Avant de parler du film de Kaibutsu-kun qui ne devrait plus trop tarder à sortir en DVD au Japon, et donc à être disponible chez nous, il s’avère nécessaire de traiter du second épisode spécial. Intitulé Kaibutsu-kun Kanzen Shinsaku Special!!, soit grossièrement traduit en le dernier final spécial, il fut diffusé sur NTV le 15 octobre 2011 et dure un peu plus d’une heure. Aucun spoiler.

Quelques mois après avoir réussi l’entraînement mis au point par son père, Kaibutsu-kun est de retour dans le monde des monstres. Alors qu’il s’apprête enfin à monter sur le trône, il ne parvient pas à être content. Ce qu’il veut, lui, ce n’est plus gouverner son peuple, mais retourner voir Utako et Hiroshi, ou encore manger du curry. Comme il s’entête et qu’il n’est clairement pas si mature que ce qu’il aimerait faire croire, le roi décide de l’aider à retrouver les humains. Mais ce que Kaibutsu-kun ne sait pas, c’est que ce voyage n’est pas aussi réel que ce qu’il en a l’air.

Autant le premier épisode spécial, Mô Kaette Kita Yo!! Kaibutsu-kun Subete Shinsaku, n’est pas indispensable pour comprendre l’univers de Kaibutsu-kun car il ne s’y passe rien, autant celui-ci l’est. Il commence effectivement probablement en partie l’intrigue du film et change quelque peu la donne sur les occupations de l’antihéros. Nous retrouvons dès lors Kaibutsu-kun qui bougonne dans son coin, qui hurle sur ses laquais, à savoir Franken, Dracula et Wolfman, et qui n’en rate pas une pour se montrer insupportable. Ceci étant, il souffre ! Il ne réalise pas pourquoi parce qu’il n’est pas une lumière, mais nous découvrons tous que ses amis terriens lui manquent. Évidemment, ce n’est pas non plus maintenant qu’il est altruiste et il n’a donc aucune idée que ses trois compères sont rejetés par leurs congénères. En effet, en raison de leur apparence modifiée depuis leur voyage chez les humains, mais aussi comme ils doivent s’occuper du monstre monstrueusement égoïste, plus personne ne veut d’eux. Ajoutons à tout ça le père de Kaibutsu-kun qui décide de prendre le taureau par les cornes, une Kaiko encore et toujours énamourée, et cet idiot d’Akkuma qui a bien envie de faire souffrir le martyre celui qu’il juge responsable de tous ces maux. Mélangeons le tout et nous avons la recette de ce spécial survolté bien qu’assez ennuyant, surjoué à l’extrême et régulièrement stupide sur les bords. Par chance, les humains sont quasi absents et l’on ne s’en plaindra pas.

À l’instar du renzoku, l’humour est donc de la partie, les blagues fusent dans tous les sens et la morale détournée par Kaibutsu-kun n’est pas oubliée. Elle a tout particulièrement trait à l’amitié qui est mise à mal dans ce spécial. Comme souvent avec les Japonais, cette thématique touche la corde sensible et sait se montrer intéressante, bien qu’elle soit quand même amenée avec autant de subtilité que le ferait un éléphant. Certes, cette espèce de sermon déborde de bons sentiments, mais elle est jolie et prouve que certaines personnes auront beau nous embêter, nous taper sur les nerfs ou avoir une multitude de défauts, on continuera à les aimer et à considérer cette relation comme importante. C’est tout. Il n’y a pas d’explication particulière, c’est juste comme ça. L’épisode à ce niveau est simple et efficace comme ce fut généralement le cas précédemment.

Pour conclure, ne le nions pas, le spécial ne fait absolument pas fi des écueils du renzoku. En bref, le surjeu est à son paroxysme, certaines situations sont complètement débiles, le rythme est aléatoire et l’histoire n’a vraiment rien d’extraordinaire. S’il est vrai que le but est d’amorcer le fil rouge du film, avec Demokin ayant retrouvé ses esprits et Demorina désormais semblable à la Belle au bois dormant, on ne voit pas trop l’intérêt de ce tanpatsu. Restent heureusement l’attachement que l’on peut éprouver pour les personnages, la bonne humeur ambiante, la morale détournée d’une jolie manière et l’esthétique soignée. Espérons que le long-métrage sache compenser ces lacunes – parce que oui, il y en aura ! – en ayant des qualités plus concrètes.