Xena: Warrior Princess | Xena la Guerrière (saison 6)

Par , le 4 décembre 2012

Voilà, un peu plus de trois ans après avoir commencé la série, j’ai terminé dernièrement Xena: Warrior Princess (Xena la Guerrière en VF). J’ai regardé en moyenne deux saisons par an, ce qui me semble tout à fait raisonnable afin d’en profiter un minimum. Mine de rien, je me suis attachée à cette production souvent raillée et je suis contente de m’être lancée dans l’aventure. À vrai dire, j’ai tout de même un regret : celui de ne pas avoir pu visionner la fiction lorsque j’étais adolescente. Il s’avère difficile de savoir ce que j’en aurais réellement pensé, mais je suis quasi persuadée qu’elle ferait partie à l’heure actuelle de celles ayant une place particulière dans mon cœur. Là, non, mais bon, c’est comme ça n’est-ce pas ? Trêve de banalités et passons à la sixième année, la toute dernière. À l’instar des précédentes, elle est composée de vingt-deux épisodes et fut diffusée en syndication entre octobre 2000 et juin 2001. Aucun spoiler.

La cinquième saison avait le mérite de posséder un véritable fil rouge qui représentait celui de la chute des dieux de l’Olympe. Malgré tout, elle peinait à convaincre en raison de thématiques chrétiennes bien trop marquées, de choix scénaristiques discutables et d’une écriture parfois lourde. Difficile de ne pas être quelque peu inquiet en débutant cette suite si l’on a détesté des éléments a priori importants, comme le bond dans le temps et l’ajout d’Eve, la fille de Xena. Effectivement, qui dit avancée sur le fil chronologique signifie la disparition de certains personnages secondaires tels qu’Autolycus ; en définitive, on ne saura malheureusement jamais ce qu’il est advenu de lui. Mais surtout, quand on a autant aimé Joxer et que l’on n’a pas digéré son décès idiotement mis en scène, on craint d’avoir un goût amer dans la bouche. Finalement, quelques épisodes permettent de revoir Ted Raimi, ce qui fait sacrément plaisir. Quant à cette avancée temporelle, elle ne sert pas foncièrement à grand-chose si ce n’est à amener ses héroïnes face à des morts et autres tragiques pertes s’étant déroulées au cours de leur long sommeil. Le constat est exactement le même pour Eve tant son personnage est quasi assimilable à un pétard mouillé. Après l’avoir comparée à un monstre sanguinaire et l’avoir transformée en prêcheuse de bonne parole digne d’Eli, elle disparaît aussi rapidement qu’elle était apparue. Même si le jeu de son interprète est moins caricatural, on ne va guère s’en plaindre, mais il faut avouer que le principal moteur de la saison cinq est donc annihilé. Virgil ne fait pas non plus long feu alors que l’on aurait pu penser qu’il serait au centre de davantage d’intrigues. Dommage, surtout que le 6×06, The Abyss, où il se retrouve confronté à des cannibales est sympathique. Les scénaristes donnent l’impression de ne pas avoir de suite dans les idées puisqu’ils ne se servent pas du tout du matériel qu’ils avaient pris le temps de mettre en place. En fait, les vingt-deux épisodes ne possèdent pas de réel liant entre eux et ressemblent davantage dans la forme à ceux de la première saison. Xena et Gabrielle voyagent en Grèce, mais aussi autour du monde, font des découvertes, combattent de nouvelles menaces et, progressivement, finissent par arriver au bout de leur chemin respectif. En d’autres termes, la série opte pour le parti de conclure au fur et à mesure toutes ses idées. Globalement, le résultat n’est pas décevant ou mécanique en dépit d’un aspect brouillon, car le charme des héroïnes et l’attachement que l’on porte à l’ensemble permettent facilement de ne pas tiquer face à cette absence de véritable enjeu. À l’exception d’une poignée d’épisodes peu inspirés comme la majorité de ceux sur les Amazones, le reste se tient relativement bien.

S’il est clair que la saison six de Xena: Warrior Princess ne possède pas d’arc au long cours, elle continue d’explorer certaines thématiques spécifiques lui ayant réussi avec plus ou moins de succès jusque-là. Les dieux de l’Olympe étant presque tous morts de la main de Xena, il ne demeure techniquement plus qu’Aphrodite. Toujours aussi pétillante, elle illumine par son humour et son entrain les scènes où elle apparaît. Dommage que Cupidon ne soit plus dans les parages, d’ailleurs. L’épisode 6×19, Many Happy Returns, où elle a un rôle important est plutôt drôle. Quant à Arès, s’il n’est pas présent dans un grand nombre d’aventures, il marque définitivement par son côté sexy et charmeur en plus de ses constantes critiques. Rappelons qu’Arès a sacrifié son immortalité pour sauver Eve d’un trépas certain. Il a donc mal aux articulations, ne peut plus se déplacer d’un claquement de doigts et souffre en bon douillet qu’il est devenu. Il désire toujours attirer Xena dans ses filets, mais il a compris qu’il ne faisait pas le poids face à Gabrielle. Le season premiere, Coming Home, où il cherche à récupérer coûte que coûte ses pouvoirs est dynamique et définitivement fun. Il a le mérite de mettre immédiatement dans l’ambiance et de chasser les craintes liées à la saison précédente. L’autre épisode où il est choyé, un des meilleurs de l’année, est le 6×10, Old Ares had a Farm, lorsque l’ancien dieu, poursuivi par une horde d’assassins, décide de se reconvertir en fermier. Avec une bonne humeur garantie, des zygomatiques à contribution et du fanservice à tous les étages, il est un digne représentant des pérégrinations comiques de Xena: Warrior Princess. Toujours du côté de la religion, la montée en puissance de la chrétienté n’est pas oubliée et c’est l’occasion de revoir certains anges comme Michael. La série se trompe concernant Lucifer puisque lorsqu’on le rencontre, il est encore Lucifel, car il n’a pas perdu ses ailes. En tout cas, cet être attiré par le côté obscur sera, dans le 6×03, Heart of Darkness, définitivement damné par Xena, systématiquement présente pour marquer l’Histoire.

Xena et Gabrielle ont toujours parcouru le monde, mais au cours de cette sixième saison, elles ne s’arrêtent clairement jamais. Outre la Grèce, elles se rendent à Rome où dans le 6×12, The God you Know, Caligula (Alexis Arquette) fait preuve de débauche et de folie avant de mettre en place une course à la Ben-Hur. Naturellement, l’Empire romain a sans cesse été lié à Xena et voir que Jules César (Karl Urban) n’a pas encore renoncé à dominer la guerrière alors qu’il est six pieds sous terre est assez amusant. Par ailleurs, dans cet épisode plus que plaisant, le 6×18, When Fates Collide, le dictateur démontre sans le vouloir que quoi qu’il se passe, Gabrielle et Xena seront toujours vouées à se rencontrer et à s’aimer. Sinon, les deux femmes se rendent en Scandinavie et la série se permet de réécrire les mythes nordiques à sa manière. Dans un triptyque présent en milieu de saison, l’intrigue s’attarde par conséquent sur l’anneau des Nibelungen, Beowulf, les Walkyries, Odin et un monstre créé par une Xena alors encore en proie à ses démons. Quand bien même on peut apprécier ces légendes germano-scandinaves, l’ensemble n’est pas ici foncièrement enthousiasmant et manque probablement de rythme. À travers quelques flashbacks se déroulant à l’époque où Xena était avec Borias, la caméra se déplace autrement vers l’est du monde jusqu’à finir par arriver à Jappa, le Japon actuel, dans le series finale. Justement, qu’en est-il de ce double épisode concluant six longues années de télévision ? Honnêtement, il n’est pas très satisfaisant de prime abord. Extrêmement mélancolique, il termine Xena: Warrior Princess par des conséquences définitives. On aurait pu imaginer bien plus positif. Cependant, avec le recul, il s’avère facile de réaliser qu’au final, Xena a parfaitement accompli sa mission qui était celle de sa rédemption. Après avoir mis de côté son but dans la saison cinq, celle-ci le place plus qu’en avant. Si ce qu’on y voit est douloureux et amer, c’est peut-être ce qu’il fallait pour que la princesse guerrière fasse définitivement la paix avec elle-même. Il en va de même pour Gabrielle, ayant évolué avec beaucoup de nuances et de profondeur depuis sa rencontre avec Xena. Accessoirement, c’est aussi l’occasion d’admirer de superbes costumes inspirés du pays du Soleil-Levant. Sans surprise, la musique de Joseph LoDuca accompagne à merveille leurs tribulations autour de la planète et montre encore au cours de la saison qu’elle est une pièce maîtresse de la production. Ce n’est pas étonnant que le compositeur ait obtenu une nomination aux Emmys pour son travail, après avoir en plus remporté la statuette l’année précédente.

Si jusque-là Xena: Warrior Princess n’était pas forcément très claire concernant le lien de ses héroïnes, s’amusant avec des dialogues à lire entre les lignes, elle ne l’est plus du tout au fil de cette année. Il n’y a plus aucun doute, Xena et Gabrielle s’aiment comme de véritables âmes sœurs et ne peuvent imaginer la vie séparées l’une de l’autre. Là aussi la saison est enthousiasmante, car la cinquième n’avait pas suffisamment développé leur relation. A contrario, au cours de ces vingt-deux épisodes, cette dynamique est perpétuellement au centre des propos et fait toujours preuve d’intensité, de tendresse, de facéties ou encore d’émotions. L’évolution des personnages et de leur lien s’est faite en douceur et il paraît indubitable que les quitter attriste quelque peu étant donné qu’elles se sont généralement montrées fortes, sexy (magnifique danse de Gabrielle dans le 6×04, Who’s Gurkhan?), touchantes, drôles et définitivement charismatiques. Si la série utilise l’aventure, l’action et la fantasy pour construire ses scénarios, elle est en premier lieu l’histoire de deux femmes hors du commun cherchant l’harmonie avec les autres, mais aussi avec elles-mêmes. Grâce à l’alchimie palpable entre les actrices, Lucy Lawless – qui s’est nettement améliorée au fil des années – et Renée O’Connor, il n’en faut pas beaucoup plus pour être séduit. Sur une note plus triviale, Xena retrouve un costume plus proche de ses débuts et c’est tant mieux, tandis que Gabrielle continue sa transformation entamée il y a un petit moment. Pour la première fois, le générique subit également un lifting parce que si le style reste identique, les images défilant en arrière-plan sont actualisées.

La saison passe clairement du coq-à-l’âne puisque les épisodes se suivent, mais pourraient presque être regardés dans le désordre sans perdre grand-chose au passage. Comme à son habitude, la fiction navigue entre divers courants que sont le drame, l’humour, voire l’autodérision totalement assumée, et la mise en abîme. Pour faire simple, des épisodes comme le 6×16, Send in the Clones, et dans une moindre mesure le 6×20, Soul Possession, cassent totalement le quatrième mur et repoussent les limites de la métafiction. Les scénaristes se moquent quelque peu d’eux-mêmes, croquent avec délice les fans de la série et se permettent au passage d’expliquer à retardement comment Hope et Gabrielle ont été sauvées entre la fin de la saison trois et le début de la quatrième. Ce n’est pas trop tôt, dirons-nous. Le 6×13, You Are There, avec cette histoire d’interview au XXè siècle est très moyen, en revanche. Quoi qu’il en soit, Xena: Warrior Princess n’hésite pas à jouer de ses défauts et à s’en amuser.

Enfin, accessoirement, c’est l’occasion de voir des visages connus du très petit monde des productions de Raimi/Tapert. Craig Parker (Legend of the Seeker, Spartacus) est ainsi de retour pour la troisième fois, encore dans un autre rôle, et il est ici le fils d’une déesse abusant de l’eye-liner. On pourra remarquer, notamment, Alison Bruce (Legend of the Seeker) en nomade du désert et Craig Walsh-Wrightson (Spartacus, Spartacus: Gods of the Arena) en centurion.

En conclusion, la dernière saison de Xena: Warrior Princess est dans l’ensemble satisfaisante. Si d’une certaine manière elle joue la carte de la facilité en accumulant les épisodes indépendants quitte à en devenir un vaste fouillis, elle prend le temps de diriger progressivement ses héroïnes combattantes vers le départ. Cela permet d’ailleurs au téléspectateur de ne pas se sentir trop floué, car il existe une réelle volonté de terminer la quête de rédemption de Xena et le cheminement intérieur de Gabrielle. Bien sûr, certaines intrigues sont assez laborieuses, d’autres poussives et quelques-unes très maladroites, mais la série n’a jamais été parfaite et c’est de toute manière l’attachement que l’on ressent pour cet univers créatif et bigarré délivrant un divertissement correct qui prime. Finalement, la fiction n’est clairement pas un incontournable du petit écran si ce n’est qu’elle possède une véritable identité et a le mérite d’assumer ses faiblesses, son côté kitsch et les limites de son budget. Sous couvert de sa tonalité parfois cocasse et de ses nombreuses libertés historiques, elle a aussi parfaitement su aborder des arcs extrêmement dramatiques et transmettre de jolis messages faisant souvent honneur au féminisme. En d’autres termes, quoi qu’on puisse en dire, Xena: Warrior Princess aura définitivement marqué toute une génération. Selon différentes manières, évidemment.


2 Comments

  1. Caroline
    Saru• 9 décembre 2012 at 16:31

    Ah, Xena.
    Je fais partie de ces gens qui ont regardé la série étant ado, et effectivement, elle fut assez mythique pour moi. Ça fait des années que je me dis qu’il faudrait que je la revoie, surtout quand je lis des articles comme le tien, parce qu’au fond, j’ai regardé beaucoup d’épisodes, mais pas tous, pas forcément dans le bon ordre… Mais il paraît qu’il ne faut pas trop regarder en arrière, au risque d’être déçue. (Je rêvais pas mal d’être Xena, et j’étais tout à fait amoureuse d’Arès.)
    Mais je n’ai jamais vu ces épisodes au Japon, ça me donne terriblement envie, les costumes ont en effet l’air magnifique ! Ha ! (Je vais peut-être ajouter des DVD sur ma liste au Père-Noël…)

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    • Caroline
      Caroline• 13 décembre 2012 at 21:20

      Hmmm. Je ne sais pas si c’est une bonne idée de se relancer dans l’univers quand on n’y a plus touché depuis des années ^^;;. Comme toujours dans ce genre de situations, le résultat est à double tranchant et il est fort probable de ruiner ses très précieux jolis souvenirs. Puisque je n’en avais pas – de souvenirs de Xena – je ne risquais pas d’être déçue. Cela dit, si tu oses t’y remettre, je serais très curieuse d’avoir tes impressions. (Je vois que je ne suis pas la seule à avoir été sensible au charme de ce cher Arès :D)

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