Clone Baby | クローンベイビー

Par , le 30 janvier 2012

Rapidement citée lors de ma petite sélection de l’automne 2010, Clone Baby s’est finalement retrouvée sur mes écrans en décembre 2011. Bien que son nom ne le laisse pas supposer, la série est japonaise. Composée de onze épisodes de vingt-deux minutes, elle fut diffusée sur TBS entre octobre et décembre 2010 dans un tout nouveau créneau horaire. C’était en effet la première fois que la chaîne passait une série le vendredi entre 0h20 et 0h50, créneau dorénavant appelé le Friday Break. Depuis on a pu y voir Heaven’s Flower, Ôran Kôkô Host Club ou dernièrement Kaitô Royale. La chaîne avait dit en octobre 2010 avoir pour ambition de proposer des programmes différents de ses habitudes. Aucun spoiler.

Des jeunes tous nés le 7 juillet de la même année meurent dans des circonstances étranges. Chacun est retrouvé avec un ou plusieurs organes en moins. Outre les circonstances de leur décès et leur date de naissance, ils possèdent un autre point commun, ils ont une tâche de naissance en forme d’astérisque. De l’autre côté de Tôkyô, Aoyagi Masamune souhaite se suicider et se retrouve poussé du haut d’un immeuble par un inconnu. Il se réveille toutefois quelques heures plus tard comme si de rien n’était. Au jeu des chaises musicales, il finit par ne rester plus qu’une seule chaise et tout le monde la veut…

Pardon ? Vous trouvez l’histoire brumeuse ? Je vous assure que je n’y suis pour pas grand-chose ! Clone Baby a un scénario à première vue très alambiqué. Attendez, il est question de manipulations génétiques, d’éthique, d’amour, d’amitié, de trahisons, de piratage informatique ou encore de rires démoniaques. Vous secouez le tout, ceci à prendre au sens le plus littéral s’il-vous-plaît, et vous obtenez un cocktail bizarroïde. Aoyagi Masamune est donc un jeune un peu perturbé qui a envie de se suicider pour des raisons qui nous paraissent tout de même assez légères. Oui bon, il est victime d’ijime mais il change tellement vite d’état d’esprit au fil des épisodes que l’on peut douter de son caractère. Bah, après tout, il fait ce qu’il veut de sa vie. Alors qu’il s’apprête à sauter du toit d’un immeuble, un mystérieux jeune homme vêtu tout de blanc l’approche. Il se moque de lui, lui raconte des choses bien étranges concernant des chaises et le pousse dans le vide. Certes, Masamune ne se suicide pas vraiment mais de toute manière, il voulait sauter donc le résultat est le même, n’est-ce pas ? Sauf que pas du tout ! Au lieu d’être une purée humaine, il se réveille dans un lit d’hôpital, veillé par son père et sa petite sœur. D’après eux, il aurait chuté dans des escaliers. Alors qu’il ne comprend plus rien, il revoit son supposé meurtrier qui le suit à la trace. Toujours aussi sarcastique, il lui propose d’échanger de place. Masamune accepte car il ne supporte plus sa vie qu’il juge insupportable. Très rapidement, il le regrette et réalise peu à peu ce qui est en train de lui arriver. Il est en fait un clone ! Lui aussi est né le 7 juillet, comme un tas de monde autour de lui. Pourquoi meurent-ils tous ? Ils seraient apparemment en train de s’entretuer car c’est bien connu, les clones soit ils s’attirent, soit ils se haïssent. Oui, les clones seraient semblables à des aimants. À ce qu’on sache, les clones humains n’existent pas. Il semblerait qu’en fait si. Une organisation japonaise travaille effectivement là-dessus et manigance on ne sait quoi dans son coin, favorisant les meurtres entre clones. Tout cela aurait un lien avec une fille bandée comme une momie dans un lit. Tadaa. Si cela vous semble toujours aussi confus, c’est encore une fois, normal.

Le personnage principal, Masamune, tente de comprendre ce qu’il se passe et découvre peu à peu que tous les clones sont voués à se massacrer afin qu’il n’en reste plus qu’un. Voilà pourquoi l’homme en blanc parle d’un jeu de chaises musicales. Clone Baby emploie de nombreux personnages mais aucun n’est franchement étudié. Même le héros, Masamune, est aussi vide qu’un ballon rempli d’air. Pas très futé, souffrant quelque peu de bravitude, crédule comme on voit rarement, il fait parfois un peu pitié. Personnellement, si on me dit que je suis un clone, je ne pense pas croire la personne immédiatement. Je pars plutôt du principe qu’elle a un grain. Enfin bon, ne jugeons pas. Masamune est donc un jeune sympathique mais pas intéressant pour un sou. Fou amoureux d’une fille née aussi le même jour que lui (oh, une autre clone ?), il passe son temps à la sauver des méchants qui les coursent jour après jour. Le supposé couple est fade et plat. Si Ichikawa Tomohiro est relativement correct et fait ce qu’il peut avec ce qu’on lui donne, Taki Yukari n’a aucune excuse et est juste mauvaise. Elle donne surtout l’impression de remplir le quota jolie fille de la série.

À côté d’eux gravite beaucoup de monde. Le jeune homme tout en blanc, Kikuchi Hiro, semble toujours savoir mieux que quiconque ce qu’il se passe, s’amuse de tout et aime bien partir en riant et se moquant de Masamune. Le fait qu’il soit interprété par le toujours très charmant Matsuzaka Tôri (Asukô March!, Death Game Park) à qui le blanc va très bien aide à être indulgent. Très indulgent même. S’il y a une réelle volonté de développer un minimum sa psychologie avec son ancien ami tueur, Mikumo Gôta joué par Kikuta Daisuke, cela reste très léger et insuffisant. Il est vrai que le format de la série n’est pas un atout car en si peu de temps, il paraît difficile d’être réellement poussé. Cependant, d’autres y arrivent bien mieux donc là aussi, on ne peut se satisfaire de cette excuse facile.

Clone Baby s’aventure également du côté d’une prof travaillant sur la manipulation génétique, sur le grand frère policier de Marika, sur un ancien joueur de baseball souffrant à l’épaule ou encore sur un crack en informatique peureux qui va se prendre d’affection pour la petite sœur de Masamune. Au rayon visage connu, on repérera très vite Matsushige Yutaka (Bloody Monday, Hagetaka et énormément de petits rôles) qui n’est autre que le chef de famille Aoyagi, Shiga Kôtarô (Tôkyô DOGS) en vieux fou scientifique et Kabe Amon (Good Life) dans la version Hiro enfant.

Clone Baby est donc l’histoire de clones qui ne ressemblent pas du tout mais il y a une raison scientifique derrière (si si). Ces clones pas si bébés que ça s’entretuent ou veulent vivre ensemble dans un monde parfait constitué de cœurs et de Télétubbies. Bien évidemment, lorsque l’on apprécie la science-fiction, on ne peut qu’être content lorsque l’on voit ce genre de sujet à la télévision japonaise. Malheureusement, le soufflet retombe très rapidement tant le scénario part dans tous les sens, n’est pas crédible pour un sou, est truffé d’incohérences, de raccourcis et de facilités scénaristiques. Les personnages doivent tous être doués de pouvoirs spéciaux pour pouvoir se retrouver toujours au bon endroit et au bon moment. Ne parlons même pas de la prévisibilité de l’intrigue. Le grand méchant loup ? Il est devinable dès le premier épisode et à vrai dire, en réfléchissant trente secondes, vous pourriez même le supposer en lisant cet article. Le choix du téléspectateur est alors binaire. Soit il s’énerve avec toutes ces idioties, soit il décide de regarder au second degré et immédiatement, la pilule passe mieux. Si en plus ledit téléspectateur a une appétence particulière pour les éphèbes, Clone Baby pourra presque faire office pour certains de guilty pleasure. Accessoirement parlant, Matsuzaka Tôri est un atout considérable.

Malgré toutes ses qualités hautement discutables, le début laisse quand même craindre le pire avec cette réalisation trop stylée. Oui c’est bien, il y a une prise de risque mais le résultat est beaucoup trop mal fichu. La caméra est forcément tenue par un Parkinsonien et le montage est probablement effectué par un monomaniaque sous LSD. Voir douze fois la même scène selon un plan différent avec la caméra qui bouge, non merci. Ça va, on avait déjà compris dès le début. Difficile de croire qu’un des réalisateurs, Kawashima Ryûtarô, s’est aussi occupé de JIN mais c’est pourtant vrai. Au fil du temps, la mise en scène est plus légère et c’est horrible à dire mais on s’habitue tout simplement à avoir le mal de mer. Il faut aussi noter que la musique de Nakanishi Kyô (Shiroi Haru, Kekkon Dekinai Otoko, Tiger & Dragon, Kisarazu Cat’s Eye) est agréable et les superbes chansons de HURTS que l’on entend très régulièrement mettent immédiatement dans l’ambiance.

Ce n’est pas parce que l’on apprécie un genre peu fréquent dans les j-dramas, autrement dit ici la science-fiction, que cela signifie qu’il faut tout accepter. Clone Baby le prouve bien. Mal écrite, mal réalisée, mal jouée et manquant totalement de crédibilité, elle semble cumuler tous les écueils possibles et inimaginables. Pourtant, elle n’est pas foncièrement désagréable à partir du moment où on la regarde comme un divertissement comique. Pour peu que l’on ait un grand faible pour les séries se voulant mystérieuses, avec de l’action, essayant de jouer dans la cour des thrillers et que l’on réussisse à mettre de côté ses connaissances scientifiques, le j-drama n’est aucunement source de malheur. Bien au contraire. Mais il est évident qu’il ne mérite pas de tout arrêter pour se mettre à le regarder. Ne pas le faire du tout ne devrait a priori pas non plus être une erreur monumentale. Et vous savez quoi ? Une saison deux serait apparemment prévue. De quoi prolonger le plaisir avec ces bishônen de clones… ou pas.


3 Commentaires

  1. Dramafana• 1 février 2012 à 12:50

    Alors du coup, je ne sais pas quoi faire… ^^ ça a l’air alléchant, mais l’enthousiasme pour le drama retombe très vite à la lecture de ton article. Comme je ne suis pas spécialement attirée par la science-fiction de prime abord (sans pour autant être hermétique au genre) je ne pense pas le regarder… du moins, pas dans un avenir proche.
    Néanmoins, merci pour ton avis sur la chose! ^^

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    • Caroline• 1 février 2012 à 13:48

      En toute objectivité, ce n’est vraiment pas bon. Mais comme je l’ai dit, si on voit ça comme un petit divertissement comique, on s’amuse royalement. Et comme il est très court, que les épisodes de vingt minutes s’enchaînent sans difficulté, on peut facilement éviter l’ennui. Honnêtement, je ne le conseille pas particulièrement mais je ne le déconseille pas non plus. Oui, je sais, ça ne t’aide en rien ^^’.

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  2. Miaow• 3 février 2012 à 3:33

    La lecture de ce billet ne m’aura pas donné le goût d’écouter ce drama, mais elle aura eu au moins le mérite de me faire rigoler. ;)

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