Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui nous n’allons pas discuter d’une série télévisée au sens où la majorité l’entend, mais d’un documentaire. Il m’arrive effectivement d’en visionner de temps en temps sauf que jusqu’à maintenant, je n’en avais jamais parlé ici. Pourtant, eux aussi ont leur place sur Luminophore à partir du moment où ils comportent plusieurs parties. Cette erreur est dorénavant réparée grâce à Planet Dinosaur, un programme constitué de six épisodes de trente minutes chacun qui fut diffusé entre septembre et octobre 2011 sur BBC One. La BBC n’a pas volé sa réputation d’excellence culturelle et tend à le prouver chaque année avec ses émissions. Évidemment, tout n’est pas parfait, mais la société de production fait des efforts. Aucun spoiler : les dinosaures meurent tous.

Comme un grand nombre de personnes, les dinosaures me fascinent depuis que je suis haute comme trois pommes. À une époque, j’envisageais même de devenir paléontologue, c’est pour dire. Vu que je ne le suis visiblement pas et que je suis un peu tard pour me reconvertir (quoique…), il faut bien assouvir son intérêt d’une autre manière. Dès que j’en ai la possibilité, je ne rechigne jamais à l’idée de visionner une fiction les employant. C’est d’ailleurs principalement pour cette raison que je me suis infligé durant cinq années Primeval. Plus récemment, nous avons parlé ici de Dinotopia et dans un registre assez apparenté, notons l’existence de Prehistoric Park d’ITV ainsi que de Walking with Dinosaurs bien que concernant ce dernier, je n’aie encore jamais pris le temps de le tester. Quoi qu’il en soit, pour peu que l’on soit passionné par ce sujet, il y a de quoi se mettre sous la dent chez les Anglais et ce n’est pas moi qui m’en plaindrais.

Planet Dinosaur commence en expliquant d’emblée le but de sa démarche. Il semble possible de considérer que depuis plusieurs années, nous vivons l’âge d’or des découvertes sur ces créatures fascinantes, phénomène amplifié par les technologies actuelles. Sans aller jusqu’à dire que chaque jour apporte son lot de surprises et de nouveautés, les scientifiques apprennent régulièrement grâce aux fossiles une quantité importante d’informations permettant de combler certaines lacunes. Au fil de son avancée, le programme s’attarde sur de multiples espèces de dinosaures aussi diverses que variées. Il traite des géants herbivores comme le Diplodocus ou l’Argentinosaurus et montre qu’ils sont liés de manière réciproque aux impressionnants prédateurs carnassiers tels que l’Allosaurus ou le Carcharodontosaurus. Sauropodes et théropodes sont les principaux acteurs de cette série, mais ils ne sont pas les seuls à être mis en avant. Planet Dinosaur fait effectivement la part belle à de nombreuses races différentes comme les dinosaures à plumes, ceux qui volaient, qui nageaient, mais également les minuscules ne dépassant pas la taille d’un pigeon. Loin de se cantonner à une zone bien spécifique, les épisodes voyagent en allant de l’Afrique à l’Amérique, en faisant un détour en Asie, en Europe ou encore en Arctique. Chaque partie est généralement dédiée à un thème, mais le fil rouge est plus ou moins similaire tant il est sempiternellement question de l’extinction de ces vertébrés. Globalement, le documentaire se focalise majoritairement sur le Crétacé, mais il n’oublie pas le Jurassique. Il est souvent sympathique de voir autre chose que des T-Rex et maints dinosaures médiatiquement connus et dont on commence plus ou moins à faire le tour. Rassurez-vous, ils sont quand même présents. En outre, la production axe ses propos sur des faits récents et n’hésite pas à mettre en avant des découvertes de 2010, ce qui fait toujours plaisir lorsque l’on recherche des informations actuelles. Tout cela amène donc à affirmer qu’au niveau du contenu, il n’y a vraiment pas grand-chose à redire parce que la fidélité et la richesse y transpirent.

Sur la forme, Planet Dinosaur est relativement maîtrisé. Un documentaire ne pourra être agréable si sa voix n’est pas convaincante. Avec John Hurt (Merlin -BBC- et tellement d’autres choses) derrière le micro, le résultat mérite sans surprise le détour. La musique se veut également tout à fait convenable et sait se faire discrète ou plus présente lorsque la scène le requiert. Il est vrai par contre que l’animation et les images de synthèse peinent un peu, mais pour une série de la BBC et non pas un blockbuster, le niveau demeure plutôt solide. Certaines séquences sont d’ailleurs assez stupéfiantes de réalisme. Ce qui fait la force de Planet Dinosaur, c’est son rythme dynamique et son aspect didactique. Les épisodes ne donnent pas du tout l’impression de sortir tout droit d’une encyclopédie, car le ton ne se révèle ni académique ni scolaire, bien au contraire. De manière régulière, les dinosaures et les endroits du globe sont montrés selon une brève animation avec toujours une explication par rapport aux fossiles découverts et la façon dont les scientifiques sont parvenus à certaines hypothèses. Avec des parties de trente minutes, l’ennui n’est jamais présent, d’autant plus qu’aussi incroyable que cela puisse paraître, on peut facilement être touché, voire quasi effrayé par ce qui se passe à l’écran.

Au final, Planet Dinosaur s’apparente à un très sympathique documentaire informatif, actualisé et plutôt fascinant. La voix de John Hurt associée à l’esthétique satisfaisante, à la solide bande originale et au petit souffle presque épique font tout le reste. En raison de sa courte durée, il va directement à l’essentiel, ce qui est une qualité comme un défaut. Il aurait effectivement gagné à être davantage approfondi sans prendre pour autant le risque de perdre au passage de son dynamisme ou de son intérêt. Sa principale lacune est par conséquent d’être trop bref, ce qui est bien peu de chose. Ne boudons donc pas notre plaisir devant ce genre de productions, surtout lorsqu’elles sont si bien faites.
Bonus : la bande-annonce, la voix off n’est pas celle de John Hurt