Toujours dans ma tentative d’explorer la totalité de la filmographie de Matsuda Shôta, j’ai regardé récemment le dernier tanpatsu sous-titré qu’il me restait avec lui, à savoir Aru Ai no Uta. Comme souvent, il s’agit d’une adaptation d’un roman et dans ce cas précis de celui du même nom de Shindô Fuyuki (aussi derrière Kuroi Taiyô). Le tanpatsu ne comporte qu’un seul épisode de cent minutes diffusé le 27 mars 2006 sur TBS. Aru ai no uta signifie la chanson de l’amour. Aucun spoiler.

À Okinawa, Nanase Takumi est un jeune homme passant plus de temps à nager dans l’océan avec le dauphin Tetis que sur la terre ferme. Lorsqu’il rencontre Kashiwagi Ruka, une chanteuse classique venue de Tôkyô, c’est le coup de foudre. Malheureusement pour eux, une fois les vacances terminées, ils doivent se quitter et repartir vers leur existence qui ne les satisfait plus réellement.

Si j’avais douze ans, j’aurais peut-être apprécié Aru Ai no Uta. Attendez, on y voit un dauphin, de jolis paysages d’Okinawa, un ikemen nageant avec ledit dauphin et on a le droit à une histoire romantique. Oui, à douze ans j’aurais pu être charmée. Ah, et maintenant vous dites ? C’est fou n’empêche, en ce moment j’ai l’impression de tomber uniquement sur des tanpatsu indépendants absolument horribles. Oui, évidemment, j’ai trouvé l’ensemble totalement stupide. Le personnage principal, Takumi, incarné par Matsuda Shôta, est naïf, idéaliste et croit que tout le monde est beau et gentil. Il adore aller dans l’océan nager avec Tetis, un dauphin qui ne fait confiance qu’à lui seul. Les deux communiquent parfaitement ensemble, telles des âmes sœurs. Bien qu’on veuille nous faire croire que ce dauphin se trouve dans la mer, il est sans aucun doute dans un parc aquatique comme le prouvent la couleur de l’eau ou certains cadrages. Quand Takumi voit un jour la magnifique Ruka sur la plage en train de chanter, l’âme en peine, il tombe amoureux. Pouf, deux secondes plus tard et le voilà déclamant sa flamme à sa dulcinée qui ressent évidemment la même chose. Bien sûr, on y croit. Ruka est une chanteuse classique talentueuse ayant son petit succès à Tôkyô mais qui peine à travailler correctement depuis quelque temps car elle souffre de l’abandon de sa mère. C’est Kuroki Meisa (Shiawase ni Narô yo, Byakkotai) qui lui offre ses traits. Certes, l’actrice est aussi chanteuse mais ce n’est évidemment pas elle que l’on entend dans le tanpatsu. À la rigueur, cela ne pourrait pas être dérangeant si tout cela sonnait crédible. Oui parce que le chant lyrique doit être légèrement éprouvant, non ? Apparemment non en fait vu que le corps de Ruka ne bouge pas d’un poil et n’insuffle en plus aucune émotion quand celle-ci chante. Insipidité puissance 1000, bonjour. Bref, Ruka et Takumi s’aiment d’un amour fou mais ils doivent se séparer. Ô vie cruelle, vas-tu les faire surmonter les multiples adversités ? Le jeune homme, ne supportant plus d’être loin de sa belle, quitte Okinawa pour Tôkyô et décide d’aider Ruka à sa manière en entrant dans un club d’hosts pour gagner rapidement de l’argent. Le hic est que Ruka n’est pas contente d’apprendre que Takumi se pervertit l’âme dans ces paradis de superficialité et, comme il ne lui explique pas que c’est pour elle qu’il se salit, il y a des quiproquos, des scènes larmoyantes et des soupirs de frustration énamourés. N’oublions pas les amis fidèles, le père ambigu et le pianiste rival interprété par Uchida Asahi (Long Love Letter, Zettai Kareshi SP).

Le scénario d’Aru Ai no Uta, en plus d’être cousu de fil blanc, extrêmement prévisible et convenu, dégouline de niaiserie. Cerise sur le gâteau, l’interprétation est vraiment mauvaise, la palme revenant très certainement à Kuroki Meisa qui n’inspire décidément rien. Elle garde la même moue inexpressive tout au long de l’épisode. Quoi qu’il en soit, tout cela manque de naturel et n’est pas crédible une seule seconde. La musique n’arrange rien avec ces grandes envolées lyriques afin de maximiser le soi-disant effet dramatique. À vrai dire, c’est tellement bête et cliché que cela en devient presque drôle. Heureusement, en cent minutes on n’a pas trop l’occasion de s’ennuyer car le rythme est assez correct malgré de grosses lourdeurs et des flashbacks inutiles en fin de parcours. Il faut aussi avouer que l’on est curieux de savoir jusqu’où l’histoire va aller tant elle accumule les idioties en tous genres. Autrement, pour la petite anecdote, Satô Megumi (H2, Hana Yori Dango), Nakagoshi Noriko (Woman’s Island, Pride) et Utsui Ken (Gokusen) possèdent divers rôles plus ou moins secondaires.

En conclusion, Aru Ai no Uta parle de deux êtres que tout oppose mais qui vont vaincre tous les obstacles et déplacer des montagnes pour vivre d’amour et d’eau fraîche alors qu’ils se connaissent depuis deux minutes. Ouaw, que c’est beau et profond. En plus d’être ridicule et niais, le tanpatsu n’hésite pas à sortir les violons ainsi que les rebondissements éculés et abracadabrantesques afin d’appuyer sa tension dramatique et rendre l’ensemble digne d’une romance à l’eau de rose type Harlequin. L’érotisme en moins, naturellement. Forcément, les acteurs ne doivent pas se sentir une seule seconde concernés sinon cela ne répondrait pas au cahier des charges. Affligeant.