Okujô no Aru Apâto | 屋上のあるアパート

Par , le 24 mai 2013

Il y a un peu plus de quinze jours j’évoquais le fait qu’au cours du printemps 2011, je m’étais attelée à la rédaction d’un billet pour Critictoo dans le but d’établir un classement des meilleures séries de la saison. À l’époque, je m’étais uniquement focalisée sur les renzoku mais j’avais tout de même récupéré les tanpatsu. C’est deux ans plus tard que je finis enfin par les visionner. Après Kaze no Shônen, place à Okujô no Aru Apâto dont le titre pourrait être approximativement traduit par l’appartement avec un toit-terrasse. Composé d’un unique épisode de 95 minutes, il fut diffusé sur TBS le 21 mars 2011. Il s’agit de l’adaptation du roman du même nom écrit par Agawa Sawako et se basant sur ses propres expériences lorsqu’elle habitait aux États-Unis. C’est Yoshida Noriko qui s’est chargée du scénario, elle qui a déjà travaillé sur celui de Himitsu, du joli film Hanamizuki ou encore de celui du long-métrage globalement correct Nada Sô Sô avec Nagasawa Masami. Aucun spoiler.

Katsuragi Asako, 27 ans, vient de perdre son emploi dans une petite maison d’édition indépendante. Elle décide alors de changer de vie et de quitter le cocon familial pour habiter seule dans un appartement possédant un toit-terrasse. Elle ne le sait pas encore mais cette première étape n’est que le début de ses nombreuses découvertes. 

     

Okujô no Aru Apâto fait partie de ces fictions ne racontant pas grand-chose d’exceptionnel et ne cherchant absolument pas l’esbroufe. Illustrant quelques tranches de vie banales sans user de réels artifices, ce tanpatsu demeure malheureusement fade et plat. Ce n’est absolument pas son scénario qui est à pointer du doigt mais davantage l’écriture ne parvenant aucunement à impliquer de façon satisfaisante son public. L’héroïne, par exemple, Asako, ne se montre guère intéressante ou même sympathique par ses hésitations et sa propension à toujours tout laisser filer. Il est vrai qu’il s’agit de sa nature et qu’elle évolue au fil des minutes afin de commencer à se prendre en main, mais il manque vraiment un petit quelque chose pour marquer. Contre toute attente, bien que cette jeune femme soit incarnée par la généralement insupportable Nagasawa Masami (Bunshin, Last Friends, Ganges Gawa de Butterfly, Wagaya no Rekishi), l’actrice se révèle tout à fait supportable et relativement posée. Son interprétation n’est pas dénuée de défauts si ce n’est qu’elle n’horripile pas. Asako s’approche donc de la trentaine, est célibataire et au chômage. Plutôt que de rester se morfondre chez ses parents, elle prend le premier grand risque de toute son existence en louant un joli appartement. N’ayant jamais eu de responsabilités et ayant quasiment vécu comme une princesse, elle doit rapidement trouver un juste équilibre si elle tient à préserver son quotidien somme toute inédit. Quand sa meilleure amie, Yuka (Ashina Sei – Saru Lock, Bloody Monday, Stand Up!!), s’incruste chez elle en attendant son divorce avec son mari vivant en Angleterre (Uchida Asahi – Long Love Letter, Aru Ai no Uta), tout se précipite grandement d’autant plus que ses propres parents lui proposent un mariage arrangé ! Entre son nouvel emploi, un patron qui la drague ouvertement malgré son âge avancé, le fameux prétendant, le cuisinier incarné par Waki Tomohiro (Gokusen) et une voisine presque étouffante obsédée par les chats et les chiens, elle voit son existence chamboulée du tout au tout !

Sous couvert de dépeindre les tribulations de la confuse Asako, l’épisode met principalement en avant l’importance de diriger soi-même sa propre vie et de ne pas suivre le courant, ce qui serait le plus rassurant ou encore ce qui se trouve dans la norme sociétale. S’il faut attendre la fin pour voir exactement où l’ensemble désire en venir, c’est clairement là qu’Okujô no Aru Apâto gagne des points et se transforme en histoire moderne et universelle prônant l’indépendance. L’héroïne pourrait très bien demeurer sur le chemin banalisé, elle qui est peureuse et sans ambition très claire, mais elle réalise progressivement qu’elle se dirige droit dans le mur et qu’elle ne pourra jamais être ainsi foncièrement heureuse. Plutôt que d’opter pour les solutions proposées par n’importe qui, ne mérite-t-elle pas de se construire la sienne ? Car après tout, elle constate qu’elle ne se connaît pas et pour savoir ce qu’elle désire réellement, elle doit avant tout découvrir qui elle est. Pour peu que l’on apprécie les thématiques de changement de vie et d’introspection, ce tanpatsu sera susceptible de résonner avec ses propres expériences, bien que le traitement s’avère presque convenu et traditionnel. Les pensées d’Asako sont entendues grâce à une sorte de voix off où elle dit tout ce qu’elle pense, sans filtre. Le processus n’est pas novateur et se veut ici surtout gauche. Il est également dommage d’y avoir associé des péripéties et des rebondissements presque malvenus, voire bien trop expéditifs pour en devenir émotionnels. La romance entre Asako et son supérieur met effectivement extrêmement mal à l’aise en raison de la différence d’âge et de la maladresse entre les deux acteurs. À part le cheminement personnel de l’héroïne, l’histoire s’attarde avec moins de succès sur l’amitié, les divers contrecoups inévitables. Quant à la forme, l’épisode ne sort pas non plus des sentiers battus et propose une réalisation classique. L’unique originalité provient peut-être du choix des chansons puisque plusieurs sont entendues de façon très discrète et elles sont pour la plupart occidentales.

Pour conclure, Okujô no Aru Apâto est un tanpatsu non désagréable mais malheureusement très quelconque. Pourtant, à travers l’histoire d’une jeune femme cherchant à se connaître et à avancer, il en ressort un joli message sur le libre-arbitre susceptible de fédérer. Le rythme assez plat, quelques développements discutables et l’absence d’empathie ou d’attachement pour les personnages parasitent l’ensemble et l’empêchent de véritablement décoller. Sans être malgré tout déconseillé, l’épisode ne mérite dès lors probablement guère que l’on s’y attarde, à moins d’avoir un faible pour Nagasawa Masami.


2 Commentaires

  1. Kerydwen
    Dramafana• 24 mai 2013 à 10:44

    Oui, voilà: « à moins d’avoir un faible pour Nagasawa Masami ». C’est loin d’être le cas en ce qui me concerne. Je n’arrive pas à apprécier cette actrice, son jeu en général. Je trouve qu’elle est très moyenne. J’ai pourtant essayé plusieurs séries où elle a un rôle, mais il n’y a rien à faire, elle finit toujours par m’agacer.
    Si en plus, ce tanpatsu est assez banal, je pense que je vais passer mon chemin.

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    • Kerydwen
      Kerydwen• 26 mai 2013 à 15:12

      Je me doutais que quelqu’un réagirait comme tu viens de le faire ;D. Et ça me fait presque plaisir puisque je partage totalement ton point de vue. J’ai beaucoup de mal avec cette actrice alternant entre le moyen, le juste correct et le médiocre. Sans grande surprise, je te déconseille totalement ce tanpatsu à moins d’avoir du temps à perdre.

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