Oh, un å et un ø dans le titre de ce billet. Il n’y a pas de doute, nous n’allons pas parler d’une série japonaise ou plus traditionnellement, d’une américaine / anglaise. Eh non, aujourd’hui nous embarquons pour la première fois en Scandinavie. Direction le Danemark ! Contrairement à plusieurs de mes confrères blogueurs, je n’avais jamais eu l’occasion d’aller voir ce qu’il s’y faisait. Ce n’est pas un réel désintérêt de ma part, c’est juste qu’il faut bien faire des choix et je préfère privilégier -tout du moins actuellement- le Japon. Accessoirement parlant, il faut aussi les trouver ces séries. Arte fait de gros efforts à ce sujet depuis ce début d’année mais elle n’est pas la seule à aller dans ce sens. Effectivement, grâce à Eurochannel, une chaîne entièrement dédiée aux productions européennes, j’ai pu réparer cette erreur. Mon petit doigt me dit que prochainement nous continuerons notre exploration nordique uniquement centrée sur les pilotes pour le moment. Oui, c’est un peu frustrant pour celle qui n’aime pas se lancer sans être sûre de voir la suite mais bon, autant combattre le feu par le feu.

Pour commencer ce petit voyage, attardons-nous sur Anna Pihl si vous le voulez bien. Composée de trois saisons de dix épisodes chacun, elle fut diffusée au Danemark sur TV 2 entre 2006 et 2008. Le premier épisode, Ny betjent på Bellahøj, date du 13 février 2006 et dure quarante minutes. Mes connaissances en danois sont en-dessous de zéro mais si je ne me trompe pas, le titre signifie approximativement un nouveau flic à Bellahøj. À noter que la série est actuellement visible en France sur Eurochannel, chaîne uniquement disponible via SFR (chaîne 89) et Free (chaîne 34 – en clair jusqu’à fin mai 2012). Aucun spoiler.

Anna Pihl vient d’arriver à Copenhague qu’elle ne connaît que peu. Fraîchement divorcée et devant s’occuper seule de Mikkel, son fils de quatre ans, elle décide d’intégrer la brigade criminelle de Bellahøj, un quartier difficile de Copenhague. Dès son premier jour de travail, elle réalise rapidement qu’elle aura des difficultés à mener de front sa vie de famille et professionnelle.

Ce premier épisode introduit en douceur le cadre d’Anna Pihl, ses personnages principaux et la tonalité que la série souhaite offrir aux téléspectateurs. Rien de mieux que d’entrer dans le vif du sujet en confrontant immédiatement l’héroïne à des problèmes inédits. C’est un tout nouveau monde qui s’ouvre à Anna. Elle vient de divorcer, elle arrive à Copenhague qu’elle ne connaît pas et en plus, elle a décidé de débuter une carrière en tant que policière. Ajoutons-lui son petit garçon, un père ne lui parlant plus suite au décès de sa femme ainsi qu’un ex-mari traînant dans les parages qui semble un peu trop papillonner et la voilà forcément quelque peu déboussolée. Il n’est donc pas très étonnant qu’elle ne soit pas toujours en phase avec ce qu’elle est supposée faire. Lors de son premier jour de travail, elle se fait immédiatement remarquer en arrivant en retard et elle ne s’arrête pas sur sa lancée. Anna est montrée comme une femme assez naïve, relativement sympathique et reposant beaucoup trop sur ses émotions et sur sa vie personnelle pour quelqu’un qui doit justement laisser ses sentiments au placard. Le pilote donne l’impression de vouloir se focaliser sur cette dynamique, mettant donc son héroïne toujours dans une situation incertaine où elle doit apprendre à trouver la juste mesure entre ses deux vies. Ici, elle se retrouve confrontée à un couple où le mari a une interdiction d’approcher sa femme. Pourtant, celle-ci l’aime jusqu’à la folie, elle est juste d’une jalousie maladive. Cette affaire n’est pas particulièrement palpitante et passe surtout au second plan tant le but semble être de présenter Anna aux téléspectateurs.

Quelques autres figures sont présentées comme Mikala, la nouvelle équipière d’Anna jouée par Iben Hjejle que l’on a déjà pu voir aux États-Unis dans le film High Fidelity avec John Cusack. Celle-ci s’entend immédiatement bien avec Anna et tente de l’aider à prendre ses marques. En revanche, un autre policier semble l’avoir légèrement prise en grippe et ne montre pas d’intention de l’aider à s’intégrer. L’épisode se termine sinon sur la mise en avant assez furtive d’un autre collègue avec qui Anna pourrait bien entretenir des relations plus que cordiales dans le futur. La série se veut par ailleurs assez moderne puisque la jeune mère partage son appartement avec son ami gay.

Si le scénario est classique, il en va de même concernant la réalisation qui ne sort pas des sentiers battus. Elle aurait même parfois tendance à être inférieure à ce qui est attendu en raison de quelques plans mal montés ou un peu trop amateurs. Ceci étant dit, elle n’est en aucun cas rédhibitoire. À force d’être habitué aux séries policières américaines où la mécanique est parfaitement rodée, il est nécessaire d’oublier ce que l’on connaît. Il en va de même concernant la teneur des intrigues policières qui semblent d’ailleurs vouloir prôner un relatif réalisme à l’européenne. A contrario, la bande-son est relativement agréable avec l’insertion de jolies chansons.

Anna Pihl donne sans grande surprise l’impression d’être un procedural dans la même veine que tous ceux que l’on peut déjà voir dans de nombreux pays. Bien que la réalisation ne soit vraiment pas mémorable, ce sont espérons-le l’attachement et le développement plausible des personnages qui vont permettre à la série de devenir intéressante ou tout du moins divertissante. Malheureusement, Ny betjent på Bellahøj n’est pas suffisamment convaincant pour donner envie de s’y investir pleinement. Sans être mauvais, il demeure bien trop classique voire convenu et ce n’est pas le fait qu’il se déroule au Danemark qui change quoi que ce soit à la donne. Il reste à voir si la suite saura se montrer quelque peu moins conventionnelle.