Karei Naru Ichizoku | 華麗なる一族

Par , le 20 septembre 2012

Dans le cadre des cinq ans de Luminophore, vous avez choisi en juin deux fictions que vous souhaitiez voir traitées ici : Karei Naru Ichizoku et Fumô Chitai. Ce premier billet arrive plus tard que prévu, car j’ai eu beaucoup de mal à obtenir la version en haute définition de Karei Naru Ichizoku ; je voulais commencer par ce j-drama. Une fois ces soucis techniques réglés, je me suis dépêchée de m’atteler à la tâche. Cette production nippone constituée de dix épisodes est passée sur TBS entre janvier et mars 2007 et fête le cinquante-cinquième anniversaire de la chaîne. Tandis que la première et la dernière semaine de diffusion comportent soixante-cinq minutes, les autres disposent du format habituel, soit trois quarts d’heure. Il s’agit d’une adaptation du roman du même nom écrit par Yamazaki Toyoko, également à l’origine de Fumô Chitai, Shiroi Kyotô ou encore d’Unmei no Hito. L’histoire a déjà été transposée au cinéma en 1974, mais malheureusement, impossible de mettre la main dessus. Karei naru ichizoku signifie approximativement une splendide famille. Sans surprise, la locomotive Kimura Takuya a entraîné des audiences plutôt élevées. Aucun spoiler.

   

Kôbe, les années 1960. Les Manpyô forment une famille riche, cultivée, influente et en apparence, unie. Pourtant, soudée, elle ne l’est clairement pas tant le patriarche, Daisuke, à la tête d’une banque bien placée, et l’aîné des fils, Teppei, le directeur général d’une usine de sidérurgie, partagent de nombreuses rivalités se manifestant sous forme de conflits ouverts ou non. Leurs divergences risquent de les mener vers une lente et inexorable implosion.

Pour être franche, malgré toutes les critiques éminemment positives lues un peu partout sur Internet depuis sa diffusion, Karei Naru Ichizoku ne me donnait pas vraiment envie. Certes, la série figurait sur mon programme, mais je n’étais pas très pressée de la lancer. Pourquoi ? Parce que le climat économico-industriel ne me disait rien de passionnant. J’ai beau m’intéresser à une multitude de sujets, celui-là a surtout la fâcheuse manie de me faire fuir. Mais comme je viens de l’écrire, les échos concernant le renzoku sont excellents et mettent en avant d’autres aspects bien plus prégnants que le contexte socio-économique. Et puis, après tout, j’ai bien adoré Hagetaka ayant pour fond l’éclatement de la bulle spéculative des années 1990 alors, bon..

Les fictions japonaises se déroulant dans les années 1960 dans leur intégralité sont assez rares. Quand le Japon s’aventure dans le passé, il a généralement plutôt tendance à se diriger vers la chute du shogunat Tokugawa ou lors de l’époque féodale. Heureusement, il existe plusieurs exceptions comme Karei Naru Ichizoku. Qui dit retour en arrière signifie forcément reconstitution. Sur ce point, ce j-drama ne fait pas d’étincelles, mais plonge avec une certaine efficacité ses téléspectateurs dans l’atmosphère japonaise du moment. La caméra montre notamment la résidence des Manpyô sortie tout droit d’un catalogue de décoration nord-américain, l’entreprise de sidérurgie de Teppei, les salles enfumées des banques et les rues de Kôbe. À ce sujet, bien que les acteurs ne conduisent clairement pas ces vieilles voitures et restent au même endroit, le résultat demeure globalement correct et assez enthousiasmant. Par exemple, le tramway et les vêtements de l’ensemble des figurants marchant dans la foule représentent plusieurs de ces réussites visuelles. Sur un registre similaire, les épisodes se permettent d’appuyer la différence plus ou moins franche entre l’envie d’utiliser et de porter uniquement des produits japonais, et celle bien tentante et de plus en plus prégnante de se contenter de profiter de la nouveauté étasunienne. Ce clivage se repère également dans une moindre mesure au niveau de la manière des personnages de gérer une firme. En clair, Karei Naru Ichizoku dresse avec subtilité le portrait d’une société en pleine mutation partagée entre ses traditions et l’attrait de la modernité occidentale. Mais aussi, elle oppose deux modes de fonctionnement : l’un basé sur la moralité, la fidélité et sonnant inévitablement naïvement affaibli, et l’autre, n’hésitant pas à accepter les pots-de-vin et les exactions afin d’obtenir le but souhaité. La mentalité japonaise est parfaitement illustrée avec cette retenue et ce sens de l’honneur perpétuellement présents, séparant physiquement certains protagonistes.

Au premier abord, Karei Naru Ichizoku montre un état souffrant encore des séquelles de la Seconde Guerre mondiale et tentant de se réorganiser, financièrement parlant. Réels moteurs de la patrie, les industries rayonnent grâce au héros, Manpyô Teppei, jeune directeur quelque peu candide d’une usine de fabrication d’acier, Hanshin Tokushu Seikô. Aimant son pays et désirant plus que tout le voir fleurir, il essaye de prévoir l’avenir et de ne pas rester campé sur ses acquis. Pour cela, il entreprend le délicat projet de création et de modernisation d’un haut fourneau destiné au développement de la fonte à partir du minerai de fer. Cette construction serait alors susceptible de fournir le Japon en matières premières, limitant les importations et permettant dès lors au Japon d’avoir une certaine autonomie, ainsi qu’une assise sur le marché international. Véritable visionnaire, Teppei est passionné et pugnace. Bien qu’il doive convaincre ses collègues, travailler dur et obtenir des fonds, il ne recule devant rien et s’apprête à renverser des montagnes. L’ultime étape, celle concernant le financement, pose le plus de problèmes et paraît être la figure de proue de Karei Naru Ichizoku. Pour autant, si le j-drama s’attarde durant de très longues périodes parfois rébarbatives sur les manœuvres monétaires et les montages économiques, ceux-ci se contentent du second plan. Teppei cherche un appui des banques, car sans elles, il sait pertinemment ne pas pouvoir mener à bien son rêve. Son père, Daisuke, est justement le directeur de la Hanshin se trouvant en neuvième place des établissements nationaux. Si celle-ci ne souffre pas d’une quelconque difficulté notable, la situation se révèle précaire pour tous. Les petites structures sont englouties par les plus grandes et les affaires publiques tendent toujours à entretenir des relations très floues avec le monde des capitaux. Ce n’est donc pas étonnant que le ministre dudit département manigance à son propre avantage et manipule certaines décisions. À noter qu’il est interprété par le vétéran Tsugawa Masahiko (Sengoku Jieitai) que j’ai beaucoup de mal à supporter en raison de sa voix particulière et de son jeu tout aussi marqué. Cet homme politique aux dents longues n’est pas le seul être méprisable tant le renzoku dresse un constat assez désolé et tristement crédible d’un microcosme vérolé où les ambitieux sont prêts à tout. Les personnages s’avèrent très nombreux et possèdent pour la majorité une caractérisation digne de ce nom en dépit d’un format de seulement dix épisodes. La série distille un climat quelque peu oppressant dans le sens où les relations amicales sont perpétuellement constituées de faux semblants et où un sourire n’évite pas le couteau dans le dos. Quoi qu’il en soit, la logique voudrait que Daisuke aide son fils, sans signifier qu’il lui accepte tout ou qu’il lui apporte ce qu’il souhaite sur un plateau d’argent, car lui doit également diriger sa propre entreprise. Or, ce n’est pas dans le tempérament de Daisuke qui, derrière ses propos dénués d’animosité franche, s’évertue à mettre Teppei au pied du mur et le limiter dans ses actions. Au-delà de son cadre industrio-financier, Karei Naru Ichizoku est en vérité une lutte de pouvoirs familiale, tout d’abord inconsciente puis frontale, sous fond de tragédie inéluctable et de secrets.

Depuis toujours, Teppei cherche l’affection de son père. En vain. Bien qu’il soit maintenant âgé d’une trentaine d’années, naïvement, il espère encore entendre des paroles encourageantes, voir un sourire ou tout simplement sentir une certaine chaleur. Ce protagoniste est un homme intelligent, posé et idéaliste. Portrait craché de son grand-père paternel désormais décédé, il ne lui ressemble pas que physiquement, car il est aussi charismatique et naturel que lui, haranguant les foules d’un seul discours. Qui de mieux pour interpréter un personnage de cette trempe que Kimura Takuya (Sora Kara Furu Ichioku no Hoshi, Pride, Engine) ? Le Johnny’s insuffle tout ce qu’il faut de magnétisme mêlé à une fragilité et des blessures ouvertes que ce héros tente de dissimuler. Mariée à la douce Sanae (Hasegawa Kyôko – BOSS 2) pour des raisons arrangeant les siens, il l’aime malgré tout d’un amour sincère et se dévoue entièrement à son bien-être. Il est d’ailleurs en de très bons termes avec son beau-père, Ôkawa Ichirô, porté par le très sympathique Nishida Toshiyuki (Tiger & Dragon), qui le lui rend bien. Le leitmotiv de Teppei est donc son haut fourneau hantant ses jours et ses nuits. En raison de son caractère, il ne se laisse pas envahir par son ambition et se préoccupant toujours de ses proches amenés à expérimenter moult adversités. Bien que sa famille soit relativement aisée, elle souffre en silence de la tyrannie du chef, Daisuke. Contrairement à Teppei, ce dernier est d’une incroyable froideur et utilise ses propres enfants dans son intérêt personnel, lui qui essaye coûte que coûte d’inscrire son héritage dans la postérité. Pour cela, il est prêt à tout sacrifier, à commencer par ses descendants. Mais il ne s’arrête pas là. Il impose une manière de vivre détestable à son entourage et n’en a aucune honte, ne veillant pas à s’excuser ou à s’expliquer. Il règne comme un souverain absolu que rien ne pourrait ébranler. Kitaôji Kinya (Unmei no Hito) offre ses traits à cet homme ambivalent très difficile à cerner gardant toujours un visage impassible et presque suffisant. Bien que Daisuke réside avec son épouse, il partage son toit avec sa maîtresse, Takasu Aiko (Suzuki Kyôka – Second Virgin) qu’il érige au même rang que sa femme, voire davantage. Aiko n’appartient pas à la famille Manpyô, mais en tient les rênes, nageant tel un piranha dans les eaux troubles et agitées de la haute société de Kôbe. Avec le soutien de Daisuke, elle manipule et cherche à appuyer la position de son amant à travers diverses orchestrations comme des mariages arrangés. Malgré une attitude souvent détestable, Aiko finit surtout par inspirer de la pitié, elle qui n’a finalement, rien. Elle a beau se montrer forte, elle est suffisamment lucide pour réaliser que sa situation dispose de pieds d’argile. En attendant, elle continue son petit manège et s’évertue à trouver de bons partenaires à Ginpei et Tsugiko, le frère et la plus jeune des sœurs de Teppei, tout en injectant un climat particulier dans ce microcosme bourgeois sclérosé.

Teppei est le premier des enfants Manpyô et tient à cœur son statut en veillant sur sa fratrie. Seulement âgé de quelques années de moins que lui, Ginpei, joué par le sobre et convaincant Yamamoto Kôji (Atashinchi no Danshi), est partagé entre le désir de plaire au patriarche et celui d’écouter ce que lui dicte sa conscience. À l’inverse de son frère, Ginpei est soutenu par Daisuke qui n’hésite d’ailleurs pas à le lui faire savoir, et cela, devant Teppei. Il suit les traces de son père, car il travaille dans le milieu de la banque, mais manque de passion et d’implication tant il s’avère apathique. La relation entre les deux aînés est très joliment écrite, l’un enviant le charisme et la volonté à son voisin, l’autre espérant avoir ne serait-ce qu’un dixième de l’attention de celui leur ayant donné la vie. Les deux forment une paire solide ne demandant qu’à être développée, mais qui, tristement, se voit parasitée par l’ombre toujours toxique de Daisuke. Ginpei n’a plus la force de se battre et laisse tout couler, préférant accepter, même si cela signifie devoir éponger ses déboires dans l’alcool ou détourner le regard. Sa personnalité est plutôt poussée et peut notamment évoluer grâce à l’arrivée de la figure campée par Yamada Yû (Binbô Danshi) qui, elle, réalise trop tard dans quoi elle vient de pénétrer. Sinon, le héros a deux sœurs. La plus âgée d’entre elles, Ichiko (Fukiishi Kazue – Barairo no Seisen) est unie au bras droit de Daisuke, Mima Ataru (Nakamura Tôru – Soratobu Tire), véritable requin dont les dents rongent le parquet. Malheureuse en mariage, Ichiko a beaucoup d’affection pour Teppei, ce qui est également le cas de la cadette, Tsugiko. Aibu Saki incarne la plus jeune des Manpyô, une fille encore immature, vertueuse et espérant ne pas avoir à subir un sort analogue à celui de son aînée. Elle craint de devoir prendre pour époux un homme qu’elle n’aime pas, mais qui solidifierait l’assise de son père. Cette petite sœur admirative de son grand frère partage beaucoup de temps avec un ouvrier joué par Narimiya Hiroki (Bloody Monday, Orange Days), dans l’entreprise de Teppei. Preuve qu’elle au moins passe outre la supposée puissance monétaire ou sociale… Au-dessus de cette fratrie, la mère, Yasuko (Harada Mieko), essaye de faire au mieux en dépit d’une incroyable passivité permissive envers les actes de son conjoint. Son immobilisme n’est certainement pas innocent dans la lente dégradation de la relation entre Daisuke et Teppei, sans qu’on ne puisse pour autant la critiquer, elle qui est une véritable victime de sa condition.

Karei Naru Ichizoku est avant tout une série traitant de la dynamique conflictuelle entre un père et son fils, celle-ci phagocytant l’ensemble de leur entourage. Le héros est plutôt croqué comme le chevalier blanc fidèle dans son armure étincelante, lui qui n’a au bout du compte rien à se reprocher. Bien qu’il soit légèrement trop lisse, on ne peut blâmer un enfant de vouloir être reconnu par son parent, surtout lorsqu’il ne comprend pas pourquoi celui-ci ne l’aime pas. Dès le premier épisode, le récit montre un Daisuke froid, antipathique et profondément jaloux de son aîné. Tout le monde le lui répète, Teppei est le portrait craché de son propre père. Souffrant probablement d’un complexe vis-à-vis de ce dernier, le patriarche supporte difficilement les similarités qu’il voit entre cet homme en partie idéalisé et certainement craint, et ce fils bien plus proche de son grand-père que de lui-même. L’évidence scénaristique saute toutefois aux yeux : cette haine refoulée et cette vanité exacerbée ne se bornent pas à une banale similitude. C’est notamment là où la fiction perd une partie de son intelligence puisqu’elle ne se départ pas d’une importante prévisibilité mélodramatique. Dès le départ, les supposés secrets sont visibles, qu’ils concernent le chef Manpyô, Teppei, Yasuko ou l’ancien grand amour du protagoniste, Tsuruta Fusako (Inamori Izumi – Watashi ga Renai Dekinai Riyû). En manquant autant de finesse et en ressemblant surtout à un soap, elle finit presque par décevoir, la forme n’aidant en plus en rien. Ne le nions pas, ce conflit d’abord inconscient puis totalement ouvert entre Daisuke et son aîné se révèle intéressant à suivre. Il s’arme d’une dimension inattendue avec sa conclusion tristement ironique se voulant certes précipitée, mais faisant rejoindre la production dans le rang de ces tragédies désabusées de l’Antiquité. Le placide stratège machiavélique Daisuke ne voit pas en son enfant un fils, mais une menace perpétuelle ; alors que l’utopiste Teppei, lui, cherche à tout prix la reconnaissance de son père, quitte à perdre sa santé mentale. L’amour et la haine sont mis en scène avec une tension et une intensité allant crescendo et dévorant littéralement la pellicule.

Outre le duo rongé Daisuke/Teppei, Karei Naru Ichizoku doit transiger avec la très forte présence d’une autre entité : la musique. Composée par Hattori Takayuki (Nodame Cantabile) et jouée par l’orchestre Philharmonia, elle est tout simplement magnifique. Précisons qu’à l’exception des taiga dramas, rares sont les séries japonaises à bénéficier d’un véritable groupe d’instrumentistes. Celle-ci est sans surprise typiquement imposante et si l’ensemble vaut que l’on s’y attarde, c’est surtout son thème principal qui a tout pour subjuguer le téléspectateur. Cependant, là aussi Karei Naru Ichizoku ne fait pas suffisamment preuve de naturel en se dotant de telles mélodies empathiques, ce qui étouffe légèrement le récit. Les séquences silencieuses se comptent sur les doigts, la bande originale forçant les émotions et orientant l’ambiance d’une scène. Le j-drama revêt définitivement une impression de grandiloquence parfois bienvenue, mais trop souvent assourdissante. La chanson de fin, Desperado des Eagles – et une production occidentale de plus pour KimuTaku ! – n’est pas mauvaise, sans être particulièrement inspirée avec ses tonalités country pour ce renzoku. La voix off n’est pas non plus un atout, car elle est omniprésente, assénant des banalités et ne servant qu’à paraphraser ce qui vient de se dire, prenant littéralement le public par la main. Si les mouvements de caméra et le cadrage n’ont rien de particulier, la photographie est en revanche soignée et bénéfice de jolies teintes bleutées ou plus chaudes. Certaines scènes sont en tout cas superbes, comme celles se déroulant à la montagne, sous la neige. Sur une note plus anecdotique, la série est un véritable vivier à acteurs connus. En plus de tous ceux cités au-dessus, comptons également sur le génial Takeda Tetsuya, Hiraizumi Sei, Shôfukutei Tsurube, Nishimura Masahiko, Yajima Kenichi, Ishida Tarô, Nakamaru Shinshô, Ôwada Shinya ou encore sur Yanagiba Toshirô que j’affectionne clairement de plus en plus. Contre toute attente, de grands noms se contentent parfois de petits rôles.

Pour conclure, malheureusement pour moi, Karei Naru Ichizoku est une autre victime à ranger dans le coin des productions dont on entend tellement de bien que l’on imagine d’emblée un cinq étoiles. Honnêtement, j’espérais mieux. Si le ton de ce billet peut paraître très désabusé, je tiens tout de même à préciser que j’ai vraiment apprécié ce j-drama atypique. Sans conteste, il s’agit d’une fresque familiale ambitieuse, tourmentée et tout simplement imposante. Sous fond de finance, de complots politiques et d’opérations bancaires en lien avec la reconstruction économique nippone, elle met surtout en avant une relation désillusionnée entre un père et son fils. Par la multiplicité et la complexité de ses thématiques, elle transcende littéralement les codes du petit écran et n’entre dans aucune case. Davantage de naturel et une forme plus posée et moins ampoulée ne l’auraient pas desservie, mais grâce à la richesse de son intrigue, une sensation ineffaçable de malaise écœurant associée à une tension grandissante, sa musique et l’intense impact émotionnel qu’elle insuffle à travers son principal duo, elle a tout pour marquer les esprits. En d’autres termes, sans être le chef-d’œuvre tant attendu, la série se révèle clairement habitée et nécessite d’être regardée par quiconque s’intéressant un minimum aux productions japonaises.


12 Commentaires

  1. Dramafana• 20 septembre 2012 à 12:29

    Wow, je me suis pris l’affiche en pleine figure, ça en jette dis donc! Plus sérieusement, je viens de me rendre compte que cela fait quasiment 5 ans que je regarde des dramas… et j’en ai vu un seul avec Kimura Takuya! J’ai croisé plusieurs fois la série dont tu parles aujourd’hui et malgré tout le bien que j’ai pu lire, je suis toujours aussi hésitante à me lancer (pour les mêmes raisons que toi, d’ailleurs). Par contre, je ne pense pas sauter le pas dans l’avenir proche car j’ai beaucoup de choses à voir en priorité. Je le verrai probablement un jour.

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    • Caroline• 20 septembre 2012 à 22:22

      Au final, je n’ai pas vu beaucoup de séries avec KimuTaku non plus. Si je compte bien, mon compteur ne s’élève qu’à quatre avec celle-ci. Ce n’est pas énorme quand on voit tout ce dans quoi il a tourné. Pourtant, j’en ai plein d’autres au programme, mais tu sais comment c’est, hein, il faut toujours choisir et hiérarchiser. En tout cas, le jour où tu lanceras Karei Naru Ichizoku, j’espère que tu y adhéreras et que tu passeras outre la dominante financière. Normalement oui, de toute manière ^^.

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  2. Livia• 20 septembre 2012 à 22:01

    Intéressant billet sur ce drama qui m’a beaucoup marqué. Sans doute plus que toi, j’ai été sensible à sa construction qui la rapproche de la pure tragédie et ce côté désillusionné que tu évoques, tout en permettant une immersion dans le Japon d’une époque qui se révèle très instructive. En fait, je la comprends comme une sorte de pièce de théâtre, avec ses artifices parfaitement visibles (ce que tu qualifies de « forcé » ou d' »ampoulés ») et assumés, ses confrontations symboliques… Mais l’ensemble est pour moi (c’est subjectif forcément ^^) si bien agencée de manière si cohérente et surtout inéluctable, que le téléspectateur se laisse entraîner par cette tension croissante, cette mécanique huilée (et mise en musique de manière si forte) d’une confrontation entre un père et son fils. La chute confère en plus une dimension supplémentaire à l’ensemble.

    Fumo Chitai est beaucoup plus sobre et « naturel » dans son approche. Plus rigoureuse. Peut-être apprécierais-tu plus ce parti pris, par rapport à la saga familiale tragique qu’est Karei Naru Ichizoku.

    Bon, sinon, pour l’anecdote, ça reste quand même le seul drama de Kimura Takuya pour lequel je suis allée au bout ! :D

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    • Caroline• 20 septembre 2012 à 22:29

      En fait, je suis persuadée que je l’aurais davantage appréciée si je n’en attendais pas autant et si je ne l’avais pas regardée juste après Soredemo, Ikite Yuku. Cette dernière est tellement pudique et subtile que là, j’ai eu l’impression d’en voir des tonnes et des tonnes. C’est un peu comme si je venais de me prendre une violente claque en pleine figure. Du coup, ce côté quasi ostentatoire m’a pas mal déroutée et un petit peu agacée par moments. Pourtant, je ne crois pas en règle générale avoir de problème avec la grandiloquence, mais visiblement là, si. Je te rejoins néanmoins sur l’aspect très pièce de théâtre, même si comme tu l’as compris, je n’y ai pas adhéré à 100 %.

      Concernant Fumô Chitai, j’ai presque terminé la série et je ne dirai rien de plus. Mon billet est prévu pour dans deux semaines :).

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  3. Marilou• 23 septembre 2012 à 14:53

    Karei Naru et moi, on a une relation compliquée ^^
    J’avais lu la super critique de Milady, qui m’a bien sur donné envie de le regarder et … j’ai commencé par rester bloquée au premier épisode pendant plusieurs mois, puis sur le deuxième, sur lequel je suis depuis au moins 2 mois aussi. Ca m’ennuie presque. Je sais que je devrais persévérer et aller plus loin, mais le côté « banques/entreprises/négociations compliquées » me rebutent un peu… un peu trop. Pourtant Kimu est très bon, tous les acteurs sont bons, mais, je sais pas, j’ai du maaal.
    Du coup je me suis lancé dans Nankyoku Tairiku : réalisé par Fukuzawa Katsuo, réalisateur de Karei Naru, Suna no utsuwa (que j’ai commencé <3 <3 <3 grâce à toi<3), et Shiroi Kage (autre drama génial avec Nakai Masahiro)!!
    Nankyoku Tairiku a pas mal de point communs avec Karei Naru (historique, axé sur les relations USA/Japon après la seconde guerre mondiale notamment) sauf qu'il est, à mon goût, beaucoup mieux! :D
    J'ai plongé dans l'histoire dès le premier épisode! On est loin des décors un peu trop étouffants de Karei Naru, puisqu'on est… en antarctique :D Heu, bref, je suis pas douée pour faire des critiques réfléchies, mais en tout cas je te le conseille! Ne serait-ce que pour comparer avec Karei Naru, c'est toujours intéressant!
    Voilaaaa, bon, que dire? Quand j'aurais fini Nankyoku et Suna no utsuwa j’essaierais tout de même de finir Karei Naru, ça serait vraiment dommage de l’abandonner à son sort!
    Byebye :)

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    • Caroline• 29 septembre 2012 à 21:28

      Si ça peut te rassurer, malgré de bons éléments, je n’ai pas accroché de suite. Et moi aussi, l’aspect financier m’a gavée par moments, car j’ai trouvé quelques passages rébarbatifs. Cependant, la série finit ensuite par décoller. C’est effectivement lorsque le conflit est vraiment ouvert entre Teppei et Daisuke et que l’on sent la tension aller crescendo que l’ensemble en devient presque magistral. Après, si vraiment ça t’ennuie à ce point, eh bien tant pis, hein ^^. Je ne pense justement pas que cette série puisse plaire à tout le monde à cause de certaines de ses thématiques.

      Quant à Nankyoku Tairiku, il est sur mon programme. Là, le sujet me botte beaucoup plus et je suis une fan des paysages enneigés. En revanche, j’ai prévu de regarder le film d’abord donc il faudra attendre un petit peu avant de lire mon billet sur Luminophore :P.

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  4. Asa• 25 septembre 2012 à 15:15

    En te lisant, je me souviens en effet des défauts que tu soulèves, mais en fait ils ne m’ont pas marqué, écrasés qu’ils étaient par le grand point positif que fut cet affrontement père-fils intense et dramatique. Du coup, mon jugement final sur cette série manque certainement de nuances.
    Karei naru Ichizoku ne figure pas sur le podium de mes dramas préférés mais il n’en est en tout cas pas si loin et je partage donc ta conclusion: c’est une série que tout dramaphile devrait voir.

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    • Caroline• 29 septembre 2012 à 21:38

      En vous lisant tous, je suis quand même un peu jalouse parce que de mon côté, les défauts ont été un frein. Certes, cela ne m’a pas empêchée d’apprécier le tout, mais pas au point d’en être passionnée. C’est vraiment dommage et j’en suis la première attristée .___. Il n’y a rien de plus insupportable que de se focaliser sur quelque chose alors que tout le reste plaît vraiment. Je me dis que si je le revisionne un jour, la forme me dérangera peut-être moins. En étant au fait de ce qui m’attend, je pourrais entièrement me plonger dans cette lutte familiale.

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  5. Katzina• 4 octobre 2012 à 15:55

    Je connais très bien cette frustration d’être déçue par une série portée aux nues par la très grande majorité voire la totalité des gens qui l’ont vue, alors je ne peux pas t’en vouloir et je crois que je comprendrai encore mieux où tu veux en venir quand j’aurai revu le drama. Ce qui est bien, c’est que tu n’es pas du genre à faire style tu as aimé à fond alors que non, mais qu’en même temps tu as réussi à voir les principales qualités de la série ^^.

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    • Caroline• 5 octobre 2012 à 22:05

      C’est peut-être justement encore plus rageant de se rendre compte des qualités, mais de ne pas réussir à y adhérer totalement à cause de défauts au final assez minimes par rapport à l’ampleur du reste. Cela dit, je reste convaincue qu’il s’agit là d’un incontournable et je ne regrette absolument pas de m’être lancée ^^.

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  6. Sonia• 14 janvier 2013 à 13:14

    Alala ce drama ca fait bien des mois que je le cherche partout en VOSTFR en vain. Si quelqu’un sait ou je peut le trouver… ^^

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    • Caroline• 15 janvier 2013 à 13:35

      Sonia, bienvenue sur Luminophore~

      J’ai regardé rapidement et je crois que ce j-drama n’existe pas encore en VOSTF. Mais d’après ce qu’on peut lire sur sa fiche sur Mangas-Arigatou, il devrait être traduit par Kawaigarden Fansub & Minami Shineyo. D’ailleurs, sur le forum de ces derniers, on peut voir que Karei Naru Ichizoku figure effectivement parmi leurs projets. En bref, il va te falloir patienter encore un petit peu ^^.

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