Mieux vaut tard que jamais, je réponds enfin à la nomination de Kaa et Mina pour ce mystérieux liebster award. Effectivement, les deux miss m’ont taguée il y a plus d’un mois et attendent vraisemblablement mes réponses. Quoi qu’il en soit, merci à elles d’avoir pensé à moi, même si je suis toujours quelque peu réfractaire à ce type de billet pouvant devenir trop personnel. Afin de ne pas rompre la ligne éditoriale du blog que je tiens à garder la plus claire possible, j’ai, à l’instar du kreativ blogger award, décidé d’axer mes propos sur les séries télévisées en règle générale.

  1. Faites la liste de onze informations sur vous, n’importe lesquelles.
  2. Répondez aux questions que le blogueur qui vous a nominé vous a posées (attention pas celles auxquelles il a répondu). 
  3. Nominez à votre tour cinq blogueurs ou plus en étant sûr qu’ils ont moins de 200 abonnés, et notifiez-leur la nomination par mail ou par commentaire. 
  4. Trouvez des nouvelles questions à poser à vos nominés. 
  5. Publiez le liebster award sur votre blog !

Je suis une très mauvaise élève car je n’ai aucunement l’intention de concocter une série de questions ou de nominer quelqu’un.

Onze informations sur ma modeste personne

1 ☆ En interne, Luminophore a traversé dernièrement une sensible zone de turbulences. Effectivement, j’ai été coupée d’internet durant plusieurs très longues semaines et je n’ai récupéré un accès stable au monde moderne qu’au début du mois de juin. De surcroît, ayant déménagé et ajouté une nouvelle corde à mon arc professionnel, j’ai été tout particulièrement débordée. Je le suis toujours, d’ailleurs, et j’attends fébrilement mes vacances méritées – en août, c’est loin ! – pour enfin souffler. J’avais heureusement fait preuve de clairvoyance en préparant plusieurs billets en avance, d’où l’absence de coupure des programmes par ici. En revanche, je suis désormais davantage à flux tendu, n’ayant plus trop d’articles déjà préparés, mais je pense pouvoir retrouver prochainement mon rythme de croisière optimal. Ceci pour expliquer pourquoi je mettais encore plus de temps à répondre que d’habitude aux commentaires, ou que je me faisais vraiment absente.

 

2 ☆ Depuis l’année dernière, je prends des notes en regardant des séries. Je ne le faisais pas du tout jusque-là mais j’ai constaté que cela m’aidait grandement par la suite dans la rédaction des billets. Maintenant, j’ai donc un cahier avec toutes mes pensées décousues. J’y écris par exemple les noms de certains invités, des têtes que je reconnais, des choses qui m’ont interpelée positivement comme négativement, etc. Autant rédiger un article sur une fiction courte que l’on a regardée assez rapidement n’est techniquement pas trop ardu – point de vue souvenirs, je veux dire –, autant lorsqu’il s’agit d’une série longue dont la diffusion s’est étalée dans le temps, cela devient bien plus complexe. Ayant une mémoire assez faible, j’essaye de mettre toutes les chances de mon côté.

 

3 ☆ Lorsque j’étais adolescente, j’adorais lire des spoilers que je découvrais avec délice dans les magazines tels que feu Arkanium. Eh oui, à l’époque la Toile n’était pas ce qu’elle est actuellement et il fallait se contenter de ce que l’on avait. J’ai ainsi volontairement lu ce qui se passait dans des séries comme Roswell, et même Buffy the Vampire Slayer, tellement j’avais hâte de connaître la suite. C’est quelque chose qui me paraît maintenant tout bonnement inconcevable. Il n’empêche que ça amène à réfléchir, car être au courant des rebondissements ne m’a clairement pas empêchée d’apprécier ce que je voyais…

 

4 ☆ Tout comme dans d’autres arts comme le cinéma, la lecture ou la musique, j’ai d’énormes lacunes dans mon bagage culturel de sériephile. Je ne peux pas vraiment dire en avoir honte parce que je sais ne pas être la pire et que j’ai des compétences ailleurs, mais je ne fais pas non plus la fière à ce sujet. Si je vous révèle que je n’ai jamais regardé The Sopranos, The West Wing, The Shield, Twin Peaks… vous me notez sur la liste des gens à ne pas fréquenter ? Ne vous inquiétez pas, j’ai dans l’idée de les tester un jour. Une chose à la fois, c’est tout. Je sais qu’elles ne vont pas disparaître entretemps. D’une certaine manière, je me plais à penser que plus les années passent et plus je suis susceptible de les apprécier puisque ces classiques sont pour certains difficiles à appréhender, et nécessitent peut-être une certaine maturité et un recul que je devrais acquérir au fur et à mesure.

 

5 ☆ Chez moi, les séries se regardent sur une télévision, assis dans le canapé. Sinon, il n’y a rien ! Pas de série sur l’ordinateur, en streaming ou via d’autres moyens moins traditionnels.

 

6 ☆ Depuis l’année dernière, j’ai un équipement télévisuel moderne comme il faut. Par conséquent, il m’est possible de tout regarder en Blu-ray, en HD ou, mieux, en FullHD. Puisque je suis une maniaque, je récupère depuis cette date tous les j-dramas que je possédais jusque-là en SD dans la meilleure qualité possible qui me soit possible de trouver. Résultat, j’ai parfois des versions de qualité médiocre mais avec sous-titres, et des vidéos disposant d’une superbe image bien qu’en attente d’hypothétiques softsubs. Je fais pareil aussi pour tout ce qui est sud-coréen, d’ailleurs. En fait, j’agis ainsi pour tout ce que je garde en stock et qui ne sortira vraisemblablement jamais physiquement chez nous. Quid des séries occidentales, alors ? Je ne stocke rien, là, de toute manière. Je récupère, je regarde, j’efface. Puis, j’achète si ça me plaît.

 

7 ☆ Sauf circonstances exceptionnelles, je ne fais jamais de pause au cours d’un épisode. Qu’il dure vingt minutes comme une heure, je le regarde a priori d’un trait. Parfois, j’avoue que c’est dur lorsque l’ennui est fort présent, mais, dans ce cas-là, il m’arrive d’utiliser la touche avance rapide de ma télécommande…

 

8 ☆ Quand j’apprécie grandement une série, je la fais généralement traîner en longueur afin de prolonger le plaisir. C’est presque du masochisme à ce stade puisque j’ai beau mourir d’envie de regarder la suite, j’attends, quitte à être frustrée. Je crois qu’ensuite nos retrouvailles sont encore meilleures – à condition que la qualité soit là, évidemment. A contrario, lorsque j’ai beaucoup de difficultés avec une fiction, j’ai plutôt tendance à souhaiter m’en débarrasser rapidement et réduire mon délai habituel entre les épisodes, voire les saisons. Je tiens à classer ça et passer à autre chose. Après, j’ai en tête des contre-exemples dans chacune de ces catégories parce que je suis aussi quelqu’un d’assez contradictoire.

 

9 ☆ Un de mes rêves – utopique, je ne le sais que trop bien – est d’avoir sur Luminophore un billet assez détaillé sur chacune des séries que j’ai eu l’occasion de voir depuis que je suis née. J’ai déjà un bon matériel en place mais il me reste encore beaucoup, beaucoup de travail à faire si je tiens à ce que ce vœu soit exaucé.

 

10 ☆ Je ne pense pas que ce soit visible mais je suis en train de me transformer en vrai ayatollah de la typographie et de l’orthographe, à tel point que cela me fait presque par moments peur. Loin de moi l’idée d’affirmer que je ne fais pas de fautes – ce serait se moquer ouvertement du monde – mais je prends désormais énormément de temps à me relire, corriger mes nombreuses coquilles et vérifier s’il convient d’ajouter un trait d’union, une majuscule, ceci cela. Ce n’est pas plus mal puisque cela améliore aussi mes écrits, au travail, qui sont omniprésents.

 

11 ☆ Autant je regarde beaucoup de séries télévisées, autant je ne connais strictement rien à ce qui se passe à la télévision. Les émissions me sont totalement inconnues et je m’en rends compte lorsque je discute avec mon entourage. Résultat, je suis parfois assez déconnectée des trucs en vogue et qui font parler. Je m’en fiche royalement, cela dit.

 

 

Mes réponses aux questions de Kaa et Mina

1 ☆ Y a-t-il une différence flagrante entre vos débuts sur votre blog et aujourd’hui (dans votre manière d’écrire et/ou d’appréhender des dramas, par exemple) ?

Lorsque l’on sait que j’ai débuté Luminophore il y a plus de six ans, il est facile de se douter qu’il existe des différences par rapport à maintenant. Après, sont-elles flagrantes, je ne sais pas. Je crois que les changements se sont opérés progressivement et très doucement, probablement à l’instar de ma propre évolution personnelle. Ce qui est peut-être le plus frappant est que dorénavant, je suis bien plus organisée et méthodique au niveau de la rédaction de mes billets. Au départ, je publiais de façon totalement sporadique et dès que j’avais terminé d’écrire, j’appuyais sur le bouton pour afficher mon verbiage à la vue de tous. Depuis quelques années je suis consciencieusement une marche à suivre s’étant établie d’elle-même, avec des articles à intervalle fixe. Qui plus est, ça ne me viendrait même plus à l’idée de ne pas laisser mes écrits décanter un minimum entre le moment où je les écris et celui où ils apparaissent sur le Net – l’idée étant pour moi d’avoir toujours la possibilité de les modifier avant l’heure fatidique. La forme est aussi techniquement plus soignée ; elle repose ainsi sur un canevas assez similaire pour chaque billet, d’où parfois l’impression de proposer des textes très mécaniques, répétitifs et surfaits. Cela fait maintenant un petit moment que je me permets aussi de grandement détailler certains points parfois assez dispensables, uniquement parce que je sais que j’apprécierai de les retrouver plus tard. Je ne sais pas exactement quelle approche ont les blogueurs sériephiles mais pour ma part, Luminophore est un vrai carnet de bord personnel et mes écrits sont avant tout là pour moi.

Quant au fond, j’ose bien sûr espérer qu’il existe une différence par rapport à mes débuts. Bien qu’il me reste encore de nombreuses choses à améliorer et que certains défauts phagocytent cruellement mon travail ici, j’arrive à assez bien convaincre mon côté insatisfait et mon manque de confiance qu’il y a un certain mieux depuis 2007. Après, ma façon de choisir mes sujets n’a pas changé d’un iota et je reste toujours convaincue que la critique de saisons ou de séries en globalité est le format me convenant le mieux. C’est celui pour lequel je suis le plus à l’aise pour écrire, mais c’est aussi celui que je préfère le plus lire chez les autres. Ah, une chose qui n’a pas du tout changée, c’est que je continue toujours de tout rédiger sans spoiler, ce qui paraît très peu compréhensible pour certains mais qui, pour moi, est une évidence malgré le challenge que cet exercice requiert.

Sinon, concernant ma manière d’appréhender les séries asiatiques, je ne sais pas trop s’il existe réellement des différences entre mes débuts – soit 2007 aussi – et actuellement. Forcément, je suis bien plus dans la critique et non dans quelque chose de plus subjectif, m’extasiant sur toutes ces nouveautés souvent attrayantes lorsque l’on ne connaît pas. C’est normal, c’est comme ça pour n’importe quel domaine. Je suis toujours très touche-à-tout de toute manière, papillonnant à droite et à gauche.

 

2 ☆ Écrivez-vous sous votre nom réel ou derrière un pseudo? Si c’est un pseudo, d’où vient-il ?

Kerydwen est un vrai prénom ce qui fait qu’il pourrait très bien être le mien. Mais non, ce n’est pas le cas. Certains d’entre vous savent que j’ai changé de pseudo, assez récemment lorsque l’on compare au très, très long temps que j’ai fait avec le précédent qui ne me convenait plus du tout. Écrire sous mon prénom ne me dérangerait pas du tout si ce n’est que comme il est commun (je l’aime énormément, hein ; je ne suis juste pas la seule à le porter), je ne tenais pas à ce que l’on puisse me confondre. Étant bretonne et très fière de mon héritage culturel, j’ai choisi de porter un prénom breton qui me plaisait. Il est très rare, je ne connais d’ailleurs aucune Kerydwen/Kerydwenn ou autre variante comme Korydwen. En tout cas, je l’apprécie beaucoup et, je trouve qu’il correspond parfaitement à mon moi actuel. Accessoirement, savoir que dans la mythologie celte elle était, entre autres, une déesse et magicienne est un chouette plus !

 

3  En quel personnage de drama aimeriez-vous vous cosplayer/déguiser s’il existait une convention sur les dramas de la même échelle que Japan Expo ?

Baignant dans l’univers des mangas depuis plus d’une décennie et ayant été à plusieurs reprises à Japan Expo au début des années 2000, je ne me suis pourtant jamais cosplayée. En d’autres termes, ce n’est certainement pas maintenant que je m’y mettrais. Il faut quand même avouer qu’au niveau des séries asiatiques, il n’y a pas tant de possibilité que ça que d’endosser les vêtements d’un personnage. Je veux dire que de l’extérieur, on puisse alors reconnaître qui l’on cherche à grimer. Compte tenu de mon appétence pour tout ce qui est historique, ça n’étonnera pas grand monde si j’opte pour un costume traditionnel comme ceux de la magnifique courtisane Nokaze, dans JIN.

 

Selon vous, qu’est-ce qui fait qu’un drama/une série est bon(ne) ou mauvais(e) ?

Vaste question pour laquelle on pourrait débattre des heures et des heures sur une multitude de pages. Forcément, la réponse est quelque peu subjective tant la perception d’une fiction peut varier d’un individu à un autre ; même si, nous sommes d’accord, que l’on y adhère ou pas, il est normalement techniquement possible de pouvoir dire si une série est bonne ou, au contraire, mauvaise.

L’intitulé de la question met en avant une dualité assez intéressante car effectivement, je ne crois pas considérer de la même manière une série occidentale – et plus particulièrement une étasunienne – qu’une asiatique – et là, en l’occurrence, une japonaise. J’ai deux échelles de valeurs assez dissemblables. J’ai cru comprendre ne pas être la seule à posséder cette sorte de jugement à deux vitesses. Étrangement, je crois être beaucoup moins laxiste et bien moins tolérante avec les productions nord-américaines qu’avec celles du pays du Soleil-Levant. Pourquoi ? Je ne sais pas trop. C’est un sujet sur lequel il pourrait d’ailleurs être pertinent de se pencher. En y réfléchissant rapidement, je me demande si ce n’est pas parce que le budget nippon est bien moindre que je suis moins tatillon. Des États-Unis j’attends un certain savoir-faire alors que pour le Japon ce sera peut-être plus le dépaysement et l’apport culturel que je rechercherai. Cependant, dans ce cas précis je fais surtout allusion à la forme, et non pas nécessairement au fond. Il est aussi plausible que ce soit tout simplement parce que j’ai vu bien plus de productions occidentales que de japonaise, et que donc, mon sens critique est moins aiguisé pour les seconds.

En fait, les réponses d’Éclair et de Milady à cette question rejoignent à elles deux ma propre perception de ce qui fait qu’une série sera réussie, et une autre non. Je pars du principe que les critères varient selon le genre et les buts de la fiction. Par exemple, il n’est pas attendu la même chose d’une comédie, d’un drame intimiste ou encore d’une histoire socio-économique. En simplifiant à l’extrême, la première aura pour mission de faire rire, la seconde de toucher et la troisième de dépeindre une analyse somme toute fine et représentative de ce qu’elle cherche à mettre en exergue. En d’autres termes, je ne me verrais pas dire d’une production qu’elle est ratée parce qu’elle n’est pas suffisamment profonde alors qu’elle n’a jamais cherché à l’être. C’est totalement ridicule. Dans un registre assez similaire, j’estime qu’il convient de réévaluer ses attentes devant une série à destination d’une population spécifique (jeunes enfants, adolescents, etc.). Cela ne signifie absolument pas qu’à partir du moment où l’on s’adresse à un public moins à même d’être critique on puisse se permettre d’être superficiel, et proposer du matériel affligeant ; non, ce que je tente d’essayer d’expliquer maladroitement, c’est qu’à mes yeux, il faut comparer ce qui est comparable et qu’une bonne série humoristique n’aura certainement pas les mêmes qualités qu’une autre bonne série dramatique. Et le constat est analogue pour un ratage. Une série sera ainsi réussie dès qu’elle remplira son cahier des charges. Sera-t-elle alors bonne ? Là, il s’agit d’une autre question.

Après, subsistent des points justement plus impartiaux et variables selon les individus. En premier lieu se trouve, selon moi, celui de l’impact émotionnel et de l’attachement que l’univers de la fiction réussit à injecter. Je fais partie de cette catégorie de la population qui a besoin d’être impliquée par ce qu’elle visionne. J’attends d’être touchée, émue, attendrie et tout ce qui est nécessaire pour me donner l’impression de voir évoluer des personnages dans un cadre devenant progressivement familier. Pour cela, l’écriture se doit d’être suffisamment intimiste et riche puisqu’elle est également supposée densifier ses protagonistes et les faire cheminer. Ajoutons une maîtrise de la narration, qu’elle implique des rebondissements ou non, des dialogues naturels et une forme soignée avec une réalisation somme toute correcte et l’on détient déjà quelques clés pour proposer un cocktail efficace. Il n’existe pas une bonne série mais une multitude de combinaisons possibles permettant d’en réaliser des bonnes. Tous les ingrédients pourraient être réunis sans que la recette ne fonctionne, tandis que des défauts pourtant parfois rédhibitoires seraient susceptibles dans quelques fictions d’être tolérables en raison de l’ampleur du reste. Il faut parvenir à un savant mélange pour lequel aucun mode d’emploi ne peut être préconisé. La majeure partie du temps, la production serait simplement correcte et ce sera déjà pas mal.

 

5 Comment jugez-vous la manière dont est abordée la pop culture japonaise dans les médias français ?

Mal, forcément, non ? Sans entrer dans les considérations générales et stéréotypées où beaucoup trop de personnes croient que tout ce qui est asiatique est jaune, a les yeux bridés, des lunettes et vient de Chine, on peut quand même affirmer que la culture japonaise ne dispose pas d’un traitement faisant rêver. Cela étant, on sent une certaine amélioration depuis quelques années. Par exemple, les mangas sont bien moins connotés négativement. Rappelons-nous du fantastique ouvrage de Ségolène Royal ou de tout ce qui a suivi les dessins animés diffusés sur TF1 du temps du club Dorothée. Ce qu’il y a de dommage est qu’en France, on cherche un peu trop souvent à se moquer de ce qui diffère et à ne pas essayer de comprendre les autres cultures. Il est tout à fait légitime et parfois amusant de tourner n’importe quoi en dérision, mais il est nécessaire d’opter pour un juste-milieu et non pas tomber dans la moquerie gratuite, surtout lorsque l’on ne maîtrise clairement pas le sujet. Je vous l’accorde, il y a au Japon beaucoup de choses bizarres, difficiles à appréhender pour un Occidental et franchement dispensables – ne serait-ce que leurs divertissements à la noix. Ridiculiser ceux appréciant les mangas/le visual kei/que sais-je n’avance à rien et symbolise juste la condescendance de certains.

Là aussi, cette question est très vaste et pourrait amener une longue discussion, que cela concerne les mangas, la musique, le cinéma et tous les autres médias apparentés. À propos des séries avec de vrais acteurs – les j-dramas tels qu’on les nomme souvent –, c’est bien simple, ils ne sont pas du tout évoqués en France par le grand public. D’une certaine façon, ce n’est pas plus mal puisque cela évite la caricature et autres propos assez désobligeants. Il est indiscutable que si jamais un jour ils disposent d’un éclairage, il ne sera question que des séries à la Gokusen, Hana Yori Dango et compagnie, qui ne sont pas toutes mauvaises si ce n’est qu’elles ne reflètent pas forcément la versatilité de ce que la télévision japonaise a à offrir. Pour beaucoup de personnes, les j-dramas sont mal joués/écrits/réalisés, ne parlent que de sujets stupides ou accumulent les romances à l’eau de rose. Pourtant, ce n’est pas du tout le cas ; il existe de joyaux intelligents de la trempe de Fumô Chitai ou Soredemo, Ikite Yuku qui n’ont franchement pas à rougir face à des fictions étasuniennes qualifiées de cultes, géniales et autres propos dithyrambiques parfois franchement présomptueux. De toute façon, on rejoint là l’explication des œillères et du manque de connaissances préalables accompagnant des stéréotypes et autres préjugés. Ce n’est pas limité au Japon et/ou à ce domaine.

Finalement, sachant que je me suis pas mal détachée des médias français, je suis presque en peine de répondre à cette ultime question du tag. Je ne sais pas trop ce qui se dit, ailleurs. Entendre et lire tout et n’importe quoi sur les mangas, puis sur la musique japonaise, au début des années 2000 m’a probablement anesthésiée ce qui fait que tout me passe désormais au-dessus de la tête. Que des journalistes et autres professionnels tiennent des propos aussi erronés et subjectifs ne m’étonne même plus. C’est valable aussi pour les séries en règle générale, d’ailleurs, puisque cet art est aussi bien trop souvent raillé et simplifié comme étant un enfant bâtard du cinéma, un média juste bon à patienter en attendant de regarder une vraie histoire bien réalisée et digne de ce nom (sic). Malgré ma propension à me révolter pour un rien, il se trouve que je suis désormais étonnamment zen et détachée de la représentation de la culture populaire nippone dans les médias. Je deviens peut-être vieille et lasse, en fait. Ou alors je suis arrivée au stade où je ne m’occupe plus de ce que déblatère mon voisin tant que j’ai la possibilité de m’amuser dans mon petit coin avec mes jouets rien qu’à moi. Qu’il souhaite rester dans sa bêtise parfois crasse ne changera pas mon existence.