Kimi ga Oshiete Kureta Koto | 君が教えてくれたこと

Par , le 22 juin 2012

Continuons donc nos aventures parmi les reliques japonaises avec Kimi ga Oshiete Kureta Koto. Après, promis, nous allons revenir à des séries actuelles. Derrière ce titre, signifiant approximativement les choses que tu m’as apprises, se cache un j-drama de douze épisodes de 45 minutes diffusés entre avril et juin 2000 sur TBS. Attention à ne pas le confondre avec Taisetsu na Koto wa Subete Kimi ga Oshiete Kureta passé en 2011 sur Fuji TV. Les deux n’ont absolument rien à voir. Kimi ga Oshiete Kureta Koto est aussi connu sous l’appellation From the Heart. Aucun spoiler.

Amemiya Mayuko est une jeune femme autiste vivant dans son monde fait de météo et d’objets brillants. Un jour, elle rencontre un ancien psychiatre qui n’arrive pas à se remettre du décès de sa petite-amie ayant pourtant eu lieu trois ans auparavant. Alors que les deux ne vivent pas dans le même univers, ils finissent par se rapprocher. Tandis que l’un apprend à l’autre à interagir avec les humains, l’autre lui offre la possibilité de soigner son cœur brisé.

C’est rare, je ne sais absolument pas pourquoi j’ai récupéré Kimi ga Oshiete Kureta Koto. Je me souviens avoir lu un très rapide commentaire quelque part un jour à son sujet mais de qui et où ? Et que disait ce commentaire ? Là aussi, chou blanc. Sur une note technique, je tiens à préciser qu’à l’heure actuelle, la série semble introuvable. Je l’ai récupérée avant la fermeture d’un certain site commençant par M. et depuis, elle aussi aurait disparu. La qualité de la vidéo est assez mauvaise et j’espérais justement quelque chose de mieux mais là, il n’y a vraiment plus rien. De ce fait, si vous la cherchez, n’hésitez pas à me contacter pour que je la mette en ligne quelque part. Elle n’est d’ailleurs pas du tout connue sur la toile et il est très difficile d’avoir des informations à son sujet. Pourtant, elle mérite vraiment d’avoir davantage de renommée.

Amemiya Makuyo a vingt ans. Ce qui la distingue des autres jeunes femmes de son âge est qu’elle est autiste de haut niveau. Sauf qu’elle ne le sait pas, elle, bien qu’elle se sente différente des autres. Ses parents la protègent et la laissent mener sa petite vie tranquille. Ainsi, tous les jours elle se promène dans le parc à côté de chez elle, elle prend la température de l’eau, elle vérifie d’où viennent les vents et fait ses prédictions météorologiques. Son petit frère, Jun, attentif et bienveillant lui a même construit un site internet afin qu’elle puisse mettre en ligne son propre bulletin météo. Progressivement, ce prodige de la météo finit par se faire connaître car en réalité, Mayuko ne se trompe jamais. Elle est passionnée par le ciel et les éléments naturels mais du fait de sa condition, elle sait ne pas être capable de passer sa licence de météorologie. Ce n’est qu’en rencontrant un ancien psychiatre, Sayama Shinichi, qu’elle réalise pouvoir peut-être changer. Mayuko est incarnée à l’écran par Tomosaka Rie (Tôkyô DOGS, Oh! My Girl!!) qui est ici tout simplement stupéfiante. Sans savoir contre qui elle était en compétition à l’époque, on ne peut qu’être d’accord qu’elle ait reçu un prix pour son interprétation. Incarner une autiste ne doit pas être évident, or cette actrice a clairement réussi à rendre Mayuko crédible. L’héroïne souffre d’autisme de haut niveau. Comme cela est correctement expliqué dans la série, son intelligence est dans la norme et elle n’est donc pas plus idiote qu’une autre. En revanche, elle possède d’énormes lacunes pour tout ce qui a rapport aux interactions sociales et aux comportements non-verbaux. En d’autres termes, elle ne comprend pas le second degré et prend n’importe quelle phrase au pied de la lettre, elle ne peut analyser les émotions sur le visage de quelqu’un et s’adapter en conséquence, la tonalité d’une voix ne lui donne pas davantage d’informations, etc. Elle a besoin de tout contrôler et de maîtriser avant d’être relativement à l’aise, elle supporte difficilement certains bruits pourtant anodins ou des lumières fortes, elle ne peut non plus s’empêcher d’avoir quelques mouvements moteurs stéréotypés, le contact physique est presque impossible ou encore elle se contente d’un seul loisir qu’elle optimise à son plein potentiel. La caractérisation de l’autisme de haut niveau est relativement bien documentée et on sent un effort de la part des deux scénaristes, Takeda Yuriko et Harada Naoko, d’être le plus réaliste possible. Sachant que l’ensemble de la distribution et que les thématiques prônent majoritairement la sobriété, on ne peut qu’être satisfait de ce point de vue là.

Lorsque Mayuko rencontre Sayama Shinichi, elle s’attache immédiatement à lui bien qu’elle ne puisse mettre des mots sur ce qu’elle ressent. L’amour n’a aucune valeur pour elle car elle n’en saisit pas l’essence. Ce qu’elle sait par contre c’est que cet ancien psychiatre peut lui apprendre à interagir avec les autres. Elle désire avoir la possibilité de maximiser son fonctionnement en société et dans un milieu professionnel qu’elle aimerait intégrer. La série est très réussie sur cet aspect car elle met en avant les doutes du patient et de son médecin ou encore la difficulté d’expliquer à quelqu’un des sentiments. Sentiments qui sont, justement, inexplicables. Néanmoins, Kimi ga Oshiete Kureta Koto est légèrement trop optimiste voire naïf. Bien évidemment on aimerait que l’autisme se guérisse et qu’il suffise que ceux qui en souffrent travaillent pour atténuer leurs difficultés mais en réalité, c’est bien plus complexe que ça. Mayuko va effectivement progresser au fil des épisodes et faire preuve d’un recul presque étonnant pour quelqu’un d’autiste. C’est là où le j-drama perd quelque peu en profondeur bien qu’il demeure tout de même profondément naturel et au final, humaniste.

Sayama Shinichi de son côté travaille désormais dans un juku, une de ses écoles privées où sont dispensés des cours après la fin de la journée au collège / lycée. Joué par Kamikawa Takaya (Hanazakari no Kimitachi e, Arakawa Under the Bridge), Shinichi était autrefois un psychiatre spécialisé dans les troubles affectifs et émotionnels mais a quitté ses fonctions suite au décès de sa petite-amie. Depuis, il se laisse vivre et est semblable à une coquille vide. Il s’injecte régulièrement des larmes artificielles et ne peut donc pleurer comme il en aurait pourtant besoin. En rencontrant Mayuko, il réalise ses besoins et son envie de l’aider. La relation entre ce duo atypique est traitée avec beaucoup de finesse. Cela dit, n’importe quel psychologue /psychiatre sera forcément dérangé voire mal à l’aise vis-à-vis de ce lien tant il dépasse le strict cadre thérapeutique et occulte totalement certaines dynamiques pourtant claires comme le transfert et le contre-transfert. Shinichi réalise à quel point son attachement pour Mayuko est lié à son ancienne petite-amie, décide toutefois d’aider la jeune autiste en tant que psychiatre et semble pourtant répéter les mêmes erreurs en n’ayant ainsi aucune éthique professionnelle. Car oui, c’est le cas. Nuançons tout de même cela car je me doute bien que la majorité ne verra pas ce lien de cette manière mais plutôt comme quelque chose de doux, d’innocent et presque pur, soit à l’image de Mayuko.

Kimi ga Oshiete Kureta, outre son aspect romantique, explore d’autres thématiques plus fédératrices. La famille est ainsi celle qui a le plus de temps d’antenne. Mayuko vit toujours avec ses parents et son frère, Jun. Élever quelqu’un d’autiste doit être particulièrement difficile et éprouvant tant les émotions sont en grande partie absentes. L’accent est mis sur sa mère, calme et attentive aux besoins de sa fille, et sur son père donnant l’impression d’être froid et distant. Cependant, si les premiers contacts avec ce dernier tendent à faire penser qu’il est indifférent à sa fille et souhaite la cacher, ce n’est pas le cas. C’est même tout le contraire car en la gardant chez lui, il désire lui éviter toute déconvenue et désire la protéger plus que tout. Les parents sont bien écrits et leurs interprètes font leur travail comme il faut. Il en est de même pour le frère, Jun, incarné par Fujiwara Tatsuya quelques mois avant qu’il n’explose dans Battle Royale. Dommage qu’en cours de route la série se croit obligée d’insérer un élément sortant de l’ordinaire et ajoutant une certaine dose de sensationnalisme. En fait, à l’exception de la famille de Mayuko et de Shinichi, les autres personnages sont assez faibles voire caricaturaux. Le supposé meilleur ami du père de l’héroïne en est le parfait exemple tant sa personnalité et son développement apparaissent déplacés dans cette série. Sinon, Saitô Yôsuke (H2) incarne un collègue psychiatre et ami de Shinichi. Le fait que le rythme de la série soit aussi lent peut parfois porter préjudice bien que chez certains téléspectateurs, cette tranquillité puisse au contraire se révéler plus qu’appréciable. Sinon, comme souvent, Senju Akira (Suna no Utsuwa, Kôkô Kyôshi 2003) propose une bande-son intéressante. Il n’y a qu’une seule chanson, Love Again ~Eien no Sekai~, de shela, et elle n’est entendue que dans le joli générique de fin.

Il est assez amusant de constater que c’est vraiment l’écriture de ce billet qui m’a permis de mettre le doigt sur ce qui m’empêchait de pleinement apprécier Kimi ga Oshiete Kureta. Mes propos doivent être pondérés car j’ai vraiment l’impression de m’être focalisée sur certaines choses triviales alors que l’intérêt était tout autre. Sans conteste, cette série est très riche car elle réussit à mettre en avant une histoire romantique originale avec d’un côté un homme brisé et de l’autre, une femme ne comprenant pas le sens de l’amour. Cette relation est traitée avec beaucoup de finesse et d’innocence, ses interprètes magnifiant de plus certains gestes et paroles. Bien que le moteur du j-drama soit l’autisme, l’approche de ce handicap est également effectuée avec pudeur en dépit d’un certain optimisme quelque peu fantasmé. L’impact émotionnel est indubitable mais c’est une juxtaposition d’éléments quasi anodins qui bizarrement, empêche de se sentir impliqué dans ce que l’on regarde. Le rythme parfois trop plat, les personnages tertiaires unidimensionnels ou une intrigue vers la fin légèrement poussive viennent presque gâcher la pureté de relation intimiste entre Mayuko et Shinichi. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas ça qui empêche de passer un agréable moment devant cette série humaine faisant preuve d’une sincérité la plus sobre possible.


7 Comments

  1. Caroline
    Katzina• 1 juillet 2012 at 21:32

    Tu nous as encore déniché une bonne vieillerie, que je ne connaissais pas du tout et que je suis bien contente de découvrir (mais apparemment ça va pas être facile de mettre la main dessus ^^).
    J’ai justement découvert récemment Kamikawa Takaya et ça me tenterait bien de le revoir. Et je ne doute pas une seconde de la qualité de l’interprétation de Tomosaka Rie ! Allez hop, sur ma liste ^^.

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    • Caroline
      Caroline• 4 juillet 2012 at 14:36

      Cette série n’est tellement pas connue qu’il n’y a presque rien sur le net. D’habitude il y a au moins un petit truc, là, c’est chou blanc (en anglais / français en tout cas). C’est rare.
      Il est sympa Kamikawa Takaya, et il a une filmographie plutôt intéressante. J’ai pas mal de séries dans lesquelles il apparaît qui sont déjà sur mon programme.
      Bref, si tu cherches la série à un moment donné et qu’elle n’est toujours pas trouvable, tu sais où me contacter :)

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  2. Caroline
    SexyAsia Fansub• 3 novembre 2014 at 10:31

    Bonjour,

    Excuse-moi de vous déranger, j’ai lu ton article ou vous disiez que vous possédez les vidéos.
    Ma team compte faire ce projet dans le futur.
    Les seules RAWs que j’ai, est de très mauvaise qualité, donc il sera possible de me donner les vidéos, s’il vous plaît.

    (Par hasard, possédez-vous les sous titres en srt. Car j’ai déjà retranscrit l’épisode 1 mais c’est très long^^)

    Je vous remercie.
    Bonne journée

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    • Caroline
      Caroline• 3 novembre 2014 at 18:31

      Justement, comme je l’ai écrit dans ce billet, la qualité des vidéos en ma possession s’avère assez mauvaise. La résolution est de 352×240 pixels et tout est en *mpg. Pour couronner le tout, les sous-titres sont incrustés. Donc, non, je doute que ça fasse l’affaire ^^;;.

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  3. Caroline
    SexyAsia Fansub• 3 novembre 2014 at 21:44

    Mince, tant pis j’aurais essayer.
    Je vais garder mes RAWs.
    Merci de m’avoir répondu aussi vite.

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    • Caroline
      Caroline• 3 novembre 2014 at 22:13

      Entre dramaphiles, c’est normal d’essayer de s’entraider ^^. Bon courage pour la traduction de cette jolie série !

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  4. Caroline
    Nana• 4 juillet 2017 at 1:15

    Hi, sorry to bother you but i have been looking for this TV show for months and i can’t find it anywhere so i was wondering if you can post it online or send it to me. i don’t care about the quality so it doesn’t matter if it’s really bad, i just want to watch it. thank you in advance.

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