Spartacus: Gods of the Arena | Les Dieux de l’Arène (mini-série)

Par , le 15 mars 2012

Alors que la deuxième saison de Spartacus, intitulée Vengeance, est actuellement diffusée aux États-Unis, il est temps de revenir sur sa préquelle, Spartacus: Gods of the Arena. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’histoire de cette série – ou plutôt de cette sorte de franchise – fut pleine de rebondissements fort malheureux. À l’origine, Gods of the Arena n’aurait jamais dû exister, ou en tout cas pas de cette manière. La première année de Spartacus, Blood and Sand ayant été effectivement satisfaisante aux yeux de Starz, la chaîne commanda rapidement d’autres aventures. Toutefois, étant donné que son acteur principal, Andy Whitfield, découvrait un cancer qu’il réussissait à vaincre, il fut décidé de mettre en place une préquelle en attendant son rétablissement définitif. C’est ainsi qu’est née Spartacus: Gods of the Arena. Il ne s’agit pas de la suite de Blood and Sand puisqu’elle raconte ce qui s’est déroulé avant. Cette mini-série de six épisodes d’une durée variant entre cinquante minutes et une heure fut diffusée entre janvier et février 2011 sur Starz ; elle est également passée en France sous le titre Spartacus : Les Dieux de l’Arène. C’est donc la même équipe qui en est à l’origine et de nombreux acteurs sont de retour. Or, entre-temps, après une courte rémission, le cancer d’Andy Whitfield est revenu et cette fois, de manière bien plus violente. Sachant qu’il ne pourrait être d’attaque d’ici le tournage, il a mis de côté sa carrière et la chaîne a engagé, à sa demande, un nouvel interprète, Liam McIntyre, pour jouer Spartacus. Comme si le sort ne s’était pas encore suffisamment acharné sur lui, Andy Whitfield est décédé en septembre dernier des suites de sa maladie. Aucun spoiler.

L’idéal est évidemment d’avoir regardé la première saison de Spartacus avant de lancer Spartacus: Gods of the Arena. D’ailleurs, elle débute et se termine par le bain de sang final qui est montré en flashbacks. Se déroulant plusieurs années avant l’apparition du Thrace au ludus de Batiatus, la mini-série s’attarde sur le champion de la maison, Gannicus, et sur quelques autres gladiateurs, dont un Gaulois venant d’arriver, Crixus. Batiatus et sa femme, Lucretia, toujours respectivement incarnés par John Hannah et Lucy Lawless, tentent d’accéder non sans mal aux plus hautes sphères de la société de Capoue.

Comme j’ai déjà pu l’écrire, je n’ai pas du tout été convaincue par la première saison de Spartacus. Superficielle, poussive, avec beaucoup trop de scènes érotiques gratuites et totalement racoleuses, elle ne dépasse pas du tout son simple cadre sulfureux. Puisque je savais dans quoi je mettais cette fois-ci les pieds et que je n’allais pas visionner un Rome, je n’ai pas été désagréablement surprise. Bien au contraire. Que l’on ne se mente pas, Gods of the Arena est probablement encore plus outrancière que sa grande sœur. Les moments charnels, de parties à trois, de sodomie et de viols sont nombreux, et plusieurs sont tout particulièrement difficiles à regarder. Pensons entre autres à ceux illustrant la pauvre esclave Diona. Ils sont loin de servir l’intrigue et c’est justement ça qui peut déranger certains téléspectateurs, ce qui est tout à fait compréhensible. Cependant, à part quelques séquences dont on se serait bien passé ou qui auraient gagné à être raccourcies, elles se révèlent largement supportables et sont parfois extrêmement bien mises en scène. C’est d’ailleurs un des atouts de la mini-série étant donné que la réalisation est particulièrement soignée. Il est vrai que ces effets de style ne plairont pas à tout le monde, car il en ressort un certain côté clipesque, mais ceux appréciant le genre devraient être satisfaits. La lumière, la photographie et les couleurs sont également magnifiques et utilisées à bon escient. En soit, Gods of the Arena est une pure merveille pour les yeux et possède assurément une atmosphère bien à elle et presque indéfinissable. La musique de Joseph LoDuca est encore une fois extrêmement solide et alterne entre des moments orchestraux insufflant un souffle épique ou une ambiance feutrée et lancinante.

Ce n’est pas non plus la peine de se leurrer, le contenu n’a pas subitement atteint des sommets de subtilité et de profondeur. Pour autant, l’émotion est palpable à plusieurs reprises et les personnages réussissent à devenir relativement attachants, même lorsqu’ils sont trop peu effleurés. Concernant le fond propre, la condition des esclaves est assez rapidement expédiée si ce n’est que l’on sent toutefois quelques éléments intéressants à ce sujet, comme la souffrance de ceux ne pouvant qu’obéir, la volonté de s’enfuir même si la mort les attend, ou encore le respect de son maître envers et contre tout. Par moments on ne peut ainsi s’empêcher d’être un petit peu frustré si l’on souhaite davantage de relief, mais il faut se rappeler que l’on se trouve devant une série de pur spectacle, et rien de plus. Pour l’anecdote, un des épisodes a été écrit par Jed Whedon et sa femme, Maurissa Tancharoen.

Ce qu’il y a de particulièrement intéressant dans Gods of the Arena, c’est qu’outre la mise en avant du champion Gannicus, elle s’attarde sur de nombreux personnages déjà vus dans Blood and Sand, tout en ajoutant quelques nouveaux. Des éléments entendus jusque-là prennent vie sous nos yeux et l’on ne comprend que mieux certaines choses. Si l’on pense immédiatement à des évènements au sens large du terme, la mini-série prend aussi le temps de faire dans le détail. On pourrait en effet évoquer l’origine du collier de Crixus, par exemple. Batiatus et Lucretia semblent encore des individus assez corrects et même si leurs ambitions sont détectables, ils s’écrasent et n’osent pas toujours élever la voix. C’est au fil des épisodes que l’on pressent l’évolution des maîtres du ludus, leur future chute étant déjà perceptible sur certains points. À l’époque, Batiatus était également ami avec Solonius. Sous couvert de manipulations, de traîtrises et de coups bas, ils perdent peu à peu leur humanité. En fait, on sait d’avance là où la mini-série veut en venir puisqu’on l’a normalement aperçu dans Blood and Sand. Si l’on peut par conséquent craindre une sensation de redite ou d’ennui, ce n’est pas du tout le cas, car ce qui compte, c’est de découvrir de quelle manière les choses se sont déroulées. Quelle était la personnalité du père de Batiatus, pourquoi Lucretia en est-elle arrivée à utiliser Crixus comme reproducteur, comment Crixus est-il justement devenu champion, pour quelle raison Ashur boîte-t-il… ? Les questionnements sont multiples et l’intérêt est généralement présent. C’est là où il s’avère important de connaître l’univers avant de lancer ces six épisodes. Gods of the Arena est aussi l’occasion de développer le Doctore, alors encore Oenomaus le gladiateur. Il est dommage que le protagoniste ne soit pas encore plus mis en avant tant il a des choses à raconter et que son interprète, Peter Mensah, déborde de prestance et de classe. Outre les figures déjà connues, la mini-série en instaure donc des inédites comme Gannicus (Dustin Clare), le bellâtre un peu trop sûr de lui se révélant en définitive plutôt sympathique, ou la femme d’Oenomaus, Melitta, jouée par la superbe Marisa Ramirez. Les deux sont à l’origine de jolies et plaisantes scènes bien qu’ils eurent encore une fois gagné à être davantage creusés. Il en a va de même pour les nouveaux nobles tels que la vénéneuse Gaia, incarnée par la toujours aussi perturbante Jamie Murray (Dexter).

Au final, il semblerait qu’il soit assez mal vu d’apprécier l’univers de Spartacus de Starz. Pourtant, il est assez évident que Gods of the Arena atteint totalement son but qui est de divertir le téléspectateur. Bien sûr, la mini-série ne peut s’empêcher d’injecter maintes séquences de sexe et de violence souvent gratuites, mais malheureusement, c’est un peu le fonds de commerce de nombreuses autres productions actuelles. Quand bien même la franchise repose sur cet aspect sulfureux, elle prouve avec ces six épisodes qu’elle peut aussi se montrer plus réfléchie, bien écrite et réussissant à toucher tout en en mettant plein les yeux tant son esthétique est particulièrement travaillée. De plus, les scènes de combat sont généralement assez jouissives dans leur genre. La mini-série se termine en tout cas en apothéose et d’une très jolie manière assez surprenante. Gods of the Arena prend toute son ampleur en effectuant un parallèle avec la première saison de Spartacus, notamment parce que l’on y comprend davantage ses personnages. Si les enjeux sont absents, le rythme et l’accent sur le pourquoi des évènements permettent de ne pas ennuyer. À vrai dire, tout cela m’a presque donné envie de regarder de nouveau Blood and Sand alors que je ne l’avais que moyennement appréciée ! Ce fut donc une jolie surprise qui n’est certes pas à mettre entre les yeux de tout le monde, mais en sachant à quoi il faut s’en tenir, elle peut être agréable. Place à Vengeance maintenant !
Bonus : la bande-annonce


4 Commentaires

  1. Le Dav'• 21 mars 2012 à 3:10

    Une très bonne saison qui reprend les mêmes ingrédients qui ont fait le succès de la première saison.
    Je suis totalement fan, et la série a sû intérresser même sans son héros.
    Impatient de voir « Vengeance » :)

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    • Caroline• 21 mars 2012 à 17:23

      Oh, Le Dav’ ! Contente de te revoir parmi nous depuis quelques jours – et accessoirement ici :D.

      J’ai vraiment bien aimé cette mini-série et j’en fus la première étonnée. J’espère que Vengeance est du même niveau. Je pense que je ne vais pas trop tarder à la tester, j’attends juste qu’elle soit entièrement diffusée, ce qui est presque le cas, donc ça tombe à pic ;).

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      • Le Dav'• 22 mars 2012 à 11:23

        Merci :).
        Je pense que Orange va la diffuser sans trop tarder. J’ai hâte également, ça y’est , je suis tout émoustiller :D
        Le personnage de Gannicus à toute mes faveurs :)

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        • Caroline• 27 mars 2012 à 14:27

          J’étais assez dubitative concernant ce personnage, d’ailleurs. Au départ, j’avais un peu peur d’avoir un Crixus version 1.0 ou un bellâtre sans fond, mais pas du tout. J’ai vu quelques photos de Vengeance et je sens que je vais être bien contente de ce qui s’y passe, héhé ^^.

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