Jue Dui Darling (絕對達令 ★ Absolute Boyfriend) – Épisode 01

Par , le 24 janvier 2013

Après avoir laissé tranquille Taïwan durant presque deux ans, il est temps de revenir y faire un petit tour. Enfin, petit, pas tant que ça comme l’île sera régulièrement à l’honneur au cours des prochains mois. L’intitulé du billet le suggère, il ne sera aujourd’hui question que du premier épisode de Jue Dui Darling, série également connue sous les titres anglais Absolute Boyfriend et Absolute Darling (la traduction littérale du mandarin). Composée de treize épisodes d’un peu plus d’une heure, elle fut diffusée sur FTV entre avril et juillet 2012.

Les lecteurs habituels de Luminophore doivent probablement savoir que je préfère toujours écrire des articles dédiés à une saison ou à une production dans son ensemble. M’attarder sur les épisodes les uns à la suite des autres ne m’intéresse guère pour de multiples raisons. Diable, pourquoi me lancer là-dedans avec ce tw-drama alors ? Il y a de ça plusieurs années, j’avais fait exactement la même chose avec la série japonaise Zettai Kareshi – entrées qui doivent être entièrement retravaillées d’ailleurs. Ce n’est pas un hasard si je la cite puisque Jue Dui Darling et elle possèdent un point commun : ce sont des adaptations du manga Zettai Kareshi (Lui ou rien ! en France) de Watase Yû. Pour ceux qui ne seraient pas au courant, je maintiens un site sur la mangaka depuis dix ans (ou presque, l’anniversaire arrive dans quelques semaines). Si je souhaite bien y faire mon travail, il convient donc de détailler au maximum les diverses transpositions. Me voici par conséquent embarquée dans le récapitulatif épisode par épisode de l’adaptation taïwanaise du manga. Je vous avoue avoir mis du temps avant de me lancer parce que ça ne m’emballe guère. J’espère vraiment que Jue Dui Darling vaut le coup et que je ne vais pas devoir trop me répéter de billet en billet. La forme sera toujours identique : dans un premier temps, je tâcherai de résumer ce qui vient de se passer dans l’épisode tout en accompagnant de nombreuses captures d’écran ; puis, l’heure sera à la discussion et à une tentative d’analyse de ce que l’on y a vu, en n’oubliant pas le manga. Normalement, les articles arriveront au rythme d’un toutes les trois semaines ; ils seront d’abord disponibles ici et ne seront transférés sur mon site sur Watase Yû que bien plus tard.

Il va de soi que les spoilers sont inévitables mais il n’y aura jamais de révélations concernant la suite du manga. Je précise qu’à l’heure où j’écrirai les récapitulatifs, je n’aurai pas encore regardé les épisodes suivants.

Épisode 01
Première diffusion : 8 avril 2012 Durée : 71 minutes Captures d’écran 

Résumé

         

L’épisode s’ouvre sur un charmant jeune homme venant parler à Xiao Fei, une petite fille à l’air triste, assise contre un mur devant un grand bâtiment. Pour lui remonter le moral, il décide de lui montrer un petit jeu. Tout en rejoignant les doigts de ses mains, il lui explique que la nature est décidément bien faite et que quoi qu’il se passe, il convient de chercher la personne représentant sa propre moitié. Tout comme les doigts qui sont, au final, complémentaires, chaque individu a forcément quelque part quelqu’un qui l’attend pour passer le reste de leur existence ensemble. Sur ces considérations romantiques, Xiao Fei retrouve instantanément le sourire tandis que le mystérieux inconnu disparaît comme par enchantement.

Il est 6h15 et c’est une Xiao Fei avec une bonne quinzaine d’années de plus qui se lève en trombe. Fatiguée et dépitée, elle regarde si sa poitrine n’a pas gonflé durant son sommeil ; force est de constater que… non. Décidément, tous les médicaments et autres recettes miracles n’ont aucun effet. Entre temps, les minutes tournent et la voilà en retard pour le travail. Cela ne l’empêche pas de passer plus de temps qu’il n’en faut à chercher une tenue digne de ce nom. La mission du jour est très importante car elle a décidé de déclarer sa flamme à l’élu de son cœur : Shi Guan. Pour lui montrer son affection, elle a en plus préparé un cadeau. Mais avant cela, elle ne peut partir sans avoir mis la main sur son nouveau bracelet rose. Or, elle ne le trouve nulle part. Elle a beau retourner toutes ses affaires dans son appartement, rien n’y fait. Elle se rend alors sur son balcon où, là aussi, ses vêtements volent dans tous les sens. Miracle, elle découvre son précieux. Du fait de son étourderie et de son côté maladroit, elle ne réalise pas qu’elle vient de lancer de l’autre côté un de ses soutiens-gorge qui atterrit sur… la tête de son voisin, Zong Shi. Ce dernier venait juste de préparer un délicieux petit-déjeuner à son petit frère, moyennement motivé par les cours.

Fin prête, Xiao Fei peut enfin partir à la conquête de son amoureux ! Cela dit, elle doit d’abord gérer Zong Shi qui vient lui rapporter le sous-vêtement qu’elle lui a malencontreusement jeté à la figure. La voyant aussi apprêtée et sentant un parfum aussi entêtant, il comprend immédiatement que sa voisine compte se jeter à l’eau. Pour une énième fois. Il en profite alors pour se moquer d’elle et lui déclarer qu’elle devrait plutôt mettre davantage de passion dans son travail que dans ses romances ne menant à rien. Vexée, Xiao Fei lui réplique qu’elle au moins cherche quelqu’un alors que lui, il n’a jamais eu de petite-amie. Sur ces mots, elle ne trouve qu’un unique moyen pour le faire taire qui est celui de lui filer un coup de poing en pleine figure !

Xiao Fei se cache derrière un poteau en attendant Shi Guan. Ce dernier finit enfin par arriver, les lunettes de soleil vissées sur le visage, l’allure assez cool et totalement opposée à celle de la jeune femme. Perdant totalement assurance, celle-ci ne parvient pas à lui dire tout ce qu’elle ressent et ne réussit juste qu’à lui donner le sac contenant les nouilles sèches qu’elle lui a préparées. Franchement peu excité, Shi Guan les prend et semble surtout embarrassé par cette collègue plutôt bizarre. Alors qu’il lui tourne les talons, n’en demandant pas son reste, Xiao Fei ose lui déclarer sa flamme. C’est très sèchement que Shi Guan lui réplique que ça risque d’être difficile puisqu’il a déjà une petite-amie, Vivian. La douche est d’autant plus froide pour Xiao Fei que la voilà qui arrive. Comble de l’horreur, dans le sac se trouve, outre les nouilles, son fameux soutien-gorge volant ! Torpillée sur place, la pauvre héroïne s’écroule à la renverse pendant que celui qu’elle aime la laisse en plan pour aller s’amuser avec sa compagne. Un malheur n’arrivant jamais seul, Zong Shi débarque et en rajoute une couche histoire de bien appuyer là où ça fait mal.

Au travail où elle officie en tant qu’assistante, ce n’est pas non plus la joie. Heureusement, Xiao Fei peut compter sur la belle et populaire Mei Jia pour lui remonter le moral. Pour la réconforter, celle-ci lui explique même que de profil, elle ressemble beaucoup à la star sud-coréenne Gu Hye Seon donc elle n’a pas à rougir face à sa supposée absence de beauté. Xiao Fei n’a clairement aucune confiance en elle et souffre d’être rejetée par autant d’hommes. Lors du déjeuner, Mei Jia lui suggère de regarder du côté de son voisin et collègue, Zong Shi. Après tout, ils se connaissent depuis qu’ils sont enfants et ont tout le temps été dans les mêmes classes à l’école. Et en plus, ils travaillent dans la même compagnie ! Cette simple idée fait éclater de rire Xiao Fei tant elle ne voit en lui qu’un geek peu recommandable donnant toujours son avis sur tout. Mei Jia rétorque qu’étrangement, il n’agit de cette façon qu’envers Xiao Fei, ce qui pourrait donc expliquer qu’il la voie différemment des autres femmes.

La journée se termine pour Xiao Fei comme elle a commencé, c’est-à-dire mal. Son supérieur apprend qu’elle a effectivement fait une erreur et la voilà privée de salaire pour le mois de manière à rembourser les dommages. En rentrant à pied chez elle, elle est encore plus démoralisée en voyant autant de couples amoureux autour d’elle. Elle se remémore alors tous ses souvenirs douloureux. Chaque garçon à qui elle a un jour déclaré ses sentiments l’a rejetée ; certains étaient en plus très virulents, voire honteux de recevoir autant d’affection. Xiao Fei déprime sérieusement et craint de ne finir vieille fille, seule, sans personne. Pourquoi est-ce que personne ne veut l’épouser ? Doit-elle se reprocher quelque chose ? Plongée dans ses pensées moroses, elle entend la sonnerie d’un téléphone abandonné dans un parc. Dévouée, elle décroche et tombe sur le propriétaire dudit objet qui espérait pouvoir retrouver son bien. Il lui demande de bien vouloir le lui apporter chez lui.

La nuit tombe, Xiao Fei vient de trouver la maison de Lei Wu Wu, l’homme à qui appartient le téléphone. Le bâtiment est drôlement curieux mais ce n’est rien comparé à la personne qu’elle rencontre. Arborant un casque et des lunettes de motard ainsi que des vêtements excentriques, il est clair qu’il ne se fond pas dans la masse. La première pensée de la jeune femme est qu’il est un artiste. Ce qu’il n’est pas du tout comme il travaillerait en tant que banal employé. Pour la remercier de son amabilité, il lui propose de choisir ce qu’elle désire et il tentera de la satisfaire. Agacée, elle lui sort que ce qu’elle veut, c’est un petit-ami. Contre toute attente, il n’est aucunement surpris et lui tend une carte spéciale. Celle-ci devrait lui permettre, une fois chez elle, de commander l’objet de ses rêves. En revanche, elle ne doit parler de toute cette histoire à quiconque.

Dans son appartement, Xiao Fei continue de déprimer et de se rappeler à quel point la journée a été humiliante. Zong Shi lui rend visite pour lui donner des pâtes vu qu’elle, elle ne se contente de se nourrir que d’aliments peu nutritifs et variés. Bien qu’il dise agir selon la demande de la mère de Xiao Fei, le jeune homme montre un visage un peu plus humain. Si ses sarcasmes sont toujours présents, ils cachent une attitude en définitive assez chaleureuse et bienveillante. Voir sa voisine aussi malheureuse semble lui peser sur le cœur. Mais ça, Xiao Fei ne s’en rend pas compte et le fait rapidement retourner chez lui.

Plus tard dans la soirée, Xiao Fei démarre son ordinateur et décide d’aller voir ce qu’abrite le site du loufoque Lei Wu Wu. Elle tombe de suite sur une page affichant un Darling Store, appartenant apparemment à la compagnie Kronos Heaven. Cette société vendrait des petits-amis ! Le principe est tout simple, il suffit d’entrer ses critères de sélection comme le physique, les capacités culinaires, la force, etc., et un petit-ami devrait alors être mis au point par leurs soins. Les clients ont en plus le droit à deux jours d’essai gratuits. Xiao Fei s’amuse en regardant tout ça et quand elle tombe sur un des plausibles compagnons, elle craque tant elle le trouve magnifique. Elle se prend au jeu et paramètre de nombreuses spécificités jusqu’à littéralement s’endormir sur le clavier.

Le lendemain matin, c’est la sonnette de son appartement qui réveille la jeune fille. Non, ce n’est pas Zong Shi mais des livreurs au look futuriste apportant un immense caisson où est inscrit Nightly 01. Pas possible, serait-ce le petit-ami commandé la veille ? Xiao Fei ose appuyer sur le bouton et la boîte s’ouvre, découvrant un homme, nu comme un ver, amorphe et qui lui tombe dessus. Après s’être égosillée et entretenue avec Lei Wu Wu, elle lit le mode d’emploi pour initialiser cet être ressemblant surtout à un mort. L’unique moyen est de l’embrasser sur la bouche. À peine a-t-elle le temps de le faire que le voilà qui s’allume. Suivent quelques secondes où, ce qui s’apparente à un cerveau de robot – car c’est ce qu’il est – se met en branle et il salue sa nouvelle chérie en attendant ses ordres.

Forcément, quand on a un homme-androïde nu dans son appartement et qu’il ne comprend visiblement pas grand-chose, rien ne se passe pas comme prévu. Si en plus son voisin choisit, comme par hasard, de passer par là, les catastrophes peuvent vite arriver. Une fois les dangers évacués, Xiao Fei tente de s’occuper de sa nouvelle acquisition qui, elle, n’a qu’une envie : satisfaire sexuellement sa chérie. L’héroïne étant plus que craintive et innocente, elle ne compte absolument pas sauter les étapes avec lui, ou avec qui que ce soit d’ailleurs. Comme elle doit aller au travail, elle lui donne un pyjama de son père, l’enferme dans son appartement, l’autorise à faire ce qu’il souhaite à condition de ne pas franchir le seuil de la porte d’entrée.

Alors que la journée précédente, Xiao Fei était presque moribonde, elle se sent revivre. Au lieu de travailler, elle scrute les magazines de mode masculine dans le but de chercher des vêtements dignes de ce nom à son robot. En sortant du boulot, elle se rend par conséquent dans les magasins où elle fait quelques emplettes. En chemin, elle voit Shi Guan en compagnie de ses amis et surprend leur conversation dont elle est le centre des propos. Le malotru se moque en effet d’elle et la ridiculise du mieux qu’il peut. Plutôt que de se détourner et de ne pas prêter attention à ce qu’elle entend, elle suit dans un café le petit groupe pour continuer de les écouter. Forcément, en raison de propos très cruels, son cœur se brise en mille morceaux. Au lieu de s’apitoyer sur elle-même, elle ne réfléchit pas et confronte directement son ancien amoureux en lui jetant un verre d’eau à la figure. Ce geste n’arrête absolument pas Shi Guan mais, subitement, l’androïde débarque d’on ne sait où. Dire que quelques minutes auparavant il était en train de nettoyer de fond en comble l’appartement de Xiao Fei. Ah ça non, il n’a pas rompu sa promesse et n’est pas sorti par la porte. Non, il a juste traversé la fenêtre – fermée ! – de l’appartement pour atterrir au rez-de-chaussée, stupéfiant une mère et son fils, persuadé qu’il s’agit ni plus ni moins que de Superman.

Le robot voyant sa protégée en larmes et mal en point, il prend d’abord le temps de la secourir et de veiller à ce qu’elle aille bien avant de passer un savon à Shi Guan et ses amis. Faisant preuve d’une force quasi surnaturelle, il n’a aucun mal à repousser leurs attaques. Et c’est ainsi qu’il quitte le café en compagnie de Xiao Fei, laissant les mécréants sacrément secoués. Sauf qu’il n’est pas le seul à se venger. Zong Shi, qui était justement dans les parages, les fait méchamment tomber. Le voisin de Xiao Fei est étonné de voir ce mystérieux inconnu en pyjama auprès de l’héroïne surtout qu’il est très protecteur envers elle. Qui est-il ? Pendant ce temps, Lei Wu Wu surveille son produit et est ravi de le voir aussi bien interagir avec Xiao Fei.

Si la nuit arrive, l’héroïne n’a toujours pas envie de la passer avec son robot et se rend donc seule, au lit. Le lendemain matin, elle est réveillée par de délicieuses effluves provenant d’un petit-déjeuner succulent préparé avec soin par l’androïde. Justement, en dépit de sa nature, lui aussi peut manger et digérer la nourriture. Bizarrement, il regarde régulièrement sa bague et lorsqu’elle est grise, il ne semble pas satisfait car il croit que Xiao Fei, elle, ne l’est pas. Pour lui faire oublier ses soucis, il se déshabille entièrement ! Évidemment, ce n’est pas la bonne méthode pour lui remonter le moral. À la place, ils partent alors faire du shopping ensemble, comme un véritable couple. Sur le chemin, Xiao Fei fait tomber son téléphone portable du haut d’un immeuble. N’écoutant que son courage, l’androïde saute de plusieurs étages pour le rattraper et atterrit, encore une fois, en douceur, avec les félicitations des badauds. Si cette action émérite fait battre le cœur de la jeune femme, elle avoue avoir eu peur pour lui, quand bien même il lui explique qu’elle n’a rien à craindre en raison de son absence d’humanité ; il ne peut effectivement mourir. Quoi qu’il en soit, Xiao Fei est enfin heureuse et le robot en est persuadé puisqu’outre un sourire évident, la pierre de sa bague est devenue rose. Symbole d’un début de son attachement, la jeune femme daigne enfin donner un nom à son petit-ami commandé en ligne ; il sera Night, comme le Nightly écrit sur la capsule qui le contenait.

 

Commentaires

Alors que la version japonaise se détachait considérablement du manga, la taïwanaise semble vouloir le coller au plus près. Ce premier épisode est en effet un quasi copier-coller des deux premiers chapitres de la version papier. La trame est identique et surtout, le cadrage et la gestuelle sont aussi totalement les mêmes. Le résultat ne se révèle donc pas du tout déplaisant de ce point de vue là étant donné que l’on y sent un effort de fidélité. Après, il est clair qu’une bonne transposition se doit aussi de savoir prendre un certain recul mais ça, seule la suite de Jue Dui Darling nous le dira. Quelques différences subsistent ceci dit. Les personnages principaux ne sont plus des lycéens mais bien des jeunes adultes, comme dans le j-drama. Ce choix n’est pas vraiment étonnant en raison des thématiques abordées. C’est en tout cas une excellente idée. De même, Xiao Fei travaille dans une entreprise et son supérieur la prend assez en grippe, à l’instar du renzoku ; ce patron est d’ailleurs calqué sur la version nippone. Le changement le plus visible se trouve surtout dans les noms qui ont été traduits en chinois. Izawa Riiko est ainsi devenue Guan Xiao Fei et Asamoto Sôshi n’est autre que Yan Zong Shi ; Night demeure Night puisque le nom est en anglais dans la version originale. Dans tous les cas, la modification la plus majeure a trait aux caractères des protagonistes et là, ce n’est franchement pas en faveur du tw-drama.

En dépit d’une absence de moments franchement drôles, ce premier épisode de Jue Dui Darling se regarde assez facilement car il ne manque pas de rythme, multiplie les rebondissements, fait preuve d’auto-dérision avec une sympathique mise en abîme et quelques blagues métafictionnelles. Il possède en plus une atmosphère assez loufoque bien que non dénuée d’une certaine once inquiétante. Lorsque l’on connaît la suite, on se doute de pourquoi l’ambiance est parfois légèrement mélancolique. S’agissant d’une série taïwanaise, tous leurs tics sont de la partie et, sans grande surprise, le côté artisanal est très présent. Le surjeu est constant, les mimiques sont souvent outrancières, il y a quelques effets ajoutés comme des bruitages pour accentuer un comique de situation et la réalisation n’a vraiment rien d’exceptionnel. On y sent tout de même une grande amélioration par rapport aux productions plus anciennes où, là, les perches étaient parfois visibles en plus d’une très mauvaise gestion du bruit. Heureusement, il n’y a pas de problème de ce style, pour l’instant du moins. Cela dit, cette forme est très marquée et ne pourra pas convaincre la majorité, surtout lorsqu’elle est habituée à ce qui se fait aux États-Unis. L’épisode possède en réalité un aspect très manga presque consternant ; reste à voir s’il sera possible de s’y habituer à la longue. En revanche, la bande-son est tout particulièrement réussie. La chanson du générique de début, Mr. Perfect de Fahrenheit – le groupe avec, entre autres, Jiro Wang – est entraînante et reflète correctement le côté parfait de Night. Quant à celle du générique de fin, Jia Zhuang We Men Mei Ai Guo interprétée par Jiro Wang, elle est magnifique par la mélancolie et le désespoir qu’elle inspire. Le score est également plus que sympathique et fait preuve d’un côté presque fantasmagorique et épique.

Concernant le scénario, l’histoire de Zettai Kareshi n’est pas dénuée de clichés et n’est pas ce que la mangaka aura fait de mieux. Cela n’a nullement empêché le j-drama de se montrer attachant, drôle, émouvant et définitivement solide. Comme le tw-drama se calque aussi précisément pour le moment, le risque est de devenir ennuyant pour ceux qui connaissent plutôt bien l’univers. Pour l’instant, peu de thématiques ont été amorcées ce qui fait que techniquement, il est difficile de savoir de quelle manière l’ensemble va évoluer. Ce qu’il y a de certain, c’est que l’héroïne est abominable. Xiao Fei est timorée, idiote, niaise et mange comme un cochon. Elle n’inspire pas une seule seconde la sympathie. Ce manque d’intérêt pour elle est d’autant plus prégnant que son interprète, l’actrice sud-coréenne Gu Hye Seon, est mauvaise au possible. Ne parlant pas mandarin, elle a été doublée. Bien sûr, Taïwan voulait profiter de sa présence pour vendre la série mais le résultat en devient juste ridicule de cette manière. Le doublage est atroce et manque totalement de raccords. Gu Hye Seon ne donne même pas l’impression d’avoir essayé d’articuler un minimum ses dialogues. Ajoutons-y un nombre incalculables de grimaces horripilantes et cette jeune femme a toutes les chances d’irriter. Quand on sait ce qui nous attend, on ne peut s’empêcher de craindre le pire. Sans conteste, Xiao Fei est le gros point noir plombant totalement l’épisode et le faisant surtout ressembler à une production inepte.

A contrario, la star taïwanaise Jiro Wang jouant Night est bien meilleure. Il faut dire que pour l’instant, il n’a pas grand-chose à faire car il n’est qu’un banal robot sans émotions réelles. Jue Dui Darling est sans aucun doute à destination d’un public féminin puisque les plans sur sa plastique parfaite sont très nombreux. Ne le nions pas, il a une jolie voix, un corps incroyable et on le voit sous presque toutes les coutures. Ses parties intimes ont été floutées ce qui offre un petit côté truculent. Pour continuer dans les personnages, le voisin, Zong Shi (Xie Kun Da), n’a pas encore eu l’occasion de montrer son potentiel mais il semble a priori parti sur de bons rails. Il en va de même concernant Lei Wu Wu (Na Wei Xun) bien qu’il en fasse beaucoup ; son excentricité est égale à celle du manga, là, il n’y a pas de doute.

Pour conclure, ce premier épisode est loin d’être une franche réussite. S’il réussit à amorcer convenablement le cadre et présenter les grandes intrigues générale de l’histoire, il peine à convaincre en raison de ressorts humoristiques au demeurant assez stupides et très peu source de sourires. À la rigueur, ceci pourrait être tolérable si l’héroïne était interprétée avec davantage de solidité et n’était pas doublée. Dans ces conditions, le visionnage fait sensiblement peur. Tout n’est pas aussi mauvais grâce à Night qui est bien parti pour se montrer adorable et que le rythme enlevé fait mouche. Mais si l’on ne savait pas vers quoi l’on se dirige, on pourrait être très fataliste quant à la suite.


10 Comments

  1. Caroline
    Ageha• 24 janvier 2013 at 13:45

    Ah je ne le connais pas ce drama!
    Coïncidence, je suis entrain de regarder un drama taiwanais (Silence) qui a pour actrice principale une coréenne (mais muette donc pour l’instant je ne sais pas si elle a été doublée ou pas car c’est certain qu’elle va retrouver sa voix…ou celle d’une autre). Bref, je comprends bien ce que tu veux dire, on a d’ailleurs déjà vu le désastre du doublage pour le drama Bichunmoo! Les mouvements des lèvres et les paroles sont pas du tout synchro, moi ça me perturbe.
    Jiro Wang, j’en garde un mauvais souvenir à cause de son rôle ultra agaçant dans It started with a kiss et sa suite, et qu’est-ce qu’il surjoue…il dépasse tous les autres à ce niveau là. J’ai vraiment du mal avec cet acteur/chanteur.
    A voir si le drama s’améliore par la suite…c’est vraiment dommage cette histoire de doublage…

    (la scène où il traverse la fenêtre fermée doit être sympa quand même ^^)
    J’espère que d’autres articles sur des tw-drama suivront prochainement, ça fait plaisir de lire tes articles à ce sujet :)

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    • Caroline
      Caroline• 30 janvier 2013 at 14:34

      Justement, par rapport à Bicheonmu, là c’est encore pire ! Comme dans le k-drama les personnages principaux étaient sud-coréens, ça limitait quelque peu la casse ; et même si le doublage n’était pas parfait, il était encore plus ou moins tolérable. Dans ce tw-drama, ce n’est pas du tout le cas et rien n’est raccord. C’est usant et forcément, difficile de prendre au sérieux le personnage.

      Concernant Jiro Wang, je ne le connaissais pas du tout jusqu’à présent. Ici, il ne surjoue pas pour le moment mais son rôle se limite à faire le robot, alors… A priori le personnage est supposé évoluer, ce qui fait que je pourrai préciser si son jeu est aussi abominable que tu dis.

      Quant à la scène où le héros traverse la fenêtre fermée, on ne la voit pas vraiment ^^;;.

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      • Caroline
        Ageha• 31 janvier 2013 at 1:38

        Du coup je préfère voir la version japonaise! (pourtant je n’avais jamais pensé à la regarder). Encore, si le personnage doublé était un secondaire, ça aurait pu passer, mais là c’est l’héroïne du drama pfff. Je vais essayer de voir un extrait pour voir ce que ça donne au niveau du doublage par curiosité!
        Mince alors pour la scène, ça aurait pu être drôle :)

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        • Caroline
          Caroline• 2 février 2013 at 23:30

          Tiens, je croyais que tu avais déjà regardé le j-drama. Je te le conseille vraiment. Il n’est pas parfait mais il est bien mené et réussit à être à la fois drôle et touchant.

          Je t’ai cherché un extrait du premier épisode pour voir le doublage de ce tw-drama. La merveille peut s’entendre ici.

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  2. Caroline
    Saru• 27 janvier 2013 at 13:18

    Je me disais bien que je la reconnaissais, cette actrice, mais je pensais me tromper puisque sa présence dans un drama taïwanais semblait incongrue. Je ne l’ai vue que dans Boys Over Flowers mais elle n’y montrait en effet pas un grand talent.
    Je trouve ce projet de reviews bien cool (et très impressionnant, ce site sur Watase Yuu que tu tiens depuis si longtemps) mais j’espère pour toi que la qualité du drama va s’améliorer ! Je garde un bon souvenir du jdrama et du merveilleux Night !

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    • Caroline
      Caroline• 30 janvier 2013 at 14:45

      Boys Over Flowers figure sur ma liste des k-dramas à regarder un de ces jours mais je dois avouer que maintenant, je suis sacrément refroidie. Certes, elle ne sera pas doublée mais si c’est pour se coltiner un jeu aussi exécrable et des mimiques à foison, ce n’est clairement pas pour moi.

      Le j-drama était super chouette. J’en garde un excellent souvenir et comme toi, j’avais trouvé Night merveilleux ^^.

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  3. Caroline
    Ageha• 3 février 2013 at 1:19

    Je viens de voir l’extrait, enfin un petit bout (youtube rame en ce moment, c’est fou!), bref, ça va pas du tout ce doublage en effet! J’espère que l’héroïne du drama se comporte pas comme ça tout le temps…ouh là. J’aurais bien vu Ariel Lin dans ce rôle, elle avait parfaitement bien joué la petite « cruche » mais elle avait réussi à rendre son personnage attachant par contre l’actrice coréenne, faut voir ce que ça va donner sur la durée…
    Je le mets sur ma liste alors, j’avoue que l’histoire m’attirait pas trop mais maintenant je suis curieuse de le voir! Je connais pas le casting en plus, sauf Mizushima Hiro que j’ai vu très peu en fait…

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    • Caroline
      Caroline• 3 février 2013 at 12:02

      Ça me fait presque plaisir ce que tu écris sur Youtube parce que je croyais que ça venait uniquement de ma connexion.

      Sinon, pour ne pas te rassurer, l’héroïne se comporte de cette manière au moins dans les deux premiers épisodes. Eh oui. Tu commences à comprendre ma douleur ? ^^;; Ce qui est d’autant plus énervant c’est que normalement, elle n’est pas aussi cruche/stupide. Certes, elle a plusieurs des clichés de la jeune fille typique des shôjo mais pas de là à être aussi caricaturale. Comme tu le dis, il faut voir ce que ça va donner sur la durée ; espérons que le personnage évoluera et que l’actrice saura nuancer son jeu.

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  4. Caroline
    Ageha• 3 février 2013 at 16:32

    J’ai essayé sur dailymotion, ça ne rame pas du tout! C’est bien youtube le problème…j’espère que ce n’est que passager parce que je l’utilise beaucoup.
    Je trouve que même l’héroine de Devil beside you n’était pas aussi exagérée…
    Oui a voir sur la durée, j’ai déjà vu un tw drama auquel j’ai accroché au bout de 3 , 4 épisodes… parfois ça vaut quand même le coup d’aller au delà du 1er épisode.

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    • Caroline
      Caroline• 5 février 2013 at 23:05

      Youtube est de retour à la normale chez moi, enfin, plus ou moins. C’est vrai que dès que ça rame, on est vite embêtés car la plupart des vidéos se trouvent sur ce site.

      Justement, je n’ai jamais eu de mal avec Rainie Yang. Elle n’est pas l’actrice du siècle mais je n’ai rien de spécial à lui reprocher. Après, en actrices taïwanaises, je n’ai pas beaucoup de moyens de comparaison. Pour en revenir à Jue Dui Darling, le constat n’est pas aussi tranché lors du second épisode, donc tout est possible ? Si, si, je veux y croire.

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