C’est presque deux ans après la fin de Yankee Bokô ni Kaeru qu’un épisode spécial fut réalisé au Japon. D’une durée d’un peu moins de 110 minutes, il fut diffusé le le 27 mars 2005 sur TBS. Il s’agit non pas d’une suite au renzoku mais d’un prologue, l’épisode se déroulant plusieurs années avant l’arrivée de Yoshimori en tant que professeur. Son sous-titre, Tabidachi no Toki, Furyô Shônen no Yume signifie (très) approximativement l’heure de départ, rêve d’un délinquant. Aucun spoiler.

Yoshiie Hiroyuki est un jeune à la dérive dont le père ne supporte plus la simple présence. Il s’en débarrasse en l’envoyant à Hokkaidô, dans le tout nouveau lycée Hokusei Yoichi accueillant ceux dont plus personne ne veut. Là-bas, Yoshiie en fait voir de toutes les couleurs aux professeurs qui pourtant, ne baissent pas les bras et ne le laissent pas tomber. Progressivement, il réalise alors qu’il a peut-être moyen de faire quelque chose de sa vie et finit même par se faire des amis.

Je ne sais pas pourquoi mais avant de le débuter, j’étais persuadée que ce SP racontait l’arrivée de Yoshimori dans le lycée en tant qu’élève. Ce n’est pas du tout le cas. En fait, si j’ai bien tout compris, cet épisode s’inspire de faits réels puisque Yoshiie existe. Il aurait été professeur et serait maintenant un homme politique. On le voit d’ailleurs à la toute fin. C’est ici le très sympathique Sakurai Shô (Kisarazu Cat’s Eye) qui offre ses traits au jeune en conflit intérieur et perpétuellement en colère. Le scénario se révèle assez classique et dans la lignée du renzoku. Loin de prôner la surenchère et s’attardant surtout sur ses personnages et sur le côté réaliste, l’épisode demeure donc sobre. Il met surtout en avant l’évolution de Yoshiie, lui qui au départ veut qu’on le laisse tranquille et qui n’hésite pas à se montrer violent. Cette fois, ce n’est pas Yoshimori qui va l’aider à sortir du triste chemin qu’il suit mais Andô Yukiko, évidemment plus jeune que dans le j-drama. Par sa force de persuasion, sa ténacité et son bon cœur, elle se fait apprécier de l’ensemble des élèves et le mérite amplement. Du côté des professeurs, Iwasaki Tatsu est également de retour. À ce sujet, c’est avec consternation que j’ai appris récemment que son interprète, Harada Yoshio, était décédé en 2011. Quelle immense perte.

Outre le personnage principal, le spécial s’attarde sur quelques autres élèves en difficulté mais en raison de sa durée, il n’est pas possible de les développer convenablement. À l’instar du renzoku, ils sont interprétés par quelques visages désormais relativement connus comme Matsuda Shôta dans son tout premier rôle mais aussi Kimura Ryô (Otomen, Hanazakari no Kimitachi e). L’épisode se déroulant dans les années 1980, les coiffures sont d’époque et sont franchement collector. Et c’est Harada Mitsuki (Hachimitsu to Clover) qui incarne la alors jeune Kanai Shiho, celle jouée par Shinohara Ryôko et chez qui tout le monde logera dans le renzoku. Si les thématiques et l’approche sont les mêmes que précédemment, le style visuel et musical est également dans des tons similaires. On sent bien qu’il s’agit-là d’un univers semblable et cette continuité est appréciable, quand bien même l’époque et les personnages principaux diffèrent.

En somme, l’épisode spécial de Yankee Bokô ni Kaeru est tout à fait correct. S’il souffre moins du ton naïf que la série, il aurait gagné à être plus court car l’intrigue finit quelque peu par ennuyer. Cela étant, l’interprétation, les protagonistes et l’histoire mise en avant se montrent solides. À regarder pour peu que l’on ait apprécié le j-drama. À savoir qu’il peut aussi très bien se voir seul, sans connaître au préalable le renzoku.