Et voilà, c’est terminé. Plus de trois ans après avoir mis un point final au renzoku, j’ai dit au revoir à Nodame Cantabile à la fin de l’année 2011. Comme j’avais déjà eu l’occasion de l’écrire il n’y a pas très longtemps, la série japonaise a bénéficié, outre ses épisodes spéciaux, de deux films pour conclure son aventure. L’article du premier se trouve ici et nous allons donc parler tout de suite du second, Nodame Cantabile : Saishû Gakushô – Kôhen, soit dans sa version internationale, Nodame Cantabile : The Final Score – Part 2. Il est sorti au cinéma au Japon le 17 avril 2010 et dure un tout petit peu plus de 120 minutes. Aucun spoiler.

Malgré la déchirure que ressent Nodame, Chiaki déménage et décide de se concentrer sur sa carrière. Il craint la réaction de cette dernière lorsqu’elle apprendra qu’il collabore désormais avec Son Rui. Du côté de Nodame, elle passe du bon temps en compagnie de Mine et Masumi, en vacances à Paris, tout en essayant de trouver sa propre voix.

Quand bien même il fut loin d’être raté, le premier film manquait un tant soit peu de profondeur et était un poil décevant pour qui avait adoré jusqu’à la moelle la série télévisée. C’est donc avec beaucoup d’appréhension que j’ai lancé cet ultime volet. Comme on pouvait s’en douter, la première partie lance véritablement l’intrigue. Lorsque l’on débute ce film-ci, il n’y a pas d’introduction et on rentre immédiatement dans l’intrigue. Les personnages sont installés et le rythme est alors mené tambour battant. On a ainsi à peine le temps de dire ouf que l’on s’amuse comme un petit fou et que l’on rit à s’en décrocher la mâchoire. Voilà enfin l’humour de Nodame Cantabile ! Voilà aussi son ton décalé, ses personnages truculents et son atmosphère si particulière. Ce que ça fait du bien ! Je dois dire qu’après visionné le premier film, je me suis demandée si je n’avais pas un peu enjolivé le j-drama. Est-ce que maintenant, je l’apprécierais autant ? Je rappelle que c’est une des premières séries japonaises à être passée par mon écran. La réponse est non, je n’ai pas surestimé le renzoku. Du tout. Avec Nodame Cantabile : Saishû Gakushô – Kôhen, on retrouve toute la verve et la vivacité qui ont donné leurs lettres de noblesse à la série. C’est donc le cœur gros comme ça que l’on regarde ces deux heures parce que l’on sait que l’on va devoir dire au revoir à tout le monde.

À vrai dire, ce film réussit à ne pas tomber dans les pièges dans lesquels le premier s’était pris les pieds. Par exemple, le doublage des Occidentaux est presque mis de côté. Si à l’exception de quelques minimes scènes l’intrigue se déroule en Europe, la caméra s’axe sur les Japonais ou sur les personnages Européens joués par des Japonais / parlant la langue. On ne s’attarde plus sur les membres de l’orchestre Roux-Marlet. Les quelques acteurs minoritaires doublés sont justement peu présents et largement supportables. Alors que le premier film était au final peu drôle, avec des blagues qui tombaient à plat, celui-ci est son inverse. Une des premières séquences, lorsque le trio infernal est réuni, est source d’hilarité et met immédiatement dans l’ambiance. Le film fait preuve d’une créativité plutôt extraordinaire et paraît repousser ses limites. La réalisation semble quant à elle beaucoup plus soignée, certains plans étant magnifiques et baignés dans une douce lumière. De plus, cela est une évidence, la musique est toujours autant travaillée et de nombreux morceaux choisis donnent la chair de poule.

Après tout, le doublage pouvait passer dans le premier film. Ce que l’on ne pouvait que plus difficilement pardonner était le surplace du scénario. Les personnages n’évoluaient plus. Heureusement, ce n’est absolument pas le cas ici. La carrière de Chiaki est mise de côté, ce qui est une bonne chose. Il a eu les honneurs auparavant, on sait que tout fonctionne très bien pour lui. On n’est donc pas inquiets. Par contre, Nodame est à surveiller. Le film s’attarde dès lors sur elle et réussit parfaitement à mettre en avant ses doutes et toute la finesse de ce personnage. Elle aime Chiaki, elle aime jouer du piano mais elle est étouffée par ce qu’on lui demande. Comment arrivera-t-elle à concilier tout ce qui la travaille ? Trouvera-t-elle l’étincelle pour continuer de faire de la musique comme cela lui plaît ? Ueno Juri est, comme souvent, formidable. Elle fait rire tout en brisant le cœur. En outre, elle fait évoluer Nodame avec maturité et en gardant une bonne dose de folie douce. Tamaki Hiroshi n’est évidemment pas en reste et donne de la force à un Chiaki qui se rend compte qu’au final, il n’y a que Nodame qui importe. C’est grâce à elle qu’il est à Paris. C’est grâce à elle qu’il est devenu ce qu’il est. Leur relation est montrée de manière sincère, touchante et extrêmement jolie. Certaines scènes donnent des papillons dans le ventre et l’on ressort avec des étoiles plein les yeux. Les deux grandissent et peuvent alors enfin avancer, main dans la main.

Ce film servant de conclusion, il met les petits plats dans les grands puisque quasiment tout le monde est de retour. Quel plaisir que de revoir Mine, Masumi et Kiyora. C’est qu’ils nous avaient sacrément manqué. Mais ils sont loin d’être les seuls à apparaître. Certes, on aurait apprécié que plusieurs aient davantage de présence à l’antenne mais il n’y avait pas le temps et il était surtout nécessaire de développer Nodame ainsi que son lien avec Chiaki. Afin de garder la surprise sur qui est présent et qui ne l’est pas, je n’en dis pas plus mais revoir certains visages fait remonter énormément de souvenirs. Le long-métrage utilise par ailleurs quelques flashbacks bienvenus et très bien employés.

Nodame Cantabile est donc bel et bien fini… Si Saishû Gakushô – Kôhen n’est pas parfait, il n’empêche pas moins qu’il atteint admirablement son but. Riche en émotions, imaginatif, visuellement et musicalement superbe ainsi que très drôle, il se permet de développer comme il faut ses personnages principaux afin de les faire mûrir. Le film sonne par conséquent bien plus adulte mais ne se départ jamais de son grain de folie inimitable et tellement attachant. Il est donc encore plus difficile de dire au revoir à ce petit monde haut en couleur pour qui on ne peut qu’avoir beaucoup d’affection. Heureusement, il reste les rediffusions et la lecture du manga toujours en cours chez Pika (si le rythme pouvait s’accélérer, ce ne serait pas de refus). Mukyaaaaa~