Minalapinou a un petit peu triché puisque pour cette animation de Noël elle a demandé trois épisodes indépendants (:p). Comme ce fut très court, je ne me voyais pas dire quoique ce soit surtout qu’ils ont un point commun. Ce sont effectivement des épisodes spéciaux de KBS. Il y a donc trois articles, pour trois épisodes, tous publiés en même temps sur Luminophore. Et c’est ainsi que se termine l’animation de Noël. J’espère qu’elle vous a plu :)

[spoiler /Rapide explication sur le Drama Special/ /La cacher/] Retournons en Corée du Sud avec une production télévisuelle quelque peu inhabituelle. Eh oui, nous n’allons pas parler d’un kdrama s’étalant sur plusieurs semaines, avec donc un certain nombre d’épisodes, mais d’un KBS Drama Special. Qu’est-ce donc vous me demandez ? Les Drama Special constituent une sorte d’anthologie mise au point par la chaîne KBS2. Celle-ci comporte plusieurs épisodes totalement indépendants, réalisés également par des équipes différentes. Quelques acteurs se retrouvent parfois dans plusieurs de ces épisodes mais ce ne sont alors pas les personnages principaux ; ils ont alors davantage un rôle anecdotique. Cette anthologie est arrivée sur l’antenne le 15 mai 2010 et est toujours en cours. À l’heure actuelle, il y a déjà plus d’une trentaine d’épisodes. À ses côtés, il existe aussi le Drama Special Series. Dans ce cas précis, le concept est presque similaire si ce n’est que chaque production comporte plusieurs épisodes au lieu d’un seul. Pour plus d’informations, direction la page de DramaWiki qui répertorie l’ensemble de ces épisodes.

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Museoun Nomgwa Gwisingwa Na, pouvant être traduit en « celui qui est effrayant, le fantôme et moi » est le second Drama Special. Il fut diffusé sur KBS2 le 22 mai 2010 et dure 64 minutes. La scénariste n’est autre que Park Yeon Seon, celle-même à l’origine d’Alone in Love ou encore de White Christmas. Aucun spoiler.

Kang Doo Sub est un gangster tout ce qu’il y a de plus normal. Sa face toutefois est connue pour effrayer n’importe qui la regardant. Un soir, en retournant d’une soirée arrosée après s’être pris un coup sur la tête, il est suivi par une jeune fille qui ne le lâche plus d’une semelle. Il entre chez lui, elle s’y trouve. Il la fiche dehors, il ferme la porte et la revoilà pourtant derrière lui ! Mince, un fantôme ! Persuadé d’être en contact avec une créature surnaturelle qu’il est le seul à voir, il décide de franchir la porte d’une agence de détectives afin de demander de l’aide. Le jeune Kim Yong Soo tente alors de l’aider bien qu’évidemment, il doute du sérieux de cette démarche.

Avec son air redoutable et son attitude digne d’un gangster, Kang Doo Sub ne paraît pas être particulièrement dérangé par son passé et ses agissements. Si la présence de cette fille qui ne dit rien et dont le visage n’exprime pas grand chose lui déplaît, il ne montre pas un agacement particulier ou ne tente de la malmener. Il sait que ça ne servira à rien. Il est persuadé que si elle est revenue d’entre les morts, c’est par rapport à quelque chose qu’il aurait fait, un jour. Il réfléchit donc à toutes ses erreurs et tente d’en réparer quelques unes. Ou tout du moins, d’essayer de voir ce qu’il en est. C’est Lee Won Jong (Iljimae, Scent of a Woman) qui incarne ce gangster à la mine patibulaire et au physique à la fois fascinant et inquiétant. Au fil de l’épisode, il réalise qu’il fut loin d’être parfait et que sa condition de hors-la-loi n’excuse pas tout. La jeune fille est ainsi ici associée à une sorte de confesseur dans le sens où il retourne dans son passé en essayant d’expier ses fautes. On suit par conséquent un certain nombre de flashbacks, à la découverte de sa vie mouvementée. En grattant à la surface, Doo Sub découvre que ses actions entraînent toujours des conséquences auxquelles il n’avait pas pensées. C’est l’effet boule de neige. À cause de lui, plusieurs familles ont été brisées. Afin de représenter sa quête de rédemption et son travail sur lui-même, l’épisode utilise des chatons, abandonnés à leur triste sort. Doo Sub au départ les regarde à peine tant pour lui ils ne valent rien. À à la fin, il les aide du mieux qu’il peut. Il a fait la paix avec lui-même et avec ses erreurs d’autrefois.

Dans sa quête, Doo Sub entraîne un détective un peu à côté de ses pompes qui n’ose pas dire quoique ce soit. Il est joué par Park Ki Woong (Story of a Man) et ce fut un plaisir de le revoir. Ce duo atypique fonctionne de manière assez correcte, les deux acteurs ayant pas mal d’alchimie entre eux. On reconnaîtra sinon dans un rôle fugace, celui d’un sbire de Doo Sub, Oh Yong (An Awful Lot of Coincidences, Flowers for my life).

Certes, Museoun Nomgwa Gwisingwa Na distille une jolie métaphore sur la rédemption mais l’épisode demeure très froid et plat. Le ton est extrêmement étrange, alternant entre la dérision et le drame. Ajoutons en plus de nombreux silences, des plans sans paroles et le rythme se révèle extrêmement lent. En un peu plus d’une heure on ne peut pas dire que l’on s’ennuie ferme mais il est difficile de savoir au départ où est ce que cela nous mène. La fin est néanmoins réussie, bien que prévisible, surtout si l’on s’y connaît un peu dans un domaine bien particulier (c’est flou, je sais !).

En conclusion, Museoun Nomgwa Gwisingwa Na souffle surtout le chaud et le froid. Pas vraiment drôle, pas vraiment dramatique mais surtout bancal, l’épisode manque de saveurs et aurait gagné en intensité si l’écriture n’était pas aussi détachée de tout. Grâce au ton plutôt décalé, le visionnage n’est pas désagréable mais largement oubliable.