Bloody Monday | ブラッディ・マンデイ (saison 2)

Par , le 6 mars 2012

Lorsque je n’aime pas une série, j’essaye généralement d’en venir rapidement à bout afin de passer à autre chose. C’est pour cela qu’après avoir testé la première saison de Bloody Monday fin 2011, j’ai lancé début 2012 la seconde. Elle fut diffusée entre janvier et mars 2010 sur TBS et comporte neuf épisodes durant encore une fois tous cinquante minutes, sauf le premier jouissant de cinquante additionnelles. Aucun spoiler.

Rappelons-nous, dans la saison une, Takagi Fujimaru pourchassait des terroristes dont le but était d’infecter la population japonaise. À ses côtés se plaçait THIRD-i, l’agence gouvernementale d’investigation de la sécurité publique qui ne servait à rien – si ce n’est se ridiculiser –, ainsi que trois de ses amis. Le résultat fut non proportionnel à la durée de batterie de l’ordinateur de Fujimaru puisque les épisodes furent tout simplement idiots, car incohérents, bourrés d’inepties et de facilités. La seconde saison commence deux ans plus tard. Fujimaru, Otoya et Aoi ne sont désormais plus au lycée. Tandis qu’Otoya étudie les sciences physiques et se spécialise dans le nucléaire, Fujimaru travaille dans une supérette et dit ne plus toucher à l’informatique depuis la mort de son père. La vie suit son cours tranquille, chacun vacant à ses occupations. Or, un nouveau groupe de terroristes apparaît, Der Freischütz, et ils sont bien décidés à faire exploser le pays afin de le remodeler. J et Orihara Maya sont de la partie et ne sont pas forcément de mèche avec ces criminels… Fujimaru doit par conséquent de nouveau s’associer à THIRD-i, tout en protégeant les gens qu’il aime.

Ce qu’il y a d’assez amusant, c’est que beaucoup semblent avoir apprécié la première saison de Bloody Monday. C’est d’ailleurs en raison des critiques satisfaisantes que j’attendais d’y voir un thriller sympathique. Quelle belle erreur. Et là, alors que de nombreux téléspectateurs auraient été déçus par ces épisodes, ce n’est pas mon cas. Que l’on se rassure de suite, cet ensemble inédit ne change pas la donne et la série se révèle toujours aussi médiocre. Si les raccourcis et les facilités scénaristiques sont un peu trop monnaie courante, ils sont bien moins présents et les personnages agissent plus avec leur tête – enfin, un peu plus. De même, THIRD-i, qui ne servait pas à grand-chose si ce n’est à brasser du vent, est légèrement plus compétent et a désormais compris que lorsqu’il y a un attentat qui se prépare, on ne vient pas à deux ; non, avec une armée, c’est mieux. Certes, de nombreuses décisions sont stupides et voir de supposés agents gouvernementaux agirent de cette manière fait peur, mais l’on dénote un progrès. Par ailleurs, le méli-mélo des intrigues et le faux brouillard souhaité par le scénario pour se donner un genre dans la précédente saison sont dorénavant beaucoup plus subtils. La caméra essaye encore de mettre en erreur le spectateur néanmoins. Il faut toutefois avouer que si l’on part avec des a priori et que l’on s’attend à une atrocité sans nom, on peut difficilement être déçu. Au contraire, on peut même être assez surpris du rythme de plusieurs épisodes, du suspense et de l’intensité dramatique atteignant parfois son but, chose qui était très précaire auparavant. Les personnages tombent effectivement assez facilement comme des mouches. Quelques-uns que l’on jugeait intouchables sont tués et leur décès fait bouger les situations de manière positive. D’un point de vue esthétique, en dépit d’une caméra encore tremblotante, la réalisation est assez soignée, certains plans étant sympathiques par exemple. La bande originale d’Izutsu Akio est, quant à elle, encore une fois très bonne et se révèle probablement supérieure à la précédente. C’est également flumpool qui s’occupe avec succès de la chanson de fin, ici, Zanzô.

Fujimaru est donc ainsi confronté à un nouveau groupe de terroristes. Malheureusement, on ne comprend pas réellement leurs motivations et leurs membres sont bien creux à l’exception de celui qui orchestre tout ce beau monde en secret. Der Freischütz est surtout assimilable à des fanatiques bien organisés. Il faut aussi ajouter que l’interprétation est très fluctuante, voire mauvaise. Celle arborant un tatouage, Ladybird, est usante avec cette manie d’écarquiller les yeux, et le constat se veut similaire pour Beast qui en devient ridicule à force de surjouer autant. Les membres cachés, Brutus et Spider, représentent sûrement les seuls intéressants du lot, malgré un manque de substance et de caractérisation évident. Quelques terroristes de la première saison, à savoir J, en mode blond cendré et Orihara Maya, retournent dans les parages et leurs personnages, ainsi que ceux qui leur offrent leurs traits, demeurent tout à fait corrects. C’est d’ailleurs très agréable de voir Kichise Michiko davantage dans son rôle qu’en 2008. À vrai dire, l’amélioration de l’interprétation est une dominante générale. Même Miura Haruma a fait des progrès notables en deux ans ! Immédiatement, les épisodes deviennent moins pénibles à visionner.

Un des points positifs de cette saison, outre une écriture un peu moins approximative, est le fait que Falcon subisse de nombreux revers. Souvent battu par Hornet, un autre hacker de génie, il fait des erreurs, dont certaines ont de graves conséquences. Il doute alors de lui et de ses compétences. Ce n’est pas dévoiler l’intrigue que de spécifier qu’il réussit là où autrui échouerait, mais au passage, il y laisse quelques plumes. Il est toutefois consternant que tout le monde compte à ce point sur lui. N’y a-t-il pas de spécialistes en informatique au Japon ? Non, aucun ?! Les représentants japonais n’ont-ils donc pas honte de toujours se reposer sur Falcon ? Durant ces deux années, il est sinon passé de chez HP à Apple, à l’instar de THIRD-i ; des placements de produits se sont déjà montrés plus subtils… Otoya, maintenant qu’il étudie le nucléaire, semble être devenu l’as des as sur le sujet. Ouaw, deux ans à la fac et l’on maîtrise tout, et le gouvernement se tourne vers nous lorsque le pays s’apprête à exploser. Pfiou, quelles responsabilités. Il convient de préciser qu’il se lave désormais les cheveux, ça change sûrement tout un monde. Les autres personnages ne sont pas des plus passionnants, mais Matsushige Yutaka permet de rendre celui qu’il interprète, Kanô, toujours aussi cool et charismatique, et Ashina Sei est encore une fois très jolie. Le nouveau patron de l’agence est passable et l’arrivée de Mikami Kensei (Guilty, Muscle Girl!, Tôkyô DOGS) n’apporte rien. Ne nous attardons pas sur la sœur de Fujimaru à qui il faut bien donner une intrigue et qui s’avère plus navrante qu’autre chose. Pour l’anecdote, notons la présence de Kamiki Ryûnosuke (Kôkôsei Restaurant), de Mitsushima Hikari et de Kurokawa Tomoka (Shôkôjo Seira).

Au final, la seconde saison de Bloody Monday est, sans surprise, ratée. Pour peu que l’on se soit accroché lors de la première et que l’on sache dans quoi l’on met les pieds, elle ne se regarde pas trop désagréablement. Seul le premier épisode est vraiment très usant, car trop long. Évidemment, les raccourcis, les incohérences, les stupidités et tout ce qui fait le sel de la série sont présents. Si l’on occulte tout cela, il reste une certaine dose de suspense, J en blond cendré qui est très sympathique, Kanô et sa cool attitude et pas mal de rythme. Ce n’est pas génial, mais l’on pouvait craindre largement pire.


6 Comments

  1. Caroline
    Sadako92• 6 mars 2012 at 12:41

    J c’est bien Hiroki Narimiya ? Je l’aime bien cet acteur. Bon, j’ai cette deuxième saison dans mes affaires (ouf!), et tu me rappelles donc à bon escient qu’il faut que je la regarde (d’autant que j’ai aimé la première).

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    • Caroline
      Caroline• 17 mars 2012 at 12:22

      Oui, c’est bien ça. Je l’aime bien aussi ; il n’est pas toujours parfait, mais il a un grand potentiel sympathie. Heureusement d’un côté vu comme on le voit un peu partout. C’est fou ce qu’il a joué dans un tas de trucs.

      Apparemment, ceux qui ont apprécié la première saison ont moins aimé celle-ci. J’espère du coup que ce ne sera pas ton cas.

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  2. Caroline
    Dramafana• 6 mars 2012 at 16:24

    Je n’ai toujours pas regardé la première saison (je me sens un peu frileuse)… donc, pour la seconde, c’est pas gagné!
    En tout cas, il y a beaucoup d’humour dans ton article et ça, j’adore!

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    • Caroline
      Caroline• 17 mars 2012 at 13:42

      Je te comprends totalement. Je pense qu’il y a bien plus sympa à voir que Bloody Monday :P. La série a tellement de défauts qu’il est facile de se moquer d’elle, d’autant plus qu’elle a tendance à se prendre trop au sérieux.

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  3. Caroline
    Marilou• 11 mars 2012 at 1:02

    Pour moi Bloody Monday c’est avant tout Kanô-san :D. Au début évidemment je regardais la série pour Miura Haruma mais il s’est vite avéré être plutôt chiant x). Matsushige Yutaka a 10 000 fois plus de présence, son personnage est génial, et j’adore son visage! Je l’ai découvert dans Bloody Monday, je dois au moins ça à cette série…

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    • Caroline
      Caroline• 17 mars 2012 at 14:07

      Totalement d’accord ! Plus je vois cet acteur et plus je le trouve super cool et classe. Il a joué dans un tas de fictions et c’est toujours un plaisir que de le retrouver. J’aimerais beaucoup regarder une série où il a le rôle principal.

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