En 2010, après avoir suivi consciencieusement la diffusion de Bones sur M6, j’ai décidé de lui dire adieu. Je me suis arrêtée au 5×08, au même moment que la longue pause puisque le 5×09 est passé six mois plus tard en France. Sachant que je n’ai aucune envie de reprendre la série, qu’elle s’arrête en 2012 ou dans dix ans, l’article ne sera donc basé que sur ce que j’ai regardé.
Bones, qui signifie os en français comme vous devez le savoir, est une série américaine se basant sur les romans de Kathy Reichs. Toutefois, l’auteure étant anthropologue judiciaire dans la vraie vie, les épisodes s’inspirent plutôt du personnage en tant que tel et non pas de ses livres. La série, débutée en septembre 2005, est toujours en cours, la saison sept étant actuellement diffusée aux États-Unis sur la Fox. Aucun spoiler.

Temperance Brennan dit Bones est une anthropologue extrêmement compétente et reconnue par ses pairs. En étudiant le squelette de cadavres, elle est généralement capable de découvrir les causes et les circonstances de leur mort. C’est pourquoi le FBI décide de collaborer avec elle et son équipe via Seeley Booth, un ancien sniper de l’armée devenu depuis agent spécial qui n’aime pas la science et les petits rats de laboratoire.

Il y a deux bonnes raisons si je me suis intéressée à Bones. La première est le sujet, à savoir l’anthropologie qui est à mes yeux une très grande fascination. La seconde est la présence de David Boreanaz dans le rôle de Seeley Booth. L’acteur aura toujours une place particulière dans mon cœur en raison de son rôle d’Angel dans la série éponyme et dans Buffy the Vampire Slayer. Sans courir après, j’ai attendu que la série passe sur M6 de manière à la visionner en VF. C’est assez étonnant chez moi mais c’est parce que j’ai regardé BTVS en VF et je suis donc habituée à la voix française de David Boreanaz.

Bones comme os mais aussi et surtout comme le surnom que Booth, l’agent du FBI, donne à Temperance Brennan incarnée par Emily Deschanel. La série débute lorsque le FBI demande à Booth de collaborer avec l’anthropologue de manière à résoudre des enquêtes disposant d’un cadavre sans chair. Brennan est une femme extrêmement intelligente et en plus d’exercer comme personne, elle écrit des romans à succès. Riche, belle et douée, elle a tout pour plaire. Sauf qu’elle est inadaptée socialement. Elle n’a qu’une seule amie, Angela, qui travaille également avec elle et qui se charge de la reconstitution des visages des victimes. Brennan aurait pu être agréable mais, et c’est en partie ça qui fait que la série a peu à peu finit par me courir sur le haricot, elle est bien trop stupide sur certains points. Comment peut-on être aussi compétente sur de nombreux sujets et ne rien connaître à la vie ? Elle donne l’impression de ne pas sortir de sa grotte et de ne jamais interagir avec qui que ce soit. Cette attitude peut être tolérable lors des premières saisons mais au fil du temps et de son contact avec ses collègues et surtout avec Booth, elle aurait dû quelque peu évoluer. C’est à peine le cas. Son attitude est tellement caricaturale par moment que l’on pourrait se demander si elle ne souffre pas du syndrome d’Asperger. Sûre d’elle et suffisante, elle est convaincue que la science résout tout et ne comprend pas l’importance des émotions et de la psychologie. Ah non, elle ne croit tout simplement pas à la psychologie. Comme si la psychologie était une histoire de croyance, tsss. Il est vrai que sa famille n’a pas arrangé sa personnalité. À l’âge de quinze ans, ses parents disparaissent mystérieusement pour une raison inconnue. Elle se retrouve alors avec son frère qui finit lui aussi par lui tourner le dos. Elle lève le voile sur son passé au fil des saisons et retrouve certains membres de sa famille. Son père porte les traits de Ryan O’Neal.

Au départ, Bones devait s’occuper des cadavres liés à l’enquête dans son laboratoire et informer Booth de ses propres conclusions. Mais l’héroïne est têtue, voire bornée, et tient à aller sur le terrain. C’est ainsi que les deux forment une paire atypique. Bones est encore une de ces multiples séries à instaurer une certaine tension sexuelle entre les deux personnages principaux. Les sentiments amicaux naissent puis les amoureux arrivent mais c’est compliqué, bla bla bla, et la série peut stagner, ou pas, de ce côté-là. Il est indubitable que les deux acteurs possèdent une véritable alchimie et que les personnages s’accordent bien mais il faut réussir à ne pas tourner en rond sans phagocyter pour autant l’intrigue. D’après ce que j’ai pu lire concernant les épisodes suivant le 5×08, la série prend quand même quelques risques. Le souci avec ce schéma narratif usité jusqu’à la corde c’est que si le couple se concrétise, il peut ainsi tuer la série.
À l’inverse de sa collègue de terrain envers qui il a des sentiments, Booth est un homme pour qui la religion et les affects ont une part prépondérante. Fanfaron, n’appréciant que peu les scientifiques et les affublant d’ailleurs du sobriquet de fouine, il est marqué par son passé de sniper. Son frère que l’on voit de temps en temps est interprété par Brendan Fehr (Roswell). Il a un fils qu’il chouchoute comme il peut mais il ne vit pas avec lui.

Bones propose une galerie de personnages secondaires et tertiaires plutôt sympathiques bien qu’ils ne soient pas tous aussi développés que ce que l’on voudrait. À part Angela, la meilleure amie de Bones, on retrouve parmi les scientifiques Jack Hodgins, un homme richissime sarcastique obsédé par les complots adorant s’occuper de la partie entomologie, Zack Addy un jeune génie qui aura un développement ridicule lors de la saison trois ou encore Camille Saroyan, celle qui prendra les rênes du labo dès la saison deux. Elle a un passif assez intéressant avec Booth. L’arrivée du psychologue Lance Sweets joué par John Francis Daley (Freaks and Geeks) permet à la série de se redynamiser, le personnage étant en plus vraiment attachant.

La série est un forensic show à l’instar des CSI et consorts. Il faut donc apprécier l’aspect procedural, chaque épisode ou presque se suffisant à lui-même. Il est vrai qu’il y a un développement au long cours des relations entre les personnages mais cela avance très peu. De ce fait, les intrigues sont linéaires et non-feuilletonnantes. Voici donc encore une des raisons qui a fait que j’ai arrêté. En 2010, j’ai stoppé toutes les séries de ce genre que j’avais sur mon planning parce qu’elles m’ennuyaient au possible. Si mêler l’anthropologie aux enquêtes est un bon angle d’approche, la série finit inlassablement par manquer d’originalité et repose toujours sur le même schéma. Et soyons honnête deux secondes, les intrigues tiennent parfois très difficilement la route côté scientifique. À noter que certaines scènes peuvent dégoûter quelques âmes sensibles. De mon côté, en grande fan d’horreur et de gore que je suis, ça va mais on peut comprendre que certains aient quelques difficultés à ne pas avoir envie de détourner les yeux par moment. Un bon point de la série est de dédramatiser ces scènes en instaurant généralement un ton badin et blagueur. On se retrouve certes face à de l’atroce mais le glauque n’est jamais présent. Bones réussit à alléger ces instants dramatiques.

Bones est un forensic show reposant sur le côté formula comme les chaînes adorent. Cela n’est évidemment pas synonyme de qualité. Si la série n’est pas mauvaise, elle manque juste de saveur et souffre du syndrome de déjà-vu. Bien sûr que le cadre change mais à part ça, que reste-t-il ? Des personnages relativement agréables bien qu’au final assez peu étudiés ? Une relation ambiguë entre les deux héros ? De l’humour léger ? Bof… La recette fonctionne, nous sommes d’accord. La preuve, les audiences sont bonnes. Mais décidément, la série est rébarbative et les ficelles deviennent tellement visibles à la longue que l’effet de surprise est quasi nul. C’est donc sans aucun regret que la suite sera sans moi, d’autres productions télévisuelles plus originales et créatives m’attendent de pied ferme.