Ojîchan wa 25-sai | おじいちゃんは25歳

Par , le 30 mai 2013

Après une série comme Deep Love où le glauque côtoie le cynisme, il était plutôt judicieux d’essayer de se rafraîchir les idées face à une comédie. C’est ainsi qu’Ojîchan wa 25-sai s’est retrouvée il y a quelque temps sur mon écran. Composée de huit épisodes de vingt minutes, elle fut diffusée sur TBS en novembre 2010. Notons d’ailleurs qu’elle est passée quotidiennement sur la chaîne, tard dans la nuit, et non pas de manière hebdomadaire. Son titre signifie approximativement grand-père a 25 ans. Aucun spoiler.

Cela fait maintenant 46 ans que Kurihara Minoru, un jeune homme de 25 ans, est tombé d’une falaise en laissant sa femme et son bébé seuls au monde. Alors que celle-ci est désormais décédée, le second est devenu à son tour père de famille et tente d’élever ses enfants du mieux qu’il peut. Son quotidien monotone est bouleversé le jour où son géniteur est découvert, emprisonné dans la glace et… vivant !

Le synopsis d’Ojîchan wa 25-sai ressemble à première vue à l’histoire du film Hibernatus avec Louis de Funès. N’ayant pas regardé ce long-métrage et n’envisageant pas une seule seconde de le faire, je serai bien incapable de vous préciser si les points communs s’arrêtent là ou pas. Quoi qu’il en soit, il paraît évident que le réalisme et la crédibilité ne seront pas les principaux moteurs de la série. Effectivement, nous savons tous qu’il est physiologiquement impossible d’être congelé, retrouvé un certain temps après et mener une existence plus ou moins normale. Car effectivement, le personnage principal de ce j-drama n’a aucune conséquence de son long emprisonnement et paraît juste s’être endormi quelques heures. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser que j’ai eu des sueurs froides en constatant que la traduction anglaise a été assurée par la même personne que pour Kôkôsei Restaurant et Madonna Verde. Heureusement, celle-ci est moins irritante en dépit de la présence de nombreuses coquilles.

     

Il y a 46 ans, Kurihara Minoru gravissait des montagnes avec son frère, Genta, dans l’espoir de prendre une photo des environs pour son jeune fils, Norihiko. Les conditions climatiques étant tellement désastreuses qu’il finit par chuter, disparaissant à tout jamais. Enfin, pas exactement puisque contre toute attente, un bloc de glace contenant son corps est découvert en 2010. Encore mieux, il se réveille de cette hibernation prolongée comme si de rien n’était et est en mesure de courir, sauter, réfléchir et parler, à la grande surprise du médecin joué par Takahashi Hitomi (Oh! My Girl!!). Ayant l’apparence d’un homme de 25 ans, il en aurait techniquement 71. Naturellement, tout ce qu’il a autrefois connu a vieilli, voire a totalement disparu de la planète. Son épouse a quitté les siens quelque temps auparavant et son fils, Norihiko, a 52 ans et paraît par conséquent bien plus âgé que lui. Après de nombreux quiproquos notamment dus à des ressemblances physiques intergénérationnelles, Minoru vient vivre dans son ancienne maison et découvre progressivement ses descendants l’ayant toujours cru six pieds sous terre. Cette cohabitation se réalise assez facilement et le grand-père jeune prend bien la chose, ne donnant même pas l’impression d’être chagriné par le fait d’être presque un intrus et d’apprendre que plusieurs de ses proches sont désormais morts. Boute-en-train, il découvre avec ravissement les nouvelles technologies et prend un malin plaisir à utiliser un appareil photo numérique où les clichés s’impriment à la maison, lui qui était encore habitué à l’argentique. C’est Fujiwara Tatsuya (Kimi ga Oshiete Kureta Koto, Sengoku Jieitai – 2006, Wagaya no Rekishi) qui offre ses traits à cet ancêtre des glaces et son interprétation est globalement satisfaisante ; et accessoirement, quelle voix ! Au travers de cette histoire de grand-père revenu des glaces, Ojîchan wa 25-sai tente de s’apparenter à une comédie familiale utilisant tous les ressorts du genre.

Kurihara Norihiko, la cinquantaine, souffre d’être peu considéré au sein de sa propre famille. Sa femme l’ayant quitté pour de mystérieuses raisons, il s’occupe de ses deux enfants de 25 et 20 ans mais le résultat n’est guère fameux. Entre l’aîné, l’hikikomori Kensuke (Daitô Shunsuke – Ôran Kôkô Host Club, Tumbling, Shaken BABY!) ne sortant par conséquent pas de sa chambre, et la cadette, Mai (Kurashina Kana – Soredemo, Ikite Yuku), d’apparence superficielle, il ne sait plus que faire pour gagner leur estime. C’est le sympathique Takahashi Katsumi (Don Quixote) qui incarne ce parent très peureux n’osant jamais élever la voix. Lorsque son propre père ressurgit d’entre les morts, il est ravi de le retrouver tant il lui a manqué tout au long de ces années. Minoru est en réalité un catalyseur puisqu’il permet à tout le monde d’aller de l’avant et de prendre conscience de l’importance d’une famille unie. Grâce à ses sermons et ses prises de position souvent légèrement décalées en raison de sa candeur de vieux de la vieille, il bouleverse les schémas en place, permet à Norihiko de gagner en assurance, et aux petits-enfants de trouver de l’intérêt pour celui qu’ils dédaignaient. En d’autres termes, chaque épisode s’échine à explorer la relation entre les personnages de façon à les amener vers la parfaite harmonie. Le résultat en devient sans grande surprise consensuel et pétri de bons sentiments. Ajoutons-y aussi d’autres figures tout autant clichées tels que Genta (Ishibashi Renji), le frère de Minoru se sentant coupable de n’avoir pas réussi à le sauver 46 ans plus tôt, et son petit-fils, Shinobu (Irie Jingi – Oh! My Girl!!, Zettai Kareshi) son portrait lorsqu’il était adolescent. Il est clair que la morale et l’emphase frôlent la guimauve. À la rigueur, tout ceci pourrait être dans l’ensemble supportable si Ojîchan wa 25-sai parvenait à être drôle et amusante. Or, ce n’est jamais le cas tant l’humour est pataud ou profondément idiot. Le fait que le surjeu soit constant n’aide en rien d’autant plus que les situations sont très répétitives. Systématiquement, Minoru est par exemple confronté à sa longue hibernation et doit apprendre à utiliser de nouvelles technologies. Quant à Norihiko, son absence de courage est perpétuelle. Si la courte durée de cette fiction ne lui permet pas une grande densité, il n’empêche qu’elle demeure bien trop superficielle et vide de contenu pour suffisamment convaincre.

Enfin, sur la forme la réalisation est tout ce qu’il y a de plus classique et ne marque pas les esprits. La musique n’est pas non plus mémorable bien que le joli générique de fin, avec la chanson Ai wa Katsu interprétée par An, soit plus réussi. Pour l’anecdote, quelques invités apparaissent au fil des épisodes ; il est possible d’y voir, entres autres, Waki Tomohiro (Gokusen) en journaliste à cheveux plus longs que d’habitude, Nukumizu Youichi (BOSS) en vendeur, Honda Chikara comme fils à papa et Takanashi Rin (Samurai Sentai Shinkenger) en amoureuse transie de Minoru.

En conclusion, Ojîchan wa 25-sai part d’une idée de base plutôt stimulante bien que farfelue avec les aventures d’un jeune homme sortant d’un bloc de glace duquel il a été prisonnier durant près d’un demi-siècle. Malheureusement, outre les personnages caricaturaux, le développement et les intrigues amorcées sont extrêmement convenus et n’apportent pas grand-chose de palpitant ou de divertissant. N’ayant somme toute rien à voir avec une série fantastique, cette production axe sa tonalité sur son aspect purement familial. Finalement, le défaut peut-être le plus décevant est que ce j-drama ne réussit jamais à être réellement drôle. Et pour une comédie, il est légitime d’affirmer que c’est plus que préjudiciable !


6 Comments

  1. Caroline
    Dramafana• 30 mai 2013 at 12:28

    Je ne sais pas trop si je vais l’ajouter à ma liste ou pas… étant donné ton avis mitigé. Il est vrai que le but d’une comédie est de faire rire. Donc, si cet élément essentiel n’est pas vraiment présent, à quoi bon? En revanche, j’aime bien les histoires qui ont lieu dans le cadre familial, alors voilà pourquoi j’hésite.
    En tout cas, merci pour cette découverte: je ne le connaissais ni d’Eve, ni d’Adam!

    Répondre

    • Caroline
      Caroline• 11 juin 2013 at 19:36

      Honnêtement, je n’ai vraiment pas envie de te le conseiller. Le j-drama n’a rien ne méritant un quelconque détour, à moins d’être un grand fan de Fujiwara Tatsuya ou de Takahashi Katsumi. Certes, il se regarde rapidement vu sa durée mais je pense qu’il y a largement mieux à se mettre sous la dent.

      Répondre

  2. Caroline
    Ageha• 30 mai 2013 at 13:55

    Effectivement, on pense tout de suite à Hibernatus lorsqu’on lit le résumé^^. Sauf que dans Hibernatus, l’homme congelé réveillé sème le bordel dans sa famille provoquant d’énormes quiproquos ( ce qui est drôle) contrairement à ce drama où d’après ce que tu dis, le personnage sert à faire évoluer en mieux la vie de cette famille à son contact :)
    Cette histoire ne m’attire pas spécialement, le casting non plus.

    Répondre

    • Caroline
      Caroline• 11 juin 2013 at 19:39

      Merci pour les précisions concernant Hibernatus. N’étant pas du tout attirée par les films français de ce genre – qui plus est ceux avec Louis de Funès –, je ne connaissais que vaguement l’histoire. Bref, tu as bien raison de ne pas te laisser tenter par cette série.

      Répondre

  3. Caroline
    Dramafana• 2 septembre 2015 at 14:52

    J’ai fini par me décider… et je l’ai regardé, ce fameux drama! (Je ne me souvenais plus que j’avais laissé un commentaire ici il y a 2 ans. Le temps passe vite! ^^)
    Je viens de terminer la rédaction de mon avis, je le publierai le mois prochain et je me rends compte que j’ai été beaucoup moins sévère que toi.
    C’est vrai que l’on n’est pas abreuvé de retournements de situations de folie, mais je l’ai trouvé plutôt plaisant à suivre et finalement assez drôle.
    Ah… et moi aussi, j’ai pensé à « Hibernatus »! (^^)

    Répondre

    • Caroline
      Caroline• 2 septembre 2015 at 21:18

      Ah, l’humour… il peut fonctionner chez quelqu’un et laisser de marbre un autre. J’aurais bien aimé m’amuser devant cette série sauf que, tristement, je me suis rudement ennuyée. Je ne m’en souviens plus très bien, mais je sais ne pas avoir beaucoup ri ^^;;;.

      Répondre

Laisser un commentaire