Shaken BABY! | しぇいけんBABY!

Par , le 30 janvier 2013

Dans le but de commencer l’année en beauté du côté des fictions japonaises, j’ai décidé il y a quelques semaines de donner sa chance à Shaken BABY!, un tanpatsu comportant de nombreux visages familiers plus que sympathiques. Composé d’un unique épisode d’un peu moins de cinquante minutes, celui-ci fut diffusé sur Fuji TV le 4 janvier 2010. Il a été réalisé par Nagayama Kôzô, également derrière la caméra dans d’autres séries comme Soredemo, Ikite Yuku, Buzzer Beat ou encore Last Christmas. Aucun spoiler.

Le banal étudiant Odagaki Hiroshi vient de se faire plaquer par sa petite-amie pour qui il a encore de profonds sentiments. Celle-ci lui reproche d’être bien trop normal et ennuyant. En espérant la reconquérir et afin de changer sa personnalité, il décide de bousculer ses habitudes en rejoignant le groupe de recherche de Shakespeare. Généralement abrégé en Shaken, il s’agit en fait d’une petite formation de théâtre composée de spécimens fort curieux qui devraient sans aucun mal bouleverser l’existence de Hiroshi.

 

La coïncidence est peut-être fortuite mais il semblerait que le titre, accompagné du sous-titre Shakespeare Syndrome, soit une sorte de jeu de mots avec le shaken baby syndrome, le syndrome du bébé secoué. À l’instar du nourrisson qui subit ce traumatisme, le personnage principal se retrouve confronté à un fort choc psychologique au contact des membres du théâtre ; et il est dès lors évident qu’il ne devrait pas s’en sortir tout à fait sain. Tout du moins, c’est ce que l’on pourrait croire en débutant le tanpatsu. L’histoire paraît effectivement vouloir développer le changement de Hiroshi et sa quête de ce qu’il considère comme une non-normalité. À l’arrivée, il n’y a rien de tout ça puisque les scènes s’enchaînent sans transition et n’ont absolument aucun liant. Si les dix premières minutes s’attardent sur Hiroshi, incarné par Yamamoto Yûsuke (Ôran Kôkô Host Club, Tumbling, Hanazakari no Kimitachi e, Puzzle 2007) toujours très charmant bien que trop cabotin, il faut attendre la toute fin pour le retrouver. Entre temps, la caméra met en avant d’autres étudiants les uns à la suite des autres, alors qu’ils essayent tous de jouer un rôle dans une des quatre pièces de théâtre de Shakespeare remises au goût du jour. Ce n’est même pas la peine de chercher un semblant de caractérisation ou de développement puisque tout tourne à vide. Il faut dire qu’avec une telle galerie de protagonistes, il est impossible de les explorer en si peu de temps. Ce n’est ni drôle, ni léger, ni divertissant et encore moins plaisant ou vecteur d’attachement. Même retrouver des acteurs que l’on serait susceptible d’apprécier comme Daitô Shunsuke (Ôran Kôkô Host Club, Tumbling) ou Mizobata Junpei (Buzzer Beat, BOSS) agace car ils n’apportent rien. Il est sinon possible d’y voir Emoto Tokio (le frère de Tasuku ; et le fils d’Akira), Sasaki Nozomi (Death Game Park) ou encore Fujii Mina (Bloody Monday). Sans exception, l’interprétation est vraiment de qualité médiocre et le vide intersidéral de l’intrigue et l’absence de direction ne font qu’amplifier le phénomène.

 

En conclusion, Shaken BABY! est un tanpatsu sans intrigue digne de ce nom. Accumulant des séquences n’ayant ni queue ni tête, le résultat est surtout synonyme d’un brouillon insipide. Il est impossible de savoir quel était le but recherché mais il est malgré tout évident que l’ensemble ne mérite en aucun cas un visionnage. Heureusement, du fait de sa courte durée, la désagréable sensation d’avoir perdu son temps n’est pas trop prégnante.


2 Commentaires

  1. Kerydwen
    Dramafana• 30 janvier 2013 à 12:25

    Mince, alors! Tout cela partait plutôt bien: le réalisateur de deux dramas que j’ai appréciés, des têtes connues que j’aime plutôt bien en général, la pétillante affiche qui donnait envie, un pitch intéressant et paf… le soufflé qui retombe! Je vais te faire confiance et éviter ce tanpatsu qui ne sent même pas le nanar! Merci pour l’avertissement. (^^)

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    • Kerydwen
      Kerydwen• 30 janvier 2013 à 15:31

      Tu as bien raison de me confiance ^^. Ce tanpatsu n’est que du vent. C’est vraiment l’art de ne rien raconter en quarante minutes.

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