Rappelez-vous, fin 2011 Luminophore revenait sur l’intégralité de la série canado-américaine Dead Like Me. Étant une énième victime des méthodes expéditives américaines, elle fut annulée en 2004 alors qu’elle n’eut pas l’occasion de tirer sa révérence en bonne et due forme. Les années passèrent et les amateurs demandaient toujours une suite. C’est ainsi qu’est né le film, Dead Like Me : Life After Death, après de nombreux rebondissements liés notamment à la situation financière catastrophique de la MGM. Supposé être visible au cinéma, il n’a finalement eu qu’une sortie directement en DVD en catimini, le 17 février 2009. À l’heure actuelle, le DVD n’est pas disponible en France. Le film dure un tout petit peu moins de 90 minutes. Certains ont osé espérer qu’une troisième saison suivrait mais malheureusement, leurs vœux n’ont pas été exaucés et ils ne le seront probablement jamais. Aucun spoiler.

Cela fait cinq ans que George est morte et accessoirement, devenue une faucheuse. Comme tous les matins, elle se rend au Der Waffle Haus prendre son petit-déjeuner en compagnie de ses acolytes et récupérer le fameux post-it délivré par Rube lui indiquant le nom de la personne dont elle va devoir s’occuper. Toutefois, lorsqu’ils arrivent tous devant le restaurant, ils n’y découvrent que des cendres puisqu’il a été victime d’un incendie. Quant à Rube, il n’est pas là et ne le sera plus. Il aurait apparemment rejoint les lumières et donc, découvert l’autre monde, celui après la mort. Un patron les quittant, c’est un nouveau qui prend en charge le petit groupe, Cameron Kane, dont les méthodes sont radicalement différentes.

Dead Like Me, la série, est un petit condensé d’humour noir, de délice et dont les personnages sont tous extrêmement attachants. Ce n’est malheureusement pas du tout le cas de ce film. Il a l’apparence de la série mais il lui manque quelque chose : une âme. Il faut de toute manière avouer que ce long-métrage part sur de mauvaises bases. Mandy Patinkin n’a pas repris le rôle de Rube et le personnage disparaît par conséquent de la circulation mais il demeure fréquemment au centre des discussions. En soit, l’explication de son absence est on ne peut plus compréhensible et crédible. Cela n’empêche tout de même pas qu’il soit nécessaire à l’équilibre de l’univers et le film prouve bien qu’une fois qu’il n’est plus là, le reste ne suit pas. L’autre point négatif est le changement d’actrice pour Daisy. Laura Harris étant engagée sur une autre série, Women’s Murder Club, elle ne put participer de nouveau à l’aventure. C’est donc Sarah Wynter (The Dead Zone) qui reprend sa succession. Difficile de ne pas se demander ce qui est passé par la tête des scénaristes… Pourquoi n’ont-ils pas plutôt créé un nouveau personnage plutôt que de nous infliger ce honteux tour de passe-passe ? L’actrice essaye de faire de son mieux mais aux yeux du téléspectateur, elle n’est en rien Daisy. Et le personnage n’est pas le seul à souffrir.

En raison du départ de Rube, George, Mason, Daisy et Roxy se retrouvent seuls. Ils sont rapidement pris en charge par Cameron Kane, un faucheur joué par Henry Ian Cusick (Lost) qui décide de donner un coup dans la fourmilière. Adieu le Der Waffle Haus et les post-it, bonjour le restaurant super chic et les téléphones portables indiquant les morts. Le but est désormais le rendement. Il faut être efficace voyons ! Si le sujet et l’angle d’approche sont intéressants, le problème est que les personnages vont pour certains sortir de leur caractère. Cameron est riche et profite de tout ce que la vie à offrir, sans être dérangé par la moralité. Évidemment, il va de soi que Mason puisse accepter sans réfléchir ce nouveau crédo. Nous sommes tous d’accord là-dessus. Par contre, comment Daisy et surtout, Roxy, peuvent-elles tomber aussi facilement et rapidement dans le panneau et profiter des atouts de Cameron ? On n’a pas du tout l’impression de voir les héros de Dead Like Me mais des copies ratées et non crédibles une seule seconde. George demeure conforme à celle que l’on a connue et appréciée mais elle ne permet pas au film de ne pas sombrer dans le médiocre. Elle travaille toujours à Happy Time tout en alternant avec les morts. George se rend immédiatement compte que Cameron est plus nuisible qu’autre chose mais est occupée par sa petite sœur qui a bien grandi. On ne peut pas dire que cette intrigue soit passionnante mais elle sera à l’origine d’une révélation que l’on espérait secrètement voir arriver au cours de la série.
Si l’histoire n’est pas suffisamment exploitée et mal écrite, l’atmosphère est tout aussi difficilement perceptible et l’humour bancal ou alors absent. En fait, seules deux ou trois scènes sont franchement drôles et on les doit surtout à Delores et Mason.

Dead Like Me : Life After Death résonne au final presque comme une insulte aux téléspectateurs tant il n’a rien à voir avec la série. Que ce soit le ton enlevé, les répliques ciselées, l’ambiance caustique et le rythme, il n’y a plus rien. Le point le plus horripilant est sans conteste l’absence totale de crédibilité des personnages car ils semblent sortis d’on ne sait où mais en tout cas, pas des épisodes de Showtime. On pourrait penser que l’on est content de retrouver ceux que l’on a appréciés mais ce n’est même pas le cas puisque tout paraît dénaturé. Si jamais la série fut à vos yeux un excellent et un intelligent divertissement, ne pensez même pas à visionner ce film qui n’a ni la saveur ni le cœur de Dead Like Me. Il peut seulement se vanter de vous avoir gâché l’excellente impression que vous aviez d’elle. Honteux.