Aujourd’hui je fais une petite entorse à la ligne éditoriale de Luminophore. Il n’est jamais ici question de films sauf s’ils sont la suite (ou le début) d’une série télévisée. J’aurais pu par exemple écrire un jour un billet sur les films de Sekai no Chuushin de, Ai wo Sakebu, de Taiyou no Uta ou d’Ichi Rittoru no Namida. Ayant dernièrement regardé Hana Yori Dango, la toute première version, je ne résiste pas à l’envie de vous en parler ici bien que cela sorte donc un peu du cadre de ce blog. Rappelez-vous, à l’origine il y a le shôjo manga de Kamio Yôkô écrit entre 1992 et 2003 et s’étalant sur 37 tomes. Comme il y a de quoi s’emmêler les pinceaux, faisons un petit récapitulatif des adaptations télévisées :

  • au Japon ~ Hana Yori Dango : deux saisons, une de neuf épisodes en 2005 et une de onze épisodes en 2007 + un film, Hana Yori Dango Final, en 2009
  • à Taïwan ~ Meteor Garden (Liu Xing Hua Yuan) : deux saisons, une de 20 épisodes en 2001 et une autre de 31 épisodes en 2002
  • en Corée du Sud ~ Boys Over Flowers (Kkotboda Namja) : une série de 25 épisodes en 2009
  • en Chine ~ Meteor Shower (Liu Xing Yu) : deux saisons, une de 36 épisodes en 2009 et une de 36 épisodes en 2010

À cela s’ajoutent les animes et la première version japonaise avec de vrais acteurs, le film de 1995. C’est de lui dont nous allons parler aujourd’hui. Il n’a rien à voir avec le j-drama. C’est pour cela que normalement je ne devrais pas en parler mais bon, les règles sont toujours faites pour être brisées. Intitulé Hana Yori Dango, il est sorti en salles le 19 août 1995 et dure 78 minutes. Comme vous pouvez vous en rendre compte, il a donc été réalisé bien avant la fin du manga. Aucun spoiler.

L’histoire de Hana Yori Dango est suffisamment connue pour ne pas s’y attarder trop longuement. Makino Tsukushi est une lycéenne étudiant dans un établissement huppé parmi des jeunes de la haute société japonaise. Là-bas, un groupe de quatre garçons fait la loi. Imbus d’eux-mêmes, orgueilleux et superficiels, ils sont dirigés par Dômyôji Tsukasa, le plus riche et le plus arrogant d’entre eux. Makino a la mauvaise idée de se le mettre à dos et les ennuis ne font alors que commencer. Le film date de 1995 et ça se sent. Si certains d’entre vous trouvent la série japonaise kitsch, ce n’est rien par rapport à ce long-métrage. Mais alors rien du tout ! Il est fondamentalement impossible de prendre ce film au sérieux tant il est surjoué à l’extrême, caricatural et que les personnages semblent tout droit sortis des années 1990. Ah mais oui, c’est le cas en plus. Les looks sont abominables mais hilarants. Imaginez Dômyôji avec un gilet sans manches rouge et noir brillant et un pantalon en cuir. Oh non, mieux ! Imaginez -le maintenant en mini slip de bain ! C’est bon, l’image s’est bien incrustée dans votre rétine ? Oui, il y a du lourd là-dedans. Hana Yori Dango c’est donc ça et bien, bien plus encore.

En raison du rythme effréné, l’histoire avance très vite et on n’a pas le temps de s’ennuyer malgré l’absence de profondeur des intrigues et des protagonistes. Il paraît assez difficile de concevoir que l’on puisse réellement apprécier ce film à l’heure actuelle si l’on ne connaît pas un minimum l’univers et plus particulièrement le j-drama. Ce qui est surtout amusant est de faire la comparaison et de reconnaître des acteurs désormais connus mais bien plus jeunes. Dômyôji est ici joué par Tanihara Shôsuke (Magerarenai Onna, Tempest, Love Shuffle) et c’est un si ce n’est son premier rôle en tant qu’acteur. Il en est de même pour Fujiki Naohito (Koukou Kyoushi 2003, Shiawase ni Narou yo, Ichi Rittoru no Namida) incarnant Hanazawa Rui. Les deux personnages masculins sont loin d’être développés donc on ne peut pas dire qu’ils soient particulièrement attachants. Leurs principales caractéristiques sont toutefois bien mises en avant comme les difficultés langagières de Dômyôji ou la solitude de Rui et son amour sans retour pour Shizuka. Quid de Tsukushi ? Elle porte ici les traits de la jolie et pétillante Uchida Yuki (Innocent Love) à qui le rôle va comme un gant. D’ailleurs, le jeu d’Inoue Mao est assez proche de celui de sa prédécesseur. Les autres membres du F4 ou les personnes gravitant autour de tout ce joli monde ne sont pas exploités une seule seconde. En bref, le scénario est creux et de toute manière, en un tout petit peu plus d’une heure il n’est pas possible d’être aussi exhaustif que dans les versions télévisées. Rappelons aussi qu’au moment de la sortie du film le manga était loin d’être avancé.

Il ne faut clairement pas débuter Hana Yori Dango par ce film qui donne juste envie de fuir. Terminez plutôt votre longue aventure par celui-ci et prenez-le comme une sorte de bonus parodique qui ne se prend pas une seule seconde au sérieux. Oui, il vaut mieux partir dans ce genre d’état d’esprit sinon le choc risque d’être important. La réalisation, les vêtements, la musique et le jeu des acteurs sont tellement marqués par les années 1990 que l’on a mal aux yeux. Cependant, il en ressort un certain amusement tant les situations et les personnages manquent de crédibilité. On se met alors à penser que heureusement, en quelques années il y a eu de l’amélioration et que cette histoire a fini par être à l’origine de séries un peu moins honteuses !