Doctor Who (saison 6)

Par , le 8 juillet 2013

Après avoir reculé le moment fatidique, j’ai enfin pris mon courage à deux mains il y a quelque temps pour lancer la sixième saison de Doctor Who. Composée de treize épisodes d’une quarantaine de minutes, elle fut diffusée sur BBC One en deux parties ; les sept premiers sont passés entre avril et juin 2011 et la suite, de fin août à octobre de la même année. Aucun spoiler.

Il est fâcheux de constater une sorte de délitement parmi les fans de Doctor Who. Sans trop lire ce qui se dit au sujet de la série – évitons au maximum les spoilers lorsque c’est possible –, une sensation identique semble pourtant transpirer à travers quelques discussions captées de-ci de-là. Beaucoup paraissent effectivement ennuyés par la direction empruntée par l’arrivée de Steven Moffat aux commandes de la production britannique. La cassure serait d’ailleurs bien plus franche depuis la conclusion de la septième saison. Quoi qu’il en soit, nous, sur Luminophore, nous n’en sommes pas encore rendus là. À l’instar du Docteur capable de voyager dans le temps et dans l’espace, revenons à la période ayant suivi le mariage d’Amy et Rory. Profitant de leur nouvelle union, ils n’ont pas vu leur grand ami depuis deux mois et sont obligés de demeurer sur Terre. Bien que cette vie possède de solides atouts, notamment parce qu’ils s’aiment et sont ensemble, ils continuent d’espérer retourner un jour dans les étoiles. Par conséquent, lorsqu’Amy reçoit une curieuse invitation lui proposant de se déplacer aux États-Unis, elle ne se fait pas prier. Il s’agit assurément du Docteur. Il est donc de retour ! Cette enveloppe bleue contenant une carte mystérieuse symbolise le fil rouge de l’année. Celle-ci induit l’assassinat du Seigneur du Temps par un astronaute dans un futur visiblement proche, sa tentative d’éviter cette mort annoncée avant qu’il ne puisse se régénérer, mais également l’exploration plus profonde du Silence et de la véritable nature de River Song. Tout du moins, c’est techniquement ce que nous sommes supposés en déduire, car en réalité, le tout souffre d’une tendance à l’éparpillement, à la fanfaronnade gratuite, et ne se montre que très partiellement homogène. Le rythme est en effet un souci majeur en raison d’accélérations subites suivies de décélérations tout aussi soudaines.

La saison cinq est approximative en raison d’aventures inconstantes associées à un gênant manque de panache et d’impact émotionnel. Qui plus est, le personnage d’Amy ne réussit pas à s’y intégrer et proposer un visage attachant. Le superbe épisode de Noël, A Christmas Carol, ayant le mérite d’effacer les souvenirs mitigés des débuts de Steven Moffat, il est logique d’être plutôt confiant en retournant du côté du TARDIS. Toutefois, ne nions pas que subsiste une certaine crainte, surtout lorsque l’on digère assez difficilement la caractérisation présomptueuse dudit personnage dans Sherlock. Et tristement, tous ces doutes se confirment au fur et à mesure que la sixième année de Doctor Who avance. Ces treize épisodes sont en effet fort orgueilleux et reflètent indiscutablement la propension qu’a le showrunner à vouloir s’offrir de grands airs et perdre son public dans des mélis-mélos interminablement confus, tout en oubliant l’essentiel : le divertissement émotionnel. L’écriture dispose d’une capacité d’illusion incroyable puisqu’elle donne régulièrement l’impression d’être maîtrisée, fine et particulièrement intelligente. Or, en réalité, à partir du moment où l’on se met à gratter la surface, le constat est brutal. L’arc principal de cette saison n’est qu’incohérences, facilités et raccourcis honteux. Au final, l’esbroufe de ces histoires n’est présente que pour cacher la vacuité de la fiction. Les supposées fantastiques révélations tombent à plat pour leur prévisibilité et empêchent d’être pleinement comblé en dépit d’idées enthousiasmantes ; l’identité de River en est la parfaite illustration. Pire, les personnages ne réagissent que de la manière favorisant le scénario, et non pas de la façon dont ils sont censés le faire. Ainsi, le soi-disant trépas du Docteur ne semble pas particulièrement déranger Amy, Rory et River durant la majorité des épisodes. N’évoquons pas la pirouette du season finale, rompant totalement avec la logique techniquement inaliénable du point fixe. Ou bien, les nouveaux mariés n’apparaissent pas profondément touchés par Melody, l’arrachement qu’ils subissent et par l’incapacité de profiter de ce qu’ils ont perdu. Les différents éléments de l’arc principal sont installés, sauf que pour une raison obscure, personne ne les mentionne. Et quand les rouages commencent à s’imbriquer, ce n’est jamais pour apporter quelque chose de neuf, mais pour utiliser ce que l’on avait déjà compris. En d’autres termes, l’intrigue générale est creuse par sa propension à sombrer dans la suffisance et à ne pas chercher à se densifier un minimum. Si l’on pouvait être quelque peu tolérant au cours de la saison passée, ce n’est plus le cas, car Moffat a clairement eu cette fois la possibilité de relancer la machine. Le problème ne vient absolument pas de sa tentative légitime de s’approprier l’univers de Doctor Who, mais du fait qu’il n’arrive pas à injecter sa propre touche en respectant les particularités jusque-là en place et en rendant alors sa recette à lui cohérente, envisageable et aboutie.

Déjà entamée précédemment, la dynamique entre Eleven et River essaye lors de cette saison de s’octroyer une nouvelle ampleur et d’être davantage explorée, n’évitant d’ailleurs pas au passage un sexisme latent. Peu diront certainement le contraire, transpire une alchimie palpable à l’écran entre Matt Smith et Alex Kingston. Tous deux transcendent leur rôle respectif et font des étincelles. Malheureusement, malgré cette caractéristique fort appréciable, leur relation ambiguë n’est pas crédible une seule seconde. Entre la charismatique femme, encore plus stéréotypée qu’auparavant, qui paraît obsédée par le second et non pas amoureuse comme elle se plaît à le répéter, et le Docteur qui prend des décisions en deux secondes et ne clarifie pas ses sentiments face à la caméra, on ne peut pas écrire que l’on croie en leur supposé lien. Certes, Steven Moffat n’est pas Russel T Davies et ne cherche pas l’emphase sentimentale. Mais là n’est pas du tout la question. Il ne s’agit même pas de subtilité ou de pudeur, c’est juste qu’il ne ressort aucune vraisemblance de ce duo censé être gouverné par un véritable amour. Cet effacement de l’intime et d’ampleur émotionnelle nuit gravement à l’intégralité de la saison puisqu’excepté quelques rares moments – non scénarisés par Moffat, ce qui n’est pas étonnant –, le public ne se sent guère investi par ce à quoi il assiste. River a beau être forte, sexy, active et tout ce que l’on veut, elle devient progressivement excessive. De plus, il faut avouer que les retours en arrière sont tellement fréquents que lorsqu’un protagoniste meurt ou disparaît, on ne s’en formalise que peu parce que l’on est presque persuadé qu’il finira par revenir à un moment donné. Dans ce cas présent, les conséquences n’existent jamais. Quid du Docteur ? Matt Smith habite littéralement son personnage et propose une composition digne de ce nom difficilement attaquable. Le souci vient encore une fois de l’écriture de sa figure, de la manipulation éhontée qu’il n’hésite pas à employer, de son désintérêt pour son entourage, ou bien de certaines de ses réactions peu compréhensibles ou brutales. Dommage de voir le talent de l’acteur freiné par une direction non exempte de défauts. Quant aux compagnons du Docteur, à savoir Amy et Rory, ils peinent eux aussi à convaincre en dépit de la cote de sympathie élevée du second, de son courage et de son humanité. La psychologie de la belle rousse n’est pas davantage approfondie que par le passé, et si Karen Gillan limite quelque peu ses mimiques insupportables, cela ne suffit pas pour rendre cette héroïne proche de nous et attachante. En revanche, le très bon point de la saison est de créer une mignonne relation entre les jeunes mariés. Autant lors de la saison cinq il n’était pas toujours aisé de croire en cette union, autant, là, le doute a disparu. L’excellent épisode The Girl Who Waited, le 6×10, illustre dans les règles de l’art leur amour et délivre un solide divertissement tragique comme on aurait aimé en voir plus au cours de la saison.

Construite en deux parties, la sixième année de ce Doctor Who dispose d’un nombre assez important d’épisodes doubles. Elle est qualitativement inégale, alternant trop régulièrement entre le correct et le médiocre. Le 6×09, Night Terrors, sur les cauchemars infantiles, le diptyque The Rebel Flesh et The Almost People avec cette usine d’acide où les clones sont monnaie courante, se révèlent, par exemple, franchement ennuyants. A contrario, outre The Girl Who Waited, le 6×04, The Doctor’s Wife écrit par Neil Gaiman, est particulièrement enthousiasmant par sa capacité à toucher et impliquer le spectateur, justement en attente de véritables émotions. Ayant pour cadre une planète dépotoir, il s’attarde sur les Seigneurs du Temps et sur le fameux TARDIS, la boîte plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur détenant assurément plus d’une corde à son arc. Sinon, le reste de la saison ne se veut pas convaincant pour les raisons énumérées ci-dessus – comme quoi, soit les histoires sont rébarbatives et répétitives, soit les facilités, l’absence d’impact et de vrais développements inter et intrapersonnels phagocytent ce qui pourrait être possible de retirer. Autrement, quelques invités comme Mark Sheppard (Supernatural, The Middleman, Battlestar Galactica) ou Hugh Bonneville (Dowton Abbey, Ben Hur) apportent une plus value agréable. Bien sûr, la cinématographie est régulièrement superbe. Les couleurs, le cadrage soigné, l’incroyable luminosité et les paysages sublimés tels que ceux tournés aux États-Unis prouvent l’indéniable talent de Steven Moffat pour choyer l’esthétique de ses travaux. La musique de Murray Gold habille en plus comme il se doit ce qui se déroule à l’écran. Néanmoins, ce n’est pas parce que la forme est sans réel défaut que le souffle épique y transpire. Cette saison en est une triste illustration. Quoi qu’il en soit, la rupture avec l’ère Russel T. Davies est clairement consommée dès le début de ces nouvelles aventures. Techniquement, c’est bien, voire important et nécessaire. Or, au vu de ce qui est proposé, il est légitime de s’interroger sur les capacités de Moffat à se placer en tant que chef d’orchestre. Bien que le deuil de l’ancienne version ait pu être effectué, demeure une sorte de nostalgie pour ce côté presque artisanal, ces extraterrestres curieux, cette magie douce ambiante et ce Docteur loufoque, mais au final, humain. Cette fois, l’atmosphère s’est assombrie, utilise l’angoisse, la peur et la mélancolie, et quand bien même on peut apprécier une tonalité plus adulte, le résultat n’est malgré tout pas satisfaisant. Jamais content ? Peut-être. Ou alors c’est que quelque chose s’est déréglé et ne permet pas d’adhérer à cette vision inédite nonobstant une sincère volonté d’être réjoui.

En définitive, cette sixième saison représente sans conteste tous les tics et les limites du travail de Steven Moffat sur une série d’une ampleur de celle de Doctor Who. S’il est indubitable que le showrunner a le mérite d’oser prendre à contre-courant les téléspectateurs et y injecter sa propre touche, il n’empêche que ce chapitre peine de l’orgueil mal placé de son dirigeant, lui qui ne peut arrêter de vouloir rendre ses scénarios les plus cools possibles, mais qui s’empêtre au passage dans les incohérences, voire dans de la stupidité irritante. Pourtant, des opportunités de se transcender sont bel et bien présentes si ce n’est que quasi systématiquement, les épisodes n’exploitent pas les points forts et se perdent dans de la redondance fastidieuse et un manque d’inventivité. Qui plus est, à force de s’acharner sur des arcs sans queue ni tête, les personnages sont oubliés et l’on ne parvient pas à s’impliquer et souffrir pour eux tant l’empathie est nulle. Figés dans la roche et n’évoluant pas, ils ne paraissent alors agir que selon les besoins narratifs, et non pas selon leur caractérisation en tant que telle. Par conséquent, l’ensemble en ressort très peu crédible et sans épaisseur. Quelques années auparavant, il aurait été impensable de qualifier Doctor Who de série froide et surfaite ; or, c’est bel et bien ce qu’elle est devenue.


13 Commentaires

  1. Kerydwen
    Nac• 9 juillet 2013 à 11:52

    J’ai hâte qu’on passe à autre chose, à un nouveau docteur, à un nouveau showrunner. Je ne me sens pas impliquée par les histoires et il ne me reste rien de la saison 5 et de la saison 6.Je me souviens à peine de quelques épisodes et je ne comprends pas grand chose aux arcs développés. J’ai perdu tout enthousiasme vis à vis de la série et ça m’ennuie. J’espère que la suite sera meilleure!

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    • Kerydwen
      Kerydwen• 9 juillet 2013 à 23:00

      Quel cri du cœur ! Bien qu’ayant beaucoup apprécié la série par le passé, je ne me suis jamais considérée comme fan, ce qui fait que je tombe peut-être moins de haut que certains. Quoi qu’il en soit, pour ma part, je suis un peu déçue de savoir que l’on ne verra jamais Matt Smith/Eleven avec un autre showrunner. J’aurais vraiment adoré le découvrir sous la patte de quelqu’un d’autre. Tant pis, hein.

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  2. Kerydwen
    Mat• 11 juillet 2013 à 17:31

    Personnellement, j’aimerais croire à un retour en force du doc, mais après deux saisons décevantes, je n’y crois guère! et je pense qu’il faudra plus un changement de showrunner que d’interprète principal..

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    • Kerydwen
      Kerydwen• 12 juillet 2013 à 18:26

      Ça, ça me paraît effectivement certain puisqu’à mon avis, le problème ici n’est pas du tout du ressort de Matt Smith mais bel et bien de la direction de l’ensemble. Que le visage du Docteur change n’enrayera en rien les spécificités de l’écriture de Moffat…

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  3. Kerydwen
    Saru• 18 août 2013 à 20:41

    Désolée d’avance, je me permets de te citer, mais tu as en quelque sorte écrit l’avis que je n’avais jamais vraiment réussi à formuler à propos de l’écriture de Moffat :
    « tendance à l’éparpillement, à la fanfaronnade gratuite » > oui, la fanfaronnade gratuite, tellement !
    « un don d’illusion incroyable » > complètement !
    Ceci étant dit, avec le recul, j’ai vraiment beaucoup aimé la saison 5, les défauts y étaient probablement moins exacerbés, mais avec les saisons suivantes sachant que Moffat se répète, ça en devient flagrant.

    En revanche, j’ai un avis assez différent en ce qui concerne les personnages :
    – j’aime beaucoup River. Je déteste ce qui a été fait d’elle, de l’histoire qu’on lui a finalement écrite, mais j’ai toujours ma vision d’elle détachée de tout ça, et sur moi son personnage fonctionne totalement, et sa relation avec le Docteur aussi. (Mais je déteste leur dernière scène dans le dernier épisode, j’ai trouvé ça absurde et le comportement de River hors sujet.)
    – j’ai vraiment appris à aimer Amy et je l’adore désormais complètement, même en revoyant la saison 5 où j’avais au départ eu du mal avec elle. Je ne saurais pas dire comme c’est arrivé.
    – je n’ai jamais été une grande fan du personnage de Rory, mais la saison 6 et l’épisode The Girl Who Waited a signé le début d’un profond désamour. Une petite ligne de dialogue, je crois, loin dans ma mémoire : « so I have to choose which wife I want » ARGH !
    Pardon, je m’emporte !^^

    Je suis d’accord avec toi, j’aurais tellement aimé voir Matt Smith avec un autre showrunner. Mais je me réjouis quasiment de son départ, puisque j’aurais peut-être fini par ne plus le supporter.

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    • Kerydwen
      Kerydwen• 22 août 2013 à 22:42

      De la saison cinq, j’en garde une impression franchement mitigée en dépit d’une certaine tolérance compte tenu des débuts de Moffat en tant que showrunner sur cette série. Je suis persuadée que je ne la revisionnerai jamais. La sixième n’a malheureusement fait que confirmer tout le mal que je pense de ses compétences à ce poste. J’avoue aussi lui reprocher quasi exactement la même chose sur son travail dans Sherlock. J’en viens parfois à me demander si je n’ai pas halluciné durant tout Jekyll vu qu’à l’époque, je l’avais adorée.

      Concernant River, je suis partagée. Une seconde je suis charmée, la suivante elle m’agace prodigieusement. Malgré tout, je suis déçue qu’elle soit quelque peu caricaturale et si je partage ton point de vue comme quoi sa relation avec le Docteur fonctionne très bien, elle a tourné en eau de boudin. Heureusement, Alex Kingston est cool et classe, ce qui sauve quelque peu l’ensemble.
      Ça m’amuse toujours autant de lire que tu aimes Amy. Le personnage m’est tellement insupportable, mal écrit, vide et très moyennement interprété que j’ai beaucoup de difficulté à comprendre comment on peut lui trouver des qualités, haha ^^;;. Je préfère encore Martha qui, pourtant, ne m’avait pas fait forte impression sur le moment.
      Quant à Rory, j’ai aussi tiqué sur cette phrase, mais cela n’a pas enrayé mon amour pour le personnage, car je l’ai plus vue comme une énième manifestation du sexisme de Moffat. Certes, ce n’est pas lui qui a écrit le scénario de cet épisode, mais j’ai juste envie de lancer une pique gratuite :P.

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      • Kerydwen
        Saru• 29 août 2013 à 19:14

        Je soutiens ta pique gratuite ! :)
        J’ai lu quelque part une analyse assez intéressante parlant du personnage de Rory comme d’un « self-insert » pour Moffat, un moyen de s’inscrire dans sa propre série en personnage normal voire même carrément banal (et limite sexiste, ok) qui devient un héros. Si je n’ai jamais regardé la série avec cette idée en tête (et peut-être qu’après tout, beaucoup d’auteurs le font ?), Rory a commencé à m’agacer prodigieusement dès qu’on en a fait soudain un personnage épique. J’aimais bien son côté normal, justement, et j’aurais voulu qu’il reste en arrière-plan. Oui, c’est bon, on a compris toute sa bravoure, wow, il a attendu 2000 ans, mais qu’il est merveilleux cet homme, c’est l’homme dont toute femme rêve, blablabla. :)
        Et je crois d’ailleurs que plus ma détestation de Rory s’est accentuée plus mon amour pour Amy s’est développé. Honnêtement, je ne me l’explique pas, ça demande plus ample réflexion, un jour je reviendrai et j’arriverai à te convaincre de la « fabulosité » d’Amy ! ;)
        Bref, également, j’ai eu souvent envie de revoir Jekyll à la lumière de ce que j’ai désormais appris sur la « touche Moffat ».

        Et pour rebondir sur ta conversation ci-dessous avec Nephthys, je crois que de mon côté je ne me suis jamais non plus vraiment remise du départ de Nine. J’adore Eleven (et j’aimais follement Ten à l’époque mais sa sortie ratée m’a gâché rétrospectivement ses épisodes) mais je crois qu’il n’est pas « mon » Docteur.

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        • Kerydwen
          Kerydwen• 29 août 2013 à 22:05

          J’ai lu quelque part une analyse assez intéressante parlant du personnage de Rory comme d’un « self-insert » pour Moffat.
          Effectivement, cette idée est intéressante et mérite probablement d’être creusée. Il faudrait que je revisionne les saisons pour vérifier tout ça mais je n’en aurai jamais le courage ^^;. Il est vrai que la banalité de Rory était jusque-là extrêmement rafraîchissante et contrebalançait en plus parfaitement l’aspect particulier du personnage d’Amy. Je ne peux pas dire avoir été dérangée par le fait qu’il soit subitement devenu lui aussi une figure d’exception, mais je comprends ta réserve. En revanche, je doute que tu puisses me faire apprécier un de ces jours Amy, et encore moins la trouver fabuleuse ! Si je parviens à la tolérer dans la saison sept, ce sera déjà pas mal.

          Ouaais, toi aussi tu es sous le charme de Nine ! Nous sommes au final assez rares et c’est, à mon sens, très étonnant tant il est à mes yeux le Docteur, le vrai :P.

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  4. Kerydwen
    Nephthys• 23 août 2013 à 15:47

    J’ai l’impression qu’à l’exception de qq personnes, on a tous perdu quelque chose lorsque Tennant et Russel T. Davies sont partis… Je crois que je ne m’en suis toujours pas remise !
    Je n’ai pas du tout adhéré à Matt Smith, non pas que je ne trouve pas l’acteur bon mais pour moi il n’était pas vraiment le Docteur.
    Récemment j’ai revu les 1ers épisodes de la série, et bien que je ne sois pas fan de Nine, il est indéniable qu’il était le Docteur.
    Je ne sais pas, j’aime bien Moffat mais peut-être qu’il ne sait pas développer son talent sur la longueur. Sherlock a 3 épisodes par saison. « Blink » était un épisode extraordinaire mais on se rend bien compte que sur une saison, ça ne fonctionne pas des masses.
    J’aimerais retrouver la série que j’ai aimé, j’espère que ça arrivera !

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    • Kerydwen
      Kerydwen• 26 août 2013 à 23:14

      En fait, je ne crois pas du tout que ce soit le départ de Ten/Davies qui fut gênant pour moi. Je n’ai jamais été particulièrement attachée à Ten de toute manière ; je suis une inconditionnelle de Nine (je sais, c’est rare). Que l’acteur change ne me fut donc pas spécialement rédhibitoire, surtout que j’ai rapidement accroché à Eleven et à Matt Smith. Mon souci vient avec l’écriture de Moffat, c’est aussi simple que ça. Je suis tristement presque persuadée de ne plus réussir adhérer à la fiction tant qu’il sera là, même si, naïvement, j’ose espérer que mon affection pour Peter Capaldi sera susceptible de changer la donne.

      À mon sens, le gros problème de Moffat est qu’il ne sait effectivement pas mener une série sur du long terme. Scénariser un épisode, ok, il a montré qu’il avait de solides capacités comme le prouve justement Blink. En revanche, développer des personnages et un univers, c’est une autre affaire. Je l’ai déjà dit, Sherlock ne me convainc pas non plus… Je crois être tout simplement allergique à son écriture qui induit chez moi une réaction épidermique ^^;;.

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      • Kerydwen
        Nephthys• 27 août 2013 à 10:41

        Je comprends on ne peut pas tous apprécier, mais effectivement je pense que Moffat commence à montrer ses limites sur DW.
        J’aime bien Sherlock, pour les acteurs et pour l’ambiance, c’est différent de ce que Moffat fait sur DW.

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  5. Kerydwen
    Hiroto• 1 septembre 2013 à 16:41

    Que ça fait du bien de lire ça !
    Moi non plus, je n’ai pas, mais alors pas DU TOUT aimé cette saison 6.
    -il a détruit le personnage de River. Autant je l’adorais, mais vraiment avant, autant elle m’a prodigieusement agacée dans cette saison 6. Je l’ai trouvée vide/creuse.
    -je ne sais plus quel est le titre de l’épisode, mais celui où ils se retrouvent coincés dans un hotel, dont chaque chambre referme une peur = ce fut l’épisode qui m’a fait arrêter d’apprécier Eleven. Hyper condescendant, il se fichait presque que les gens meurent, ou en tout cas, ça ne le dérangeait pas comme ça aurait dérangé Nine ou Ten (n’ayant pas vu les anciens, je peux pas trop m’avancer dessus). Et la façon dont il parlait avec la femme infirmière, comme un dieu je-sais-tout… rhaaa mon dieu, c’est le seul épisode qui m’a marqué, et pas dans le bon sens.
    -plus j’avais du mal avec River, plus j’appréciais Amy. Peut-être parce que du coup on la voyait moins, et peut-être parce que son interprète s’est améliorée, mais le fait est là. Tout au long de la saison, elle m’est apparu forte et charismatique, sisi.
    -les épisodes super creux
    -le fait qu’il y a eu pleins de morts mais qu’en fait non tout le monde est vivant trololol.
    en fait, plutôt que de lister tout ce qui fait que cette saison m’a ennuyée, je vais juste te reconduire vers « what’s wrong with steven moffat » > http://undercover-witch.tumblr.com/post/49978294115/worthyourweightinfanfiction-whats-wrong-with
    bonus > http://undercover-witch.tumblr.com/post/59598732675/wolfchasing-gallifrey-feels-alicebutts
    (no spoiler)

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    • Kerydwen
      Kerydwen• 3 septembre 2013 à 19:36

      Et ce que ça fait du bien de constater que je ne suis pas la seule à penser ça ! Doctor Who (et Sherlock, d’ailleurs) provoque chez certains des réactions que nous allons sympathiquement qualifier de disproportionnées et je n’avais aucune envie de violemment me prendre des tomates virtuelles en pleine figure ^^;. En tout cas, à l’exception de ta sensible appréciation d’Amy qui ne risque pas encore de m’arriver, je partage ton opinion sur les éléments que tu relèves.

      Je n’ai pas lu en intégralité le premier lien que tu as donné, car il contient pas mal de spoilers sur la septième saison – que je n’ai pas encore regardée. Ceci dit, merci, je m’y pencherai une fois que je serai à jour. Après, je ne tiens pas non plus à me lancer dans une vendetta contre Moffat, mais il est, à mon sens, indiscutable que les caractéristiques de son écriture posent réellement problème. Tant mieux pour ceux qui apprécient, ce n’est malheureusement pas mon cas. Je ne sais pas ce qui me dérange le plus, en fait, tellement j’ai des points sur lesquels râler. D’une certaine manière, je me plais à être très contente de ne jamais avoir été passionnée par Doctor Who parce qu’autrement, je pense que j’aurais été bien moins calme. Là, j’ai bien sûr la désagréable sensation que la machine s’est cassée, mais ça ne m’agace pas non plus comme cela aurait pu être le cas. Ouf. Je compatis sincèrement avec les fans dépités.

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