War is coming~ Pour ce dernier billet de l’année consacré aux séries américaines, quoi de mieux que de retourner du côté d’un monde s’apprêtant à vivre un hiver rigoureux et probablement plus que tumultueux ? À travers ces mots, vous avez bien évidemment reconnu Game of Thrones, l’adaptation du cycle littéraire A Song of Ice and Fire, donc entrons rapidement dans le vif du sujet avec sa deuxième saison. Composée de dix épisodes d’approximativement cinquante minutes à une heure chacun, elle fut diffusée sur HBO entre avril et juin 2012. À l’instar de la première, un des scénarios a été écrit par George R. R. Martin, à savoir le 2×09, Blackwater, réalisé par Neil Marshall (Centurion, The Descent, Doomsday, etc.). La troisième devrait débuter le 31 mars 2013 aux États-Unis. Je rappelle que j’ai lu les romans et que, j’en suis désolée, je ne peux pas ne pas comparer les deux ; j’évite toutefois les allusions à la suite. Aucun spoiler.

Sans conteste, la première année fut une véritable réussite, et ce, à tous points de vue. Que ce soit du côté de la transposition à l’écran d’un univers particulièrement dense, de l’impeccable scénographie, de l’introduction des tenants et aboutissants d’un jeu de pouvoir complexe où une majeure galerie de protagonistes évolue, tout y transpirait la cohésion et le soin du détail. Les lecteurs étaient majoritairement ravis, et les néophytes semblaient également dans l’ensemble satisfaits. En bref, 2011 fut assurément l’année de Game of Thrones d’autant plus que la série paraissait être dans toutes les discussions en lien avec les productions télévisées. Sans grande surprise, les choses se corsent nettement lors de cette deuxième année. Comme la barre a été mise très haut, on s’attend à ce qu’elle reste au moins à ce niveau, et les décors et autres paysages ne peuvent plus suffire à atténuer l’esprit critique. Qui plus est, la nouvelle saison se base a priori sur A Clash of Kings, le deuxième volume du cycle, et quand bien même il est très bon, il ne s’y passe pas grand-chose ; il est effectivement nécessaire de patienter au minimum cinq cents pages avant d’y découvrir une évolution bien précise de l’intrigue principale. Par ailleurs, des personnages cruciaux tels que Robb, ou d’autres plus secondaires comme Jaime ne sont qu’à peine croisés. En clair, l’adaptation semble alors plus ardue qu’au départ et ce n’est que maintenant que l’on verra si les scénaristes parviennent à s’en tirer avec les honneurs. Les dix épisodes de 2012 se focalisent par conséquent sur A Clash of Kings, mais utilisent aussi de nombreux éléments du troisième volume, A Storm of Swords. Autant jusque-là, la série transposait très fidèlement – parfois même aux dialogues près – le cycle littéraire, autant désormais, ce n’est pas du tout le cas. La saison deux prend de grandes libertés, altère par moments totalement la ligne temporelle, récupère un ingrédient pour le mettre d’une autre façon à un endroit plus lointain, etc. Fondamentalement, ce n’est pas dérangeant, car une bonne déclinaison ne doit pas forcément se calquer au matériel original, mais réussir à en retirer son essence. Après tout, si le déroulement est sensiblement différent, ce n’est pas grave à la condition que le message et les conclusions soient identiques. De plus, cela permet aux connaisseurs d’être un minimum surpris et d’éviter de regarder un vrai copier-coller. En règle générale, les modifications apportées sont ici tout à fait correctes – l’exemple le plus parlant étant sans aucun doute celui lié à Arya et à la figure qu’elle est amenée à servir, délivrant de superbes scènes plus qu’intenses magnifiées par les deux acteurs. A contrario, difficile de ne pas être quelque peu perplexe devant la non-apparition de plusieurs personnages dont la non-arrivée commence presque à devenir inquiétante (les enfants Reed et la famille de Catelyn – certes, ils sont prévus pour plus tard), à l’égard du manque de profondeur et d’explications pour d’autres (Jaqen H’ghar, le geste de Jon induit par Qhorin Mimain, les bébés et leur funeste destin), au silence d’éléments vitaux (les rêves de Bran), aux changements légers, mais étranges (l’âge de Margaery Tyrell et sa supposée innocence, la dernière séquence avec Theon Greyjoy) ou face à l’adjonction de passages très discutables comme ce cadeau de Tyrion à Joffrey, l’acte barbare de Jaime dans sa prison ou la décision de Robb très réfléchie, contrairement au roman. D’ailleurs, voir les scénaristes ajouter des scènes inutiles de ce genre alors que le temps compte agace, celle avec Ros et Littlefinger dans le bordel le symbolisant tristement. D’une certaine manière, on en vient presque à sentir un goût de trop peu puisque la subtilité des livres est loin d’être présente et que ces raccourcis, cette simplification inévitable et ces choix laissent parfois songeur. Plutôt que de partir en croisade et maugréer dans son coin, on peut tout bonnement espérer qu’une fois la suite diffusée, ceux-ci sembleront justifiés et cohérents. Tout ceci doit paraître bien brumeux, mais il ne s’avère pas aisé de mettre des mots sans dévoiler les enjeux de cette saison deux et relater l’avenir. Dans tous les cas, en regardant ces épisodes, je me suis dit à plusieurs reprises que j’étais bien contente de connaître l’histoire parce qu’autrement… comme ce doit être compliqué à visionner ! Sans parler du fait que l’on passe à côté d’énormément de points qui, à mes yeux, font partie du sel du cycle.

Un des principaux problèmes de la saison est lié à l’éclatement de ses arcs. Game of Thrones est réputée pour son impressionnant nombre de personnages. Chacun a le droit à sa propre intrigue et il se révèle assez rare que certains se croisent d’autant plus qu’ils se situent parfois à des milliers de kilomètres de distance. La caméra navigue ainsi entre Port-Réal, le contient oriental, au nord du Mur, à Winterfell, sur les îles de Fer, à Harrenhal et à bien d’autres endroits. Il n’existe pas trente-six solutions de narration. À l’exception du 2×09, Blackwater, le plus réussi de l’ensemble, en partie parce qu’il se focalise sur une même localisation, tous papillonnent à droite et à gauche et ne font que sporadiquement preuve d’une fluidité maîtrisée. Durant cinq minutes, on sera avec Jon, les dix suivantes avec Tyrion, encore deux minutes avec Jon, cinq avec Daenerys, etc. En raison de toutes ces histoires parallèles mises bout à bout de manière décousue, le résultat sonne très schématique et mécanique, voire surfait. Les deux premières semaines de diffusion souffrent beaucoup de ce mal et, heureusement, à la longue, le parti pris est de volontairement écarter certains personnages qui seront vus dans l’épisode d’après tandis que d’autres seront laissés sur le banc. Le téléspectateur peut alors souffler et ressent moins cette sensation de course effrénée. Tout va en effet trop vite. C’était valable en première saison et ce défaut est plus marqué cette année. Des moments pourtant importants perdent en intensité et tombent à plat étant donné qu’il se veut déjà nécessaire de passer à la prochaine intrigue. L’émotion et l’attachement des protagonistes sont dès lors plus ténus. C’est dommage, surtout quand on se souvient à quel point on a pu être touché par ce qu’on lisait (Bran et Rickon, la fameuse conséquence d’une fuite). Avec la finalité en tête, le visionnage n’est que plus ardu. Suivre des personnages, les voir dangereusement emprunter un chemin qui les mène droit à leur ruine ou à celle d’un proche fait beaucoup de mal. À vrai dire, parfois l’on se plaît à penser que ne pas tout savoir protège son cœur !

Suite au décès de son soi-disant père, Robert Baratheon, Joffrey monte sur le trône et prend un malin plaisir à régner. Bien qu’il soit secondé par Cersei, sa mère, il montre à plusieurs reprises qu’il a les pleins pouvoirs et qu’il est bien décidé à les utiliser de toutes les façons possibles et inimaginables. À Port-Réal, l’angoisse sourde des nantis commence à côtoyer la vive colère de la population qui, elle, ne supporte plus les mesures des nobles les dirigeant et le contexte difficile actuel. L’ambiance est par conséquent lourde de sens et, encore plus qu’auparavant, les secrets et trahisons sont monnaie courante. Le charismatique Tywin ayant été fait Main du roi, mais ne pouvant être présent, il ordonne à Tyrion d’endosser ce rôle ingrat. Sa tâche s’annonce tout particulièrement compliquée ; tout le monde lui tourne le dos et personne ne cherche à l’aider, même si certains semblent l’apprécier comme le délicieux et ambigu Varys. Il en va de même avec le sympathique bien qu’inquiétant Bronn, fidèle dans une certaine mesure à celui qui l’a propulsé sur le devant de la scène. Le Lutin a pour missions de légitimer Joffrey, mais aussi sa famille, les Lannister, victimes de rumeurs fort déplaisantes en lien avec les relations incestueuses des jumeaux. De plus, il doit préparer les défenses de Port-Réal qui s’apprête à voir débarquer à tout moment les armées des proclamés souverains : Stannis Baratheon, Renly Baratheon et Robb Stark. Comme à son habitude, Tyrion est passionnant à suivre et à entendre grâce à une écriture solide dans la caractérisation du personnage et de ses interactions avec les autres – et notamment parce que son interprète, Peter Dinklage, excelle. Doté d’humour, d’une incroyable vivacité d’esprit et de réparties éclairées, il essaye de faire de son mieux tout en déjouant les plans de sa sœur, toujours autant perfide et machiavélique. D’ailleurs, il est dommage que Cersei soit en retrait, car elle démontre à plusieurs reprises qu’elle aussi peut briller et faire froid dans le dos. C’est un individu moyennement étudié pour le moment, à l’exception de minimes scènes montrant toutefois quelques-unes de ses facettes définitivement complexes. Lucide, elle sait que son aîné ne possède en aucun cas les épaules pour devenir un vrai roi, mais que peut-elle y faire à part le protéger comme une lionne le ferait avec ses petits ? Autour des Lannister restés à Port-Réal, Sansa Stark est bien évidemment captive et fait preuve d’une grande force de caractère en ne contredisant jamais directement Joffrey qui cherche n’importe quel prétexte pour l’humilier et la traumatiser. L’écervelée ne pensant qu’aux robes et superficialités a bel et bien disparu, laissant la place à une jeune fille inspirant la compassion et le respect. Seule, elle n’a personne à qui se confier et n’a d’autre choix que de survivre dans cet environnement hostile. Contre toute attente, Sandor Clegane semble se prendre d’affection pour cet oisillon tombé du nid et est à l’origine de jolies scènes en lien avec l’aînée des Stark, ainsi qu’avec quelques figures dans le 2×09, Blackwater. Le personnage mérite lui aussi davantage d’exposition. En dix épisodes, beaucoup n’ont de toute manière pas le temps d’être beaucoup plus développés, ce qui est parfois assez décevant. Quoi qu’il en soit, à Port-Réal la bonne humeur est loin d’être omniprésente et si le soleil et la chaleur sont au rendez-vous, les préparatifs de batailles et d’un hiver tempétueux s’installent avec frénésie.

Techniquement, trois Baratheon se disputent donc la couronne. Il y a Joffrey d’un côté et les deux frères de Robert, Renly et Stannis, qui s’apprêtent à se combattre. De caractères radicalement opposés, ils ne s’entendent plus et chacun pense être le souverain légitime. Pénétrer dans le camp de Renly permet de découvrir son épouse, la sœur de Loras Tyrell, Margaery, jouée par la superbe Natalie Dormer (The Tudors). Bien plus âgée que dans les romans, elle perd également en innocence et il paraît impossible de la croire douce et assez naïve ; c’est même plutôt tout le contraire tant elle aussi donne l’impression de figurer sur les rangs de la course au trône. Renly est sinon entouré de fidèles, dont la très remarquable Brienne de Torth possédant les traits de Gwendoline Christie, vraisemblablement faite pour ce rôle de femme chevalier critiquée et moquée. Il n’y a aucun doute, Brienne est une véritable réussite à l’écran. Peu d’éléments sont à retirer des alliés de Renly au final, ce qui n’est pas le cas de ceux de Stannis (Stephen Dillane). Ombrageux, froid et implacable, l’aîné Baratheon aurait mérité d’être encore plus inflexible quand bien même il s’impose avec conviction. La femme en rouge, l’hypnotique Mélisandre, gravitant autour de lui comme une noirceur dangereuse gagne en magnétisme avec l’interprétation de Carice Van Houten. Ce mystérieux personnage injecte des thématiques religieuses mêlées à un soupçon plus ou moins important de fanatisme avec ce culte du dieu unique. Si le chevalier Oignon, Davos (Liam Cunningham), demeure loyal envers son seigneur, il ne partage guère ce mysticisme toxique à bien des égards. Pour le moment, les Baratheon sont ainsi occupés à se surveiller mutuellement et à se menacer. Ils laissent tranquille le jeune loup, massacrant des lions dans les régions nordiques.

Si beaucoup désirent le Trône de fer, ce n’est pas du tout le cas de Robb Stark. Arrogé roi du Nord par ses fidèles, il veut tout simplement venger la mort de son père, retrouver ses sœurs et repartir à Winterfell où il régnera alors. En attendant, il ne donne pas l’impression de se fouler tant que ça étant donné qu’il passe la plupart de ses journées à conter fleurette à Talisa Maegyr (Oona Chaplin), une soigneuse au franc-parler. Nous sommes d’accord, il importe de montrer Robb à l’écran malgré son absence relative dans le deuxième roman. Ce n’est pourtant pas la peine de nous infliger une romance de ce calibre. Des batailles, nous n’en voyons pas. Nous assistons uniquement aux émois amoureux, d’un jeune adulte certes, mais qui auraient dû être bien moins présents à la télévision. À part ça, il n’y a rien dans le camp des Stark en guerre. Catelyn n’est pas beaucoup mieux lotie. Heureusement, les deux garçons restés à Winterfell sont moins décevants, même si Bran mérite également une place moins anecdotique. Demeure Arya, en fuite avec Yoren, Gendry et d’autres. Tout en cachant sa véritable identité, elle se retrouve sans le vouloir au cœur de la pensée de grands dirigeants si ce n’est qu’elle aurait gagné à être moins passive. En arrivant à Harrenhal, elle doit aider un individu parfaitement croqué avec cette fine humanisation ; toutes leurs scènes sont franchement délicieuses et s’apparentent aux moments les plus réussis de la saison. La relation de la petite fille avec le mystérieux Jaqen H’ghar (Tom Wlaschiha) est elle aussi intéressante en dépit d’une finalité un peu contrariante par sa précipitation. Électron libre en marge de Robb, Theon Greyjoy retourne sur les îles de Fer, à Pyk, et rejoint son père et sa sœur qu’il n’a pas vus depuis de très nombreuses années. Là, tiraillé entre cette envie de se sentir vraiment appartenir à sa famille et la loyauté qu’il doit aux Stark, il s’empêtre dans un engrenage duquel il ne peut clairement plus sortir, accumulant les mauvais choix les uns à la suite des autres. S’agissant d’un de mes personnages favoris (eh oui !), je peux dire avoir été aux anges par le traitement de cet adolescent se prenant pour un homme, sublimé par un Alfie Allen extraordinaire. Enfin, dernier Stark, Jon Snow part avec la Garde de nuit au nord du Mur à la recherche de Mance Rayder, le chef des sauvageons. Si le cadre est fabuleux et qu’Ygritte (Rose Leslie) a toutes les cartes pour devenir plus qu’attachante, l’intrigue est bien trop étirée et n’avance guère. Elle met en plus l’accent sur l’absence totale des loups-garous. Si Fantôme, Été et Broussaille sont vus à une ou deux reprises, c’est bien trop peu ! Ils doivent normalement représenter l’ombre de leur maître respectif…

Du surplace, Daenerys est avec Jon celle qui en pâtit le plus. C’est bien simple, la gestion de son arc est catastrophique. Au moins, le résultat ne change pas trop d’A Clash of Kings puisque là aussi, l’enthousiasme est loin d’être présent. À part annoncer avec grandiloquence qu’elle est Daenerys Targaryen, la reine de ceci, cela, la mère des dragons et bla, bla, bla, on tourne en rond pour rien malgré une atmosphère délétère à Qarth assez bien retranscrite. Accompagnée de ses monstres ailés, de ce qu’il reste de sa tribu et de Jorah Mormont, elle cherche à fuir le désert mortel et rejoindre Westeros. Les autochtones constatent tous qu’elle possède des créatures mythiques, mais personne n’est décidé à l’aider à accomplir ce qu’elle juge comme étant sa destinée, à savoir : récupérer le Trône de fer. La fin de la saison clôt ce chapitre assez insipide et devrait relancer l’histoire de son côté.

S’il faut deux épisodes d’exposition peu engageante à Game of Thrones pour retrouver sa solidité, la suite demeure dans l’ensemble on ne peut plus convenable en dépit des défauts évoqués dans les paragraphes précédents. Cette lutte de pouvoir est retranscrite à l’écran avec vigueur et chaque personnage peut perpétuellement renverser la partie à son avantage. Les alliances se font, se défont et la densité des dynamiques en place est on ne peut plus stimulante, riche en suspense et en tension. L’absence de batailles ou de créatures nécessitant des effets spéciaux est de temps en temps irritante, et il n’est pas toujours bienvenu de l’excuser par le budget non extensible. Cependant, la production donne l’impression de gérer comme il faut ses fonds et privilégie la qualité à la quantité. Autrement, la nudité excessive du départ fait à juste titre peur par sa gratuité, mais elle se tasse très rapidement. En revanche, la série n’a jamais été aussi violente qu’au cours de cette saison où plusieurs séquences demandent à avoir l’estomac bien accroché. Entre les séances de tortures, les décapitations et maintes blessures physiques ou psychologiques, le visionnage n’est clairement pas fait pour tout le monde. Cette brutalité contraste parfois avec la douceur de certains décors comme ceux de Port-Réal qui se révèlent moins confinés qu’auparavant ; le déplacement du tournage en Croatie plutôt qu’à Malte semble donc une excellente idée. Les bruits d’oiseaux, de la légère brise et la remarquable architecture offrent un véritable cachet à l’ensemble. De même, les épisodes arrangent grandement le cadre, car outre la capitale du royaume des Sept Couronnes, il faut également compter sur la voluptueuse Qarth, l’oppressant Harrenhal gagnant parfaitement ses jalons de domaine maudit, la morosité des îles de Fer, les vallonnées Terres de l’orage ou encore sur les incroyables paysages au-delà du Mur laissant littéralement bouche bée. Avec une photographie cultivée et un soin toujours prégnant dans les moindres détails, la série s’apparente à un du pur spectacle visuel et même, sonore. Effectivement, si la bande originale composée par Ramin Djawadi faisait correctement son travail au cours de l’année précédente, elle se montre bien plus maîtrisée dans celle-ci. Plusieurs thèmes tels que celui des Greyjoy ou la chanson des Lannister accompagnent et habitent l’esprit de l’audience qui n’a qu’une envie, celle de réécouter cette musique envoûtante.

En définitive, après une première année adaptant l’œuvre littéraire de manière très rigide, la deuxième prend ses marques et ose s’affirmer. Sans grande surprise, le résultat est alors à double tranchant puisque si certains choix sont judicieux, d’autres laissent forcément plus perplexe quand on connaît la suite. Cela dit, ne boudons pas notre plaisir ; la série est aussi ambitieuse, réfléchie et soigneuse en dépit de difficultés assez conséquentes à concentrer ses arcs narratifs et une unité de lieu au sein d’une même semaine. La saison aurait effectivement gagné à se montrer davantage homogène et à ne pas subir cet effet décousu par moments frustrant, surtout à travers des scènes superficielles et inutiles parasitant le temps d’antenne. De même, le rythme rapide nuit quelque peu à l’intensité, à l’attachement que l’on peut avoir pour les personnages et à la profondeur émotionnelle. Que l’on ne se trompe pas, les épisodes sont dans l’ensemble efficaces en raison de leur forme grandiose, de cette galerie de protagonistes nuancés, de cette peinture toujours noire et glaçante où chaque figure a sa place, ou encore du fait de l’interprétation au diapason. Au final, le tout s’avère convaincant, bien que la reconstitution de cet univers brutal soit nettement plus complexe à réaliser cette fois-ci compte tenu de la longue période de transition nécessaire avant d’entamer les multiples bouleversements à venir. Direction la suite qui s’annonce tout aussi passionnante et bien plus mouvementée. Valar Morghulis !