La moitié du chemin est parcourue avec ce troisième épisode spécial dédié à Hakusen Nagashi. Il ne reste effectivement plus que deux tanpatsu avant de dire définitivement adieu à ces personnages mis en valeur à travers un renzoku et cinq chapitres indépendants. Mais avant cela, place à Tabidachi no Uta, pouvant être approximativement traduit en français par le poème des voyages. Il fut diffusée le 26 octobre 2001 sur Fuji TV et dure 98 minutes. Aucun spoiler.

Cela fait cinq ans que Sonoko a quitté le lycée et la voilà enfin diplômée de Waseda. Vivant désormais avec Wataru, à Tôkyô, il serait logique de croire que ses rêves se sont réalisés ou sont sur le point de l’être. Malheureusement, ce n’est pas le cas. N’ayant toujours pas encore passé l’examen lui permettant d’enseigner, elle travaille désormais dans une sorte de maison d’édition dirigée par un personnage joué par Kohinata Fumiyo (Ashita no Kita Yoshio, JIN, Kisarazu Cat’s Eye). Celui-ci, voyant que la jeune femme ne prend pas à cœur cet emploi, ne la laisse faire que le strict minimum et personne ne lui accorde de l’importance. Lasse et psychologiquement épuisée, elle ne sait plus que faire et garde ses désillusions au fond d’elle. À la maison, elle n’est pas la seule à être aussi dépitée et l’âme en peine. Ayant été obligé de quitter l’observatoire dans lequel il travaillait, Wataru cherche lui aussi quelque chose. Cependant, en raison de son absence de réel diplôme et l’astronomie ne recrutant guère, il se retrouve régulièrement confronté à un mur. Il doit de ce fait choisir entre ce que lui dicte son cœur et ce que lui propose sa raison, cette dernière le poussant vers des emplois bien moins intéressants mais qui payent un minimum. Dans tous les cas, l’ambiance n’est pas au beau fixe dans le petit appartement et le couple jusque-là paisible et heureux se transforme progressivement pour être gagné par la rancune et l’amertume. À l’instar des autres tanpatsu, celui-ci s’illustre par les retrouvailles du groupe d’amis. Entretemps ils se donnent des nouvelles, se croisent parfois lorsqu’ils habitent dans la même ville et continuent encore d’être là les uns pour les autres. À Tôkyô, Yûsuke est devenu avocat et n’est plus en couple avec Kayano qui, elle, est parvenue à se faire une place en tant que styliste. Dans la capitale, Madoka a repris sa quête de pouvoir un  jour vivre convenablement de son métier d’actrice ; même si elle doit faire des concessions et des sacrifices, elle commence à apparaître à la télévision. À Matsumoto, Shinji continue son travail de policier et vit toujours une relation assez tourmentée avec Madoka, l’infirmière. Tabidachi no Uta est dès lors l’occasion de reprendre des nouvelles de ce petit monde soudé et définitivement attachant, ce sentiment ne faisant que s’exacerber au fur et à mesure des épisodes.

Tout comme les précédents tanpatsu, celui-ci traite d’un thème en particulier qui est ici celui des désillusions et de la nécessité de ne pas se laisser envahir par les regrets. Sonoko et Wataru en sont les principaux acteurs, eux qui avaient autrefois des rêves mais qui ne font plus rien pour essayer de les rattraper. Ils en sont tout à fait conscients, doutent, préfèrent parfois opter pour la facilité afin de ne pas être déçus et finissent inéluctablement par se laisser dépérir. Hakusen Nagashi parvient encore une fois à mettre en avant des problématiques universelles et leur offrir un véritable moyen de s’exprimer pour mieux toucher son public. Quelques rebondissements riches en émotions parsèment l’histoire et se veulent vraiment efficaces pour diverses raisons. Le scénario s’attarde sur la solitude, les difficultés que l’on peut avoir pour trouver sa place dans le monde et, bien évidemment, sur l’amitié et la nécessité de choyer son entourage. Le point positif est qu’avec Tabidachi no Uta, le rythme est moins fluctuant qu’avec le précédent épisode spécial qui manquait d’homogénéité et se révélait légèrement convenu. Le tanpatsu préfère se reposer sur des tranches de vie plus banales, chose qui lui avait justement réussi dans le renzoku. Naturellement, la fameuse bande-son est présente pour notre plus grande joie. Les paysages sont sinon bien plus montrés à l’écran et cela fait énormément plaisir car ils sont magnifiques et la caméra s’attarde surtout du côté de Matsumoto, des montagnes et de son château.

 

En bref, Tabidachi no Uta continue sur la lancée opérée par les deux précédents tanpatsu en dépeignant la progression de la vie de Sonoko et de ses amis. Avec une solidité de l’écriture, une nostalgie ambiante, une atmosphère douce-amère et la chaleur qui se dégage de l’ensemble, il va de soi que le tout est agréable et plus que conseillé lorsque l’on a apprécié le début de cette fresque sur le passage de l’adolescence au monde des adultes.