Histoire de mettre de l’ordre dans tout ce qui traîne dans mes dossiers, j’ai enfin décidé de clôturer l’aventure Kisarazu Cat’s Eye ; ou tout du moins, de commencer à la terminer. Après le renzoku diffusé durant l’hiver 2002, deux films ont été réalisés à plusieurs années d’intervalle. Aujourd’hui, il ne sera question que de Kisarazu Cat’s Eye : Nihon Series, le suivant sera traité plus tard en 2012. Sorti en salles au Japon en novembre 2003, il a bien évidemment été écrit par Kudô Kankurô et dure un peu plus de deux heures. Aucun spoiler.

Si l’on se fie au diagnostic des médecins, Bussan devrait être mort. Sauf qu’il est toujours bel et bien en vie et il aurait apparemment le droit à six mois supplémentaires ! Avec ses amis il décide donc de continuer à profiter de la vie et s’emploie à organiser un Fuji(mi) Rock Festival avec les Kishidan tout en cherchant le grand amour. Forcément, on se doute bien que ce n’est pas gagné et que les bêtises risquent de s’accumuler.

C’est avec un immense plaisir que je me suis replongée dans l’univers déjanté, très haut en couleur et totalement débridé de Kisarazu Cat’s Eye. C’est fou comme cette bande de copains m’avait manqué. Il est évident qu’il faut visionner ce film après la série, d’autant plus qu’il la suit directement. Bussan, toujours sous les traits du génial Okada Junichi (Tiger & Dragon), a un sursis. Pas encore mort, il a le droit à six mois supplémentaires et cela ne le réjouit pas. Du tout. Attendez, comment peut-on se préparer à sa mort si elle est à chaque fois repoussée ? Et puis franchement, plus personne ne le prend au sérieux. Il est vraiment mourant au fait ? Le ton du film est toujours plus ou moins similaire à celui emprunté par le renzoku. Bien que l’on parle de cancer, de phase terminale et de décès, l’humour est toujours omniprésent et si de tristes émotions réussissent généralement à se frayer un chemin, elles sont à chaque fois contrebalancées par les blagues et les délires en tous genres. Le souci est que justement, les aspects désaxé et survolté sont poussés un peu trop loin. On s’amuse certes mais plusieurs intrigues sont un poil poussives ce qui empêche de pleinement profiter de cette expérience cinématographique.

Le film débute en 2033 avec les copains qui sont toujours réunis chez Master (Satô Ryûta – Ikebukuro West Gate Park, JIN 2, Pride…), attendant une pizza livrée par le sosie de Bussan avant qu’il ne meure trente ans plus tôt. Les acteurs choisis pour incarner les vieux potes sont bien trouvés et parviennent à imiter parfaitement leurs jeunes homologues. On y reconnaît notamment Watanabe Ikkei, habitué des seconds rôles qui interprétait le père d’Uchi dans la série, ou encore Watanabe Tetsu. Bref, rien n’a changé de leurs côtés si ce n’est qu’ils ont désormais mal partout, que certains ont grossi et ont des rides. Suite à un concours de circonstances, on retourne dans le passé et nous revoilà face aux visages connus. La totalité du film suit le même mode de fonctionnement que celui de la série. En d’autres termes, l’intrigue n’est absolument pas linéaire et les fameux rembobinages sont plus que présents. Cette marque de fabrique de Kisarazu Cat’s Eye fonctionne toujours correctement bien qu’elle soit parfois frustrante.

Globalement, Nihon Series suit deux fils rouges distincts qui finissent par se rejoindre. Le long-métrage est marqué par le retour d’un mort pas vraiment mort ou peut-être pas finalement qui se met à fabriquer des faux billets. Évidemment, les amis s’y retrouvent mêlés et ont du mal à se dépêtrer de cette situation. Entre temps, ils organisent un festival de rock avec les Kishidan de retour pour l’occasion. Aikawa Shô (Kurosagi) est de la partie pour se montrer en tant qu’acteur / yakuza super cool qui fait toujours rêver Bussan. Le père de ce dernier fricote encore avec Rose, Nekota fait sa souris et plonge dans l’exotisme offerts par les Sud-Coréennes, etc. Kisarazu et ses habitants n’ont donc absolument pas changé et si l’on navigue désormais en terrain connu, les rebondissements sont tellement ahurissants que l’on ne peut les prédire. Ajoutons la musique entraînante, la bonne humeur et le surjeu parfaitement dosé des acteurs toujours aussi sympathiques ainsi que les gimmicks et nous voilà face à un sympathique moment. Cependant, que l’on ne se leurre pas. Si on s’amuse, la recette ne fonctionne plus aussi bien qu’autrefois. Le film souffre de longueurs et de surenchère. Quoi qu’on puisse dire, la série est une succession de n’importe quoi mais parfaitement écrite et dirigée. Pour faire simple, c’est une pagaille organisée. Ici, c’est malheureusement moins le cas. En cela, on ne peut qu’être un peu déçu.

Bien sûr que l’on est extrêmement heureux de retrouver Kisarazu Cat’s Eye. La bande d’amis est tellement vivifiante, unie et adorable que l’on ne peut que fondre. De même, tous les autres personnages secondaires contribuent à rendre ces deux heures plutôt agréables. Si l’humour déjanté et la dingue ambiance forment une formule intéressante, la recette prend moins bien dans ce Nihon Series. Passer d’un épisode d’une quarantaine de minutes à un film de deux heures n’est pas chose évidente, le rythme en pâtit ainsi ici. Le délire est également poussé un peu trop à son extrême, ce qui est un comble lorsque l’on sait à quelle série on a à faire. Au final, comme souvent, ce long-métrage n’est pas dispensable, il sert juste à prolonger l’expérience du renzoku et se veut être un divertissement honnête mais d’un niveau inférieur. Prochaine étape, le World Series !