Après avoir grandement apprécié Wonders of the Solar System, il m’était tout naturel de me diriger vers sa sorte de suite, Wonders of the Universe. Composée de quatre épisodes d’une heure, cette mini-série documentaire fut diffusée sur BBC Two en mars 2011. Il est bon de noter qu’elle existe en France en Blu-ray sous le titre Merveilles de l’Univers. Rappelons brièvement que cette production, la précédente et la suivante, Wonders of Life, ont été mises en chantier par la BBC et une chaîne non britannique – en l’occurrence ici, Science – ; elles ont toutes les trois été réalisées par la même équipe créative et reposent par conséquent sur un principe similaire. Leur but premier est tout simplement de faire découvrir au public des merveilles naturelles avec pédagogie et entrain. Aucun spoiler.

     

À l’instar de Wonders of the Solar System, ce Wonders of the Universe dispose d’une forme soignée particulièrement distrayante. La photographie léchée, le vignettage de la caméra, les couleurs chatoyantes et vivifiantes, la scénographie réfléchie et l’omniprésente musique orchestrale composée par Sheridan Tongue sont toutes de retour. Si l’on a apprécié ce parti pris d’en mettre plein la vue dans la mini-série antérieure, le constat sera sans aucun doute tout autant positif ici puisque le merveilleux côtoie régulièrement une certaine poésie envoûtante. Les paysages terrestres sont systématiquement magnifiés et l’on se plaît alors à suivre le professeur dans ses pérégrinations autour du globe. En revanche, pour peu que l’on ait auparavant eu des difficultés à supporter cette esthétique presque ostentatoire, ce n’est avec ces épisodes que cela risque de changer. Quoi qu’il en soit, ces représentations spectaculaires fournissent encore un divertissement agréable même si, avouons-le, le résultat est probablement moins efficace que par le passé. Effectivement, plusieurs points de vue sont répétitifs et les quelques rares images de synthèse de l’espace n’apportent pas forcément une vraie plus-value à l’ensemble. Il faut également reconnaître que si le cadre est superbe, il n’est pas toujours employé à bon escient et les parallèles effectués entre des endroits terrestres et les phénomènes physico-astronomiques s’avèrent de temps en temps moyennement judicieux. Mine de rien, étant donné que la surprise opérée par Wonders of the Solar System n’est plus parce que l’on sait à quoi s’attendre en débutant cette petite production, l’émerveillement est peut-être moins prégnant. Ne le nions pas, le savoir-faire est palpable, il manque juste quelque chose pour pleinement y adhérer et être singulièrement médusé malgré une présentation de Brian Cox enlevée et agréable. Les lacunes du fond sont d’ailleurs possiblement les principales coupables de ce détachement.

Comme son titre l’indique, Wonders of the Universe s’intéresse à l’Univers. Après s’être attardé sur le Système solaire, le choix n’est vraisemblablement guère judicieux tant, inévitablement, les sujets finissent par se recouper. Toutefois, les interrogations soulevées réussissent généralement à trouver un angle d’approche différent. En revanche, les quatre épisodes paraissent bien trop redondants entre eux et peinent à convaincre dans leur globalité. À l’exception du troisième se focalisant sur la gravité et une expérience époustouflante où Brian Cox s’inflige de supporter la loi de l’apesanteur, tous ne sont pas en mesure de se montrer constants du début à la fin. Finalement, l’ennui pointe parfois son nez et l’on en ressort quelque peu déçu, surtout lorsque l’on se souvient de la mini-série de 2010. Plusieurs thématiques sont abordées, comme la création de l’Univers, le temps qui passe, la naissance et la mort des étoiles, la lumière et toutes ses propriétés, l’énergie thermodynamique, etc. Bien que des sujets soient somme toute classiques et pertinents, d’autres sont légèrement trop abstraits pour y adhérer dans ces conditions en dépit d’une démarche didactique et facilitée. Effectivement, la courte durée de vie de la mini-série ne lui permet pas de grandement développer et elle n’a donc pas la possibilité d’expliciter en détail, rendant parfois son approche superficielle et aléatoire. Il aurait été préférable de se limiter à des concepts plus simples, ou alors d’en détailler moins dans un unique épisode. Le rythme est ainsi par moments bancal et fluctuant, la vulgarisation éclairée ne comblant pas les lacunes. Tout n’est pas aussi négatif que ce que ces lignes pourraient laisser croire, car ce documentaire insuffle de l’émotion et sait systématiquement sur quelle touche appuyer afin de fasciner et impliquer le public. Lui, de son côté, il se sent tel un infime maillon du vaste Univers, entité susceptible de se modifier et de nous avaler à chaque seconde qui passe. La production remet les idées en place et exprime sans demi-mesure la fragilité des êtres humains.

En définitive, Wonders of the Universe dispose encore une fois d’une forme soignée accompagnée d’un présentateur toujours enthousiaste, compréhensible et passionné. Si, de ce point de vue, la mini-série est plutôt solide, elle souffre malheureusement d’une certaine légèreté au niveau de son contenu. Redondante, elle déçoit presque pour l’ennui qu’elle inspire à plusieurs reprises. Bien sûr, la pédagogie est bel et bien présente, mais elle se veut cette fois-ci sensiblement scolaire et se révèle assez frustrante pour son survol de nombreux sujets. Ces quatre épisodes sont loin d’être mauvais si ce n’est qu’ils font tristement pâle figure face à ceux de Wonders of the Solar System. Reste ce curieux sentiment d’être un pion insignifiant évoluant dans un cadre, au final, mystérieux, voire effrayant. L’idéal est peut-être de ne pas regarder ces productions de manière aussi rapprochée, surtout lorsqu’elles traitent de phénomènes autant analogues. Heureusement, Wonders of Life devrait partir vers d’autres horizons.
Bonus : la bande-annonce