiète et peu sûre d’elle concernant son travail, il se trouve qu’elle est extrêmement douée et capable. Opiniâtre et se donnant à fond, elle met toute son énergie dans ses enquêtes. Personne dans son entourage ne dira le contraire. Elle travaille beaucoup sur elle afin de gagner en stabilité et tente de maîtriser ses points faibles. Lundy lui a également apporté une certaine assurance. Alors qu’avant elle avait tendance à refréner ses instincts, elle essaye de les écouter davantage, eux qui ont généralement tout compris. S’il y a un seul personnage à retenir qui a évolué au cours de la série, c’est Deb. La femme du pilote n’est plus la même que celle que l’on quitte lors du sixth season finale, sans qu’elle n’ait pour autant perdu son essence.
Deb est dépendante de Dexter. Elle a besoin de s’en détacher si elle veut pouvoir avancer et surtout, afin de pouvoir se préserver lorsqu’elle comprendra que son frère est un serial killer qui a plus ou moins été aidé par son propre père. Si elle ne parvient pas à le faire, elle ne pourra se protéger et risque d’avoir encore plus de mal à s’en remettre. Elle compte sur lui pour tout. Il représente certes à ses yeux un confort, une absence de risques et une confiance absolue mais s’en affranchir ne lui fera pas de mal. Elle est compétente, il n’y a aucun doute là-dessus, elle doit juste le réaliser. Son hypersensibilité lui joue des tours. En conséquence, si elle veut faire preuve de professionnalisme, elle doit réussir à maîtriser ses émotions.

Son instabilité et son extrême spontanéité se ressentent également dans sa vie amoureuse. Ses relations sentimentales partent toujours d’un mauvais pied. Quand elle ne pense pas se fiancer à un serial killer, elle sort avec un homme qui a deux fois son âge et qui de toute manière, est régulièrement muté à travers le pays. Et lorsqu’une, plus ou moins stable, pourrait justement déboucher sur quelque chose de plus sérieux, elle fuit aussi vite que possible. Il suffit de voir sa réaction lors de la demande en mariage de Quinn. Ayant peur de s’engager dans un couple, elle ne souhaite pas faire de concessions. Elle n’a de plus aucune envie d’être mère et dit qu’elle serait terrible dans ce rôle. C’est bien pour ça qu’elle est ravie d’être juste une tante.

Ouverte, honnête et loyale, Deb a quoi qu’il en soit un très bon fond. Si on est sympathique avec elle, cela sans arrière-pensée, cela fonctionnera. Elle est très simple au final. Elle ne demande qu’à donner, elle attend d’ailleurs que Dexter se repose sur elle, ce qu’il ne fait pas, à son grand regret. Pour ne rien gâcher, elle est intelligente, incisive, assez sarcastique et non dénuée d’humour. Ses répliques sont ciselées et souvent très drôles. Avec sa sincérité, son fort caractère, son franc-parler et le fait qu’elle soit facilement à l’aise et qu’elle mette en confiance, elle peut généralement se sortir de n’importe quelle situation. À vrai dire, Deb fait dans la série office du vrai sens moral, à l’inverse de Dexter. C’est elle la conscience de la production. Il est par contre extrêmement dommage que la saison six n’ait pas creusé une seule seconde la réaction et les états-d’âme de Deb après avoir laissé s’échapper Lumen et accessoirement Dexter lors du fifth season finale. Elle aurait effectivement dû les arrêter puisqu’elle savait en toute connaissance de cause qu’ils étaient derrière une série de meurtres mais elle ne l’a pas fait, voyant Lumen comme la victime qu’elle fut. En outre, il paraît assez évident que la situation de Lumen et des autres femmes violées et torturées lui a rappelé la sienne, avec l’Ice Truck Killer. Laisser partir Lumen est donc un acte à la fois égoïste mais aussi désintéressé ; et il aurait mérité un approfondissement au cours des épisodes de 2011.

Ce sont justement tous ses défauts qui rendent le personnage de Deb aussi attachant. L’interprétation de Jennifer Carpenter n’est d’ailleurs pas en reste, l’actrice ayant fait de remarquables progrès au fil des années et ayant gagné en subtilité. Chez Deb, ses gros mots et son attitude grossière sont surtout là pour cacher une grande sensibilité et le fait qu’elle est toute fragile. Cette attitude est son bouclier qui lui permet de se protéger. Elle a vécu de nombreux moments horribles et difficiles. Elle a su en retirer quelque chose et tout cela l’a rendue plus forte et toujours plus pugnace. Beaucoup semblent ne pas l’apprécier mais ce qui est justement assez amusant est que si l’on réfléchit bien, Deb ressemble beaucoup à de nombreux hommes de la télévision qui, eux sont bien moins controversés. Est-ce que c’est parce qu’elle est une femme que cela choque ? Elle jure, elle boit de l’alcool, elle n’hésite pas à avoir des gestes obscènes, elle ne porte pas de jupes / talons, elle utilise parfois les hommes comme des objets sexuels, etc. Elle est comme elle est, elle n’en a pas honte et n’essaye pas de changer. Pour tout ça, ce personnage féminin intelligent et futé est extrêmement rafraîchissant car sortant totalement du registre habituel. Espérons que la découverte du secret de son frère ne va pas venir la détruire.

Shermane, je ne sais pas exactement ce que tu attendais de ce billet mais j’espère que ça te convient plus ou moins :/ J’avoue, j’adore Deb que je trouve vraiment géniale malgré tous ses défauts. Elle a beaucoup évolué, en bien, et j’espère que la suite de la série ira dans ce sens. Sans aucune hésitation, il s’agit de mon personnage préféré de Dexter.

Mise à jour de février 2013 ~ Ce billet sera réactualisé une fois que la série sera terminée. Aux dernières nouvelles, la huitième saison devrait être la dernière et elle est prévue pour juin 2013 sur Showtime.

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