Woman’s Island | ウーマンズ・アイランド

Par , le 14 septembre 2012

Après avoir flirté avec les rivières du désespoir devant Soredemo, Ikite Yuku, il valait mieux essayer de recharger ses batteries grâce à un tanpatsu plus léger avant de repartir sur un autre renzoku a priori assez éprouvant. C’est dans ces conditions que je me suis ainsi retrouvée devant Woman’s Island, signifiant en français l’île de la femme. Le tanpatsu est composé d’un unique épisode de 96 minutes et fut diffusé sur NTV le 24 février 2006. Aucun spoiler.

Takase Yûki, 31 ans, est rédactrice dans une petite maison d’édition. Son patron lui demande de développer un nouveau magazine dans lequel elle devra parler de femmes ayant réussi à concilier amour et travail. Accompagnée de sa pétillante assistante, elle interviewe alors de nombreuses femmes tout en essayant de trouver un sens à sa propre vie.

 

Il semblerait que Woman’s Island ait été en partie produit par la marque Shiseido et en le sachant, on comprend mieux certains partis pris sans pour autant être d’accord avec tout ce qu’il s’y dit. Le public cible est sans aucun doute possible celui des jeunes femmes. Le tanpatsu s’attarde effectivement sur quatre d’entre elles pendant qu’elles essayent de se construire leur propre univers, les hommes étant uniquement vus à travers leur spectre. L’une d’entre elles, Takase Yûki est la plus âgée et aussi la plus aigrie bien qu’elle ne s’en rende pas compte tout de suite. Elle est jouée par Shinohara Ryôko (Yankee Bokô ni Kaeru) qui apporte ce qu’il faut d’étincelles à son personnage pour la rendre assez attachante. En couple depuis plusieurs années avec Kazuya (Nakamura Shunsuke – Zettai Kareshi, Sengoku Jieitai), Yûki en vient à considérer son petit-ami comme un meuble, la réciproque étant en plus de mise. Les deux se sont un jour aimés mais à l’heure actuelle, ils ne font plus aucun effort et continuent cette relation de manière mécanique. Yûki travaille de la même manière dans une maison d’édition, en ne cherchant pas à se surpasser et en laissant tout couler. Elle est arrivée à un point dans sa vie où plus rien ne semble avoir d’importance à ses yeux. Or les années passent et si elle continue de cette façon, elle sait qu’elle n’aura jamais ce dont elle rêve. Quoi qu’il en soit, elle est chargée d’interviewer des femmes ayant réussi là où elle aurait échoué pour un nouveau magazine qui devrait sortir dans les mois suivants. Pour cela, elle est aidée par la petite jeune Fushijima Rei, incarnée par Kuriyama Chiaki (Hagetaka, Tsukahara Bokuden, Rebound), qui elle est bien décidée à profiter à fond de sa jeunesse en multipliant les aventures et les expériences. Rei apprécie celle qu’elle considère comme un mentor mais est parfois désespérée de la voir aussi résignée. Un livreur joué par Tanaka Kei (Soredemo, Ikite Yuku, Spring Story, Taiyô no Uta, Byakuyakô, Sekai no Chûshin de, Ai wo Sakebu) semble en pincer pour elle. À noter sinon un caméo de Kamiji Yûsuke (Binbô Danshi) en tant que chauffeur de voiture.

Yûki et Rei rencontrent lors de leurs interviews deux femmes ayant leur importance au fil du tanpatsu. La première est Komori Hazuki (Nakagoshi Noriko), gérant un café et à première vue heureuse en amour bien qu’en vérité, elle soit la maîtresse d’un homme marié appréciant son double jeu. L’autre femme composant ce quatuor est Ishikawa Eriko, interprétée par Igawa Haruka (Sora Kara Furu Ichioku no Hoshi). Exerçant dans la publicité, elle commence à se faire un nom et mène un important projet en lien avec un de ses anciens amants, l’acteur désormais connu, Fukazawa Hiroto, qui porte ici le visage du toujours très charmant Tanihara Shôsuke (Magerarenai Onna, Tempest, Love Shuffle, Hana Yori Dango 1995, Gokusen 2, Pride). Elle est en couple avec un salaryman incarné par Yamazaki Shigenori (Last Friends) mais elle semble s’ennuyer avec lui. Si ces deux femmes donnent au départ l’impression d’être justement parvenues à concilier vie personnelle et professionnelle, le scénario montre que c’est loin d’être le cas et que quoi qu’il se passe, ce n’est pas ça le plus important. La morale de l’histoire est que les femmes qui rayonnent le plus sont celles qui réussissent à être heureuses malgré les difficultés car elles font de leur mieux et ne se laissent pas abattre. C’est sûr, c’est vrai mais il n’est peut-être pas la peine de réaliser un épisode rien que pour enfoncer des portes ouvertes et y ajouter un côté assez niais. Il est appréciable de montrer que des trentenaires peuvent être à leur apogée même en n’étant pas mariées comme le requiert le Japon mais l’ensemble est bien trop maladroit pour être convaincant. Ce qu’il y a d’assez affligeant est de constater les personnalités que Yûki et Rei choisissent pour leurs interviews. Elles sont donc supposées chercher l’élite japonaise et pour qui optent-elles ? Des assistantes, des secrétaires ou encore des réceptionnistes. Euh… comment dire… nous n’avons certainement pas les mêmes notions de réussite professionnelle. (Je n’ai rien contre ces professions mais ce n’est certainement pas à elles que je penserais dans ce genre de situation.) Heureusement, elles y ajoutent donc une gérante d’un café et une sorte de cadre dans la pub mais quand même, c’est désespérant de ne pas voir d’autres professions à grandes responsabilités. Les valeurs nippones ne sont pas oubliées puisqu’on se quitte en nous disant que si l’on travaille dur et que l’on a confiance en nous, on sera toujours à son apogée. Ne soyons tout de même pas trop critique car il est très agréable que le message soit aussi peu en lien avec ce qui est attendu de la femme dans son pays et qu’implicitement, on fasse comprendre qu’elle pourra toujours être au summum de sa réussite, indépendamment de son âge ou de son statut marital.

Malgré les limites évidentes de son fond, Woman’s Island se laisse facilement regarder parce qu’il possède juste ce qu’il faut d’alchimie entre les actrices et qu’il demeure léger sans être non plus totalement insipide. Les quatre héroïnes sont pleine de vitalités et n’hésitent pas à s’entraider. Il en ressort un esprit de camaraderie féminine pas désagréable. La musique composée par Kanno Yûgo (Umareru., Innocent Love, Engine, Last Christmas) n’est pas plus mémorable que ça et est surtout améliorée par la chanson rythmée, My Brand New Eden de Yamada Tamaru, que l’on entend à plusieurs reprises. Côté réalisation, on ne peut pas dire que l’on puisse être satisfait car elle est très banale voire même quelque peu inférieure à ce que l’on pourrait attendre d’un tanpatsu.

En définitive, Woman’s Island est un tanpatsu largement dispensable en raison de son aspect convenu et surfait. On y sent une volonté plutôt sincère de découvrir comment les femmes arrivent au point culminant de leur vie et quelles seraient leurs principales craintes, mais, le message est amené de manière maladroite ce qui fait qu’il en ressort surtout une naïveté superficielle. Il existe toutefois un effort relatif de sortir quelque peu de la norme attendue au Japon en montrant que vie professionnelle et personnelle peuvent être menées de front chez une femme. Dans tous les cas, le charme des interprètes, le rythme et l’humour permettent au moins de ne pas avoir totalement l’impression de perdre son temps en regardant cet épisode.


2 Commentaires

  1. Dramafana• 14 septembre 2012 à 12:09

    J’essaie aussi autant que possible d’alterner les genres, mais j’essaie surtout de trouver des comédies. J’hésite à le mettre de côté celui-là, à cause des limites que tu soulignes. J’ai peur de m’énerver à cause du côté niais et du fait qu’il enfoncent des portes ouvertes. C’est toujours assez risqué de faire ça et ça peut devenir très vite lassant. D’un autre côté, je suis assez séduite par la distribution, alors tu me poses un dilemme. (^^)

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    • Caroline• 17 septembre 2012 à 15:21

      Honnêtement, je ne te le conseille pas particulièrement. C’est sûr, il ne dure pas très longtemps mais il y a à mon avis beaucoup, beaucoup mieux. Là c’est tellement convenu que ça ne mérite, à mon sens, pas l’investissement. Et si c’est Tanihara Shôsuke qui te donne en partie envie, il n’apparaît que peu. (C’est d’ailleurs lui qui m’a fait découvrir ce tanpatsu xD.)

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